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l'extrême abondance du poisson, et les pêcheries y font chaque année des bénéfices considérables. |
Les richesses minérales du Canada consistent surtout en fer et en cuivre. Des gisements censidérables de cuivre natif ont été découverts récemment près du lac Supérieur, et l’exploitation en est déjà commencée ; l'Exposition en renferme plusieurs beaux échantillons, ainsi que des pyrites de cuivre et des malachites; de la blende, de la galène argentifère, de l’argent et de l’or natif complètent la belle collection des produits metalliques du Canada.
Depuis longtemps habité par des Européens, ce pays possède déjà une industrie habile, de jolies voitures, de beaux tissus, une belle collection de taillanderie, qui montrent que le temps n’est peut-être pas loin où les importations en produits manufacturés n'auront plus au Canada l'importance qu’elles ont encore. Les machines agricoles du Canada sont les plus perfectionnées du monde, et ne le cèdent en rien à celles de l'Angleterre elle-même.
Au reste, la richesse de la colonie se montre dans les énormes travaux d’art qu’elle entreprend ; elle est couverte d'un réseau de chemins de fer qui viennent de tous côtés rejoindre le fleuve Saint-Laurent, cette immense artère de l'Amérique septentrionale que de nombreux travaux mettent en communication avec les grands lacs, La facilité de la navigation et le bon marché qui en résulte pour les voyageurs et les marchandises donneront à cette grande route une importance prépondérante pour les communications avec l'Amérique occidentale, et pourront faire une sérieuse concurrence au canal de l'État de New-York. Le grand fleuve lui-même va être traversé près de Montréal par un pont destiné au passage d’un chemin de fer : sa longueur sera de près de 2 kilomètres. Une colonie qui exécute de pareils travaux pour s’éviter des frais de transbordement est certes dans une belle voie de prospérité,
COLONIES ANG£LAISES.
Annexe, galerie; travées 1 à 13, À et D. — Palais principal, palier de l’escalier sud-est.
Le génie entreprenant de la ‘race anglo-saxonne, les grandes guerres de l’Empire pendant lesquelles la marine anglaise a dominé les mers durant vingt ans, ont doté le royaumeuni d'un grand nombre de colonies sur tous les points du globe; nous avons déjà parlé des Indes, cet immense continent qui appartient à une société de marchands, mais le cap de Bonne-Espérance et l’île Maurice, en Afrique, le Canada, la Guyane et la Jamaïque en Amérique, enfin l'Australie, voilà encore des possessions britanniques appelées à un immense avenir, et qui montrent déjà maintenant où elles pourront arriver plus tard.
La Guyane doit nous occuper spécialement. Nous avons là aussi un territoire énorme, mais les gouvernements successifs qui y ont envoyé des colons paraissent avoir pris à tâche de ruiner cette possession dans l'estime de la mère patrie, et quand un homme dit qu’il va à Cayenne, on le considère en France comme un homme mort. Cependant la Guyane française est exactement dans la même situation que la colonie anglaise. Très-rapprochées, elles ont le mème climat, les mêmes productions, et nul doute que si nous avions une exposition de la Guyane française, nous y trouverions la répétition de la belle exposition de la colonie britannique. Celle-ci produit du sucre en quantités considérables; en 4854, la colonie a exporté 83 millions de livres anglaises de sucre et 2 millions de gallons de rhum. Remarquons de plus que ce sucre pourrait être parfaitement raffiné dans la colonie qui possède les machines propres à cette opération, mais le gouvernement a mis sur l'introduction de ces produits des droits tels, que la colonie n’exporte que des cassonades.
La Guyane britannique ne fait plus ni coton, ni café, productions dans lesquelles elles réussissait cependant, mais les droits d’exportation l’ont encore forcée à abandonner ces cultures. Son exposition de bois est des plus remarquables : bois
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de marine, bois d'ébénisterie les plus variés croissent spontanément sur tout le sol.
