‹ Visite a divers observatoires d'Europe: Notes de voyageChapitre 7 sur 33 · SAINT-PÉTERSBOURG · texte numérisé non relu

SAINT-PÉTERSBOURG

(POULKOVA).

L'Observatoire de Poulkova a été décrit par son fondateur, W. Struve, dans un Volume bien connu, qui commence la série des publications de cet établissement. Il est aujourd'hui à peu près ce qu'il était à l'époque qui répond à cette description. Les maisons d'habitation ont dû être agrandies devant l'augmentation continue du nombre de personnes qui, à des titres divers, vivent dans l'Observatoire; on comptait à l'origine une centaine d'habitants; aujourd'hui il y en a cent cinquante environ. Les constructions qui renferment les instruments n'ont pas été touchées et sont encore en très bon état, bien que beaucoup d'entre elles soient faites en bois.

Les instruments méridiens ont reçu peu de modifications. La lunette méridienne d'Ertel est restée ce qu'elle était. Dans le cercle vertical , les tourillons étaient usés et le plan du cercle divisé faisait avec

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le plan du cercle qui porte les microscopes un angle de i5' : les tourillons ont été tournés de nouveau par M. Herbst, Thabile mécanicien de l'Observatoire, et rinclinaison a été réduite à 3'. D'autre part, on avait été conduit, par l'étude des erreurs de division, à penser que les traits des degrés seuls avaient été tracés avec la machine à diviser et qu'ensuite chacun des intervalles avait été divisé d'une manière uniforme au moven d'une même lamelle, qui avait servi pour les traits de 2' en 2'. Cette présomption s'est trouvée justifiée par la découverte, dans les ateliers d'Ertel, de la lamelle supposée ; on a étudié avec le plus grand soin les divisions de cette lamelle, et les erreurs se sont trouvées être, dans les limites d'écart admissibles, la reproduction de celles que l'on avait obtenues systématiquement dans les minutes de chaque degré du cercle. A la suite de cette découverte, M. O. Struve a fait tracer une nouvelle division à côté de l'ancienne, qui lui a été substituée dans les mesures à partir de ce moment.

Dans le cercle méridien de Repsold, le porte-microscopes était autrefois placé du même côté que le ressort chargé de maintenir l'axe dans une position invariable sur les coussinets et d'empêcher des déplacements de se produire dans le sens latéral. Cette disposition était défectueuse; le cercle divisé et les porte-microscopes éprouvaient des variations continuelles dans leur distance relative par l'effet des changements de température, gênants pour les lectures; cet état de choses a

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été modifié, et, depuis que le porte-microscopes et le ressort sont de côtés différents, cet inconvénient ne s'est plus renouvelé.

Les astronomes chargés actuellement du service méridien sont MM. Wagner, sous-directeur de l'Observatoire, pour la lunette méridienne, Nyrén pour le cercle vertical, Romberg pour le cercle méridien. Tous les vingt ans, on détermine à Poulkova les positions des étoiles fondamentales; ce travail a été fait pour i845 et i865, et cette année vont commencer les observations dont les positions moyennes seront données pour i885. Le cercle méridien a été employé à l'observation d'étoiles jusqu'à la 6® grandeur, comprises entre le pôle et — 1 5** de déclinaison, d'étoiles doubles, d'étoiles de comparaison, etc. M. Romberg y a observé sans discontinuer depuis 1874* Notons, avant de quitter la salle méridienne, le procédé que Ton emploie pour éclairer tes mires. Cet éclairage s'obtient sans sortir de la salle, en plaçant une lumière derrière un objectif que l'on porte sur les deux piliers de mire alternativement. On ne fait plus beaucoup d'observations nadirales à Poulkova. M. O. Struve pense que, les pointés au nadir ne se faisant pas dans les mêmes conditions que les observations des étoiles, il convient de ne leur accorder qu'une confiance relative.

