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En Allemagne, on se sert d’acier naturel pour les limes à grosse taille, et d’acier fondu pour les tailles fines.
En France, on emploie, en général, pour les grosses limes, les aciers naturels et de cémentation, et pour les limes à tailles fines, l’acier fondu.
La fabrication des limes comprend le forgeage ; il se fait à la main. Cependant, quand les limes sont grosses, elles peuvent être ébauchées au martinet. Après le forgeage, les limes communes sont aiguisées sur la meule; les limes fines sont blanchies à la lime ; elles sont ensuite soumises à un recuit; pour cela, on les place dans une caisse en tôle fermée hermétiquement dont on élève la température au rouge blanc ; on laisse ensuite refroidir lentement. Au sortir de la caisse, elles sont limées légèrement, et on procède à la taille : cette opération se fait toujours à la main. Quand la lime est taillée, elle est portée au rouge, puis trempée ; pour empêcher la décarburation de la lime en la chauffant quand elle est taillée, on la recouvre d'un mastic contenant des matières carburées e qui la préserve du contact de l’air. La trempe s’opère en les plongeant dans un baquet d’eau légèrement acidulée, et contenant du sel ammoniac et du sel marin.
Les limes se voilent ordinairement à la trempe ; on les redresse en les plaçant sur deux points d'appui et en les soumettant à l'effet d’une vis de pression. On les chauffe légèrement pour faciliter le redressage.
Coutellerie.
La fabrication des lames de couteaux, rasoirs, canifs, ciseaux, etc., comprend : le forgeage, le limage, la trempe, l’aiguisage et le polissage.
Le forgeage se fait presque toujours à la main, en étirant les barres d’acier sur des enclumes spéciales. Cependant, aujourd’hui, MM. Sommerlet, Dantan et Cie, de Nogent, enlèvent les lames de couteaux, ciseaux, etc., à l’emporte-pièce dans des tôles d’acier fondu, et achèvent de leur donner la forme par un estampage. Ces deux opérations remplacent très-avantageusement le forgeage à la main et le limage.
Quand les pièces sont forgées, elles sont soumises à un recuit qui doit être fait en vase clos pour être régulier, quand
on opère sur un grand nombre de pièces à la fois. Ce recuit a
pour objet d’adoucir l'acier et de rendre ainsi le travail de
la lime facile. Quand on a dégrossi les pièces à la lime, on | les trempe, après avoir élevé leur température au rouge, soit en les plongeant dans l’eau pure ou dans un bain composé d'huile et de suif; la pièce subit ensuite un recuit qui l’amène au degré de dureté que l’on veut obtenir. Pour les rasoirs, on s'arrête généralement à la couleur jaune ; pour les couteaux et les ciseaux, à la couleur violette, etc.
Après la trempe, les lames sont amenées à leur forme définitive par l’émoulage ; elles sont ensuite aiguisées et polies.
On se sert, pour l’émoulage et l’aiguisage, de meules en grès quartzeux , tournant avec une grande vitesse; pour le polissage on emploie des lapidaires de bois ou couverts d’une peau, sur lesquels on applique des poudres dures, au moyen de corps gras qui les rendent adhérentes. Les plus beaux polis s’obtiennent avec les poudres les plus fines et des lapidaires recouverts de peau; quand il doit être éclatant on le finit à sec, c'est-à-dire sans l'intervention d’un Corps gras.
La coutellerie anglaise est représentée à l'exposition par les fameux produits de Scheffield. La coutellerie allemande, par ceux de MM. Schmattz, Woesté et J. L. Blecff, Holler. La coutellerie française, par les produits de MM. Sommerlet- Dantan et Cie, Molaingy, Stauvenghre, de Nogent, pour [a coutellerie fine; par ceux de MM. Sabatier, Dumon et Gérard, de Thiers, pour la grosse coutellerie; et enfin par ceux de M. Charrière fils, de Paris, pour les instruments de chirurgie.
Les aciers employés sont l'acier fondu pour la coutellerie fine, et les aciers naturels et de cémentation corroyés ou bruts pour la coutellerie ordinaire.
Nous devons encore dire quelques mots d’une nouvelle application de l'acier fondu que M. Verdié expose sous le nom de produits mixtes de fer et acier.
