‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 82 sur 135 · OP · texte numérisé non relu

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considérable de poids et de volume, production rapide de vapeur à haute pression et emploi de la vapeur sèche, A côté de ces avantages précieux, il y a malheureusement un inconvénient considérable résultant de l'énorme difficulté du nettoyage.

Les deux chaudières, dont nous venons de dire quelques mots, nous conduisent naturellement auprès du modèle de générateur de M. Boutigny. La chaudière de cet exposant se compose d’un cylindre terminé vers le bas par une demisphère et fermé dans le haut par un couvercle. L'intérieur de ce cylindre contient des diaphragmes percés de trous et superposés. Cet ensemble se place dans un fourneau en maçonnerie qui ne présente aucune particularité. La production de la vapeur étant instantanée, il arrive constam- . ment, par la partie supérieure, la quantité d’eau nécessaire à la vaporisation. Avec ce système, construit sur une trèspetite échelle, M. Boutigny a obtenu une quantité de vapeur assez Considérable , puisqu'il a eu 7*,50 de vapeur par kilogramme de houille. M. Boutigny attribue ce résultat satisfaisant à ce fait, que la chaudière est toujours décapée et que les dépôts de sels calcaires se forment sur les diaphragmes.

Avant de quitter les appareils de production de vapeur, il nous reste à appeler l’attention des visiteurs sur l'appareil de MM. Beaumont et Mayer, qui est destiné à produire de la vapeur par le frottement. Ils arrivent à ce résultat en faisant tourner, à la vitesse de 400 tours par minute, un cône en bois , revêtu d’une tresse en chanvre imprégnée d'huile dans l'intérieur d’un cône métallique faisant partie d’une chaudière à vapeur remplie d’eau. Le problème que ces messieurs ont en vue est de convertir les forces naturelles perdues en Chaleur utile. 1 nous est impossible d'exprimer la moindre confiance dans l'emploi de ce système, qui doit absorber un travail de frottement très-considérable.

La chaudière en tôle d'acier, essayée à dix-huit atmosphères, de MM. Jackson frères, Peters, Gaudet et Cie, ouvre une voie nouvelle; bien que l'acier soit encore plus cher que la tôle à poids égal, la résistance de plus grands efforts sur ce métal permet de réduire considérabiement les épaisseurs et de réaliser ainsi une réduction de poids considérable. Il

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est impossible d’ailleurs de voir de la chaudronnerie d’un plus beau travail.

Comme il importe d'alimenter les chaudières avec de Peau à une température élevée, il est intéressant de faire attention à l'appareil de MM. Legris, Choisy et Ligon, qui est monté sur l’une des machines à vapeur, servant à remplir d’eau les réservoirs nécessaires au fonctionnement des machines. Cet appareil utilise une partie de la vapeur d'échappement de la machine pour le chauffage de l'eau d'alimentation, qui acquiert ainsi une température de 400 degrés.

Machines à vapeur.

Dans les premières applications de la vapeur d'eau comme force motrice, l’on n'eut en vue que l'élévation des eaux qui génaient l'exploitation des mines. Plus tard, l’on entrevit la possibilité d'appliquer la force élastique de la vapeur d’eau à d’autres travaux: c'est au célèbre Watt que revient l'honneur d’avoir réalisé cette idée. Quand il voulut Ja mettre à exécution, il fut arrêté dès le début par des difficultés de tous genres; ainsi, en dehors des moyens d'exécution qu'il dut créer, il eut à déterminer les pressions de la vapeur, correspondantes aux différentes températures, les volumes et les poids correspondants aux diverses pressions, les quantités d’eau nécessaires au refroidissement de la vapeur et les dimensions des chaudières pour obtenir un poids donné de vapeur d’eau. A la suite d'un travail inourï, il parvint à construire la machine à vapeur que nous voyons journellement, soit dans les établissements, soit sur les bateaux à vapeur.

Elle a été perfectionnéé, et surtout simplifiée par un grand nombre d'ingénieurs et de mécaniciens ; mais les dispositions principales n’ont pas été changées, les indications numériques qu'il a fournies sont restées les mêmes. Les moyens d'exécution ont été modifiés et améliorés, c'est ce qui a permis d'entreprendre des projets auxquels il eût été impossible de songer. L'on effectue maintenant au moyen de machinesoutils ce que l’on était autrefois obligé d'exécuter à la main. L'on construit de la sorte beaucoup mieux et à plus bas prix. La diminution des prix résulte encore des modifications que

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l'on a proposées et réalisées depuis quelques années. Autrefois l’on se croyait forcé de suivre les modèles de Watt qui comprenaient des balanciers, des bielles, des manivelles, des entablements en fonte d'un poids considérable et d’un travail excessif; peu à peu on est parvenu à sortir de ces dispositions et à construire des machines à mouvements directs qui n'ont pas tardé à conduire aux machines horizontales. En même temps que l'on osait s'écarter si loin des vieilles habitudes, on essayait d'augmenter les vitesses des pistons à vapeur. Ces tentatives ayant été couronrées de succès, elles ont trouvé beaucoup d’imitateurs ; aussi existe-t-il peu de mécaniciens s'occupant exclusivement de la construction des machines à balanciers.

Ce sont surtout les machines de bateaux à vapeur qui se sont ressenties des améliorations que nous venons de signaler ; nous pouvons à peu près affirmer que l’on ne construit plus de machines à balanciers pour la navigation. La substitution presque générale des hélices aux roues à palettes contribue encore à l'adoption des machines horizontales, aussi bien dans la marine militaire que dans la marine marchande,

L'application immédiate des moteurs à vapeur äux opérateurs est un progrès au moins aussi important que celui de l'augmentation de la vitesse, cela permet de supprimer un grand nombre de pièces intermédiaires qui absorbent, en frottement, un travail très-considérable. Nous aurions pu trouver, dans l'Exposition un plus grand nombre d'exemples de cette idée féconde, mais il y en a bien assez pour montrer le parti que l’on peut tirer de l'appropriation convenable de la machine à vapeur au travail que l’on a en vue d’exécuter.

Si les Anglais sont restés longtemps nos maîtres en fait de constructions de machines à vapeur, nous n’avons plus rien à leur envier maintenant, nous pouvons marcher de pair avec eux, nous leur sommes même supérieurs sous le rapport du meilleur emploi de la vapeur comme force motrice. Cette supériorité tient au prix élevé des combustibles qui a obligé nos ingénieurs à trouver des dispositions économiques.

De tous les moteurs, ce sont les machines à vapeur qui rendent les plus grands services, parce qu'on peut les appliquer partout, dans toutes les industries, depuis la filature du fil le plus fin ec le plus délicat jusqu’au travail des pièces for-

gées les plus lourdes. L'on ne doit pas pour cela négliger les moteurs hydrauliques, qui sont d’un emploi si économique chaque fois que l’on dispose d’une chute d’eau.

Une machine à vapeur se compose essentiellement d’un cylindre fermé à chacune de ses extrémités, d'un piston et de conduits disposés d’une manière convenable pour l'entrée et la sortie de la vapeur. Quand la vapeur a terminé son action sous le piston, elle se rend dans l'air ou dans un appareil rempli d’eau froide appelé condenseur, destiné à l’anéantissement presque complet de la pression. Pendant que la vapeur s'en va de la partie inférieure, il en arrive par la partie supérieure qui sert à son tour à pousser le piston en sens contraire , et ainsi de suite. L'on obtient de la sorte un mouvement alternatif ou de va-et-vient.

