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celle de toute la famille, lorsque la malade déclara que les douleurs diminuaient, et que l’on vit les paupières reprendre leur couleur et leur volume naturels. A la visite que je lui ai faite, peu de jours avant de vous quitter, j’ai trouvé la femme S. travaillant comme une autre personne, et ne se plaignant plus d’aucune douleur; j’avoue que ce résultat a de beaucoup dépassé mon attente. — Mais je continue mon rapport.
Le docteur Ftummel a envoyé un traité, ayant pour titre : La seconde apparition du choléra à Mersebourg, dans lequel il donne de nouvelles preuves de son excellent esprit d’observation. Dans la lettre d’envoi, il s’excuse de ne point assister à la séance , empêché qu’il est par ses nombreuses occupations, et surtout par les quarantaines et les cordons sanitaires qu’ont imaginé des hommes qui n’ont jamais vu le choléra, jamais observé sa nature et sa marche, et qui, d’apres des suppositions fautives, ont prescrit des mesures qui, partout, se montrent inutiles. — Cette remarque du docteur Piummel , peut être vraie; mais il ne Pest pas moins d’observer que le choléra a régné et règne encore autour de la Saxe et notamment de Leipzig, sans avoir jamais encore pénétré dans ce pays, où la quarantaine est établie et observée.
Le docteur Millier, senior, de Ligniiz, a adressé un mémoire dans lequel il indique un moyen nouveau , exact et sûr, d’amener toujours la préparation des remèdes au degré le plus parfaitement semblable
de dilution potentielle ; ce mémoire est accompagné d’un modèle de l’appareil qu’il a inventé dans ce Lut, et qu’il a jusqu’ici employé avec succès.
Un mémoire du docteur Pvückert, à Herrnhut, traite la question : Par quels moyens l’homœopathie peut-elle faire les plus rapides progrès , et porter les plus heureux fruits? — Il discute d’abord ce point : Qu’est-ce qui a eu lieu jusqu’ici? — Puis : Quels fruits ont porté les peines et les travaux des homœopathes? A quoi il répond par l’exposé du plus beau, du plus honorable résultat. Sa dernière et principale considération est celle-ci : Par quels établissemens les véritables progrès de notre art , digne de bénédictions , peuvent-ils être le plus sûrement amenés?
Le docteur Rückert , dont la louable activité est déjà si connue , annonce de plus, qu’à son instigation il s’est formé une Société homœopathique Lusacienne , qui a tenu sa première séance à Gorlitz, le i3 juin deimier, où elle a posé ses statuts, fondé une bibliothèque , nommé un président , et arrêté de s’assembler trois fois par année; dans l’intervalle, il s’établira des communications régulières, par la voie de la correspondance , entre les membres de l’association , dont le but principal sera l’avancement de la science, l’entretien d’un esprit de respectable confraternité entre de dignes collègues, et l’union intime pour repousser toute attaque scientifique.
Comme moyen principal d’avancer la science, tous les membres unanimément reconnaissent la nécessité de faire en société les épreuves des remèdes;
<]'où résulte, pour chacun d’eux, le devoir de faire de telles expériences; sur quoi la société deLusace attend du directoire central de la société générale, la détermination des médicamens qui doivent les premiers être le sujet des épreuves. L’auteur remarque très-judicieusement ici , que si cette expérimentation est faite sur les mêmes remèdes par les membres de toutes les associations médicales formées et à former, provinciales et locales, et cela avec zèle et activité , dans le même temps , notre matière médicale^ et par conséquent notre art , obtiendra un degré de perfection qui laissera à peine quelque chose à désirer, et démontrera de nouveau la vérité de cet adage : Concordiâ res parçœ crescunt. — Il est certainement à désirer que cette proposition judicieuse soit adoptée et réalisée par toutes les associations bomœopathiques .
M. Hessenurt, qui se qualifie du titre de prêtre séculier, a envoyé des observations pratiques sur la fièvre intermittente. ■ — Ce mémoire sera certainement très-bien accueilli par tous les médecins homœopathes , puisque de plusieurs lieux en Allemagne ont été poussées des plaintes de ce cjne la fièvre intermittente de celte année, se joue avec opiniâtreté de tous les moyens qu’on lui oppose. Les bomœopathes le liront en entier dans les Archîçes de Slapf ; je dirai seulement que l’auteur signale Y ipécacuanha comme remède principal ; il le donne en quatre doses répétées à distance égale dans l’a^ pyrexie; puis dans l’apyrexie suivante, il donne unç
José de nux , sans égard à la cessation ou à la non cessation de la fièvre par V ipécacuanha, — Dans la fièvre quotidienne , en raison de la courte durée du temps laissé par l’accès , on doit donner la première dose à' ipécacuanha , aussitôt que Paccès de la fièvre tire à sa fin , et la répéter toutes les deux ou trois heures, en sorte que la troisième et, si possible, la quatrième doses, soient prises au moins trois heures avant l’accès. Dans l’apyrexie suivante , on administrera de même la nux. — Dans plusieurs cas , fauteur a donné V ipécacuanha dans les deux premières apyrexies successives.