Voici le procédé de fabrication suivi jusqu’à présent. Quand on veut recouvrir d'acier une barre de fer, on commence par porter la barre de fer au rouge blanc, puis on la place dans une lingotière ou-moule qui a la forme générale de la pièce que l’on veut obtenir; quand la pièce en fer est placée, on coule de l'acier en fusion dans la lingotière. On obtient une
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pièce à laquelle on donne ensuite la forme définitive, par un martelage ou même par un laminage quand la pièce doit avoir une forme prismatique. Les principaux avantages de ce produit sont d’être meilleur marché que l’acier fondu tout en remplissant le même but. Dans un grand nombre des applications de l'acier, il arrive en effet qu'on n’utilise pas toutes ses propriétés, qu'on ne le choisit qu’en vertu de quelqu’une d'entre elles, tandis que les autres sont souvent même génantes. Tels sont les laminoirs pour petits fers, aciers, monnaies, etc., bandages de locomotives et wagons, dans lesquels le rôle de l’acier est de donner des surfaces dures pouvant être trempés, mais où l’on n’utilise pas toute sa ténacité, Les produits mixtes de fer et d'acier sont très-propres à ces usages. Ces produits peuvent avoir même l'avantage sur l'acier foudu pour des pièces telles que des bandages de roues de locomotives, qui doivent être tournées intérieurement, le travail du fer étant beaucoup plus facile.
Quelquefois même, pour de grosses pièces, ils peuvent présenter plus de sécurité que l'acier fondu; nous avons vu, en effet, que ce dernier métal ne possède toutes les qualités qu'après avoir été soumis à un martelage énergique qui le rend homogène. Ce martelage devient difficile quand la pièce a des dimensions considérables , et l’intérieur d’une pièce, dans ces conditions , peut avoir une résistance inférieure à ceile du fer.
Les produits exposés par M. Verdié sont des spécimens de bandages, rails, tiges de piston et des barres carrées. Si la fabrication de ces fers chargés d’acier à l’état liquide ne présente pas de trop grandes difficultés, ils sont sans doute réservés à de nombreuses applications.
En résumé, la fabrication de l'acier a réalisé, dans ces dernières années, d'immenses progrès. L'emploi de ce métal encore neuf, pour ainsi dire, se répandra certainement dans les arts avec une grande rapidité ; on peut même affirmer que, grace à ses propriétés précieuses, l’acier sera substitué au fer dans un grand nombre d'applications, qui jusqu'à présent ont exclusivement appartenu à ce dernier métal, La grande
question du poids des machines qu’on retrouve toujours dans
les locomotives et dans les bateaux, se trouve en partie résolue par l'emploi de l'acier, qui permettra d’en réduire les -or-
ganes , tout en leur donnant une résistance supérieure; ce progrès, qui sera immense quand l’abaissement du prix de l'acier l'aura rendu général, a été déjà réalisé sur quelques machines; on peut voir en effet à l'Exposition une locomotive dont les essieux, bielles et tous les organes accessoires sont exécutés en acier.
Les aciers prussiens, surtout ceux de M. Krupp, ont excité une admiration générale et méritée; l'Angleterre conserve encore à cette Exposition son antique supériorité pour les outils, tels que les scies, les grosses limes, etc.; quant aux produits français, ils sont tous dans une voie de progrès et de développement rapides; Saint-Etienne expose des aciers fondus et de cémentation d'excellente qualité; Allevard et un grand nombre d’usines produisent de très-beaux aciers naturels. M. Holtzer, à Firmini, et le Creuzot abordent la fabrication de l'acier puddlé, industrie destinée à rendre son emploi presque général dans la construction. Enfin, des produits manufacturés remarquables sortent des usines de MM. Petin êt Gaudet, Jakson et Cie. Nous citerons, par exemple, les tôles d'acier, les essieux, les bandages, les ressorts, les faux, etc. L’ardeur avec laquelle les progrès de cette industrie sont poursuivis, permet d'espérer que, dans peu de temps, cette fabrication ne le cédera en rien à celle de nos voisins.
Fabrication des ouvrages en métaux d’un travail ordinaire.
Les détails dans lesquels nous sommes entré dans plusieurg occasions, soit sur les procédés métallurgiques, soit achines employées dans la fabrication des objets en ermettront de ne consacrer aux produits de cette classe qu'uncspace.assez restreint. Nous avons déjà vu par quels moyens le minerai de fer est amené, dans les hauts fourneaux , à l’état de fonte en gueuse , tantôt réservée pour
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