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Ces 700 000 tonneaux de matières restées inutiles peuvent fournir , après cuisson, compression , dessiccation et pulvérisation, 140 à 450 millions de kilogrammes de lengrais riche qui nous occupe. C’est le chargement de 300 navires de 500 tonneaux chacun; c’est la fumure de plus de 350 000 hectares, à 400 kilogrammes par hectare.
Par sa composition, l’engrais-poisson correspond au meilleur guano du Pérou : il donne 40 à 42 pour 100 d'azote et 16 à 22 pour 400 de phosphate. Son efficacité n’est pas douteuse , elle est établie par de nombreuses expériences faites par des agriculteurs. Peut-être même son action, qui sera moins rapide que celle du guano péruvien, en raison de sa constitution même, sera-t-elle plus certaine et plus avantageuse, mieux appropriée aux développements des plantes.
En admettant que le prix de l'engrais-poisson soit de 20 francs les 100 kilogrammes, pris dans un des ports d'embarquement, comme l’établissait M. de Molon, les matières fertilisantes ne dépasseraient pas le prix auquel l’agriculture peut raisonnablement payer l'azote et les phosphates pour faire une bonne opération. Dans ce cas même, l’agriculture payerait ces matières moins cher qu’en achetant l'engrais péruvien. Cela prouve de quelle importance est, pour notre agriculture, la fabrication du nouvel engrais , si supérieur à tous les autres engrais artificiels qu'on a jusqu'ici prônés, par sa richesse même et par la nature des produits qu’il donne.
Nous devons quelque reconnaissance à ceux qui ont su rendre utiles des débris négligés auparavant, et qui étaient trop volumineux et trop lourds pour être transportés économiquement à quelque distance des lieux où ils se trouvaient. |
L'engraïs-poisson n'est pas un des produits les moins importants de l'Exposition, bien qu'il attire peu les regards et occupe peu de place, Nous en dirons autant du phosphate de chaux, dont les échantillons se perdent dans la collection des sols et sous-sols de l'arrondissement de Valenciennes, exposée, comme nous l’indiquons plus haut, par M. Delanoue.
Le nouvel amendement découvert dans le Nord par M. Delanoue, puissant à la fois par sa chaux et par son acide phosphorique, occupe un bassin fluvio-lacustre qui s'étend de Bre-
tevil à Aix-la-Chapelle, de Calais à Bavay. La carte géolegique de France le désigne sous le nom de Læss; c'est ce que M. Dumont appelle limon hesbayen dans ses belles cartes de Belgique exposées au Palais de l'Industrie.
C'est sans doute à la présence de cette substance que la Gaule belgique doit sa fertilité antique, car elle a formé le sol et constitue encore aujourd'hui le sous-sol de: cette contrée.
Un exemple fera comprendre l'importance de cette couche. On peut évaluer à 45 kilogrammes environ par hectare l'acide phosphorique qu'enlève au sol chaque récolte de froment. Le Lœæss en contient 5/10 000. La couche arable, estimée à 20 centimètres d'épaisseur ou 2000 mètres cubes par hectare, pèsera 4 millions de kilogrammes qui représentent l'énorme quantité de 2000 kilogrammes d’acide phosphorique par hectare seulement, quantité bien supérieure à celle qu’enlève la récolte, et qu'entretiennent cependant les fumiers très-phosphatés employés dans le pays : les tourteaux, lengrais flamand, etc. On peut done emprunter au Nord un amendement extrêmement important, dont l'absence explique en partie la stérilité de la Campine, des Ardennes, de la Sologne. |
L'obstacle qui existait à l'emploi du phosphate de chaux, son haut prix, n’existe plus. L'administration des mines avait déjà signalé la présence de phosphate en rognons dans la craie du nord ; M. Delanoue vient de le découvrir en couche régulière, constituant le réservoir le plus abondant d’acide phosphorique qu’on ait peut-être encore reconnu, ayant plusieurs myriamètres d’étendue, 60 à 80 centimètres d'épaisseur, dans un pays où les voies de communication sont faciles, les moyens d'extraction et d'exportation commodes.
Après la découverte du guano, aucune découverte ne pourrait être plus importante pour l'amendement du sol arable. |
Nous terminons en citant, dans l’ordre des travaux scientifiques et statistiques, un atlas destiné à résumer tous les documents généraux qui peuvent intéresser Pagronome. Cet atlas a été conçu et exécuté par M. Nicolet, 'avec une intelligence et un bonheur qui révèlent une instruction profonde et une grande habileté artistique. Il présente, en quatorze cartes
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imprimées en couleur, accompagnées de douze tableaux complémentaires de texte , des renseignements qu’on ne recueillerait qu'avec infiniment de peine dans mille publications éparses et coûteuses sur les climats, la distribution des pluies, la géologie agricole, la direction des vents, la répartition des plantes, des animaux , des cultures , sur toutes les questions de physique et de météorologie dans leurs rapports avec l’agriculture.
Ces cartes se complètent l'une l’autre ; en les rapprochant on rapproche les faits de leurs causes, et l’on fait naître de leur comparaison des points de vue nouveaux, des explications soudaines, des aperçus inattendus. C’est la théorie de la pratique sous une forme simple, claire, rapidement saisissable, sur des problèmes cependant trés-complexes,
Mécanique générale appliquée à l'Industrie.