Si l’on intercepte l'entrée de la vapeur à partir d’un certain point de la course du piston , le reste de la course sera parcouru par l'effet de l'expansion ou de la dilatation de la vapeur. La machine est alors dite à détente. Suivant que la machine est avec ou sans détente, et avec ou sans condensation, l'on distingue quatre espèces de machines à vapeur, savoir :

4° Les machines à vapeur sans détente et sans condensation ;

2° Les machines à vapeur à détente et sans condensation ;

3° Les machines à vapeur sans détente et à condensation ;

4° Les machines à vapeur à détente et à condensation.

Suivant les fonctions que remplissent les machines à vapeur. l'on peut avoir à considérer les machires fixes, les machines locomotives, les machines locomobiles et les machines de bateaux; nous ne nous occuperons ici que des machines à vapeur fixes.

Machines à cylindres verticaux.

Les premières machines à vapeur que l'on aperçoit, lorsque l’on entre dans la galerie des machines, sont celles de MM. Powell, Scott et Lacroix pèreet fils, de Rouen, qui ont exposé trois machines de même puissance et à peu près de même forme. Chacune d'elles est de la force de quarante chevaux et du système de Wolf, ou à deux cylindres de diamètres différents. Dans ce système, la vapeur vient directement

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dans le petit cylindre où elle agit à pleine pression, passe dans le grand cylindre où elle est forcée d'occuper un volume plus considérable, puis sort de ce cylindre pour aller au condenseur, où l’on obtient un vide d’autant plus parfait que la machine est mieux établie.

Les deux cylindres dont il vient d’être question, sont le plus souvent entourés d’une enveloppe vulgairement appelée chemise; la vapeur eircule entre cette enveloppe et les eylindres avant de commencer son action. MM. Powell et Lacroix père et fils ont établi une cloison dans la chemise, de façon à empêcher la circulation de la vapeur de la chaudière autour des cylindres. La vapeur passe d'abord autour du petit cylindre , entre dans ce cylindre, va dans le grand, et enfin, sort entre ce cylindre et l'enveloppe.

Dans la machine de M. Scott, les choses ne se passent pas tout à fait ainsi : la vapeur de la chaudière arrive dans le petit cylindre, passe dans le grand, et se rend directement dans le condenseur. L'on empêche le refroidissement des deux cylindres à l’aide d’un courant de vapeur que l’on prend sur le tuyau d’arrivée de vapeur. Cette disposition nous semble préférable aux précédentes qui sont elles-mêmes supérieures à ce que l'on pratiquait auparavant.

A côté de ces grandes machines à balanciers, avec entablements destinés à être encastrés dans des murs, se trouve la machine de M. Lecouteux, de Paris, également du système de Wolf. Étant d’une force moins considérable, le balancier est porté sur deux bâtis triangulaires reliés au moyen d’entretoises. Comme dans le système de Wolf, les deux cylindres sont contenus dans une chemise, dans l’intérieur de laquelle arrive la vapeur de la chaudière; mais les entrées et les sorties de la vapeur sont tellement combinées que l’on peut marcher à volonté avec les deux cylindres ensemble ou séparément. Chacun d'eux porte un tiroir à détente variable au moyen de cames mises en mouvement par le modérateur. Cette innovation fort heureuse fait honneur au successeur de M. Moulfarine , qui à construit les belles machines motrices de la Monnaie de Paris.

M. Legavrian, de Lille, s’est proposé, dans la machine qu'il a envoyée à l'Exposition, d'obtenir une grande puissance avec un minimum de matière. La disposition qu'il a suivie ne

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peut être mieux comparée qu’à deux machines de Wolf réunies, dans lesquelles on à supprimé l’un des petits cylindres. Pour que le petit cylindre puisse alimenter de vapeur chacun des grands, on donne à son piston une vitesse double de celle des grands pistons. C’est ce constructeur qui à partagé avec M. Farcot le prix de 40000 fr. proposé par la Société d'encouragement. Nous croyons que la nouvelle disposition ne sera pas adoptée par les industriels, et que M. Legavrian reviendra à la machine qui lui a valu une aussi haute distinction.

A peu de distance de la machine de M, Legavrian, nous voyons la machine à vapeur de M. Trésel , de Saint-Quentin, qui n’a eu d'autre but, en exposant, que d'indiquer son système de détente. Le mécanisme en question, qui a paru à l'Exposition de 4849, présente les avantages suivants, savoir : de faire arriver la vapeur avec la tension qu’elle possède dans la chaudière , d'opérer la détente à tous les points de la course, d'introduire la vapeur sur le piston par une ouverture complétement démasquée aux 71100 de la course, et d'admettre le même volume de vapeur au-dessus qu’audessous du piston.

Ces avantages sont obtenus au moyen de deux tiroirs : Pun de distribution et l’autre d'arrêt pour intercepter les passages. Le premier se meut dans un cadre rectangulaire , et le second dans un cadre formé de quatre courbes. Il serait à désirer que cette disposition, donnant d’excellents résultats, se répandit; car c’est la seule détente rationnelle qui ait été faite jusqu'à présent.

M. Hermann a joint à son exposition de machines à fabriquer le chocolat, une machine à vapeur à condensation et à détente variable par le modérateur, qui fait fonctionner une faible partie de l'arbre de transmission de mouvement. Le cylindre vertical est monté sur un entablement supporté par quatre colonnes. L'arbre à manivelle , placé près du sol, reçoit son mouvement de la part de la tige du piston, par l'intermédiaire d'une bielle ayant la forme d’un cadre, à l’un des angles duquel est articulée une tringle qui fait marcher le levier des pompes. L'avantage de cette disposition est d'avoir une bielle assez longue, sans trop élever le cylindre à vapeur au-dessus du sol. L'ensemble

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est compliqué, lorsque l’on veut fonctionner à condensation,

L'une des machines en mouvement, qui attire le plus l’attention des visiteurs, est celle de M. Flaud , de Paris. Elle se compose principalement de deux cylindres à vapeur avec pistons agissant, par l'intermédiaire de bielles, sur un arbre à manivelles coudées à angle droit. Les pièces qui la constituent se retrouvent dans toutes les machines à vapeur; ce qui la distingue des autres, c’est qu’elle donne un plus grand nombre de coups de pistons; l'arbre à manivelles ne fait pas moins de 2%0 révolutions par minute. Le grand avantage de semblables machines est d'avoir des moteurs très-puissants sous un très-petit volume, et, par suite, à très-bas prix. Leur côté faible est de ne pas être d’un emploi économique, à cause du volume de vapeur compris entre le piston et le couvercle que l'on perd à chaque pulsation. M. Flaud a encore deux autres machines verticales, appliquées l’une à la carde de M. Clénet, l'autre aux pompes de M. Delpech. Elles sont d'une simplicité remarquable et fonctionnent également avec une vitesse considérable, |

Machines à cylindres horizontaux.

Parmi les machines verticales, nous n’en avons trouvé qu'une seule faisant marcher une petite partie de l’arbre de transmission de mouvement. Le reste de l'arbre, en ce qui concerne les machines françaises, fonctionne à l’aide de machines horizontales que nous allons passer en revue. Quant à celles en repos, nous nous bornerons à examiner les princi-

ales. | : En venant du côté de la place de la Concorde, c’est-à-dire en nous dirigeant vers l’ouest, nous arrivons d’abord à la machine à vapeur de MM. Révollier et Cie, de Saint-Étienne, qui présente plusieurs perfectionnements intéressants à faire connaître. Le plus important se trouve dans le mode de distribution de la vapeur. Chaque extrémité du cylindre est munie d’une boîte à deux compartiments percés de deux ouvertures circulaires servant, l’une à l'introduction, l’autre à la sortie de la vapeur. Ces ouvertures sont garnies de soupapes, dites de Cornouailles, que l’on soulève à l’aide d’un