Quelques-unes de ces plantes donnent en outre des fibres textiles qui paraissent supérieurs à notre chanvre, qui n’exigent presque aucune culture. Les fibres de plusieurs palmiers, brillantes et solides , pourront sans doute être employées aux usages les plus variés; celles du bananier , dont les Indiens fabriquent des cordages d'une résistance remarquable, celles d'agava, du mahoe, sont encore recueillies sur les plantes qui les produisent, mises à rouir pendant quinze jours ou trois semaines, puis propres à la fabrication.
Les fécules les plus variées, banane, igname, arrow-root, les gommes, les résines, les huiles sont encore les produits naturels de cette belle colonie, qui, malheureusement, n’a pas encore assez d'habitants, puisqu'elle n’en compte pas 90 000, et sur ce nombre à peine 4000 Européens, y compris la garnison. Îl n’est pas douteux, cependant, que cette exposition aura un effet excellent sur la prospérité de la colonie en montrant toutes les richesses dont elle est douée; ajoutons que, d'après des statistiques officielles, les côtes seules de la Guyane sont attaquées de temps à autre par la fièvre jaune, mais que l’intérieur du pays est parfaitement sain, et qu’on y rencontre des cas de longévité extraordinaire,
La Jamaïque est la plus importante des Antilles anglaises. Sucre, café, rhum d’une réputation universelle, piment, arrow-root, bois de teinture et d’ébénisterie : tels sont les articles d'exportation de cette colonie à peu près semblables à ceux des autres Antilles.
Nous ayons remarqué avec intérêt les fibres du lace Balk découpées en lames extrêmement minces, de manière à fournir une sorte de tissu fort élégant à mailles écartées, et que les créoles paraissent employer comme ornement sur des étoffes de soie.
La belle colonie du Cap, que les Anglais prirent aux Hollandais pendant les guerres de l'Empire et qui leur fut définitivement laissée en 4814, est bien représentée dans l'exposition des colonies anglaises. Nos alliés ont là une possession importante au point de vue maritime, et qui leur assure un lieu de relâche très-utile pour leurs vaisseaux qui se rendent dans les Indes; la rude guerre que leur font les Cafres est aussi
une excellente école pour l’armée britannique. D’apres des chiffres qui remontent à une dizaine d’années, la colonie exporterait annuellement pour une valeur de 6 millions de francs; ces exportations consistent spécialement, comme le montre l'exposition, en bois d’ébénisterie, bois de construction; en vins, et parmi eux le fameux vin de Constance, remarquable surtout par sa rarelé; enfin en produits animaux provenant des nombreux troupeaux que nourrit le sol du Cap, et aussi en dépouilles des bêtes sauvages qui s’y rencontrent , éléphants, autruches , etc.
Les habitants du cap de Bonne-Espérance, descendants des Hollandais depuis longtemps fixés sur le sol, constituent une race à part: les Afrikanders , aimables, doux, flaneurs, qui contrastent singulièrement avec la roideur extrême des Anglais, dont les habitudes finissent cependant par déteindre sur les mœurs des premiers colons.
L'émigration se dirige peu vers la colonie du Cap, dont la prospérité pourra être sérieusement menacée lorsque l’Angleterre trouvera dans le canal de l’isthme de Suez un chemin plus rapide pour se rendre à ses possessions des Indes.
L'ile Maurice, voisine de notre île de la Réunion, n’appartient aux Anglais que depuis 4810; jusque-là elle avait été colonie française. Elle se défendit courageusement, mais finit par succomber. En 1815, les Anglais nous rendirent l'île Bourbon et gardèrent l'île de France, dont les productions sont semblables à celles de sa voisine; elle est pourvue de plusieurs ports excellents, tandis que notre colonie n'en a aucun; du café, du sucre, de l’indigo , des épices, des bois; tel est l’aspect de l'exposition de cette colonie anglaise.
L'importance des produits envoyés par le Canada et l'Australie nous engage à en faire l’objet d’un examen spécial.