AMÉRIQUE DU SUD
Annexe, section des produits ; travées 12 à 13, de À à B.
A part la magnifique exposition de la Guyane anglaise, l'Amérique du Sud s’est peu préoccupée de l'appel de la France. Le Brésil n'a rien pour ainsi dire; cette immense contrée, magnifiquement douée de tous les avantages naturels, d’une végétation splendide, la plus riche du globe peut-être, de bestiaux innombrables, de mines. qui fournissent de l'or, des diamants, de l'argent, du platine, du fer ; Ce dernier, si abondant dans la province des mines, qu’il pourra un jour approvisionner pendant de longues années le monde entier ; de tout cela le Brésil ne tire encore qu’un bien médiocre parti. Serait-il donc vrai que l'homme n'arrive à produire que lorsqu'il y est forcé par son contact avec une nature avare, qui ne le nourrit que lorsqu'elle est sans cesse sollicitée par le travail, et qu'au contraire, quand elle se pare de toute sa beauté, quand elle lui offre abondance et variété, il se repose sur elle du soin de son existence, et tombe dans l'inaction ? L'histoire du genre humain tend à le prouver : la France, l'Angleterre, la Russie sont autrement puissantes, avancées, industrieuses, que la molle Espagne et tous les États qu’elle a peuplés dans les deux Amériques. |
Quoi qu'il en soit, le Brésil est bien jeune encore, et on peut espérer son réveil; outre les produits de ses mines qui seraient une richesse de premier ordre, si l'exploitation était habilement conduite, s’il existait des voies de communication, ce grand empire aura encore deux sources inépuisables de prospérité : ses bestiaux qu’il serait bien facile d'améliorer, ou du moins de mettre en état, si on résout le grand problème
de ia conservation des viandes dont tant d’esprits se préoccupent maintenant ; enfin ses bois, ses bois de teinture, qui ont été depuis la découverte, et qui sont encore maintenant, les produits de son sol les plus recherchés,
Le sucre, le café, le cacao, le tabac, les quinquinas, tels sont les denrées que le Brésil exporte et qu’il pourrait exporter en quantités infiniment plus considérables. Notre commerce avec le Brésil est, au reste, assez important, bien qu'il soit inférieur à celui des Anglais; nous portons dans cette partie de l'Amérique du Sud des toiles fines, des étoffes de soie, de la bonneterie, de la parfumerie, des objets de mode et de fantaisie, des livres enfin dont nous avons le monopole exclusif. Cette absorption de toutes les littératures par la littérature française est un fait assez curieux ; en Espagne, en Amérique, en Angleterre même, les journaux publient des traductions de nos romans, et les théâtres des pièces imitées des nôtres ; Paris est bien décidément l’Athènes du monde moderne, le grand producteur littéraire et artistique qui travaille pour le monde entier.
L'exposition de la Nouvelle-Grenade est un peu plus complète que celle du Brésil; comme matières premières, nous avons remarqué de la nacre, des écailles, différentes espèces de quinquina, de la vanille, du café ; quelques échantillons de galène et quelques minerais de cuivre sont les seuls produits minéraux que nous envoie cet État.
Parmi les objets fabriqués se placent en première ligne ces fameux tissus de paille connus dans le monde entier; les chapeaux de Panama, les étuis à cigares sont tressés avec une finesse et une lécèreté qui expliquent les prix élevés auxquels ils arrivent sur les marchés européens.
Le Paraguay, si longtemps fermé aux étrangers, semble vouloir maintenant lier quelques relations avec les États européens. Au-dessous de son drapeau et de son écusson, sur lequel on voit un lion formidable, on rencontre des produits végétaux assez variés, plusieurs substances médicinales (salsepareille, séné, etc.), du tabac et du coton.
La Bolivie, le Pérou, le Chili sont complétement absents : de Buenos-Aires, nous avons reçu une collection assez complète de minerais. |