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effort très-peu considérable. Elles portent des tiges aboutissant aux extrémités d’un T qui reçoit son mouvement par l'intermédiaire d'une excentrique et d’une bielle. L’oscillation de ce T est telle que, lorsqu'on baisse l’une des soupapes, l'on soulève l’autre. L'avantage de cette disposition est de diminuer la longueur des conduits d'arrivée de vapeur, de pouvoir soulever les soupapes sans faire éprouver de fatigue à la machine, et d'introduire presque instantanément le volume de vapeur nécessaire à chaque pulsation. Cette machine, construite pour le service d'extraction d’une mine, est à détente variable à la main, afin de pouvoir augmenter la puissance du moteur au fur et à mesure de Papprofondissement des travaux. |

Les coussinets des paliers qui portent l'arbre du volant sont en quatre parties, de façon à pouvoir les serrer horizontalement et verticalement. C’est une disposition que l’on devrait introduire dans la construction de toutes les machines horizontales,

La machine à vapeur de M. Bourdon est également à détente et sans condensation. La détente de cette machine s'effectue d’une manière particulière ; elle s'obtient au moyen d'une plaque appliquée contre le tiroir de distribution, que l’on règle à la main au moyen d’une came extérieure. Le Cylindre à vapeur est entouré d’une chemise dans l’intérieur de laquelle on fait circuler un petit jet de vapeur que l’on prend sur le tuyau d’arrivée dans le voisinage de la boîte de distri bution. Cette chemise est revêtue de bois afin d'empêcher autant que possible la déperdition de la chaleur.

La machine de M. Farcot, qui vient ensuite, est une machine de cinquante chevaux, à détente variable et à condensation.

Le cylindre à vapeur est entouré de toutes parts par une couche de vapeur contenue dans un second cylindre que l’on enveloppe lui-même d’une couche de bois.

La détente a lieu par l'intermédiaire du modérateur qui fait tourner, dans l’intérieur de la boîte de distribution, une came contre laquelle vient heurter une plaque poussée par la vapeur contre le tiroir de distribution. Suivant la position que cette plaque occupe la vapeur entre plus ou moins longtemps dans l'intérieur du cylindre. Cette disposition, qui fonctionne très-

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bien quand elle est bien réglée, est malheureusement compliquée : il serait à désirer qu'on püt la simplifier.

L'eau d'injection du condenseur ne se projette pas directement sur la vapeur comme cela se pratique habituellement, elle traverse des tôles percées de trous qui sont placées pour retarder son arrivée et la transformer en pluie fine. Les pompes à air avec clapets en caoutchouc sont à double effet. Deux de ces clapets servent pour l’air et les deux autres pour l'eau.

La dernière machine qui fait fonctionner la transmission est celle de l'école d'Angers qui a été construite pour une exploitation ardoisière des environs d'Angers. Cette machine exécutée avec assez de soin , à part l'arbre coudé qui laisse à désirer, fonctionne aussi convenablement qu'on peut le désirer.

En revenant sur nos pas, il nous reste à signaler un certain nombre de machines horizontales en mouvement. Parmi celles-ci, nous trouvons les petites machines de M. Flaud, faisant marcher, l’une une pompe de M. Éloy, et l’autre une machine à faire les parquets de M. Sautreuil, de Fécamp.

Ces machines, sont excessivement simples et fonctionnent à grande vitesse comme les machines verticales dont nous. avons déjà parlé. Elles sont établies de façon à éviter les dérangements ; l'on peut les employer en toute confiance dans. un grand nombre de circonstances.

M. Flaud a encore une machine à vapeur horizontale, dite petit cheval d'alimentation , elle est destinée à l’alimentation: des chaudières à vapeur. La bielle ayant été remplacée par une coulisse, le volume de la machine est aussi réduit que:

ible.

L'amélioration principale introduite par M. Flaud dans les. machines depuis l'exposition dernière consiste dans l’élargissement considérable qu'il a donné à toutes leurs parties frottantes, Sans modifier le frottement, il arrive de cette manière à éviter, en grande partie, la destruction des principaux organes par l'usé. Le

M. Duvoir de Liancourt s’est proposé de construire des machines à vapeur en supprimant les boîtes à étoupes des tiges. de piston. |

Pour arriver à ce résultat, il s’est trouvé forcé d'employer dans chaque appareil deux cylindres, deux pistons et deux

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tiges. Dans cette machine , la vapeur n’agissant qu’à simple effet, l’on a presque doublé le volume nécessaire. L'on a en | outre remplacé le frottement d’une tige de petit diamètre par | celui d’un piston d’un diamètre beaucoup plus considérable,

Quoïque cette machine fonctionne facilement, nous ne voyons

pas bien le progrès que l’auteur a voulu réaliser, Le seul

avantage d’une semblable disposition, c’est que, les pistons

étant visibles sur l’une des faces, il est facile d’apercevoir les

fuites, quand elles se déclarent.

En continuant l'examen des machines en mouvement, nous arrivons auprès des deux petites machines envoyées par l’École des arts et métiers de Châlons de la force de trois à quatre chevaux chacune. L'une d’elles met en mouvement le ventilateur de M. Lemielle, de Valenciennes, tandis que l’autre est attelée à l'hydro-extracteur de M. Tulpin, de Rouen, Les dispositions de ces machines sont simples et bien choisies. L'exécution due à des élèves qui ont encore peu l’habitude du travail des pièces mécaniques est très-remarquable. La

Dans les machines à vapeur, surtout lorsqu'elles ont des dimensions très-considérables, la manœuvre du tiroir de distribution est très-difficile, à cause de l'énorme pression exercée par la vapeur. M. Maldent, de Bordeaux, a exécuté une disposition qui répond assez bien au but qu'il s'est proposé. Le tiroir percé de deux ouvertures glisse à frottement doux entre la table des lumières du cylindre et une pièce tenue à distance fixe, portant des ouvertures pour l’introduction et l’échappement de la vapeur. Les différentes surfaces rodées avec soin sont en contact tellement immédiat qu'il n’existe aucune fuite. |

L’encadrement de la boîte de tiroir étant supprimé, l'on peut vérifier les fuites et les réparer quand il s’en déclare.

A peu près en face de cette machine l'on aperçoit une machine à vapeur de trente chevaux exposée par l'école d'Aix. Cette machine doit servir de moteur dans une garancerie. Pour indiquer le mode de transmission de mouvement, l'on a monté deux des différentes paires de meules qu’elle doit faire tourner. Cette écoie, d'une fondation plus récente que celles d'Angers et de Châlons, a su former des élèves asséz habiles pour exécuter la machine que l’on voit dans l'Exposition.

Les réservoirs d'eau servant à tout le service des machines et appareils en mouvement sont alimentés par des pompes que l'on fait marcher au moyen de deux machines à vapeur à détente variable et à condensation, construites par MM. Nepveu et Cie. La variation de la détente s'obtient à l'aide de la coulisse Stephenson. Ces machines sont bien traitées et ne laissent rien à désirer,

Une des heureuses applications de la vapeur comme force motrice consiste à employer le moteur destiné à un outil déterminé de manière à éviter autant que possible les transmissions lourdes ou compliquées. Nous en trouvons quelques exemples dans l'Exposition.

MM. André Kæchlin, de Mulhouse, ont établi une machine à vapeur spéciale pour faire marcher leur belle machine à imprimer les étoffes.

MM. Thomas et Laurens donnent directement le mouvement à un cylindre soufflant au moyen d'une machine à vapeur horizontale. Ils suppriment de la sorte les organes compliqués de transmission de mouvement dont on faisait autrefois usage.

Les mines de Blanzy ont exposé un ventilateur à axe vertical et à ailes courbes que l’on fait tourner directement à l'aide d’une petite machine à vapeur horizontale.

M. Gratiot, d’Essonne, a envoyé une pile à papier qui reçoit son mouvement au moyèn d'une machine à vapeur appliquée contre la cuve de la pile.