Dans les fièvres tierce et quarte , le mieux est de choisir le jour qui précède immédiatement l’accès pour administrer le remède.
L’auteur assure que depuis le 3o juillet i83i , jusqu’au juillet de cette année-ci , il a employé cette méthode avec le plus heureux succès dans trois cent quarante-sept cas.
Le docteur Rau , de Giessen , a communiqué des observations pratiques très-intéressantes : i° sur la répétition des doses homœopathiques ; 2° sur la guérison d’une phtisie, au moyen de la teinture de seconde écorce {liber) de sureau, sarnbucus nigra.
Le même docteur annonce à l’assemblée centrale , qu’il s’est aussi formé à Giessen une Société homœopathique, qui se réunit toutes les quatre semaines, pour s’entretenir d’objets scientifiques.
M. Millier, pharmacien de Schoningen , a comrnuniqué, de la part de M. Spilter, de Leer en Ost-
Fricsc, quelques questions sur la pratique de Fliomœopathie , et a soumis a l’assemblée différens cas de maladie dans lesquels les médicamens ont été inutiles; l’auteur demande direction et instruction. Ces questions ont été remises au directoire, qui y fera telle réponse qu’il croira utile.
Il ne me reste plus qu’à vous dire que la ville de Cœthen a été choisie pour lieu de réunion de la Société de l’an i833; nul doute que l’attrait de la vue du grand homme, peut être de son domicile, n’attire en grand nombre les admirateurs de ses savans travaux et les hommes reconnaissans des
brillans résultats qu’ils en ont obtenus.
Par la publication de ma lettre, vous voudrez bien informer les médecins , nos honorables confrères homœopathes, qu’en ma qualité de secrétaire, je leur
servirai très-volontiers d’intermédiaire avec le direc¬
toire central pour toute communication de lettres , de livres, et à argent. Il leur sera peut-être plus facile et plus commode d’expédier ces divers objets à Genève qu’à Leipzig , et de demander des renseignemens dans la première que dans la seconde de ces villes. Je viens de dire à' argent^ parce qu’au moment où je vous écris j’apprends que le directoire de la Société homœopathique vient d’obtenir la permission de fonder et d’ouvrir un hôpital clinique à Leipzig, qu’immédiatcment il a acheté une maison à cet usage, qu’il la fait disposer et arranger convenablement , et qu’il espère pouvoir y faire entrer des malades à la fin de cette année, ou au commencement
de la prochaine. C’est là le plus grand pas vers le perfectionnement de l’homoeopathie ; je n’ai pas besoin de vous en développer les avantages; mais ce que j’ai besoin de vous dire, c’est que l’achat, l’arrangement et l’approvisionnement de cet édifice, emporteront certainement la totalité de la somme actuellement en caisse , et que l’établissement ne pourra cheminer qu’au moyen de dons nombreux ou considérables. De ces derniers on peut en désirer; — mais en attendre îü II est donc plus probable qu’il en parviendra de nombreux; et, à cet égard, je me hâte d’annoncer que je suis autorisé par le directoire homœopathique à recevoir les moindres sommes; je viens donc , en son nom , prier tous les médecins homœopathes de favoriser par leurs offrandes pécuniaires une fondation qu’ils appellent et réclament depuis long-temps parce qu’ils en ont senti la nécessité ; ceux d’entre eux qui déjà sont forts dans Texercice de leur art le feront, j’espère, par reconnaissance; ceux qui ne le sont pas encore le feront, je le désire , dans l’espérance de trouver là un point d’appui pour leur pratique encore chancelante; deux mois de séjour à Leipzig , après une lecture assidue des principes de l’homœopathie , seront suffisans , quand la clinique existera , pour les mettre à même d’exercer avec certitude. J’invoque aussi la gratitude des personnes auxquelles l’homoeopathie a rendu des services , ou dont elle a soulagé les maux. Nul intérêt propre n’anime les chefs de l’établissement; c’est celui de la science, c’est celui de l’humanité que serviront les
bienfaiteurs de l’institut clinique; et chacun peut devenir un de ces bienfaiteurs.
Comme je compte faire à Leipzig une seconde visite en achevant mon voyage, j’y prendrai sur cet institut des renseignemens ultérieurs que je vous transmettrai ; je verrai la maison et ceux qui la dirigeront , et je connaîtrai parfaitement son mode futur d’organisation .
Votre affectionné,
Ch. “G. PESCHIER , docteur,
Secrétaire de la Société Homœopathique.
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