‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 72 sur 135 · ÉGYPTE · texte numérisé non relu

ÉGYPTE

Palais principal, galerie; travées 1 à 4, de I à J.

Depuis la conquête que nous en avons faite à Ja fin du siècle dernier, l'Egypte a déjà fait des pas sensibles dans la voie du nrogrès : l'élan que lui avait imprimé le Contact de

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notre civilisation active, continué par Méhemet-Ali, l'ont déjà placé bien en avant des autres États mahométans, et le percement de l'isthme de Suez que l’on va entreprendre pourra la relever complétement et faire renaître une splendeur éclipsée depuis tant de siècles. Les écoles militaires, fondées à limitation de nos écoles françaises, semblent avoir apporté un certain mouvement scientifique, si nous en jugeons par une Collection de livres assez complète sur la géométrie, l'art nautique, etc.

La fécondité de l'Égypte est proverbiale, aussi son exposition de produits naturels est-elle très-remarquable : blé, maïs, riz, se reproduisant indéfiniment avec les inondations fécondantes du Nil ; de l’indigo, des gommes, des dattes, de la cochenille, du soufre, du marbre magnifique et ce granite dont sont sortis tant de monuments gigantesques, sont les principaux produits végétaux et minéraux du sol égyptien.

Les objets fabriqués ont le même caractère que ceux de Turquie, étoffes de soie et de laine rayées d’or, pipes, armes, selles de velours rehaussées de broderies, présentent toujours cette même richesse de la race conquérante, accompagnée de la misère la plus complète de la race vaincue, plus malheureuse ici que dans les autres États orientaux.

Ce qui manque à cette exposition, c’est un caractère spécial ; on eût changé les écriteaux et mis Turquie à la place d'Écypte, que tout le monde s’y serait trompé.

L'Egypte n'est-elle donc plus qu’une province turque, ne reste-t-il plus rien de ces trésors de science d’Alexandrie ; depuis Sésostris, le grand conquérant des âges héroïques, jusqu’à Cléopâtre, ce type, toujours jeune de grâce et de volupté, tout a-t-1l disparu? Il faut le croire, tant de peuples ont passé sur ce pays sans cesse dévasté! Le sabre des Arabes a commencé la destruction, puis celui des Turcs est venu l’achever ; leur despotisme brutal a tué toute résistance, et les malheureux fellahs ne savent plus rien de leurs splendeurs passées; plus misérables que leurs aïeux , ils n’élèvent même pas, au prix de leur sang, ces pyramides gigantesques pour dire aux âges futurs leur souffrance et leur martyre:

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