LES ESTAMPES
Lorsque vous entrez dans cette salle, vous trouvez sur le panneau de droite toute une série de portraits, lithographies et photographies de Victor Hugo, depuis 1827 jusqu'à i885, l'année de sa mort.
Tout au bout du panneau une lithographie de Maurin, de 182;, l'année de l'Ode à la Colonne et de Cromwell, de
\'iclor Hugo, par DEvtniA.
cette grande croisade littéraire qui constituait Victor Hugo chef d'école. Il avait vingt-cinq ans.
— Les lithographies de Devéria, de 1828 et 1829, les années des Voix intérieures, des Orientales, de Marion De Lorme. Victor Hugo avait vingt-six et vingt-sept ans.
De 1829 à i852 aucun portrait n'est encadré.
Les photographies faites par son fils aîné Charles Hugo à
Jersey pendant lexil, datent de i^<53, i854, i855, quand Vietor Hugo avait cinquante-ct-un ans, cinquante-deux ans et cinquante-trois ans. Elles se trouvent tout près de la porte d'entrée. Ce sont les années de la publication des Châtiments, les années où furent écrites les Contemplations et une partie de la Légende des Siècles.
A côté : deux petites tètes de Victor Hugo par Rodin. eaulorte achetée à la vente de Ghamplleury,
— Un portrait, d'après une photographie de Nadar, daté de 18G4- Victor Hugo avait soixante-deux ans. H porte sa barbe qu'il avait laissé pousser en i8()i à la suite d'une série de maux de i;orge. C'est l'année de \Villia>i Shakespeare.
Dans le g^rand cadre du milieu figurent lès photographies de 1868, 1873, 1878, 1884, i885 à l'âge de soixante-six ans, de soixante-et-onze ans, de soixante-seize ans, de quatre-vingtdeux et de quatre-vingt-trois ans, l'année de sa mort.
Signalons, à côté du panneau des portraits : deux aquarelles d'EuGÈNE Dhlac;roix, personnages d'Amy Robsart, et au-dessus quati'e aquarelles de Gavauni et deux acpiarellesde Boulaxgeu. le page Iaquez à'IIernani, un seigneur de Lucrèce Borgia, et un portrait d'ÀLEXANDUE Dumas, jeune, de Devéiua avec ces mots : A mon excellent Victor, A. Dumas.
De l'autre côté de la Bibliothèque, à gauche, des dessins de Victor Hugo gravés par Louis Marvy, notamment :
Le Chat, (S' Goarshausen), dessin de A'ictor Hugo envoyé à son fils Toto (François-Victor).
Victor Hugo faisait en i838 le voyage du Rhin et il dessinait tous les monuments, paysages, ruines qui lui paraissaient intéressants, en mèuie tenn)s qu'il racontait et décrivait tout ce qu il avait vu dans des lettres qui ont été publiées sous le titre Le Rhin. Voici le passage qui se rapporte à ce dessin :
'( Au douzième siècle, il n y avait là (|u un petit burg, toujours guetté et fort souvent molesté par un gros château fort situé une derni-iieue plus loin qu'on appelait le Chat idie Kaiic], par abréviation du nom de son seigneur Katzenillenbogen. Kuno de l''alkenstein, à qui le chétil burg de Velinich échut en héritage, le ht raser et construisit à la même place un château beaucoup plus grand que le château voisin en déclarant que dcsorniais ce serait la souris qui manderait le clial. »
{Le lîliifi.)
A une demi-lieue il y a en effet une énorme ruine qui s'appelle la Souris.
On compte cinquante- six dessins de Victor Hugo dans le volume illustré du Rhin.
— Une gravure représentant un tambour battant le Rappel de Chifflart. Le Rappel était le journal que publièrent leB fils de Victor Hugo, Paul Meurice et Auguste Yacquerie, le 4 mai 18G9.
— Le Rocher des proscrits.
Jersey, 1852-1 855 V. H.
Ces mots ont été écrits par Victor Hugo.
Les Fantômes, aquarelle de Louis Boulanger.
Un spectre au rire affreux à sa morne toilette Préside au lieu de mère, et lui dit : Il est temps I Et, glaçant d'un baiser sa lèvre violette, Passe les doigts noueux de sa main de squelette Sur ses cheveux longs et flottants.
