EMPIRE D'AUTRICHE
Annexe, section des produits, travées 35 à 41, À à D. — Annexe, section des machines, travées 116 à 121, À à D. — Palais principal, rez-de-chaussée, travées 21 à 25, H à N. — Palais principal, galerie, travées 20 à 25, K à N.
On chercherait vainement, dans l’exposition autrichienne, un caractère industriel bien prononcé : les tendances du travail manufacturier sont loin d’être identiques dans toutes les parties du vaste empire, formé d'éléments si divers ; l'Italie autrichienne se fait remarquer par sa prédilection marquée pour tous les arts d'imitation, négligés ailleurs d'une manière fâcheuse ; l’industrie de la Bohême ne ressemble pas à celle de la Hongrie, quoiqu'on puisse regarder ces deux contrées comme les centres principaux des industries agricole et minérale du pays.
Malgré ce défaut d'ensemble, que l'on aperçoit bientôt en visitant avec attention l'exposition autrichienne, elle ne laisse pas cependant que de présenter, par la variété de ses productions, un grand intérêt, tantôt au point de vue de l'élégance et de la bonne qualité de certains produits ; mais dans la plupart des cas, par les conditions économiques particulières à ses industries principales.
La Moravie et la Hongrie se font surtout remarquer par leurs exploitations minérales dont l'administration impériale des mines a formé, dans les différents districts, une excellente collection technologique. Les houilles et les cokes qui figurent à l'Exposition proviennent en grande partie de la Bohême et de la Moravie; mais les mines de Steyordef, en réunissant à leurs charbons les minerais de fer carbonate qu’elles possèdent, peuvent cependant fournir d’exacts renseignements sur là valeur des combustibles de la Hongrie ; ceux de la Transylvanie sont également bien représentés par les produits des mines de Magyar Hermany. Un bloc remarquable de lignite provient des mines de Léoben (Styrie). La plupart des fers autrichiens sont traïtés au charbon de bois, particulièrement ceux destinés à la fabrication de l’acier : les
usines d'Innerberg en Styrie, celles de Freybuch en Carinthie qui produisent l'acier dit des Curmes à la double marque, celles de Jenbuch, dans le Tyrol. doivent être comptées parmi les plus intéressantes. Le pudlage au gaz de. tourbe est un des traits caractéristiques de la fabrication autrichienne : plusieurs forges ont obtenu des succès remarquables dans cette direction, et l’établissement de Secco, à Milan, présente plusieurs échantillons de fer obtenus sans autre combustible. L'exposition la plus importante pour les pièces de grandes dimensions est celle de MM. Rosthorn et Dickmann. Les autres métaux sont aussi l’objet d’une exploitation notable : les plombs de Blecberg et de Untersitzen, les zincs d’Auronzo, les cuivres de Brixlegy et de Kitzbühl, dans le Tyrol, l’étain des différentes mines de Bohême attestent une variété de production fort remarquable. Le tellure est un produit important au laboratoire général des monnaies de Vienne , le mercure s’exploite à Brünn, le nickel et le cobalt à Berndorf, l'antimoine et l'argent en Hongrie, principalement à Iglo, les minerais aurifères à Kremnitz.
