‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 111 sur 135 · DRE CE ES · texte numérisé non relu

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qui lui assignent depuis longtemps un rang à part dans lecommerce international, soit au point de vue de l'utilité, soit à celui des satisfactidns si variées que réclame le luxe des diverses parties du globe.

L'examen d’ensemble aussi bien que celui des détails que nos lecteurs peuvent faire de cette partie si importante de lin dustrie française à l'Exposition universelle, leur laissera la conviction pleine et entière qu’elle se maintient à la hauteur des conquêtes antérieures, et qu'elle sait constamment marier l'agréable à Putile. L’agréable par la recherche de nuances perfectionnées et le goût exquis de l'ornementation, l’utile par l'appropriation de ses produits aux divers usages domestiques.

Dans l’ordre supérieur de l'art uni à la perfection de la main-d'œuvre, Sèvres étale dans le pourtour de la rotonde du Palais de l'Industrie des merveilles dont la description réclamerait des détails outrepassant les bornes de ce rapide exposé.

Mais autour de cette industrie mère dont le plus bel éloge est l’admiration du public et des nombreux visiteurs étrangers, se groupent des produits de l’industrie française attestant les efforts couronnés de succès tentés par bon nombre de nos fabricants qui puisent dans cet arsenal du bon goût tous les germes de progrès qui promettent un développement continu et assurent, par la supériorité des produits, la prospérité de notre commerce extérieur.

Qu'on nous permette deux mots sur la fabrication de la porcelaine.

On distingue deux genres de porcelaine , la porcelaine dure et la porcelaine tendre.

La porcelaine dure, celle qui nous occupe en ce moment, à

“pour base le kaolin et le feldspath qu’on remplace quelquefois

par un mélange de craie, de sable et de feldspath. On réduit

-ces matières en une pâte bien homogène qu’on bat et qu'on laisse macérer longtemps. Cette pâte est ensuite façonnée

soit au moyen du tour, soit avec des moules ou le scalpel de l’artiste. Les pièces finies et séchées subissent une première cuisson: elles forment alors ce qu’on appelle biscuit. Ordinairement on les recouvre d’un vernis, dont le feldspath

forme la base; après quoi elles subissent une seconde et

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dernière cuisson de trente à treute-six heures. La moindre négligence dans ces manipulations peut déterminer des accidents ou des'défectuosités : c’est ce qui explique le prix élevé des belles porcelaines. | |

Ces porcelaines sont souvent revêtues de divers ornements, couleurs unies , peintures, dorures, etc. Les couleurs s’appliquent soit sur la pâte, soit sur la couverte, en les fondant avec celle-ci à la même température qu’elle, lorsqu'elles peuvent la supporter (fonds au grand feu), ou bien en les faisant adhérer à l'émail à une température plus faible au moyen d’oxydes ou fondants métalliques. |

La porcelaine tendre diffère de la précédente par sa pâte plus abondante en feldspath , par conséquent plus fusible, et par son émail dans lequel il entre de l’oxyde de plomb. La l porcelaine anglaise renferme du phosphate de chaux et de la ll baryte. l

Au double point de vue de l’art et de l'utilité, MM. Pouyat, k

ñ de Limoges , présentent une série de produits qui se distin- À guent par une minutieuse recherche dans les matières pre- } mières, la grâce de la forme, la régularité du dessin et les | reliefs qui ornent leurs pièces avec un grandiose remarquable. | Leurs articles courants, notamment leurs séries de plats ova- | les, soupières, assiettes, se distinguent par l'harmonie de | leurs proportions, la blancheur de l’émail et par le fini d'une fabrication qui, à force d’étude et d'expérience, marche à Ç

coup sùr dans les procédés qui réalisent la pièce irréprochable, même dans l’ordre le plus modeste de la production céramique. Mais il est un de leurs services émail et biscuit qui mérite surtout de fixer l'attention par son élégante richesse et ce confort de bon goût qui satisfait aux conditions de l’art. Un artiste habile, M. Comolera , y a distribué avec beaucoup d'entente des reliefs et des détails qui, jusqu'à présent; avaient été employés par l'orfévrerie seule. La soupière est de forme ovale avec gerbe de blé, maïs et légumes sur le couvercle. Les autres pièces du service sont composées d’après le même motif, et les assiettes de dessert, en harmonie avec leur spécialité, sont à fond émaillé avec fruits en relief.

Ce service est complété par un surtout du biscuit le plus pur, portant sur pied à tiges de palmier dont Îles feuilles recourbées abritent trois cigognes et font garniture à la coupe

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qui couronne un groupe de mésanges. Tousles détails de catté pièce sont exécutés avec une finesse remarquable dans le modelé, une souplesse et une ténuité de grain qui lui donnent toutes les apparences d'un fin marbre de Carraré.

Dans un même groupe, citons avec éloge les porcelaines de MM. Häche et Pépin-le-Halleur, dont les beaux services de table sont appréciés depuis bien des années en Amérique. Cette importante maison nous offre des échantillons réellemeént beaux de sa production habituelle. SA

M. Honoré, dont nous regrettons la mort, expose des sérvicés de table où l’art de la fabrication est égal à celui du décor.

M. Pillivayt ne le cède en rien aux deux maïsons que nous vénons de citer; il ajoute seulement à ses services dé table: des vases dé toute grandeur, dont nous pouvons apprécier là beauté de la porcelaine, la franchise des nuances et la forme vraiment artistique.

Un vase Céladon, avec canards en relief, est du plus gracieux effet. Deux autres vases Céladons, dé un mètre de hau- M. | teur environ, représentent, l’un un tigre, et l’autre un éro-

L codilé. Ces vasés sont remarquables par l’harmonie dé leur forme pure et svelte. Nous citerons, en outre, des vases de formes étrusques du plus pur sentiment, et des vases style ls | japonais dont on ne peut qu'admirer le fini du travail et 1h lé bon goût qui a présidé à leur fabrication.

F4 M. Jullien, dont la maison est connue depuis longues dl ännées pour ses services décorés, s’est éncore surpassé, sj

celà est possible. Les modèles qu'il’ offre à notre critique sont \ 1 téllement beaux, d’un goût si pur, que, fussions-nous pessi- «(ii mistés au plus haut degré, nous ne trouvérions qu'à ap- | plaudir. |

Nous mentionnerons aussi avec élôge MM. Jouharineau ét Dubois, qui, se font remärquer par des vases en biscuit et nous montrent tout ce que peuvent l’art et le talent unis à la persévérance. Ces vases représentent, l’un une bacchanale avec pérsonnages en relief, et l'autre une fête de Céiès. Ce travail, dônt le fini ne laisse rien à désirer, nous paraissait tout d’abord taillé dans du marbre ; le mouvement, la finesse des traits, l’expression des visages, tout nous paraît vraiment merveilleux. Deux grands vases Céladons attirent également és yeux et l'attention des connaisseurs. Dans cette exposilion,

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