‹ Visite a divers observatoires d'Europe: Notes de voyageChapitre 5 sur 33 · MUNICH · texte numérisé non relu

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horizontal et deux cercles verticaux divisés de i5' en i5', munis d'une lunette horizontale, et enfin un héliomètre de Fraunhofer dans la même salle. Dans un pavillon isolé est placé un équatorial de io,5 pouces d'ouverture et i5 pieds de distance focale deMerz; cet instrument est actuellement démonté.

Le colonel Orft, de l'état-major bavarois, fait à l'Observatoire des études sur la variation de la verticale, à l'instigation de M. d'Abbadie. M. Feldkirchner y fait régulièrement, chaque jour, des observations magnétiques.

Nous avons' vu chez M. Merz deux objectifs de i4 pouces, un de i8 pouces, destiné à l'Observatoire de Milan, et nombre de lunettes destinées pour la plupart à l'armée bavaroise.

M. Steinheil nous a fait visiter ses ateliers dans le plus grand détail et nous a donné des renseignements sur la construction des objectifs, les essais préalables à faire subir au verre pour s'assurer de sa pureté et de son homogénéité, sur les procédés, basés sur le principe des anneaux colorés, propres à vérifier la sphéricité des surfaces par la comparaison avec des verres auxiliaires, en même temps qu'il nous a fait assister au polissage mécanique d'un certain nombre de verres, en cours d'exécution dans ses ateliers, et dont le travail plus ou moins avancé est comme la série des opérations intermédiaires par lesquelles un seul verre doit passer successivement. Les objectifs de Steinheil ont tous des surfaces rigoureusement sphériques.

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En dehors des objectifs ordinaires, on trouve dans cettemaison : des objectifs astronomiques formés de trois lentilles collées, un crown entre deux flints, dont l'ouverture est le quart de la distance focale; des oculaires également composés de trois lentilles collées formant une seule pièce ; des objectifs à trois lentilles séparées permettant de corriger deux couleurs éloignées; des loupes aplanétiques à grand champ, sans distorsion, aberration sphérique et chromatique ; des objectifs pour la Photographie.

M. A. Dietz, le successeur d'Ertel, fait surtout des instruments pour la Géodésie; il a fourni en outre, dans ces derniers temps, plusieurs lunettes de passages et un cercle méridien à divers observatoires privés.

L'Observatoire est situé au nord-ouest de la ville, dans le village de Wâhring, sur une hauteur du nom de Turkenschanze. Commencé en 18749 d'après les plans et sous la direction de Karl von Littrow, il a été terminé en 1880, sous la direction de M. Ed. Weiss, son successeur, par les soins des architectes Fellner et Helmer. Cet établissement est un des plus beaux d'Europe et un des plus vastes. C'est un seul corps de bâtiment, en forme de croix, dont l'axe est dirigé du nord au sud; les ailes de l'est et de l'ouest et la partie nord constituent l'Observatoire proprement dit; les logements, les bureaux et la bibliothèque sont installés dans la partie sud du bâtiment, qui comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée et un premier étage. En entrant, on pénètre dans un vestibule qui donne accès dans un escalier monumental, aboutissant, à droite et à gauche, à une galerie faisant communiquer entre elles les diverses pièces du premier étage, et, en face, à une galerie centrale qui entoure le pilier du grand équatorial et relie les diverses salles

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d'observation; aux extrémités nord, est et ouest sont trois coupoles destinées à divers instruments ; entre les tours sur lesquelles elles reposent et la tour centrale du grand équatorial, il y a trois grandes salles de même forme et de mêmes dimensions pour les instruments méridiens et un premier vertical. En élévation, les salles d'observation sont distribuées sur trois plans : au premier plan, les salles méridiennes et du premier vertical; au deuxième, les trois coupoles nord, est et ouest; au troisième epfin, la coupole centrale. Peut-être aurait-on pu éviter de donner à l'Observatoire une orientation dans laquelle le plan méridien se trouve être parallèle aux façades de la maison d'habitation, mais il semble que des considérations climatériques aient rendu cette disposition presque nécessaire ; d'ailleurs, le rajon visuel se trouvera encore assez éloigné des murs et, à cause de la grande hauteur du plancher des salles méridiennes, s'élèvera rapidement au-dessus des couches d'air qui pourraient avoir une action fâcheuse. Les salles méridiennes et du premier vertical sont des salles de forme carrée, de la" de côté et 6™ de hauteur; les parois sont des murs simples en maçonnerie; le toit, légèrement voûté, est double, en bois à l'intérieur, en feuilles de zinc à l'extérieur; les trappes, également doubles, s'ouvrent au moyen d'un système de leviers articulés en tournant autour de charnières et se redressent d'un côté de l'ouverture ; les fentes latérales sont fermées par des volets en fer. La grande coupole a i4™ de diamètre, les autres 8":