M. Voruz s'est borné à l'envoi de la cuve d’une pile à papier qui est également conduite par un moteur spécial.

Ces quelques applications suffisent pour faire comprendre le parti que l'industrie peut tirer de l'emploi des machines à vapeur agissant directement sur les machines et outils que l'on a besoin de mettre en mouvement.

En outre de l'avantage qui résulte de la simplification des transmissions de mouvements, l’on est certain de ne jamais éprouver de chômages, parce que, tandis qu'un moteur est en réparation , les autres continuent à effectuer leur travail.

Les machines horizontales en repos sont assez nombreuses. Parmi les plus remarquables à citer, nous avons celles de MM. Cail et Cie., de Paris. L'une d'elles est à détente sans condensation , et l’autre est à détente avec condensation. La pompe à air de cette dernière est également horizontale et

reçoit son mouvement par l'intermédiaire d’un balancier. L’ensemble de ces machines est très-satisfaisant, tant sous le rapport des formes que sous celui de l'exécution. Elles ne renferment pas des dispositions nouvelles de nature à faire progresser l’industrie des moteurs à vapeur , mais les pièces dont elles sont composées sont si bien groupées, si bien agencées qu'elles échappent à toute critique.

M. Farinaux, de Lille, expose une machine à vapeur horizontale du système de Wolf, à détente variable. Les deux cylindres sont fondus d’un même morceau, le petit cylindre seul est entouré d’une chemise. Une détente mise en mouvement par le modérateur est appliquée sur le petit cylindre. Elle se compose de deux glissières situées l'une en avant et l’autre en arrière du tiroir de distribution et reliées au modérateur par l’intermédiaire de deux petites tiges. Quand le modérateur n'agit pas, la machine marche sans détente, mais , lorsque les boules s’écartent, les deux glissières viennent masquer en partie les orifices de distribution du cylindre à vapeur, et il y a détente. La détente est d'autant plus grande que les boules du modérateur sont plus écartées.

Le condenseur est en avant des deux cylindres, ce qui nécessite, pour transmettre le mouvement à la manivelle, l’emploi d’une énorme bielle à fourche qui n’est pas d’un bel effet.

Dans cette machine, l’on a eu surtout en vue de mettre toutes les pièces aussi en évidence que possib’e ; c’est ce qui donne à l'appareil une complication plus apparente que réelle.

MM. Tenbrinck et Dyckhoff, de Bar-le-Duc, ont envoyé à l'Exposition une machine à vapeur horizontale qui ne diffère des autres machines de même espèce que par le moyen qu'ils ont employé pour faire varier la détente. Elle a lieu à l’aide de roues dentées avec rochets , disposées de façon à tourner dans un sens ou dans l’autre, suivant que les boules du modérateur s'élèvent ou s’abaissent. Par l'intermédiaire d’arbres et de roues d'angles , l'on parvient à augmenter ou à retrécir les orifices du tiroir de distribution, et, par suite , à obtenir une détente variable.

M. Frey expose une machine de 40 chevaux à détente variable. Pour diminuer l'usure du cylindre, la tige du piston traverse les deux couvercles qui ferment les extrémités, mais

cette disposition n'est pas nouvelle. La détente est obtenue au moyen d’une came à courbes variables, montée sur l'arbre du modérateur. L'une des extrémités de la tige du tiroir porte un galet et l’autre est munie d’un petit piston qui force le galet à s’appuyer contre la came. L'on évite le choc qui a lieu lorsque le tiroir se ferme par un ressort.

Pour terminer ce que nous avons à dire sur les machines à vapeur horizontales, nous citerons les noms de MM. Rouffet et Martin, de Paris, et M. Mariolle-Pingnet , de Saint-Quentin, qui ont exposé, les premiers des machines à détente sans condensation , et le dernier une machine à détente avec condensation. Ces trois machines, qui ne présentent pas de dispositions particulières , sont très-bien exécutées.

Machines à vapeur oscillantes.

La plus importante des machines oscillantes envoyées à l'Exposition est celle de M. Boyer, de Lille. Elle est à deux cylindres et à condensation. L'on reconnaît en la voyant l’habile exécution de ce constructeur de premier ordre qui construit de si belles et si bonnes machines à balancier. Nous craignons celte fois que l’expérience ne réponde pas aux vues de l’auteur qui n’a eu d'autre but que de diminuer le prix de vente.

M. Béchu a exposé une petite machine oscillante dans laquelle la distribution de la vapeur a lieu au moyen de deux tiroirs superposés. Le tiroir de distribution fixe est mû par un excentrique à cames qui démasque brusquement les orifices du cylindre, L'autre tiroir sert pour la détente que l’on rend variable à la main en diminuant sa course.

La dernière machine oscillante que nous ayons à citer a été envoyée par l'association des tullistes de Saint-Pierre-lès- Calais, Cette petite machine sert à faire fonctionner le métier à tulles qu'ils ont exposé, |

Machines rotatives.

L'Exposition française renferme très-peu de machines à va-

peur rotatives. La seule qui mérite d’être mentionnée est celle de M. Moret, construite d’après les dispositions indiquées par

M. Pecqueur. Elle se compose d’un bras ou piston se mouvant circulairement dans l’intérieur d'une enveloppe annudaire. La distribution s'opère au moyen de deux plaques horizontales qui avancent et reculent dans un plan passant par l'axe de l'arbre. M. Moret a rendu ce système plus parfait en modifiant les presse-étoupes de l’arbre de transmission de mouvement,

Machines à air et à vapeurs combinées.

Les machines à air sont très-rares à l'Exposition, on ne peut citer que celle de M. Franchot. Ce moteur accomplit son action au moyen de l’échauffement et du refroidissement subits de quatre masses d'air passant successivement d'une chambre chaude dans une chambre froide. L'exposant annonce une dépense d’un kilogramme de charbon par force de cheval et par heure. Il est douteux que l’on puisse obtenir un résultat semblable.

M. Pascal, de Lyon, a exposé, sous la dénomination de moteur générateur à combustion comprimée, un appareil qui trouve parfaitement sa place à côté des machines à air. Îl se compose de quatre parties bien distinctes : un foyer renfermé dans un récipient clos de toutes parts, une pompe à air, un cylindre à vapeur ordinaire avec sa boîte de distribution et une petite pompe alimentaire. On brûle le combustible dans le foyer avec le secours de la pompe à air, on produit audessus du foyer de la vapeur instantanée, on mélange les produits de la combustion avec la vapeur surchauffée et l’on envoie le tout dans le cylindre moteur, 11 paraît que l’on obtient des résultats excessivement économiques, avec des appareils de ce genre, mais jusqu’à présent l'inventeur s’est -abstenu de les faire connaître, Il sera très-curieux de visiter le bateau portant un appareil moteur de ce système, qui doit venir se montrer sur la Seine, pendant la durée de l'Exposition.

Les machines à vapeurs combinées de M. Du Tremblay ont abordé par une autre voie le problème de l'amélioration des machines à vapeur. Imaginez qu'on fasse rendre la vapeur d'échappement dans un vase métallique renfermant une trèsgrande quantité de tubes remplis d'éther ou de ehloroforme,

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liquides qui se réduisent en vapeur à très-basse température ; l’eau, en se condensant dans ce vase, väporisera une cer— taine quantité de ce liquide, qui pourra agir par sa force expansive sur une nouvelle machine en tout semblable à la première; ce principe fécond permet d'utiliser une seconde fois la chaleur produite, mais il est nécessaire d’avoir dans ce second appareil des clôtures parfaites, si l’on ne veut avoir à craindre les fuites de ces vapeurs secondaires, très-facilement inflammables et d’ailleurs d’un prix élevé.

