OBSERVATOIRE DE LORD LINDSAT
L'Observatoire de lord Lindsay est établi dans les montagnes d'Ecosse, à côté de Dun-Echt, à 12 milles environ d'Aberdeen et à peu près sur le même parallèle, dans un site magnifique, au milieu d'une immense propriété de lord Crawfort, père de lord Lindsay. L'Observatoire comprend deux bâtiments principaux et plusieurs pavillons isolés les uns des autres ; la maison d'habitation des astronomes est placée au sud-est, à distance des instruments, sur un terrain un peu moins élevé.
Dans un même pavillon, placé au sud, on voit un télescope à miroir argenté avec mouvement d'horlogerie, un équatorial de 4 pouces pouvant servir à diverses latitudes, avec mouvement d'horlogerie d'Eichens, et un photomètre de ZijUner. Deux autres pavillons, à l'ouest, contienijient un équatorial de () pouces et un télescope de I 11 pouces d'ouverture, avec mouvement d'horlogerie.
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L'un des bâtiments comprend trois salles, occupées respectivement par un équatorial, un cercle méridien et un chronographe ; c'est une construction en granit dont les murs sont recouverts à l'intérieur d'une boiserie placée à distance.
Le chronographe, de Cooke, est conduit par le mouvement d'horlogerie de l'équatorial.
L'équatorial est de Grubb; la lunette a 1 5* pouces d'ouverture et i5 pieds de distance focale. Il est placé sous une coupole sphérique recouverte d'une enveloppe en tôle de fer, avec trappes d'un seul côté du zénith, mise en mouvement par un mécanisme identique à celui des coupoles de Vienne et de Potsdam. Cet instrument est construit d'après le même principe que celui de l'Observatoire de Vienne, que nous verrons dans les ateliers de Grubb. Le pied est en fonte et de forme rectangulaire ; sur la face supérieure, inclinée suivant l'équateur céleste, est boulonné un c^'lindre creux qui contient l'axe polaire; à l'extrémité de cet axe est fixé un tube en fonte dans lequel roule l'axe de déclinaison. Le tube de la lunette est composé de feuilles d'acier rivées les unes aux autres; il se continue au delà de l'objectif par un manchon ajusté sur le barillet. Le micromètre de position est muni de deux plaques de fils mobiles toutes deux dans la même direction, tandis que l'ensemble se déplace dans une direction perpendiculaire à la direction commune; avec cet arrangement, il est possible d'observer d'une manière rapide dans toutes les parties
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du champ ; le cercle de position est à l'intérieur du tube. Un gros poids mobile le long d'une tige parallèle à la lunette, dans le voisinage du tube, sert à équilibrer autour de l'axe de déclinaison un grand spectroscope de Grubb qui peut prendre la place du micromètre ; en vue de cette substitution, le contre-poids établi à l'extrémité de Taxe de déclinaison est mobile sur un pas de vis et peut avancer ou reculer sur cet axe pour maintenir l'équilibre autour de l'axe horaire. Les mouvements rapides en ascension droite se font avec une manivelle qui agit à l'extrémité inférieure de l'axe ; l'observateur peut produire des mouvements lents de sa place en agissant sur la vis sans fin du mouvement d'horlogerie, avec une manette disposée le long du tube et par Tintermédiaire de deux roues dentées qui tournent librement, l'une autour de l'axe de déclinaison, l'autre autour de Taxe polaire ; c'est un arrangement à peu près semblable à celui que l'on voit dans les équatoriaux de Repsold. Le secteur du mouvement d'horlogerie est placé à l'extrémité inférieure de l'axe.
L'observateur peut caler l'instrument sans quitter son siège; il peut encore faire de petits mouvements en ascension droite en agissant sur le mouvement d'horlogerie avec une corde qui aboutit à l'oculaire. La lecture de l'ascension droite se fait directement sur un cercle voisin du secteur. Le cercle de déclinaison est placé à côté du tube de la lunette ; on peut en pointer les divisions avec deux lunettes munies de microscopes
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et faire des lectures différentielles par rapport à deux croisées de fils établies dans deux collimateurs, dans le voisinage des divisions. Une troisième lunette, plus souvent employée, sert à faire rapidement les lectures pour le calage. La lampe est installée à l'extrémité de Taxe de déclinaison. Deux lentilles sont placées à la jonction de la lunette et de Taxe de déclinaison; Tune d'elles concentre sur un miroir plan ou un prisme à réflexion totale, au gré de l'observateur, un faisceau lumineux qui est réfléchi vers l'oculaire pour l'éclairage du champ; l'autre, recouverte dans la partie centrale^ laisse passer un cône lumineux dépourvu de rayons intérieurs, lequel est réfléchi par un prisme sur une lentille prismatique placée en avant de l'oculaire, percée en son milieu pour laisser passer la lumière de l'astre, et destinée à centrer la lumière de la lampe sur quatre prismes disposés dans le micromètre pour l'éclairage des fils. Deux manettes établies le long du tube permettent de faire fonctionner les divers éclairages; deux autres manettes commandent, l'une une plaque munie de verres colorés que l'on peut placer devant les deux lentilles afin d'avoir le champ ou les fils éclairés de diverses couleurs, l'autre une plaque à ouverture triangulaire permettant de régler l'intensité des deux éclairages.
