‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 59 sur 135 · CONFÉDÉRATION SUISSE · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION SUISSE

Annexe, section des produits, travées 20 à 22, A à D. — Palais principal, galerie, travées 22 à 39, B à G.

Pour un pays de deux millions.et demi d’habitants, l’exposition de Suisse est relativement considérable; ses limites sont d'autant plus faciles à reconnaitre dans le palais principal, que son exposition est gracieusement entourée d’une ceinturede broderies, devant lesquellesles dames font station.

On y voit, en outre, -les articles les plus variés d'horlogerie, de bijouterie, des soieries unies, des rubans, des cotonnades, avec leurs nombreuses variétés, des bourres de soie, qui constituent, sans qu'on s’en doute, une branche très-importante et très-productive de fabrication, des cotons filés et teints, des articles de paille et de sculpture en bois, des instruments de mathématiques, des outils, si multiples pour l'horlogerie, des pianos, des parquets, dont les exposants ont reçu des commandes pour les palais du Louvre et de Saint-Cloud, des cuirs et peaux, des télégraphes usnels et perfectionnés, des dessins de machines, plusieurs reliefs de la Suisse ou d'une partie de ce pays, des meubles, des carabines, si chères aux Suisses, et qu’ils manient si adroitement, de la poterie, et, entre autres, trois remarquables poêles «en faïence et des vins des bords du lac Léman. N'oublions pas de mentionner deux petites vitrines devant lesquelles la foule passe sans même y jeter un coup-d’œil : l’une contient de tous petits ressorts pour chronomètres, l’autre des * flint et des craivn-glass , produits remarquables qui ont obtenu la grande médaille à Londres.

La Suisse a une exposition d'industrie dans toute l’acception

du mot. Ses principaux produits sont répandus dans toutes les:parties dusmonde : en Orient, aux États-Unis, dans l’Amérique méridionale, en Chine, sur la côte de Guinée, etc.

Ces:énormes montres que vous voyez dans une des vitrines de Neufchatel, sont destinées à l’empereur et aux mandarins de la Chine. Le siége principal de la fabrication des montres est dans les montagnes arides du canton de Neufchatel, etil s'en fait un millier par jour, depuis le prix de 20 fr. jusqu’à celui de 4000 fr.

A Genève, c'est l'horlogerie fine et à :enjolivements qui se fabrique le plus ; vous y voyez des montres dont les dimensions extérieures ne dépassent pas celles d’un franc, enchâssées dans des lorgnons ou des carnets de cartes de visite.

Le canton de Saint-Gall et le demi-canton d’Appenzell se livrent avec succès à la fabrication des broderies, des mousselines et des cotonnades. Ces deux petits pays, dont la population réunie dépasse à peine 200 000 âmes, font pour plus de 50 millions d'articles d'exportation.

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Ces stores et rideaux que vous admirez se confectionnent dans les familles pendant le cours des longs hivers et l'interruption des travaux des champs. Industrie morale qui mérite encouragement, et à laquelle nous souhaitons une prospérité croissante.

Les soieries de Zurich sont exposées collectivement par cinquante-huit fabricants de ce canton. Elles ne sont pas comparables à celles de Lyon, sans doute, mais elles offrent le précieux avantage d’un extrême bon marché. Il y en a beaucoup à 4 fr. 50 c. le mètre. |

Les rubans forment la principale fabrication de la riche ville de Bâle, qui croît en importance d'année en année. Ces rubans joignent à la distinction le mérite du bon marché; mérite qui ne peut pas toutefois être apprécié, puisque les exposants de Bâle ont, malgré toutes les sollicitations, refusé de désigner les prix, tant est grande la crainte de MM. les commissionnaires , qui interviennent toujours entre le producteur et le consommateur.

Les articles de paille occupent une longue suite de vitrines : c'est encore une branche importante de fabrication en Suisse ;

le siége principal en est dans la partie catholique du canton

d’Argovie, et, dans une mesure beaucoup plus restreinte, à Fribourg; ces articles, ainsi que ceux d'horlogerie, sont admis en France avec des droits modérés, mais les broderies, les mousselines, les cotonnades, les cuirs, en sont, comme on sait, complétement exclus.

L'économiste se demande comment l’industrie peut prospérer dans un pays placé dans des conditions si peu favorables : à une grande distance de la mer, sans matières premières, Sans houille, sans douanes protectrices.

Et cependant, non-seulement l'industrie manufacturière n'y décline pas, mais elle s’y développe d’une manière remarquable.

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