Lelaminage du cuivre, du laiton, etdes différents alliagesdu nickel et du cuivre, connus sous les noms d'alfucia, de packfond, de maillechort, constitue une fabrication très-avancée dans les districts des forges. Une feuille de packfond des usines de M. Schaller, près Vienne, n’a pas moins de 14 mètres de longueur. Les laitons laminés de Tafilmethas sont d’une parfaite fabrication. |
Les échantillons de produits agricoles ne font pas défaut dans l'exposition autrichienne. On y remarque les blés, les orges, les seigles, les avoines de Hongrie, de Moravie et de Bohême, les riz de la Lombardie analogues à ceux de nos départements d'Alger. L'empereur Ferdinand expose de fort jolis colzas de son domaine de Prague. Le maïs a été l'objet d’essais très-intéressants ; l’épi dépouillé de sa graine et converti en farine a été soumis à une sorte de panification ; les biscuits obtenus avec cette substance ont contribué déjà à la nourriture de 5 ou 600 personnes l’an dernier, et permettent. d’éspérer, en temps de disette, de trouver ainsi les éléments d’une alimentation supplémentaire. En se bornant à la concasser, on l’emploie avantageusement à la nourriture des bestiaux. à |
Les tabacs occupent une place importante dans l'exposition autrichienne ; ceux dela Gallicie sont lesmeilleurs, si on les compare avec les produits similaires de la Hongrie, de la Silésie, dela Lombardie, dont les nombreux échantillons sont réunis par les soins de l'administration impériale. |
‘Les laïines constituent le produit agricole le plus important de l'Autriche: nulle part les toisons: n’ont été plus soigneusement préparées pour lexposition, et nulle part on ne rencontre une collection plus intéressante, La: société pour améliorer la production de la laine en Bohême, n’a rien négligé pour que les plus beaux troupeaux fussent dignement repré: sentés ; on remarque surtout les toisons du comte François de Thun Honenstein, celles du prince Ad. Swarzemberg, bien connu par ses constants efforts en faveur de l’agriculture, celles du comte de Mundy. Les laines du troupeau des fermiers réunis et bien d’autres encore qu’il conviendrait de citer, rendront la tâche du Jury bien difficile lorsqu'il s'agira de répartir, entre les exposants de l’Antriche, les récompenses que ne peut manquer de leur attirer cette exposition tout excep— tionnelle par’ ses nombreuses variétés, et ses qualités supérieures. En général ces laines sont destinées à la carde : nous n'avons vu qu'un seul échantillon de laine à peigner.
Les plans de drainage de M. Kreuter sont intéressants : cet ingénieur, depuis 5 ans, n'a pas drainé moins de 5000 pièces de terre.
Les bois du comte Zomoeski offrent un intérêt particulier pour-là marine. Ses chênes, sapins’et frênes de Gal icié pour raient être amenés sur le marché français avec des avantages marqués: Les mélèzes en grume de M. Bumert, et en planches débités peuvent alimenter, comme:bois d'harmonie, tous les facteurs d’instruments dé musique.
Les cuirs de Hongrie, particulièrement ceux de MM. Pollak fils et de M. Suess ont une réputation bien méritée : quelques peaux en poils complètent cette partie de l’exposition autrichienne. Les articles de sellerie les accompagnent : les selles variables, pour tous chevaux, au moyen d'un arcon régu-lateur, ne présentent aucune nouveauté d'invention. | . La quincaillerie, les produits chimiques et les substances alimentaires occupent les deux galeries de l'Annexe. La taillanderie de la Carinthie et de la Styrie sont remarquables ;
les produits surtout de M. J. Zeitlinger, de M. Weinmester, et ceux de MM. Gobhel et Cie, dans la haute Hongrie. Les scies de M. Miller et Cie sont d'une excellente fabrication. Sans être aussi complète sous ce rapport que l’exposition prussienne, celle de l'Autriche est encore remarquable, et a souvent l'avantage du bon marché. Les armes communes auxquelles on pourrait reprocher surtout leur mauvaise mise en bois, sont fabriquées à des bas prix extraordinaires : où trouverait-on ailleurs des p'stolets à 4 francs la . paire ? Les cadrans, étiquettes et ustensiles en fonte émaillée sont également d'un bas prix remarquable. Quelques instruments de mathématiques et de précision, et parmi ces derniers les nouvelles batteries galvanique de M. Jedlik, Esapo et Hamar, occupent, avec quelques pièces d’horlogerie, l'une des galeries latérales.
Les bougies d'acide stéarique et les allumettes allemandes doivent sans doute au grotesque de leur arrangement d'’occuper une place spéciale dans l'avenue principale; les autres produits des industries chimiques occupent la galerie du côté de la Seine. Les papiers de Josefstal et ceux de Lorenz fils et Echmann, sont cités pour leur bonne fabrication; les céruses et les savons font l'objet d’une industrie considérable.
Les collections de farines sont assez importantes, celle principalement de la société impériale des moulins à vapeur de Vienne ; les sucres indigènes de M. le comte de Larish- Meennich à Freistaät, ceux de M. Richter, préparés directement en cubes de 4 à 2 centimètres de côté, pour les usages domestiques, annoncent que cette fabrication est très-avancée en Silésie et en Bohème : cette industrie compte d’ailleurs un assez grand nombre d’exposants. Nous ne dirons rien des sculptures fondantes en sel gemme de la direction des salines et des domaines de Hongrie : bientôt il ne restera rien de ces échantillons bizarres.
