‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 66 sur 135 · ROYAUME DE PORTUGAL · texte numérisé non relu

ROYAUME DE PORTUGAL

Annexe, section des produits, travées 18 et 19,, A et B. — Palais principal , galerie, travées 23 et 26, B.à D.

L'exposition portugaise compte 441 exposants , représentés pour la plupart par des spécimens peu nombreux, dont les dimensions, particulièrement pour les produits naturels, laissent souvent à désirer. L'ensemble de cette exposition ne manque cependant pas d'intérêt, surtout pour les produits des nombreuses colonies portugaises. Le conseil des colonies à Lisbonne a bien voulu porter des soins tout particuliers au choix des échantillons destinés au grand concours de 1855 ; c'est à lui que nous sommes redevables des produits de la province d’Angola et de Benguela, dans l’Afrique occidentale, de la province des îles du cap Vert, de Bissao, Cacheo, et dépendances dans la Guinée, de la province des îles de Saint-Thomé et Principe dans le golfe de Guinée, de la province de Mozambique, Sofala et Rios de Senna, à l’est de l'Afrique, de la province de Goa, Damao et Duc, dans l'Inde portugaise, et de la province de Macao, Solor et Timor, en Chine et dans l'Océanie. |

Quelques ‘exposants sont venus aussi représenter l'archipel des. Açores, et la province des îles de Madère et de Porto- Santo.

L'industrie a encore peu de place dans l'exposition de la métropole, surtout dans celles des colonies. Les citations qui viennent d’être faites annoncent suffisamment une grande variété de produits agricoles, parmi lesquels les ‘céréales, les huiles d'olives et les vins, ont une importance prépondérante. | Les blés tendres et les blés durs, les orges, Je riz, le maïs, dénotent-une production agricole des plus riches ; le Portugal,

en effet, suffit à sa consommation sous ce rapport; soixante échantillons d'huiles d'olives, envoyés par vingt producteurs différents; soixante-cinq exposants de vins de diverses provenances, suflisent pour caractériser ces deux produits principaux ; les seuls vins de Porto alimentent un grand commerce d'exportation, principalement avec l'Angleterre: ceux de l'Estrémadure, assez semblables à notre bordeaux, sont peu connus; les muscats mousseux, cependant, seraient surtout appréciés avec faveur; les liqueurs et les fruits confits sont aussi très-remarquables. |

Le miel'et le carthame, les cuirs forts de Porto, les conserves de porc salé d’Evoror, les sucres raffinés de Lisbonne, figurent encore parmi les produits importants de la péninsule portugaise. Les cigares fabriqués avec les tabacs du Brésil et les bois de l’île de Madère, fournissent à l’industrie manufacturière un contingent précieux. |

Un modèle de pressoir et quelques grands vases de poterie

qui portent dans le pays le noh de Talha, témoignent heureusement des procédés qui se sont perpétués en Portugal, pour la préparation et la conservation de sés vins spiritueux. Les produits de l’agave sont intéressants, cette plante pouvant être utilisée pour ses fibres textiles, dont la finesse leur a fait donner le nom de soie végétale; elle sert aussi à la fabrication du papier et à la confection d'ouvrages en vannerie fort curieux. Le suif végétal de Mafarra est aussi une substance sur laquelle il'est bon d'appeler l'attention pu-blique. Une belle collection de bois et de liéges offre, dans l'exposition portugaise, d’autant plus d'intérêt que les bois de construction n’ont pas été oubliés à côté des bois d'ébénisterie.

Les marbres du Portugal, particulièrement le rose, les poudingues de même couleur, le jaune de Sienne qu’on ne trouve plus nulle part ailleurs, le jaune et le vert antiques, figurent avec distinction parmi les produits de la marbrerie. Un bel échantillon de malachite est placé parmi les produits minéraux de l'Annexe.

Le combustible minéral, découvert en 1851, et qui es) exposé par deuxindustriels, M. Croft et M. Lacorda, pourra donner quelque essor aux exploitations métallurgiques. M. Braga, de Lisbonne, figure auprès de ces échantillons de houille et de

lignite, pour quelques spécimens de minerais d'étain, nouvellement reconnus. |

Les porcelaines de M.-Pinto Basto, unies et décorées, sont d'un prix qui serait encore digne d’intérêt si l'exécution en était moins parfaite. Les essais de grandes pièces laissent encore beaucoup à désirer, mais les statuettes sont en général bien réussies, Les poteries noires de M. Damazio sont intéressantes par leur légèreté spécifique et leur bas prix. L'appareil de Woolf, qui accompagne dans le Palais quelques poteries, est assurément d’une très-bonne fabrication. La fabrique de plombs de chasse de M. Cardozo a quelque importance ; les fontes de fer, pour usages domestiques, de MM. Furia et Damazio, leurs siéges en métal, peuvent être considérés comme point de départ dans l'emploi industriel des métaux ordinaires. La sellerie, la construction des instruments chirurgicaux, sont plus avancés ; les statuettes en filigrane d'argent, de Ribeiro, sont moins intéressantes par le dessin que par le travail, mais les pierres montées de M. Pinto é Souza, sont de tous points irréprochables.

Bien que les laines du Portugal ne figurent point en nature à l'Exposition, la fabrication des draps est considérable. Les draps fins de MM. Larcher et Neveux, qui fabriquent euxmêmes leurs peignes et leurs cardes, sont en grande réputation ; les draps de troupe à 2 fr. 50 c. le mètre, sont confectionnés avec les laines du pays. La petite ville de Covilha se consacre spécialement à la draperie. La compagnie de Torres Novas s'occupe particulièrement des toiles à voile et des coutils ; la compagnie lisbonnaise de filature et de lissage emploie mille ouvriers et quatre-vingts chevaux de force, à la fabrication des tissus de coton, qui sont, pour la plupart, introduits par contrebande en Espagne. Bragance est le principal centre de la production séricicole, qui est habilement mise en œuvre à Lisbonne et à Porto. Les dentelles communes font l’objet d’une grande consommation ; les cordages de tous genres, particulièrement ceux fabriqués avec les fibres du phormium tenax, occupent à l'Exposition une place intéressante.

Les bouquets en moelle de figuier, imitant l’ivoire, sont les spécimens d’une industrie toute spéciale ; il en est de même des boîtes à fil décorées, qui ont une certaine vogue. Les gants

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en peau de chèvre, bien fabriqués, à bas prix, quelques meubles en marqueterie, d’un travail ordinaire, un très-beau guéridon de marbre; enfin, de beaux spécimens d'impression, obtenus sur composition en filets de zinc, complètent l'énumération, des objets qu’il nous a été donné de remarquer plus attentivement dans l'exposition du Portugal.

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