NEWCASTLE
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Le grand réfracteur de M. Newal estinstgiUé à côte de sa maison d'habitation, à Gateshead, faubourg de Newcastle. Il a été livré en 1 870 ; c'était, à ce moment, le plus grand instrument de ce genre. Il a été construit par Cooke, d'York. M. JNewal avait acheté les verres à l'exposition de Londres de i8h'2. L'objectif a a5 pouces d'ouverture et 3o pieds de distance focale; le tube de la lunette, en tôle d'acier, est consolidé de distance en distance par des anneaux en fer qui en augmentent la rigidité. Le pied de l'instrument est une colonne en fonte; les axes sont enfermés et roulent dans des boîtes de forme carrée, également en fonte. Les mouvements lents en ascension droite et en déclinaison ne présentent rien de particulier; il y a un mouvement d'horlogerie. L'instrument est muni de deux chercheurs de 4 pouces d'ouverture et d'une lunette de 6,5 pouces pour des observations de comparaison. L'observateur peut de sa place couvrir ou découvrir
robjectif; une sorte de manchon en acier s'avance au
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delà du tube pour le protéger contre les lumières étrangères et l'humidité. Cet instrument jouit d'une stabilité remarquable; les mouvements s'y font avec facilité. La coupole, de forme sphérique, est en tôle de fer et roule sur un mur dont la charpente en fer est également recouverte de tôle ; il n'y a de trappes que dans une moitié de la coupole. L'escalier de l'observateur est construit d'après le même principe que ceux de Strasbourg et de Vienne, et que celui de Cambridge (États- Unis), qui a servi de modèle aux autres. C'est un large chariot en fer, mobile sur des rails tout autour de l'instrument, sur lequel une large plate-forme équilibrée par des poids se déplace en hauteur sur des rails concentriques à la coupole; l'observateur installé sur la plate-forme produit des mouvements dans les deux sens avec facilité, au moyen de manivelles. Cet escalier répond à toutes le» exigences du maniement d'une lunette de grandes dimensions.
Parmi les instruments que M. Grubb a bien voulu nous montrer lors de notre visite dans ses ateliers, Téquatorial de Vienne mérite une mention spéciale, tant à cause de ses grandes dimensions que des particularités de sa construction. La lunette a 26 pouces anglais d'ouverture et 33 pieds de distance focale'; la hauteur du pilier en fonte est de 16 pieds, celle du centre de l'instrument de 20 pieds au-dessus du sol. Un des principaux caractères de la construction consiste dans la grandeur des diamètres des axes, ce qui est une condition de stabilité et, dans les arrangements spéciaux adoptés pour en diminuer le frottement, ce qui rend possible l'usage de ces grands diamètres. Dans la forme adoptée pour le pied, M. Grubb a cherché à réaliser cette condition importante que, pour tous les astres situés entre le zénith et le sud, l'observateur puisse librement déplacer la lunette de part et d'autre du méridien et les suivre autant qu'il le veut sans être assujetti à faire passer la lunette d'un côté du pilier à l'autre, avantage qui est surtout à consi-
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dérer dans un instrument de grandes dimensions; celle condition satisfaite, il est possible d'ailleurs d'observer à un moment donné un même objet dans deux positions différentes de la lunette, ce qui, à certains égards, peut être regardé comme avantageux. Le pied de l'instrument est de forme rectangulaire ; sa partie supérieure est terminée par une forte plaque de fonte, dont le plan est dirigé suivant l'équateur céleste. L'axe horaire, en fonte, est creux et tourne dans un cylindre du même métal boulonné sur cette plaque et consolidé par un support vertical ; sa partie supérieure repose sur des coussinets en bronze, tandis qu'un cercle fixé vers sa partie inférieure roule sur un système de galets coniques établis au fond du cylindre ; l'extrémité se termine par une tige d'acier qui pivote dans une pièce engagée dans la plaque et munie de vis de réglage. Un levier placé dans le pied appuie contre cette pièce, de manière à soulever l'axe dans le sens de sa longueur; un second levier agit sur un collier, composé de galets et entourant l'axe dans sa partie supérieure, afin de diminuer le frottement sur les coussinets. L'axe de déclinaison tourne, dans un tube fixé sur les faces du cube qui termine l'axe horaire, sur deux systèmes de coussinets; les facettes de ces coussinets font un angle de 120**, variable avec la latitude; les coussinets situés à l'opposé de la lunette sont susceptibles d'être déplacés pour le réglage de l'axe. La pression variable exercée sur les supports par l'axe de déclinaison dans les diverses positions de la lunette rend