L'immense bouteille figurée avec des milliers de bouteilles des différents vins de l'Autriche, de M. Scherzer, pourrait à bon droit paraître ridicule, si elle n’était destinée à faire connaître une des plus grandes richesses de l'Autriche, richesse méconnue ou à peine appréciée en France. Le vin est peutêtre, sous ce rapport, le fait capital de l'exposition autrichienne ; sans parler des vins fins, dont quelques-uns sont de
très-bonne qualité, il importe que l'on n’ignore pas avec. quelles facilités les différents crus de l'Autriche pourront: arriver sur le marché français dans des conditions de prix.
très-favorables ; les vins de Tokay sont chers, mais ce que
l'on appelle les vins de commerce, et ce sont précisément,
ceux-là que M. Scherzer a réunis, se vendent à un prix relativement très-inférieur. |
C'est surtout dans le palais principal que l’exposition d’Autriche laisse apercevoir l’absence d'ensemble que nous indiquions tout à l'heure. En réunissant, par groupes distincts, les produits , dans des salles bien décorées, on a cependant cherché à atténuer ce défaut par une installation convenable.
Les cuivres estampés occupent une petite place auprès
d’objets de toutes sortes que l’on pourrait qualifier du nom
géyzrique d'industrie parisienne de l'Autriche, si les fabri-.
cants qui ont contribué à cette réunion n’avaient pris soin de P
négliger tout à fait la forme, ou de n’y penser que pour la
rendre plus tourmentée et plus bizarre. Nous examinerons ces produits daus leur ensemble, parce que si nous voulions les citer en détail , il nous serait impossible de ne pas indiquer que la plus graude partie se compose de pipes de toutes sortes,
particulièrement en écume de mer : on n’en verra jamais:
une égale collection. On sait que la matière première se récolte en Crimée, et quelques beaux échantillons nous montrent cette singulière substance en grande masse; d’un grain fin et homogène, on ne pourrait mieux la comparer qu à la faïence fine pour sa blancheur et son aspect général , si n'était son étonnante légèreté. Elle est ici tourmentée, de mille manières, ciselée, creusée, représentant sur le bout d'une
pipe colossale jusqu'à des sujets à huit ou dix personnages ;
qui peuvent bien contribuer un peu à faire perdre, par leur masse, tout l'avantage pour lequel nous avons dit que cette substance était recherchée. A côté des têtes de pipes, les tuyaux de toute espèce ; l'arsenal est tout à fait complet. Les boutons de nacre ne sont pas moins nombreux que ces instruments des loisirs de l'Allemagne, et ils dénotent au moins une industrie fort avancée par la variélé que les differents fabricants ont su mettre dans leurs produits. À voir ceux de M. Winter, on croirait que tous les boutons du monde sont confectionnés dans ses ateliers. Les petits monuments en
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nacre de M. Schwartz sont trèsbrillants, sinon jolis ; ils sont très-recherchés et d’un beau travail : quelques-uns d'entre eux ont jusqu’à 30 centimètres de hauteur: Les jouets d’enfants de toutes sortes sont d’un bas prix extraordinaire ; ceux en bois blanc sculpté, dans le genre suisse, ne laissent pas de présenter un caractère de naïveté fort original. À côté d’eux, les cannes, par leur nombre et leurs variétés, semblent se disputer avec les pipes la prééminence dans l'exposition autrichienne. Les ciselures des pommes de quelques-unes d’entre elles sont tellement grandes et tellement contournées, que le seul moyen de s’en servir sagement consisterait à les tenir par l’autre extrémité. A en juger par l'exposition, on doit croire que cette industrie n’est pas sans importance en Autriche. Citons encore, pour compléter la description de cette première salle, lés boîtes et encadrements en composition plastique : quelques-uns de ces objets se vendent 40 et 50 centimes la douzaine, nous n’avons pas le droit de demander qu'ils soient d'une forme gracieuse.
Les papiers'de fantaisie gaufrés ou marbrés de M. Kneper forment une fabrication: importante aussi par l'extrême bon marché, le format grand-raisin de toutes les sortes ne se vendant que 30 francs la rame. L'exposition de M. Wertheim, de Vienne, est bien plus intéressante encore: sa grande fabrication lui permet d'obtenir tous les outils à: des prix impossibles ailleurs : ses rabots montés, de‘tous profils, à 4 fr. la paire, vaudraient trois fois autant partout ailleurs. Des presses à papier, des coffres-forts, et parmi eux les produits remarquables de M. Kosak demandent à être particulièrement cités pour leur bonne construction et le fini du travail. Les bronzes et la bijouterie sont peu nombreux; disons seulement que les tabatières en argent , et surtout les belles parures de grenat, méritent d’être mentionnées : nulle
part on ne fait mieux en ce genre, ét ces produits ont un caractère particulier qu’on voudrait retrouver plus souvent en
visitant les galeries autrichiennes. La fonderie de fer de Kitschelt a également envoyé quelques produits intéressants.