Les applications déjà faites, par M. Du Tremblay, de son

système ne laissent pas que d'avoir une assez grande impor-

tance; on construit en ce moment de grandes machines de bateaux pour l'emploi des vapeurs combinées, expression qui est vicieuse, en ce sens que les deux vapeurs sont toujours parfaitement isolées l'une de l’autre. | La revue des machines françaises étant terminée, le visiteur voudra bien nous permettre de le conduire dans les parties étrangères, où nous continuerons à observer le même ordre.

Machines à cylindres verticaux.

La première machine qui se présente lorsque l’on quitte les machines françaises, est celle de M. Schmid, de Vienne (Autriche). Elle est établie d'après le système de Wolf sans double enveloppe ; la vapeur agit à haute pression dans le petit cylindre et se détend dans le grand. L'appareil étant de puissance moyenne, le balancier est supporté par des bâtis triangulaires reliés à l’aide d’entretoises. On ne rencontre aucune: disposition nouvelle dans cette machine, mais on peut affrmer que sa Construction est très-soignée et ne laisse rien à désirer.

En nous dirigeant du côté de Chaillot, nous arrivons auprès de la machine de MM. Van Viissengen , Van Helle, Derosne, Cail et Cie, à Amsterdam (Hollande), qui fait partie d’un appareil à cuire le sucre dans le vide. Elle est à détente Variable et à condensation. Dans les machines à balancier, on fait presque toujours usage du parallélogramme de Watt, pour que la tige du piston à vapeur se dirige verticalement ;

dans celle-ci, pour simplifier la construction, on a remplacé

le parallélogramme par deux guides en fonte, dans lesquels

os

glissent des coulisseaux. Des traverses relient les extrémités de ces guides aux sommets des supports du balancier. C’est la seule particularité saillante de cette machine qui est assez bien traitée.

MM. Cail, Hallot et Cie, de Bruxelles (Belgique), nous présentent une machine motrice verticale, destinée à faire le vide dans un appareil à cuire le sucre. Ce système, plus ramassé que le précédent, est plus convenable pour le service auquel il est affecté.

La plus belle machine à cylindre vertical que nous ayons à considérer à l'étranger est sans contredit celle de M. Fairbairn, de Manchester (Angleterre).

L'appareil qu'il a envoyé à l'Exposition, et qui fait marcher les machines de filature anglaises, se compose de deux machines à colonnes du système connu vulgairement sous le nom de machine Fairbairn. Ces machines sont à détente fixe par recouvrement du tiroir et sans condensation. L’arbre à manivelles situées à angle droit, porte une roue dentée servant à la fois de volant et de roue d'engrenage. Cette roue engrène avec un pignon monté sur l'arbre de transmission ; l'entente des dispositions et les soins apportés dans la construction font voir que l’on est en présence d’une maison de premier ordre.

La machine à vapeur de MM. Neumann et Esser, d’Aix-la- Chapelle (Prusse), est à détente et sans condensation. Elle est formée d’un cylindre soutenu au-dessus du sol sur deux colonnes cannelées, d’une tige de piston agissant par l'intermédiaire d’une bielle, sur un arbre à manivelle situé près du sol, et de deux excentriques circulaires servant, l’un au tiroir de distribution et l’autre à celui de détente. L’exécution de cette machine est très-satisfaisante ; s'il y avait une critique à faire, elle porterait sur l’ensemble du système, qui ne nous paraît pas présenter une grande solidité.

En nous transportant à l'extrémité de la galerie des machines, nous nous trouvons en présénce de la machine à vapeur à détente variable et sans condensation, de M. Bolinder, de Stockholm (Suède). Son cylindre est attaché sur le sol, et l'arbre à manivelle est élevé à une certaine hauteur, La plaque de fondation du cylindre et le support de l'arbre sont reliés par un bâti en fonte fixé contre un mur. Les guides de la tige

de piston sont attachés sur ce bâti et sont disposés de manière à pouvoir être rapprochés au fur et à mesure de l'usure. Les deux tiroirs destinés, l’un à la distribution fixe et l’autre à la détente, sont en avant du cylindre, et au lieu d’être mus par des excentriques sont mis en mouvement par une manivelle. La variation de la détente s'obtient au moyen d’une pièce à coulisse montée sur le bauton de manivelle. Dans les machines à détente, la mise en marche est quelquefois difficile ; pour obvier à cet inconvénient, on remarque un robinet qui met en communication les deux boîtes à tiroirs. La machine est munie de deux pompes alimentaires que l’on fait fonctionner par l'intermédiaire d’une bielle et d’un excentrique. Cette disposition permet de pouvoir faire marcher les pompes à la main, ce qui est très-commode dans bien des circonstances. Celle machine, parfaitement entendue dans son ensemble et dans ses détails, est exécutée d’une manière très-remarquable.

La machine sphérique de M. Gray, de Londres (Angleterre), trouve sa place à côté des machines que nous examinons maintenant. Le piston de cette machine est demi-circulaire et reçoit de la part de la vapeur un mouvement oscillatoire qui lui fait décrire un arc d’une certaine amplitude à chaque

,oscillation. Le piston est attaché sur un arbre horizontal qui

traverse deux boîtes à éloupes, L'une des extrémités de cet arbre porte un levier ou demi-balancier, qui transforme son mouvement de va-et-vient en un mouvement de rotation par l'intermédiaire d’une bielle et d’un arbre à manivelle. Cette machine, qui fonctionne régulièrement, fait mouvoir une partie de la transmission.

Avant de clore la liste des machines à vapeur verticales, nous avons à indiquer les petites machines d'alimentation de M. Luschka, de Laibach (Autriche), et de MM. Schaëffer et Budenberg, de Magdebourg (Saxe). Ces deux machines ont cela de remarquable, que la distribution a lieu directement sans l'emploi d’excentriques.

Les tentatives que fait M. Siemens pour appliquer aux machines à vapeur le système de régénération de la chaleur, au moyen des toiles métalliques d'Éricson , sont assurément plus rationnelles que celles entreprises dans la même direction sur l'air seul. Les expériences qui pourront être faites, à l'Expo-

sition même, sur la machine à trois cylindres de M. Siemens

ne peuvent manquer de jeter un grand jonr,sur cette question importante.

Machines horizontales.

La plus importante des machines horizontales que l’on trouve dans l'exposition étrangère est celle de M. Schmid, de Vienne, exposant dont il a été déjà question en parlant des machines verticales. Elle est destinée à faire marcher une pompe horizontale à double effet. Les pistons à vapeur et à eau sont fixés sur la même tige, et, afin de donner moins de longueur possible à l'appareil, l’on a fait usage de deux bielles latérales.

La forge impériale de Révitza expose une machine horizontale ayant à peu près les mêmes dimensions que celle de M, Schmid. Cette machine, beaucoup moins bien exécutée que la précédente, ne présente d’autre particularité que l'emploi de la coulisse de Stephenson, qui permet de varier la détente et de faire tourner l'arbre à manivelle dans les deux sens.

MM. Cail, Hallot etCie, à Bruxelles, présentent une machine motrice horizontale mettant en mouvement une pompe à air et une pompe à eau pour le service d’un appareil à cuire le sucre. La disposition de cette machine présente beaucoup d'analogie avec les machines exposées par la maison Cail <t Cie de Paris.

La pompe d’Appold est mise en mouvement par la machine à vapeur de MM. Barrett, Exall et Andrewes, de Reading (Angleterre). Cette machine ne mériterait aucune mention spéciale si elle ne faisait pas marcher l'appareil qui fixe tant l'attention des visiteurs.

M. Steenstrup, de Christiania (Norvége), a envoyé une petite machine à vapeur de trois chevaux, dans laquelle tous les mouvements sont directs. La tige du piston se trouve à la fois guidée par une douille et par un support placé sous le point d’articulation de la bielle. Cette dernière disposition nous paraît complétement inutile dans un appareil d'une aussi faible puissance. L'on ne se sert pas d'excentrique pour transmettre le mouvement au tiroir, on fait usage d'une

petite manivelle fixée sur le bouton de la grande manivelle. Cette petite machine est bien entendue et très-bien exécutée.