ces coupoles, déforme sphérique, sont toutes construites d'une manière à peu près semblable : la grande est recouverte de plaques d'acier Bessemer de o*",oo2 d'épaisseur, les autres sont recouvertes de tôle de fer; dans ces derniers temps on a construit à l'intérieur une enveloppe en bois dont on a reconnu la nécessité et qui n'avait pas été prévue à l'origine. La coupole repose sur un chemin de fer mobile, indépendant, formé par une série de galets tournant autour d'axes reliés entre eux par des entretoises qui se croisent à égale distance de deux galets; chacun d'eux est composé de trois roues, liées d'une manière invariable les unes aux autres, dont les diamètres vont en diminuant de l'extérieur à Tintérieur et dont les circonférences font partie d'une surface conique qui a son centre au centre même de la coupole; les deux roues extrêmes roulent chacune sur un chemin de fer fixe placé sur le mur; la roue du milieu reçoit directement la coupole; de plus, un second système de galets s'appuyant latéralement contre l'intérieur du mur empêche des déformations de se produire. La crémaillère du mouvement de la coupole est fixe sur le mur; le pignon qui engrène avec elle est placé sur la coupole ; il est conduit par une grande roue autour de laquelle s'enroule une corde sans fin qui descend jusqu'à une faible hauteur du plancher; ce pignon et cette roue suivent la coupole dans son mouvement de rotation et sont disposés de façon que celui qui tourne la coupole se trouve toujours à l'opposé de l'ouverture des trappes,

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ce qui est ibrt commode pour la recherche d'un objet déterminé du ciel. Les trappes s'ouvrent seulement d'un côté du zénith; encore ne peut-on observer dans le voisinage de ce point, qui est caché par un carré de bois destiné à protéger l'instrument; la largeur de l'ouverture est de 2"* pour la grande coupole et de i™,3o pour les coupoles de l'est et de l'ouest. Il n'y a qu'une seule trappe qui s'ouvre en glissant sur les deux bords de l'ouverture dans le sens de la longueur 5 une corde métallique passant sur une poulie placée au zénith, et dont les deux extrémités s'enroulent en sens inverse sur un treuil établi à la base de la coupole, du côté opposé à l'ouverture, ouvre ou ferme la trappe suivant que l'on tourne ce treuil dans un sens ou dans l'autre. Une disposition particulière est destinée à faciliter et à régler ce mouvement : du côté opposé à l'ouverture, et symétriquement par rapport au zénith, un cadre métallique, de la grandeur de la trappe, est fixé à l'intérieur de la coupole et porte vers son milieu deux treuils entre lesquels passe la corde métallique; des poids placés de distance en distance le long de la corde sont dirigés et arrêtés au besoin par ce cadre; lorsque l'ouverture est fermée, ces poids font équilibre à la trappe ; mais, au fur et à mesure que la trappe s'élève, ils sont successivement déposés sur des supports installés à cet effet, jusqu'au moment où, la trappe étant à moitié ouverte et s'équilibrant toute seule^ ces poids se trouvent tous au repos ; puis, le mouvement se continuant, la trappe pèse du côté opposé à l'ouver-

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lure ; mais alors la chaîne se trouve enroulée autour de l'un des deux treuils, en sens inverse du sens primitif; les poids sont de nouveau successivement soulevés et, en agissant en sens contraire, font équilibre à la trappe. Avec cet arrangement ingénieux le maniement de la trappe est commode, mais il a l'inconvénient d'être un peu trop long. Dans la coupole du nord, l'ouverture est un triangle sphériquc de 60** à la base; la trappe, de même forme, pivote, au zénith, autour de son sommet, tandis que la base, reliée à un cercle métallique, roule sur le pourtour extérieur de la base de la coupole.