La Bohême nous avertit que dans les arts de la verrerie et de la:céramique nous trouverons beaucoup à admirer; aussi les trophées de la nef sont-ils consacrés à ces industries principales. La porcelaine se distingue plutôt par le caractère
propre de l’industrie allemande, le bon marché, que ‘par des qualités particulières. Les imitations de Chine, cependant, sont très-remarquables , et la fabrique du comte de Thun tient, à n’en pas douter , le premier rang. L’industne des terres cuites est peut-être plus complétement représentée que celle de la porcelaine : celles de M: Brunseweller, de Wagram, disposées en pyramide dans la nef, ont à la fois le mérite d’une bonne exécution et d’un bas prix. À en juger par le dessin qui accompagne dans l'Annexe les produits céramiques.de M. Miesbucq, qui expose aussi cette jolie foniaine'en terre cuite que l’on remarque presque au centre de la nef, nous devons considérer cette fabrique comme une des plus importantes , sinon comme la plus considérable. M. Miesbucq est le Minton de Vienne et l’un des plus grands producteurs de l’Autriche.
La cristallerie de la Bohême soutient sa vieille réputation, et si les produits de la France lui sont quelquefois égaux et supérieurs sous le rapport du goût et de la forme, nous ne pourrions méconnaître sans injustice le mérite des couleurs et du travail. Peut-être a-t-on fait plus d'efforts en 1851, mais tels qu’ils sont, les produits de M. Gebruder , ceux du comte de Harracb , ceux surtout de M. Mayer neveu, doivent être comptés parmi les plus beaux de l'exposition de 1855. Les cristaux gravés de Negenburth sont d’une perfection inimitable. Lefiligrane en verre, de Venise, est exposé par M.Tommasi, les plus belles aventurines, par M. Biguglia; mais pourquoi cette belle matière est-elle si fâcheusement introduite dans tous ces objets de verrerie, dont le caractère
principal devrait être celui d’une grande légèreté? Les essais
de reproduction en verre des médailles et des camées laissent deviner , chez M. Pantosek, une industrie pour laquelle nulle substance ne saurait présenter plus d'avantage. Les ustensiles en verre pour la chimie de M. Stolzle sont d’une exécution et d’un bas prix fort remarquables. | Les tissus forment la principale richesse de la fabrication autrichienne, remarquable surtout par ses draps et ses soieries. Le damassé de fil est d’une belle exécution , ainsi que le prouvent surtout les produits de M. Oberlecthner, les mouchoirs imprimés du comte de Narrach , les cotons de M. Dornalzer , de Plugen ; les teintures Andrinople de M. Ganal et Cie, les
crins tissés et quadrillés pour meubles ont bien aussi leur importance. Les draps, d'une excellente fabrication, sont d'un bas prix extraordinaire ; ces beaux draps militaires , particulièrement les draps blancs , dont l'Autriche fait un si grand usage , sont cotés, chez M. Skène, 4 fr. 75 c. le mètre ; les étoffes pour pantalons, de Strakish, à 5 fr. 50 c. et 6 fr., Offermaon , Scholler, etc.. sont dans des-conditions presque identiques.
Les châles sont plus surprenants encore ; Rossi, Klawatsh, Krammer, Zusel en exposent à 24 francs qui ne laissent rien à désirer, et ces maisons considérables en fabriquent dans tous les genres. Les étoffes de soie pour meubles de Nell, celles de Naas et les nombreux tapis de cet éminent industriel, caractérisent surtout la fabrication autrichienne, dont les tissus de soie ne le cèdent en rien aux plus renommés.