Machines oscillantes.

La machine de M. Lestor-Stordeur, d'Houdeng-Aimeries (Belgique), se compose de deux cylindres oscillants agissant, par l'intermédiaire des tiges de piston , sur deux manivelles situées à angle droit sur l'arbre de transmission de mouvement. La distribution de la vapeur s'effectue sans tiroir, au moyen d'ouvertures pratiquées dans les supports et les tourillons. C’est une disposition très-simple; mais elle occasionne une grande dépense de vapeur, à cause des fuites qui se manifestent après fort peu de temps de service, et dont on ne peut se rendre maître.

En se dirigeant du côté de Chaillot , l’on trouve la machine de M. Williams (Angleterre), qui fait marcher une partie de la transmission de mouvement. Elle oscille à la partie supérieure du cylindre sur un entablement supporté par quatre colonnes.-Le tiroir de distribution, placé au-dessus du couvercle du cylindre, se meut à l’aide d'une coulisse, dont on varie l’inclinaison avec un levier mis à la disposition du conducteur de la machine.

Dans le voisinage de la porte Chaillot, nous arrivons auprès de quatre machines envoyées par MM. Tousley et Reed, de New-York (États-Unis). L'une de ces machines est sans détente et sans condensation. Le principe de la disposition dont on a fait usage, est de pratiquer des ouvertures sur les conduits qui amènent la vapeur dans l’intérieur du cylindre et de la faire venir en même temps par des points diamétralement opposés, de manière à éviter les frottements produits par la pression de la vapeur. | | ‘9

Les supports sur lesquels le cylindre oscille sont creux et partagés en deux parties égales par une cloison. La chambre supérieure sert à l'introduction de la vapeur, et celle inférieure à l’échappement. Ces chambres , percées d'ouvertures latérales, sont mises successivement en communication avec le dessus et le dessous du piston. Chaque support est percé au centre d’une ouverture conique dans laquelle pénètre l’un des tourillons servant à l'oscillation du cylindre. Ces sup-

ports sont appliqués contre les surfaces frottantes au moyen de vis que l’on serre au fur et à mesure de l'usure.

Les inventeurs se sont surtout appliqués à simplifier les dispositions des machines oscillantes. Ils y sont parvenus de la manière la plus heureuse, en supprimant les excentriques et les tiroirs, qui sont toujours gênants dans la construction des machines de cette espèce.

La seconde machine, composée de deux cylindres accouplés, est à détente et sans condensation. Lorsqu'elle marche à pleine vapeur, la distribution est absolument la même que dans la machine que nous venons de décrire; il n’en est plus de même quand elle fonctionne à détente. La disposition dont on se sert pour cela, se compose de deux anneaux placés à chaque extrémité des cylindres, ayant extérieurement le diamètre intérieur du cylindre. Ces anneaux portent deux tiges transversales traversant les couvercles. Quand on ne veut pas de détente, ils viennent se loger dans des cavités pratiquées dans les fonds, mais lorsqu'on désire de la détente, l'on s'arrange de façon à placer les anneaux devant les lumières du cylindre et à présenter un obstacle vis-à-vis les tiges qui glissent dans les couvercles. Plus cet arrêt se présente vite, plus la détente a de durée. L'obstacle dont on fait usage est formé de deux bras montés sur un arbre que l’on manœuvre à la main. Pendant l’oscillation du cylindre, les tiges qui passent à travers les fonds viennent heurter les bras tenus dans la position que l’on désire; par suite les anneaux masquent les orifices d'introduction de la vapeur, et il y a détente. re

Cette machine présente une autre particularité : elle contient une valve creuse au moyen de laquelle on peut marcher dans les deux sens, régler la vitesse et arrêter le mouvement.

fa troisième machine, à cylindre oscillant, ressemble beaucoup à la première ; elle est seulement disposée de manière à faire trois mille tours par minute. ;

La dernière machine ne devrait pas figurer parmi les machines oscillantes; c’est un petit cheval d'alimentation à cylindre horizontal, dans lequel la pompe à eau est montée sur le prolongement de la tige du piston à vapeur. La distribution de vapeur a lieu directement, au moyen d'un bras monté sur la tige du piston, qui vient frapper deux arrêts fixés sur la

tige du tiroir de distribution. Cette disposition n’est pas nouvelle, elle se retrouve dans les appareils alimentaires de | MM, Penn et fils, de Londres.

h Les trois premières machines de MM. Tousley et Reed sont excessivement remarquables par suite des innovations qu’elles présentent; mais elles pèchent un peu sous le rapport des formes, qui sont loin d’être gracieuses.

Machines rotatives.

M. Guibal, de Mons (Belgique), expose un appareil à dé- | tente et à condensation, formé de deux machines rotatives. La vapeur agit à haute pression dans la première machine, et | se détend dans la seconde. Chacune d'elles est composée d’un tambour dans lequel se meut un piston plan, incliné sur l’axe de l’arbre de transmission de mouvement. Les pistons, ne | portant pas de garniture, ne peuvent s'opposer aux fuites qui doivent se manifester peu de temps après la mise en marche. Ce système, quoique fort simple, a selon nous peu d'avenir. Les étrangers, ainsi que les Français, ont fort peu de machines rotatives; nous n'avons à citer que celles de MM. Wal- | ker et Nicole, exposants anglais.

Grues fixes.

Parmi les divers engins servant à la manœuvre des far- À deaux, l'Exposition ne nous présente guère que cinq ou six | grues, lesquelles sont remarquables d’ailleurs par leur bonne 14 exécution.

La construction des grues a été, depuis dix ou douze anges, tellement perfectionnée par la plupart des plus habiles C6nstructeurs, tant en France qu’en Angleterre, que les machines de ce genre, si l’on en excepte la grue hydraulique à transmission, de M. Vorutz, ne comportent aucune nouvelle combinaison.

Ce genre de machines se rencontre aujourd’hui dans toutes | les industries, et chacun sait qu’elles servent à soulever et à | manœæuvrer de lourds fardeaux. C'est surtout depuis l'emploi des voitures locomotives que l’on s'est occupé de l'établisse-

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ment de grues capables de soulever des poids de 30 000 et même de 40 000 kilogrammes.

La grande grue exposée par les ateliers Cavé peut porter 35 000 kilogrammes. C'est une fort belle machine, montée avec tout le soin et la solidité qu’exigent ces sortes d'appareils. MM. Bourgougnon et Cie, successeurs de M. Cavé, ont conti-nué avec succès les divers genres de construction qui constituaient la spécialité de cette importante usine.

Outre les grandes machines à vapeur transatlantiques et ces lourdes pièces qui exigent un outillage de premier ordre, M. Cavé avait aussi toujours construit des grues d’une par« faite exécution. Ce qui distingue principalement celle exposée par M. Bourgougnon cette année, c’est la forme de l'arbre vertical dont la légèreté apparente n’exclut point la solidité, bien que l'appareil ne soit point double , ainsi qu’il arrive souvent dans les grues d’une grande puissance.

La grue exposée au centre de l'Annexe par M. Vorutz aîné, constructeur à Nantes, présente une combinaison toute nouvelle et digne d'examen.

Jusqu'à ce jour les grues étaient presque exclusivement manœuvrées par la force de l’homme appliquée à une manivelle simple ou double; mais lorsque l’appareil doit fonctionner d’une manière presque continue, cette manœuvre devient excessivement coûteuse.