L'instrument établi dans le premier vertical n'a pas subi de modification ; on a seulement installé dans ces derniers temps deux mires est-ouest, afin de repondre

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à certaines critîques qui attribuaient un déplacemenl en azimut à Tinstrument. Chacune de ces mires est placée sur un pilier en maçonnerie entouré d'une enveloppe en bois dont il est séparé par des matières isolantes qui remplissent le vide. C'est encore M. Nyrén qui observe à cet instrument ; cet astronome reprend la détermination de la constante de l'aberration avec vingtcinq étoiles au lieu de sept qui avaient servi la première fois. Une circonstance accidentelle est venue dans ces derniers temps interrompre le travail commencé ; les observations présentaient des anomalies inexplicables et l'on se perdait en conjectures sur leur cause, lorsqu'on s'est enfin aperçu, après bien des recherches qui étaient restées sans résultat, que le plancher de la salle avait fléchi et venait butter contre le pilier; on s'est hâté de faire les réparations nécessaires, et depuis ce moment les irrégularités ont disparu et les observations ont pu reprendre leur cours.

Depuis 1868, une pendule fondamentale de Tiède à interrupteur de Krille, à colonne de mercure coupée toutes les secondes par une lame de mica, fonctionne dans les caves de l'Observatoire, au-dessous de la galerie centrale et de la voûte qui supporte Téquatorial de i4 pouces. Cette pendule, maintenue à une température et à une pression constantes, est enfermée dans une cage cylindrique en verre, fermée en bas par une plaque de verre, en haut par une plaque métallique, reliées l'une à Tautre par deux tiges métalliques qui les main-

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tiennent contre le cylindre ; un enduit de suif complète l'isolement. A la partie supérieure est un robinet avec tube en caoutchouc pouvant communiquer avec une machine pneumatique ou un récipient rempli d'air sec, et permettant de modifier la pression et de régler la marche de la pendule ; une clef qui pénètre à frottement dur dans une pièce en cuir sert pour le remontage. La pression y est ordinairement de | d'atmosphère ; l'état hygrométrique est maintenu en général très faible, afin d'éviter la formation de Ja rouille. Les autres pendules principales de l'Observatoire soiit de Hohwu, d'Amsterdam.

Le grand équatorial de i4 pouces est actuellement en réparation chez MM. Repsold, qui doivent changer toute la partie mécanique et remplacer le tube en bois par un tube en métal; le nouveau pied, formé d'une colonne en fonte, est déjà en place. L'équatorial de 6 pouces de la tour de l'ouest est employé par M. DuhîdLgo à la mesure d'étoiles doubles. L'ancien héliomètre de Fraunhofer n'est plus utilisé en cette qualité : il sert comme équatorial à l'instruction des jeunes élèves astronomes. Un nouvel héliomètre de 4 pouces de Repsold est installé depuis quelques années dans un pavillon placé au sud de l'Observatoire; dans cet instrument, la lunette tout entière tourne sur elle-même dans le collier qui la fixe à l'axe de déclinaison ; la rotation est mesurée par une division tracée sur ce collier; avec cette disposition, dans laquelle les deux moitiés de l'objectif se

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déplacent seulement l'une par rapport à l'autre sans avoir de mouvement de rotation par rapport au tube lui-même, la stabilité est très grande; c'est ainsi que le changement relatif des centres des deux moitiés, <jui atteint parfois jusqu'à 5" dans les héliomètres ordinaires, ne dépasse guère ici ©"jî. Une lunette qui pénètre dans l'intérieur du tube, dans le voisinage de l'oculaire, permet de lire d^une manière commode les divisions de l'objectif et l'échelle des températures. M. Backlund, astronome adjoint de l'Observatoire, fera, à l'aide de cet instrument, des mesures des distances des satellites de Jupiter à la planète.

Un grand pavillon contient dans une pièce centrale plusieurs instruments portatifs et se termine par deux coupoles à ses extrémités. Dans belle del'est, unéquatorial de 6 pouces, à objectif de Gauss, sur lequel se monte un photomètre de Zollner, est employé par M. Lindemann, astronome adjoint et secrétaire scientifique de l'Observatoire, à la mesure de l'éclat d'étoiles prises dans tes Catalogues d'Argelander; il a fait environ mille observations de six. cents étoiles. La coupole de l'ouest est divisée en deux moitiés^de rayons un peu différents, dont l'une peut rentrer sous l'autre quand on veut ouvrir. Elle contient un instrument construit par M. Herbsl, sur les indications de M. O. Struve, pour la mesure des distances, à l'usage de l'arlillerie. Il consiste essentiellement en une base de 7 pieds de longueur, munie à Tune de ses exlrémilés d'un prisme à réflexion totale et à Taiilre

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déplacent seulement Tune par rapport à l'autre sans avoir de mouvement de rotation par rapport au tabe lai-même, la stabilité est très grande ; c'est ainsi que le changement relatif des centres des deux moitiés, qui atteint parfois jusqu'à 5'' dans les héliomètres ordinaires, ne dépasse guère ici o", 5. Une liinelte qui pénètre dans l'intérieur du tube, dans le voisinage de l'oculaire, permet de lire d'une manière commode les divisions de l'objectif et l'échelle des températures. M. Backlund, astronome adjoint de l'Observatoire, fera, à l'aide de cet instrument, des mesures des distances des satellites de Jupiter à la planète.