difficile l'établissement d'un système de contre-poids qui diminue les frottements de l'axe. La difficulté a pourtant été vaincue par M. Grubb. Cette pression peut être décomposée en deux forces : l'une, dirigée parallèlement à l'axe horaire, agit constamment de la même manière ; l'autre, perpendiculaire à celle-ci, produit sur les coussinets une action dépendant de la position de la lunette. Pour contre-balancer cette dernière force, M. Gfubb a imaginé la disposition suivante. La base du cube de l'axe horaire est fermée par une forte plaque de fonte, percée en son centre d'une ouverture à travers laquelle passe une barre d'acier dont l'une des extrémités porte une fourchette embrassant en partie l'axe de déclinaison et dont l'autre extrémité, celle qui pénètre dans l'axe horaire, se termine par des contre-poids. A l'extrémité de chacune des deux branches de la fourchette sont placés trois galets : d'eux d'entre eux s'appuient contre deux anneaux faisant saillie sur Taxe et agissent dans un sens perpendiculaire à cet axe; le troisième est engagé dans la rainure formée par ces deux anneaux et son action s'exerce dans un sens parallèle à l'axe. On se rend compte des effets d'un pareil système en considérant les positions extrêmes. Si la lunette se trouve à l'est ou à l'ouest du pied dans le plan méridien, l'axe sera maintenu par deux des galets qui appuient dans le sens perpendiculaire à cet axe ; à six heures d'intervalle, dans la position pour laquelle l'axe de déclinaison est dans le méridien, ce sera le tour des galets qui agissent dans le sensdel'ax<î.
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Pour les positions intermédiaires, ce sera une combinaison variable des deux actions. Quant à la force dirigée suivant Taxe, ses effets sont combattus par un levier, composé de deux branches parallèles, ayant son point d'appui sur le cube, dont les extrémités sont munies de deux espèces de bracelets formés de galets dans lesquels s'engage l'axe de déclinaison; l'action de ce système est réglée à l'aide d'un écrou placé dans l'un des bracelets.
Le mouvement rapide en ascension droite se fait avec une manivelle placée dans le pied de l'instrument, agissant sur une roue dentée fixée à l'extrémité inférieure de l'axe . De l'oculaire et avec une seule manette , l'observateur peut produire séparément des mouvements en ascension droite ou en déclinaison, suivantque la lunette est calée en déclinaison et en ascension droite ( * ) ; il peut caler dans les deux sens, en déclinaison par le procédé ordinaire, en ascension droite avec une corde qui communique avec la pince du secteur; dans les deux cas, l'axe est pressé en un point seulement de sa circonférence, et il faut une fraction très faible de tour de la vis pour fixer l'instrument; pour la déclinaison, c'est la vis de rappel ordinaire; pour l'ascension droite, on fait usage d'une disposition un peu différente de celle des épicycles, généralement adoptée. L'axe de la vis sans fin qui engrène avec le sec-
(* ) Voir le n** 746 du Volume X^IX du journal Engineering, édité par William H. May et James Dredge, 3;, Bedford street, strand. W. C. London.
leur du mouvement d'horlogerie est coupé en deux, et sur les extrémités en contact sont fixées deux roues dentées de même diamètre, mais d'un nombre de dents différent. Un disque de bronze de plus grand diamètre tourne librement autour de l'axe de la vis et porte un pignon qui engrène avec les deux roues à la fois ; une corde aboutissant à l'oculaire conduit ce disque. Si le mouvement d'horlogerie fonctionne et si la corde est libre, le pignon ne fait que relier entre elles les deux roues, qui tournent dès lors avec la même vitesse; mais, si l'on agit sur le disque mobile avec la corde, de manière à faire mouvoir Je pignon, les deux axes se déplacent l'un par rapport à l'autre et il se produit dans l'ensemble un mouvement d'accélération ou de retard, suivant les cas. Le régulateur du mouvement d'horlogerie est à friction.