Le mouvement de rotation de l'arbre vertical qui porte le treuil de la machine devait nécessairement, sinon rendre difficile, au moins compliquer l'application d’une force mécanique. Aussi n’avait-on point encore eu recours à l'emploi régulier de la vapeur.

M. Vorutz vient de combiner la force mécanique de la vapeur avec le principe de la presse hydraulique , et son appareil constitue une application remarquable de ce principe.

L'arbre vertical renferme le corps d'une presse hydraulique dont le piston est surmonté d’une crémaillère verticale qui met en jeu les engrenages du treuil, et la presse hydraulique fonctionne elle-même par l’adjonction d’une petite machine à vapeur placée à telle distance qu'on voudra. Elle porte sur son bâti la pompe foulante, qui est mise en communication avec le pied de la grue au moyen d’un petit tuyau d’un centimètre de diamètre et d’une longueur quelconque.

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| Le cadre trop restreint de notre compile rendu ne nous permet point d'entrer dans des détails de construction ; nous } nous bornerons à dire que cette ingénieuse combinaison est, sous tous les rapports, d’une fort belle exécution, et qu'elle témoigne de la sagacité de l'inventeur.

Les grues de cètte espèce qui ont figuré à l'Exposition de Londres et qui sont maintenant répandues dans plusieurs docks | de l'Angleterre, alimentent d'une autre manière leurs presses hydrauliques. Une machine à vapeur, ou même une simple { conduite, est chargée d’une manière continue de remplir d’eau un réservoir supérieur dans lequel une pression suffisante est au besoin maintenue ; ce réservoir est mis en communication avec la presse par un simple robinet qu’it suffit d'ouvrir | ou de fermer pour obtenir le mouvement ou le repos. Les divers mouvements, celui du câble et celui de rotation de tout l'appareil, s’obtiennent ainsi dans le sens que l’on désire toutes les fois qu'il en est besoin, sans aucun arrêt dans le moteur principal. L'appareil de M. Vorutz est moins important, mais plus applicable au travail moins régulier que la plupart de nos grues ont à faire.

Pompes.

| Les pompes que nous offre l'Exposition , si l’on en excepte A la pompe d’Appold, ne sont remarquables que par leur bonne exécution et mar quelques perfectionnements de détail, dus à l'emploi nouveau du caoutchouc. C’est donc sur ce point que nous appellerons plus particulièrement l'attention.

Citons cependant de suite, comme objet curieux, une pompe k rotative de M. Franchot, qui paraît avoir eu le premier l’idée ü du principe de l'appareil plus connu sous le nom de pompe Jobard: un galet décrivant une circonférence autour d’un arbre moteur comprime un tube en caoutchouc disposé circu-

5 | lairement ; par l'effet de cette compression qui suit la marche | du galet , l’eau est aspirée et en mêine Lemps refoulée d'une | ! manière continue. Cette disposition si simple fonctionne bien;

| si le caoutchouc s’use rapidement, il peut être facilement

remplacé, et l'extrême simplicité de cet appareil permet de le 4 recommander dans certains cas pour l'approvisionnement BA domestique. | |

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Le même exposant exhibe une canne hydraulique pouvant élever l’eau à une grande hauteur, sans piston ni aucun mou vement de rotation. Un tuyau en cuivre, vertical, tenu en suspension par un ressort, plonge au fond d’un puits et s’élève par sa partie supérieure au-dessus du sol, à la hauteur de quelques mètres ; il est muni inférieurement d’une bonne soupape, On peut, en appuyant avec la main sur le ressort, lui imprimer verticalement un petit mouvement rapide d’oscillation ; l’eau contenue dans le tube reste presque immobile par suite de son inertie, et permet dès lors à l’eau du puits de soulever la soupape d’une hauteur égale à l’oscillation ; c’est ainsi que cette eau, passant dans le tube et retenue par la soupape, s'élève, par une suite continue de petites secousses, jusqu’au sommet du tube. La simplicité de cet a ppareil le rendra utile dans bien des cas, et son prix, sans doute peu élevé, permettra d'en répandre l'usage dans l’agriculture ou la culture des jardins. Il ne faudrait cependant pas espérer de son emploi un grand effet utile, le ressort n'ayant d’autre effet que de faciliter la manœuvre.

M. Yarz, de Toulouse, expose une pompe qu’il appelle hydrodynamique, dont le principe est intéressant et dont une application en grand a été faite lors des fondations du pont de Londres ; cette machine n'est autre qu'une pompe de Vera modifiée. Imaginez une courroie sans fin en gutta- percha, découpée à jour par des trous en forme de trèfles, et passant sur un Cylindre horizontal qu'on a placé directement au-dessus du puits, à un mètre du sol ou davantage , suivant [a hauteur à laquelle on veut élever l’eau. La partie inférieure de la courroie plonge au fond du puits, et elle y est maintenue par un rouleau de tension fixé à demeure. Dès qu'on tourne le cylindre supérieur au moyeu d'une manivelle, la courroie suit le mouvement, et chacune de ses découpures, en venant successivement plonger au fond du puits, entraîne un peu d’eau nouvelle. Par l'effet de la capillarité et de l'attraction moléculaire, qui la maintiennent attachée et suspendue à la courroie , une partie de cette eau parvient jusqu’au cylindre supérieur. À ce moment , soit par compression contre la surface cylindrique, soit par suite du mouvement circulaire, elle abandonne la courroie et retombe dansune auge disposée con venablement pour la conduire dans le réservoir à alimenter.

, La gutta -percha étant à peu près inaltérable dans l’eau, et ne subissant dans ce travail aucune usure sensible , l'appareil paraît devoir fonctionner bien des années sans aucun entretien.

. Celui qui est exposé peut, avec cinq courroies de cinq à six centimètres de largeur chacune, fournir 425 litres d’eau par minute. La seule nouveauté de cette machine consiste dans les découpures et le choix de la matière; en général, ces appareils ne donnent qu’un effet utile très-faible.

Il en est presque toujours ainsi pour tous ces appareils simples, que chaque exposition fait surgir et qui tournent toujours dans le même cercle.

Passons maintenant à l'examen des pompes proprement dites , c’est-à-dire des machines à pistons et à clapets; nous remarquons d’abord une petite pompe de M. Stolz fils, à deux corps et à deux pistons. Elle diffère des pompes ordinaires à double effet en ce qu'elle n’a plus besoin de clapet d'aspiration, et que l’un des deux pistons refoule l'eau dans la colonne d’ascension, lorsque la tige monte ou descend.

. M. Letestu expose deux belles pompes à simple effet, qui élèvent ensemble, à 45 mètres de hauteur, 1250 litres d’eau par minute, qu'elles tirent de la Seine pour le service de la grande galerie des machines. Ses pompes à incendie, d’une exécution parfaite, sont remarquables par l’excellente disposition des clapets d'aspiration et d’ascension. Tous deux sont garris en caoutchouc, ou plutôt d’un tissu de toile à plusieurs épaisseurs superposées, entre chacune desquelles alternent des rondelles de caoutchouc; le tout comprimé for-

tement, de manière à ne former qu'une substance solide, com-

pacte et élastique.

-M. Letestu emploie aussi des soupapes avant la forme d’une pomme d’arrosoir , parfaitement libres sur leur siége et sans aueun guide; de telle sorte qu'elles retombent exactement et rapidement à leur place, quoique s'étant soulevées assez haut pour laisser passer les corps solides que l’eau entraîne avec elle dans les tuyaux d’aspiration. Elles sont chaussées d’un caoutchouc vulcanisé, qui épouse leur forme comme un manchon , et les rend ainsi hermétiques, sans exposer le siége à aucune usure ou détérioration , comme avec les ae métalliques. si |

M. Letestu préfère ce dispositif aux clapets sphériques; ceux-ci , dont le noyau est en fonte ou en grenaille de plomb, sont recouverts également d'un caoutchouc vulcanisé, mais qu’il est impossible de couler sur le métal sans laisser extérieurement un léger bourrelet qui nuit à la fermeture du clapet.