Un grand pavillon contient dans une pièce centrale plusieurs instruments portatifs et se termine par deux coupoles àsesextrèmités. Dans celle de l'est, nnéquatorîal de 6 pouces, à objectif de Gauss, sur lequel se monte un photomètre de ZoUner, est employé par M. Lindemann, astronome adjoint et secrétaire scientifique de l'O-bservatoire, à la mesure de l'éclat d'étoiles prises dans tes Catalogues d'Argelander; il a fait environ mille observations de six cents étoiles. La coupole de l'ouest est divisée en deux nioiliés^^de rayons un peu différents, dont l'une peut rentrer sous l'autre quand on veut ouvrir. Elle contient un instrument construit par M. Herbst, sur les indications de M. O. Struve, pour la mesure des distances, à Tusagede l'artillerie. Il consiste essentiellement en une base de y pieds de longueur, munie à l'une ' de ses extrémités d'un prisme à réflexion totale etàl'autre

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extrémité d'une lunette dont Tobjeclif est recouvert par un second prisme; une vis micrométrique permet de mesurer la distance entre Timage directe et l'image réfléchie; le tout est porté dans une caisse en bois et maintenu par de puissants ressorts destinés à amoindrir Tefiet des chocs. Dans un pavillon voisin du précédent est installée une lunette méridienne d'Ertel, de 4 pouces d'ouverture, qui présente cette particularité que les pointés sur la mire se font en plaçant l'objectif même de la mire sur le tube de la lunette, à la place du couvercle de Tobjectif. Au nord-est, un pavillon comprend plusieurs instruments portatifs, destinés, avec ceux du pavillon sud, à l'instruction des officiers d'état-major, sous la direction du colonel Zinger, astronome de l'Observatoire. Les études préparatoires aux travaux géodésiques occupent d'ailleurs une place importante à Poulkova; c'est M. DoUen, l'astronome bien connu de l'Observatoire, qui en a la haute direction. UnecoUection de règles pour la mesure des bases fait partie du matériel ; deux bases, l'une de i5o™dans les terrains de l'Observatoire, l'autre dans la plaine vers le sud et longue de i*"", sont mesurées à titre d'exercice. Avant peu, le toit qui entoure la coupole de l'équatorial de i4 pouces sera remplacé pav une terrasse d'où la vue s'étendra à toutesles parties de l'horizon pour des déterminations d'azimut. Ajoutons que M. Dollen étudie, dans une salle disposée à cette intention, la marche d'un grand nombre de chronomètres, construits en majeure partie par M. Viren, de

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Sain t-Pélersbourç, et destinés à des expéditions géographiques.

La Spectroscopie est représentée à l'Observatoire de Poulkova par un élève d'Angstrom, M. Hasselberg, qui s'est déjà fait connaître par une importante publication, qui a paru dans les Mémoires de V Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg {*) ; M. Hasselberg s'occupe surtout de l'influence produite par la pression sur les spectres des gaz et de l'application qu'on peut en faire aux nébuleuses et aux comètes.

Si aux noms déjà cités on ajoute ceux de quelques jeunes astronomes, tels que MM. L. Struve et Rheinmal, dont les débuts dans la carrière astronomique sont pleins de brillantes promesses pour l'avenir, on aura la liste complète des collaborateurs du savant directeur de l'Observatoire de Poulkova. Indépendamment des publications personnelles et des nombreux Mémoires publiés par l'Académie des Sciences, les Volumes (ï Annales parus dans ces dernières années témoignent de l'activité de ce grand établissement. Les cinq premiers contiennent les observations qui ont servi de base à la formation du Catalogue des étoiles fondamentales pour 1845,0 et les observations faites à l'instrument du premier vertical ; * les deux suivants renferment toutes les étoiles jusqu'à la 6* grandeur comprises entre le pôle et i5** de décli-

(*) Studien auf dtm Gibiete der j4bsorbtionsspectraïanal)se, t. XXVI, n« 4, 1878.