Dans une salle voisine de celle de l'équatorial est installé un cercle méridien de Simms avec lunette de 8,5 pouces d'ouverture; l'axe et le cube sont on bronze, le tube est
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en laiton ; les coussinets en bronze et les tambours en fonte qui portent les microscopes sont fixés sur deux colonnes du même métal, de o"*,6o ào™,70 de hauteur, qui reposent sur deux piliers en granit; deux cercles divisés de 5' en 5', dont un mobile autour de Taxe, sont lus chacun par un système de huit microscopes ; il y en a deux autres pour la lecture du calage; les rayons de ces cercles vont en diminuant d'épaisseur d'une manière notable du centre à la circonférence; la section en est triangulaire. Les leviers chargés de soulager les coussinets agissent sur des points de l'axe voisins des tourillons. 11 n'y a de réglage ni en azimut ni en hauteur; l'instrument est réglé une fois pour toutes; quand il se dérange, il faut avoir recours à des cales. Il n'y a pas de niveau ; quatre tiges en acier fixées sur le cube et parallèles aux arêtes horizontales devaient recevoir à l'origine quatre niveaux pour l'étude de l'inclinaison, mais on a dû renoncer plus tard à ce système incommode. Il y a un bain de mercure ; l'instrument se retourne ; deux lunettes de 6 pouces d'ouverture, installées sur des piliers, servent de collimateurs; il n'y a pas de mires éloignées. L'axe de l'instrument est lui-même un collimateur que Ton pointe avec une lunette, munie d'un microscope, placée au centre de l'un ou de l'autre des porte-microscopes pour l'étude de l'inclinaison et des tourillons. L'objectif et l'oculaire peuvent être changés de place au bout du tube. Le calage se fait comme dans les cercles de Repsold ; deux microscopes auxiliaires à grand champ ou bien
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encore un niveau mobile sur un cercle divisé voisin de l'oculaire permettent d'en faire la lecture. Deux minces cercles en bronze placés de part et d'autre du cube servent à faire mouvoir l'instrument. Le micromètre a une plaque de fils mobiles en déclinaison ; toute la plaque des fils d'ascension droite se déplace. Deux lampes installées dans les murs de la salle éclairent les cercles, le champ et donnent les fils brillants; l'éclairage du champ s'obtient en réfléchissant la lumière avec un miroir en verre dépoli. Les observations se font au chronographe.
Une pendule de temps moyen, à interrupteur électrique, est en communication avec une seconde pendule dont le cadran est visible de l'extérieur; le système de transmission de la seconde est le système Johns. Tous les samedis, la même pendule fait partir un canon qui annonce le midi de Greenwich aux habitants de Dun-Echt et des alentours.
Dans un second bâtiment, placé au nord-est de celui qui précède, se trouvent la bibliothèque, une salle pour les travaux d'Optique, deux salles pour la Photographie, un vaste cabinet contenant de nombreux instruments d'Astronomie et de Physique, deux ateliers, des soussols pour les piles.
Alalistedesinstrumentsdéjàcités il convient d'ajouter :
un sidérostat de Foucault, construit -par Eichens; plusieurs spectroscopes, deux de Grubb, dont un équivalent à quatre prismes qui peut être monté sur l'équatorial,
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un de Browning à cinq prismes, pour le Soleil, un de Vogel, construit par Hilger, pour les étoiles; enfin une lunette de Cooke, fixée à l'extrémité d'un axe horizontal, sur un pied en fonte muni de deux systèmes de coussinets dans des directions rectangulaires, et pouvant servir soit dans le méridien, soit dans le plan du premier vertical. Une vis de réglage permet de rectifier au besoin la position de ces coussinets.
Le personnel de l'Observatoire comprend un premier astronome, le D"^ Copeland, autrefois chez lord Rosse et à Dublin, et un assistant, M. Lohse.
Les deux premiers Volumes des Annales de l'Observatoire vont être bientôt suivis de deux autres ; le troisième contiendra les longitudes et latitudes déterminées par la mission de lord Lindsay pendant le passage de Vénus; le quatrième donnera les observations du passage.