M. Nillus jeune , du Havre , expose une pompe du système dit des prêtres, qui n’est remarquable que par sa bonne exécution. On l’emploie avec avantage pour la marine et pour des épuisements à de petites profondeurs.

Les pompes à incendie de MM. Flaud et Guérin, de Paris, sont excessivement commodes et parfaitement exécutées, mais elles ne présentent aucune innovation sérieuse.

Enfin la grande pompe anglaise d'Appold mérite une mention particulière,

Cette puissante machine , excellente pour élever l’eau à de petites hauteurs , convient surtout au desséchement des marais. Semblable, à peu près, au ventilateur tel que l'a proposé M. Combes, elle se compose d’un axe horizontal animé d’une très-grande vitesse de rotation, armé d’un certain nombre d'ailes courbes qui tournent dans un cylindre fermé ou tam= bour. Ce cylindre communique avec le réservoir iaférieur au moyen d’un double tuyau d'aspiration qui part, à droite et à gauche, de son centre, et qui est surmonté d’un tuyau vertical formant la colonne d’ascension pour la conduite de l’eau dans un réservoir supérieur. Par le mouvement rapide des ailes, l’eau est aspirée et chassée avec énergie dans la colonne d’ascension qui lui offre un large débouché. Elle présente les avantages d'être d'un prix peu élevé , relativement au volume d’eau qu'elle débite ; son seul inconvénient est d'exiger un mouvement rapide de rotation, qu’il n’est possible d’obtenir que par des transmissions compliquées ; cette rapidité devant augmenter en même temps que la hauteur à laquelle on doit élever l’eau, cet appareil ne convient que pour de faibles élévations; mais, Comme il ne contient aucun piston, aucune soupape , il n’est sujet à aucun dérangement. Celte machine est, sans contredit, parmi les pompes hydrauliques , ce que l'Exposition nous présente de plus intéressant.

La pompe de M. Lessertois est fondée sur le principe de celle d’Appold ; mais elle est moins parfaite que cette der-

nière , l'aspiration ne s’y opérant que d’un seul côté. La machine ne pourrait fournir, pour les mêmes dimensions, qu’une quantité d'eau beaucoup moindre,

Ventilateurs et souffleries.

Les machines les plus importantes de la section qui nous occupe sont les machines à piston et les ventilateurs.

Les machines à piston sont ordinairement composées d’un ou plusieurs cylindres en fonte dans lesquels se meuvent des pistons également en fonte, garnis de cuir. Les extrémités de chaque cylindre portent des clapets qui permettent l'entrée et la sortie de l’air. La tige de piston traverse le couvercle du cylindre et reçoit son mouvement soit directement, soit par l'intermédiaire d’un balancier.

Les souffleries à piston que l’on rencontre à l'Exposition diffèrent beaucoup de la disposition généralement usitée , que nous venons de décrire sommairement,

La machine soufflante la plus remarquable est sans contredit celle de MM. Thomas et Laurens, qui est mise en mouvement par une machine à vapeur horizontale, à détente et à condensation. Dans cet appareil, les clapets sont remplacés par un tiroir de distribution posé à découvert et pressé contre la table des lumières par des ressorts, L'air entre et sort absolument de la même façon que la vapeur dans une machine à vapeur. Les avantages de cet appareil sont assez nombreux; il permet de marcher sans bruit avec une vitesse de 150 coups doubles de piston par minute, de voir ce qui se passe dans l’intérieur du cylindre et dans la distribution, et de diminuer les chances de grippement du tiroir, parce qu’il n’est appuyé contre le cylindre que par une pression assez faible.

La machine à vapeur qui donne le mouvement à la machine soufflante est établie de manière à pouvoir fonctionner à grande vitesse. Pour améliorer le vide du condenseur, l’injection de l'eau froide a lieu aussi près que possible de l'échappement de la vapeur et l’eau arrive en pluie fine.

Cet appareil, construit par M. Bourdon, avec beaucoup de soin. fonctionne à l'Exposition avec une grande régularité ; les machines de ce système sont appelées à se répandre dans tous les établissements où l’on a besoin d’air comprimé.

MM. Cail et Cie ont parmi les machines qui sortent de leurs ateliers une soufflerie établie d'après le système de MM, Thomas et Laurens. Elle est construite plus solidement et présente plus de sécurité que la première, qui laisse à désirer dans quelques-uns de ses détails.

Antérieurement à la machine de MM. Thomas et Laurens, une disposition analogue avait été employée par MM. Schneider et Cie, du Creusot.

La machine soufflante de MM. Vauthier et Gibour, de Dijon, est composée d’un cylindre horizontal en fonte, fermé par deux fonds percés d’un grand nombre d'ouvertures, recouvertes intérieurement d'une matière flexible, Ces ouvertures servent à l'introduction de l'air, qui a lieu avec une contraction presque nulle. L'air sort du cylindre par l'intérieur de la tige du piston, qui est mise directement en mouvement au moyen d'une machine à vapeur horizontale,

Les machines de ce système peuvent fonctionner avec une assez grande vitesse et fournissent une quantité d'air égale aux - du volume engendré par le piston.

Cette disposition, quoique assez simple, ne vaut pas à beau- Coup près les machines à tiroir. Elle n’est, selon nous, applicable qu'aux machines soufflantes d’une faible puissance.

Un ventilateur se compose habituellement d’un tambour dans lequel se meuvent avec une grande vitesse plusieurs ailes attachées solidement sur un axe. L'air entre au centre par deux ouvertures circulaires et sort, soit par la totalité de la circonférence, soit par un tuyau qui y prend naissance.

Dans le premier cas, le ventilateur est aspirant, et dans le second , il est foulant.

Lorsqu'on fait marcher les ailes, l’air qui les entoure tend, par l’effet de la force centrifuge, à s'éloigner du centre et à se diriger vers la circonférence. Il se produit ainsi un courant d'air, qui est d'autant plus actif que la vitesse de rotation est plus grande.

Les machines à piston servent dans les hauts fourneaux et dans toutes les applications où l'on a besoin d'air à une pression élevée, tandis que les ventilateurs sont employés dans l'aérage des habitations, dans les forges et surtout dans les fonderies.

M. le capitaine d'artillerie Ordinaire de La Colonge, atta-

ché à la poudrerie de Saint-Médard, près Bordeaux , a envoyé à l'Exposition universelle un ventilateur dans lequel il a suivi les proportions indiquées dans un mémoire qu’il a présenté , il y a quelques années, à l’Académie des sciences.

Il est établi de façon à donner, avec une vitesse de 4260 tours par minute, un volume de mille litres d’air par seconde sous une pression de 0,135 d’eau , en exigeant une force motrice de 3 chevaux 6 dixièmes,

Les expériences qui ont eu lieu récemment ont constaté que l'auteur ne s'était pas trompé dans ses prévisions, ce qui nous donne lieu d'espérer que nous ne tarderons pas à posséder une théorie sur laquelle on puisse compter.

M. de La Colonge ne s’est pas appliqué à faire disparaître le bruit désagréable que l'on entend dans tous les ventilateurs établis jusqu’à présent. D'autres constructeurs se sont occupés de cette question importante, entre autres M. Liyod, de Londres, qui a résolu la question de la manière la plus heureuse. Les palettes courbes de son ventilateur, qui a environ 4 mètre de diamètre , sont fixées solidement sur deux troncs de cônes opposés par leur partie concave. Les petites bases sont garnies de cercles en cuivre ayant intérieurement des diamètres égaux à ceux des entrées d’air des enveloppes. Comme dans les ventilateurs ordinaires, l'air entre par la

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