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naison australe, observées au cercle méridien par MM. Sabler, DoUen, Winnecke et Gromadski. Le Tome VIII contiendra la réduction de ces observations à 1 845,0, commencéeparAslen, continuée parM. Backlund depuis la mort de ce dernier. Le Tome IX a déjà paru ; il contient les étoiles doubles observées par O. Struve, comprenant les étoiles de W. Struve, plus celles découvertes à Poulkova, en se bornant aux étoiles dont les distances sont inférieures à 16", la plus belle étant au moins de 7* grandeur : deux circonstances qui augmentent les chances de liaison physique. Ce Catalogue contient onze cents étoiles environ, en dehors desquelles il n'y en a guère qu'une centaine, placées dans les conditions mentionnées, qui aient été trouvées ailleurs ; elles ont du reste été observées depuis à Poulkova et paraîtront dans le Tome X, qui contiendra de plus les positions moyennes absolues de toutes les étoiles doubles de cette catégorie. Le Tome XI est consacré à la suite des observations faites à la lunette méridienne par M. Wagner; le Tome XII donnera les positions moyennes de ces étoiles pour i863,(>, avec leur discussion par M. Wagner; les Tomes XIII et XIV renfermeront le même travail pour les déclinaisons, par M. Nyrén, et de plus les observations de l'instrument du premier vertical.

Au milieu des occupations multiples de la direction, des soucis d'une surveillance continuelle que nécessitent les observations, leur réduction et leur publication,

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chargé d'admiaistrer une nombreuse population sur laquelle il exerce d'ailleurs une autorité qu'il lient bien plus du respect qui s'attache à son nom et à son caractère toujours plein de bienveillance qu'aux privilèges de son titre, M. O. Struve, qui ne cesse pas d'observërni de produire des travaux théoriques, ne néglige rien pour maintenir l'établissement qu'il dirige au rang qu'il occupe parmi les observatoires ; c'est ainsi qu'il a voulu doter l'Observatoire d'un équalorial dépassant en grandeur eten puissance tous les instruments existants, et que, après avoir obtenu du gouvernement les fonds nécessaires à la construction d'une lunette de 3o pouces français de diamètre, il n'a pas hésité, malgré sa grande connaissance des choses de l'Astronomie, à entreprendre un long et fatigant voyage dans les divers observatoires d'Europe et des Etats-Unis, pour y recueillir tous les renseignements utiles à la construction d'un instrument de dimensions extraordinaires dans les meilleures conditions possibles. On s'est déjà mis à l'œuvre. Le crown et le flint, fondus par M. Feil, de Paris, sont travaillés par Alvan Clark, le constructeur américain bien connu; la partie mécanique sera confiée aux soins de MM. Repsold (*). Le flint pèse 79''^, le crown Si''^. M. Alvan

(') Le grand équalorial de TObserYatoire de Nice aura o™,76 d'ouverture libre et 18" de distance focale. Les verres sont fournis par M. Feîl ; le disque de flint, moulé récemment, pèse 78''^'". La partie optique est confiée à MM. Henry, astronomes de l'Observatoire de Paris; la partie mécanique à M. Eichens.

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Clark a proposé de donner une distance focale dont le rapport à l'ouverture fût compris entre les nombres i3 et 20 et s'est engagé à réaliser la distance focale au quarantième ^e la valeur adoptée; M. O. Struve a choisi un rapport égal à i6, ce qui fera une distance focale de i3"* environ. Les deux verres seront distants l'un de l'autre de 6 pouces ; cette disposition permettra de nettoyer les surfaces et d'éviter les oxydations, d'aérer l'objectif avant les observations, et donnera des facilités pour l'achromatisme. Les plans de la nouvelle coupole sont arrêtés et seront mîs sous peu à exécution. On construira au sud-ouest une tour de 18"* de diamètre, de forme octogonale, qui sera entourée de salles pour protéger l'instrument contre les températures excessives ; la coupole, cylindrique, sera formée d'une épaisse charpente en fer recouverte d'une double enveloppe en feutre; une galerie permettra de circuler autour; l'ouverture des trappes se fera tout le long d'un méridien; les trappes et ce qui concerne le mouvement seront confiés à M. Grubb, de Dublin. Un long corridor mettra en communication le pavillon du grand équatorial et l'Observatoire.

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