La quatrième classe comprend toutes les machines motrices, et leurs applications aux opérations les plus générales, c'est-à-dire celles qui se rencontrent dans la plupart des opérations mécariques, sans qu’elles appartiennent spécialement à telle ou telle fabrication. Le nom de machines motrices sous lequel on comprend les moteurs hydrauliques, les moulins à vent, les machines à vapeur, ne doit point faire supposer que ces machines créent de la force ; elles n’utilisent au contraire qu’une portion de la puissance mécanique qui ést mise à leur disposition par la chute de l’eau, le mouvement de l’air ou la force expansive de la vapeur : une autre portion est perdue en frottements et autres résistances passives, et la perte résultant de ces causes s'élève souvent à plus de la moitié de ce que l’on appelle le travail moteur.
Au point de vue dynamique, la meilleure machine est celle qui réduit cette perte au minimum : de là la nécessité d’avoir des appareils appelés dynamomètres, qui sont destinés à me-
surer le travail développé sur l'arbre moteur ou le travail consommé par telle ou telle machine de fabrication.
Les dynamomèires sont dits de traction, lorsqu'ils sont destinés à mesurer le travail transmis en tirant, comme celui des chevaux attelés à une voiture; ils sont appelés dynamomètres de rotation, lorsqu'ils peuvent mesurer le travail transmis à tel ou tel arbre de transmission : lorsque la puissance motrice est empruntée à la force musculaire de l’homme travaillant à la manivelle, on se sert d’un appareil de même nature qui prend le nom de manivelle dynamométrique.
Comme dynamomètres de traction , ceux de M. le général Morin paraissent avoir le monopole de la précision, en ce qu'ils enregistrent par un trait ineffaçable tous les efforts exercés par l’attelage, quelles que soïent leurs variations. Le dynamomètre anglais de Bentaaln'a pas la même exactitude, mais son montage sur un avant-traic bien disposé lui permet d’être très-commodément employé pour les expériences de traction sur les charrues. Le nouvel avant-train disposé sur l’appareil de M. Morin a été emprunté à l'excellente disposition de l’appareil anglais.
Comme dynamomètres de rotation, ceux de M. Morin, plus ou moins modifiés par M. Clair, sont pour ainsi dire seuls en usage. Nous avons cependant remarqué dans l’exposition an-
. &laise un instrument , bien établi dans le genre du dynamo-
mètre de White, qui permet de remplacer dans les expériences de travail, le frein de Prony, par une disposition ayant l'avantage de tarer la machine pendant que l'opération industrielle s'effectue. Le Danemark a également envoyé deux instruments dignes d’intérêt,
Il nous serait impossible dans cette note succincte de passer en revue tous ces petits appareils destinés à mesurer la pression dans les machines, à assurer le niveau dans les chaudières, etc. Nous nous bornerons à indiquer les manomètres métalliques qu'un habile constructeur, M. Bourdon, a substitués aux anciens manomètres à mercure : nous rencontrons dans la même voie M. Desbordes en France, et MM. Schaffer et Budenberg en Prusse,
L’indicateur du niveau de M. Lethuillier Pinel, au moyen d’une aiguille aimantée, qui suit à travers l’épaisseur du verre tous les mouvements du flotteur, permet d'éviter les
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stuffing-box , dont la garniture ne pouvait être parfaite, alors qu’il fallait laisser une liberté suffisante pour que la tige du flotteur pût fonctionner. |
Les compteurs à eau sont peu nombreux, mais la question qu’ils se proposent de résoudre ayant une grande importance, nous nous permettrons de citer la petite turbine de Scement qui mesure le débit par le nombre de tours qu'elle fait sous l'action du liquide en mouvement, et le compteur de la société l'Atlas à Amsterdam, qui mesure d’une mauière fort ingénieuse tout le liquide qui passe, au moyen d'augets disposés pour le recevoir. Cet appareil placé dans le palais principal, 45, À, nous a paru d’un grand intérêt.
Les autres appareils du même ordre, tels que l’'anémomètre de M. Morin, divers compteurs à gaz, etc., demanderaient une description trop minutieuse pour que nous puissions nous livrer à un examen approfondi. Les balances pour usaes commerciaux, les bascules ordinaires de toutes dimensions, depuis les plus petites jusqu’à celles qui pèsent une locomotive, ne présentent, depuis l'Exposition de Londres, aucune amélioration qui mérite d’être signalée. M. Béranger à Lyon, et M. Schmidt à Vienne sont les deux industriels qui ont apporté sous ce rapport les collections les plus complètes. La bascule pour locomotives de M. Sagnier est d’une très-belle exécution.
L'Exposition ne renferme aucun manége isolé ; nous en aurons plusieurs à citer en parlant des machines agricoles : celui de M. Pinet, dans le jardin, présente une disposition trèsremarquable. .
L'absence des moulins témoigne de l'éloignement toujours plus marqué dont ces moteurs trop incertains sont l'objet.
Moteurs hydrauliques.
Dans tout moteur hydraulique, l’on doit commencer par avoir égard au volume d’eau que l’on possède et à la hauteur de chute, c'est-à-dire à la différence des deux niveaux d’arrivée et de sortie d’eau.
L'importance d’une chute s'évalue en prenant le produit du poids de l’eau dont on dispose dans un temps donné par la hauteur verticale dont elle descend.