Les pelisses de voyage en fourrures, avec ornements de couleurs en cuir et en laine ont une ampleur et un confortable tout à fait particuliers; ce costume national est d’un effet excellent. Les beaux vêtements en feutre, de M. Muck, de Prague, pour hommes et pour femmes, doivent aux mêmes formes d'attirer également l'attention générale. |
L'Autriche se faisait remarquer à Londres par ses belles ébénisteries : elle a été beaucoup plus sobre cette fois, quoiqu’un meuble très-remarquable de M. Rosani mérite d'être apprécié ; mais c’est à M. Thonet qu’appartient la première place parmi les meubles ordinaires fabriqués en bois. débité sur la longueur des fibres, puis courbés au feu ; ses siéges sont d'une solidité à toute épreuve en même temps qu’agréables par la forme. Cette innovation est une de celles qu'il importe d'encourager. Les coffrets en imitation de vieux chêne, de MM. Stammer et Breul, donnent lieu déjà à une exploitation considérable : le prie-Dieu en marquetterie, qui se trouve auprès de leur exposition dans la nef, sort également de leurs ateliers. La reliure et la maroquinerie sont chez M. Girardet des industries considérables , exécutées dans ses divers ateliers comme on exécute les objets d'art. Les boîtes à ouvrage de M. Klein sont aussi d’une bonne et solide exécution.
L'imprimerie impériale de Vienne conserve toujours sa prééminence, surtout par l'invention : aucun établissement public n’a plus fait pour l’industrie; ses produits galvanopla-
stiques et ses chromolithographies ont été trop bien appréciés à Londres pour qu’il soit nécessaire de revenir sur ce sujet. Ses tableaux en chromotypographie ne sont pas moins remarquables, mais le nouveau mode de reproduction des objets d'histoire naturelle est peut-être ce qui mérite les plus grands éloges. Une petite branche, avec ses feuilles, étant passée au laminoir entre deux planches de zinc et de plomb doux, laisse une empreinte en creux sur celle-ci, qui, reproduite par les procédés de la galvanoplastie, permet ensuite de multiplier par l’impression tous les détails de l'empreinte originale; les collections de plantes, les broderies, les dentelles et les tissus de toutes sortes, soumis à ce procédé, fournissent, à en juger par les résultats, des images très-satisfaisantes. Les copies galvanoplastiques de camées , les gravures hyalographiques sur verre sont aussi fort intéressantes. La carte d'Europe, la carte topographique des États pontificaux , et la plupart des ouvrages typographiques , sont d’ailleurs en tous points des chefs-d'œuvre.
Les reliures d'album, en velours gaufré en or, constituent l’une des spécialités de l’industrie milanaise.
Les gravures par zinc de Forster suffisent pour prouver que ce mode de reproduction facile est d’un avenir assuré : les grandes photophées de Conti ont le défaut d’être un peu dures. Celles exécutées par Lorent, de Venise, sont d’une harmonie de tons étonnante : on sait d’ailleurs que l'emploi du papier ciré pour recevoir les épreuves négatives ajoute beaucoup à la douceur des tons dans les œuvres photographiques.
La facture des instruments en cuivre est en Autriche fort avancée, et les spécimens exposés témoignent de l'importance de cette industrie. Les pianos sont peu nombreux ; nous n'en connaissons qu’un seul, encore son mérite est-il très-discuté. Les accordéons doivent être considérés plutôt comme jouels que comme instruments sérieux.
Les détails qui précèdent suffiront sans doute pour faire * connaître l'importance de l'industrie dans les contrées qui nous occupent. Près de 1800 exposants se sont présentés au concours; un très-grand nombre ne peuvent manquer d'y recueillir de nouvelles distinctions.
L'exposition autrichienne laisse deviner que la construction des machines n’a pas encore fait tous les progrès désira-
bles : les spécimens sont peu nombreux ; l'exécution laisse souvent à désirer. La locomotive Engerth, dont l'application
se répand partout en Allemagne et sur plusieurs chemins de
fer français , n’est représentée en Autriche que par un dessin, tandis que le Wurtemberg l’a construite. Cette importante machine sera considérée sans doute comme une ample compensation à la pénurie que nous sommes obligés de signaler. L'exposition très-variée de M. Schmid, de Vienne, une presse mécanique lithographique et typographique de Sigl, et, parmi les métiers de filature de tissages, deux cardes, une pour la laine, l’autre pour le coton, et un banc à broches constituent à peu près les machines principales de l'Autriche qui compte encore cependant deux locomotives, dont une avec son tender, sortant des ateliers de M. Gunther , est d'une jolie disposition.
La carrosserie ressemble à celle que l’on fait partout ailleurs, si ce n’est toutefois la voiture d’apparat d’un mauvais goût extrême, et dont la décoration rappelle assez celle de nos corbillards de luxe.