Les piliers des instruments sont d'énormes massifs en maçonnerie, consolidés par de puissants contre-forts et dans lesquels on a pratiqué de distance en distance de nombreuses ouvertures, qui ont pour but de hâter et de faciliter le tassement. •

Énumérons les instruments dont on dispose en ce moment à l'Observatoire. Dans la salle méridienne de l'ouest est installé un cercle méridien dont la lunette a un objectif de Fraunhofer de o™, 1 1 d'ouverture et a"* de distance focale; le micromètre a des fils mobiles pour les deux coordonnées ; un cercle divisé de 3' en 3' est lu par quatre microscopes placés sur un second cercle ; il n'y a pas de mires éloignées ; deux piliers nord et sud sont établis pour des collimateurs; l'instrument se retourne. Dans la salle du nord, une lunette de passages avec objectif de Fraunhofer de o*",i2 d^ouverture et 2"^ I o de distance focale rempli t les fonctions d'instrument

du premier vertical. Dans l'une et l'autre de ces lunettes, un système de leviers est destiné à combattre la flexion du tube. Dans la tour de Test, un équatorial, sans mouvement d'horlogerie, avec un objectif de Fraunhofer de o"*,i6 d'ouverture et 3™ de distance focale, sert à observer les petites planètes et les comètes ; c'était le principal instrument de l'ancien Observatoire. Dans la tour de l'ouest se trouve un équatorial construit récemment par Alvan Clark, avec une lunette de o'",3o d'ouverture, 5"", 20 de distance focale, muni d'un mouvement d'horlogerie, avec un micromètre de position dont les tours de la vis sont indiqués par un index sur une règle divisée et dans lequel l'ensemble des fils fixes et mobiles peut se déplacer simultanément de manière à permettre les observations dans diverses parties du champ. L'escalier. à l'usage de cet équatorial est analogue à celui de Harvard Collège; il consiste essentiellement en une plate-forme qui s'élève ou s'abaisse au gré de l'observateur, à l'aide d'un mécanisme mis à sa disposition, suivant une surface sphérique concentrique à celle que décrit l'oculaire, et qui se trouve installé sur un chariot métallique mobile sur des rails autour de l'instrument au, moyen d'un second mécanisme que l'observateur met encore en mouvement.

Dans la salle méridienne de l'est, qui contient un grand nombre de petits instruments ayant appartenu à l'ancien Observatoire, sera placé plus tard un grand cercle méri<lien.

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La grande coupole recevra incessamment un grand équatorial de Grubb, deo"*,68 d'ouverture et lo" environ de distance focale, sur lequel nous reviendrons au sujet de notre visite aux ateliers de ce constructeur à Dublin.

Ajoutons que M. Weiss vient de s'assurer la précieuse collaboration de M. Palisa, le directeur bien connu de l'Observatoire de Pola, qui dorénavant fera partie de l'Observatoire de Vienne.

Indépendamment de son Observatoire officiel, Vienne possède encore un petit Observatoire que M. Oppolzcr a installé au-dessus de sa maison d^habitation, dans Josephstadt, et qui renferme un équatorial de Merz de 5 pouces, dont le tube de la lunette est en bois, sans mouvement d'horlogerie, avec micromètre circulaire, à l'aide duquel le frère de M. Palisa a fait de nombreuses observations, et un cercle méridien de 4 pouces d'ouverture et 4^ de distance focale, avec cercle divisé de 5' en 5', enfermé dans un second cercle comme dans une sorte de gaine, qui ne laisse voir les divisions qu'en regard des microscopes, avec un appareil à retournement placé dans le pied et niveau installé du côté du nord, le long de l'ouverture des trappes. M. Oppolzer dirige les travaux du Gradmessung et s'occupe actuellement de faire réduire quarante-deux déterminations de longitude entreprises sous sa direction.

Vienne possède un Observatoire météorologique et magnétique, à la tête duquel est M. Hann, dont l'installation est des plus complètes. On y voit des enregistreurs

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photographiques pour la déclinaison magnétique, la force horizontale et la force verticale, construits d'après lé modèle de Kew par Adie, de Londres, des instruments de Lamont pour l'observation directe de ces quantités, de L. Garl, de Munich, divers théodolites pour les déterminations absolues, un des rares enregistreurs électriques de Théorell (') pour thermomètre, baromètre et anémomètre, des enregistreurs système Hipp pour thermomètre et baromètre, et un grand nombre d'autres instruments météorologiques. M. Hann est chargé de réunir les observations de deux cent cinquante stations météorologiques placées sous sa surveillance ; il publie régulièrement les observations complètes de seize de ces stations et seulement les résultats généraux pour les autres.

(*) Foir, pour ce qui concerne cet instrument, la description qui en a été donnée dans les n*" 16 et 17 du Zeitschrift ôsterrcichischen Gesellschaftfiir Météorologie , en août et septembre 1875.