Pour certains équatoriaux dans lesquels il importe qu'il ne se produise pas d'écart, même au bout d'un temps relativement considérable, pour celui de M. Huggins par exemple, M. Grubb a combiné avec ce régulateur le mouvement d'une pendule en communication électrique avec une pendule sidérale ordinaire et qui agit à tout instant, dans certains cas à chaque seconde, suivant les combinaisons adoptées, de manière à donner à l'équatorial un mouvement ne différant pas de celui d'une pendule astronomique (*).
(*) O/î the equatorlal télescope and on the new Observatory of the Queen's Collège, Corfi., by Howard Giubb (from the Scientific Pro^ ceedings of the Royal Dublin Society, avril îii; 1879).
La lampe qui éclaire le champ, les cercles et qui donne les fils brillants est placée à l'extrémité de l'axe de déclinaison. Pour l'ascension droite, la lumière est d'abord envoyée sur le cercle horaire par un système de prismes, qui la réfléchissent ensuite à travers l'axe creux de déclinaison, dans la lunette, sur un prisme placé devant l'objectif d'une lunette pointeur aboutissant à l'oculaire; la même lunette permet de lire le cercle de déclinaison ; les deux lectures se font en la tournant sur elle-même d'un angle de 90°.
Dans l'équatorial de Vienne, les deux verres de l'objectif seront éloignés l'un de l'autre de 2 pouces environ.
Plusieurs autres instruments sont encore en construction dans les ateliers de M. Grubb, au nombre desquels il convient de citer un chronographe pour l'Observatoire de Dublin, un équatorial de 8 pouces d'ouverture, un sidérostat et un cercle méridien de 5 pouces, ces deux derniers pour le nouvel Observatoire de Cork. Dans ce cercle, le tube de la lunette et l'axe de rotation sont en bronze; le tube est formé de la réunion de plusieurs parties s'ajustant les unes dans les autres et traversant le cube; il y aura deux cercles divisés en verre.
L'Observatoire de Dublin est établi àDunsink, au nordouest et dans les environs de la ville. Dans le bâtiment principal sont installés un cercle méridien et un petit équatorial, et dans un pavillon isolé un équatorial de 12 pouces, à objectif dé Cauchoix, ayant appartenu à South, d:)nl la monture a été entièrement renouvelée'
par Grubb en 1868. Cet instrument est employé par le directeur de l'Observatoire, M. Bail, à des déterminations de parallaxes d'étoiles. Le cercle méridien de Pistor et Martins est identique aux cercles de Berlin et Leipzig, • des mêmes constructeurs. La lunette a 6 pouces d'ouverture ; il y a deux cercles divisés, lus chacun par un système de quatre microscopes ; im seul de ces cercles a été étudié. Il y a un collimateur au nord, une mire au sud. La pendule sidérale est de Dent. M. Dreyer a observé avec cet instrument trois cent cinquante étoiles rouges de Schjellerup; le Catalogue en paraîtra bientôt; chaque étoile a été observée quatre fois dans les deux positions de la lunette.
A côté du cercle méridien, et dans la même salle que lui, est placé un grand cercle ayant appartenu à jBrinkley. Une pendule à temps moyen de Booth, de Dublin, à courant intermittent, conduit électriquement deux pendules de la ville par le système Johns. On la compare à la pendule sidérale en faisant usage d'un microphone; toutes les minutes, le battement de la pendule à temps moyen cesse de se faire entendre pendant deux secondes.
Le petit équatorial a 4 pouces d'ouverture; l'un des verres de l'objectif est en cristal. Le régulateur du mouvement d'horlogerie est à ailettes; ces ailettes sont enfermées dans uneboîte métallique, danslaquelle l'accès de l'air est réglé d'après la vitesse que l'on désire obtenir.