L^Observatoire possède un cercle méridien de Pistor et Martins, de 6 pouces d'ouverture, avec deux cercles divisés de 2' en 2'. Cet instrument est identique à celui que Ton voit à Berlin du même constructeur; il se retourne. Deux collimateurs sont installés au nord et au sud ; un bain de mercure est placé à poste fixe pour le nadir, un . second sert aux observations par réflexion ; les erreurs de division des cercles ont été étudiées, et Ton a trouvé que la moyenne des lectures de quatre «microscopes doit être corrigée d'une quantité inférieure ào", 5 ; on peut obtenir les deux éclairages. Cet instrument sert à faire des observations régulières de grosses planètes; en outre, MM. Bruhns, Weineck et Leppig y observent la zone d'Argelander qui va de -h 5° à -4- 1 0° de déclinaison. Un équatorial de 8 pouces de Steinheil est employé par le D"" Peter à l'observation des petites planètes et des comètes ; un niveau, qu'on peut placer sur l'axe de déclinaison, permet d'observer par la méthode d'Hansen. Il v a encore : une lunette installée dans lo

premier vertical, à Tusage des étudiants de l'Université, un équatorial de 4 pouces de Repsold, du passage de Vénus, avec lequel le D^ Hilfiker fait des mesures de nébuleuses; un chercheur de comètes installé sous la même coupole ; puis divers autres instruments de moindre importance, parmi lesquels une lunette de 2,5 pouces d'ouverture, couchée sur les tourillons de manière que l'axe optique se confonde avec l'axe de rotation, avec un prisme à réflexion totale placé sur l'objectif, comme dans le théodolite d'Abbadie, un instrument universel de 2 pouces de Repsold, une lunette brisée de 2,5 pouces de Pistor et Martins, avec niveau en permanence sur l'axe, ces derniers munis d'un appareil à retournement placé dans le pied, enfin une lunette méridienne d'Utzschneider.

L'Observatoire possède une installation météorologique, avec enregistreurs de Wild et du P. Secchi ; on y fait régulièrement six observations par jour. M. Bruhns est chef du service de la Météorologie en Saxe, lequel comprend une vingtaine de stations.

L'Observatoîre d'Aslrohomie physique de Potsdam est situé au nord de cette ville, sur uiie hauteur qui domine une vaste plaine couverte de forêts. Il est dirigé par une Commission, composée de MM. Rirchhoff, Forster et Auwers. Il consiste en deux corps de bâtiment, dontTun, orienté de l'est à l'ouest, est surmonté de trois coupoles mises en communication par deux galeries; l'autre, placé au nord, perpendiculaire au premier et faisant corps avec lui, contient les salles de Spectroscopie, de Photographie et les cabinets de travail des astronomes. Les maisons d'habitation sont au nord-est. Dans la même direction, mais plus bas, dans une maison isolée, sont installées une usine à gaz et deux machines mues par la vapeur, servant à prendre de Teau dans un puits de 45 mètres de profondeur et à l'élever ensuite dans un réservoir établi au-dessus de l'Observatoire pour les divers usages de l'établissement; deux hommes sont exclusivement occupés au fonctionnement de l'usine et des machines. La coupole centrale contient un équa-

torial qui repose sur une voûte isolée du reste du bâtiment; les deux autres renferment également chacune un équatorial placé sur un pilier en maçonnerie; les trois coupoles et la tour communiquent encore par une terrasse recouverte de gazon.

Les murs sur lesquels reposent les coupoles sont en briques creuses. Les coupoles, de forme ovale, présentent une construction identique; la plus grande, qui est placée au milieu, a lo" de diamètre, les deux autres 7"*. Il y a une doublç enveloppe de tôle de fer et de bois, celle-ci à Tintérieur*; la coupole roule sur un système de galets semblables à ceux des coupoles de l'Observatoire de Vienne et à l'aide d'un mécanisme tout à fait pareil; l'ouverture des trappes se fait tout le long d'un méridien; la largeur de l'ouverture est de i",20 dans la grande coupole, de o™,9o dans les deux autres; les trappes, au nombre de deux, une de chaque côté, consistent en deux longues feuilles de tôle d'acier qui glissent le long de l'ouverture et s'enroulent autour de deux cylindres placés au sommet de la coupole. On s'est ménagé la possibilité d'avoir des ouvertures de grandeur variable et placées à des hauteurs différentes *pour l'observation du Soleil; à cet effet, un second système de feuilles d'acier, enroulées sur deux cylindres établis à la base de l'ouverture, peut être relié aux trappes en temps opportun, de manière à se dérouler au fur et à mesure que celles-ci s'enroulent, et vice versa, et à former une ouverture dont on reste

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