Puis, tremblante, il la mène à la danse fatale.
[Les Orientales.)
Sur le panneau du fond, faisant face à la porte :
Un beau tableau de Chatillox, Victor Hugo et son second fils François-Victor, de i834. Victor Hugo avait trente-deux ans.
A droite du tableau : Sara la baigneuse (Orientales) de Faxtin-Latour.
Le cinquantenaire d'Hernani, d'AoRiEx Marie, le 2G février 1880. — Le buste de Victor Hugo est couronné sur la scène de la Comédie -Française; de chaque côté, M""^ Favart et M"^" Sarah Bernhardt; derrière le buste se trouvent les artistes qui ont joué dans la représentation. Sarah Bernhardt récita à cette occasion les vers de François Coppée, La Bataille d'Hernani.
A côté : -
Une curieuse lithographie de Célestix Naxteuil, de i835, La Fiancée du Timbalier.
■62 LA .MAISON UK VlCToll IILGU
1/ l'égyptienne sacrilège, Mattirant derrière un pilier, M'a dit hier (Dieu nous protège!) Qu'à la fanfare du cortège II manquerait un timbalier.
Mais j ai tant prié que j'espère!
Quoique, me montrant de la main Un sépulcre, son noir repaire, La vieille aux regards de vipère M'ait dit : — Je t'attends là demain.
[Odes et Ballades.)
La Ronde du Sabbat, de Louis Boulanger, (lithographie).
Les larves, les dragons, les vampii-es, les gnomes,
Des monstres dont l'enfer rêve seul les fantômes,
La sorcière, échappée aux sépulcres déserts,
Volant sur le bouleau qui siffle dans les airs,
Les né( romanis, parés de tiares mystiques
Où brillent, flamboyants, les mots cabalistiques,
Et les graves démons, et les lutins rusés,
Tous, par les toits l'ompus, par les portails brisés.
Par les vitraux détruits que mille éclairs sillonnent.
Entrent dans le vieux cloître où leurs flots tourbillonnent.
Debout au milieu d'eux, leur prime Lucifer
Cache un li'ont de taureau sous la mitre de fer.
[Odes et Ballades.)
Sara la baigneuse, de Louis Boulanger.
A gauche du tableau de Victor Hugo par Ghatillon :
Les Châtiments, de Daumier.
Lii loudre des châtiments écrase l'aigle impériale gisant sous le livre.
A Paul Meurice.
Victor Higo.
Le Feu du Ciel, de Boulanger, avec ces mots :
A N iclor, mon inoul)liable ami.
BorLAMlER.
Ce poème est inspiré de la (Icnèsc : alors le Seigneur fil descendre du ciel sur Sodomc et Ciomorrhc une pluie de soufi c et de feu.
Ce peui)le s'éveille.
Qui dormait la veille Sans penser à Dieu.
Les grands palais croulent, Mille chars qui l'oulent Heurtent leur essieu ; Et la foule accrue Trouve en chaque rue Un fleuve de feu.
Si
'Les Orientales.)
Photographie de ^ ictor Hugo, prise par Charles IIlgo.
Trois portraits :
Portrait de Dumas j(>une.
A mon bien cher Victor.
Alkx. Dumas.
Portrait de Lincoln, président dos Etats-Unis.
To ^ ictor Huofo.
Portrait de George Sand.
A Victor Hugo.
Gkougk Sand, ISG'i,
Sur le panneau des fenêtres :
Les Fantômes, île Louis Boulanger.
HUe est morte à cjuinze ans, belle, heureuse, adorée, Morte au sortir d un bal (jui nous mit tous en deuil, Morte, hélas 1 et des bras d'une mère égarée, La mort aux lroi<les mains la prit toute parée Pour rendormir dans le cercueil.
[Les Orientales.)
Une grande aquarelle :
Lucrèce Borgia (Scène v du I""' acte), aquarelle de Boulan- (iEn. — C est la scène des affronts, quand Lucrèce Borgia entend Maffio Orsini lui reprocher la mort de son frère, Jeppo Liveretto, l'accuser d'avoir fait poignarder son oncle, Aseanio Petrucci, lui rappeler l'assassinat de son cousin, Oloferno Vitellozo, lui jeter à la face rempoisonnement de son oncle, Don Apostolo Gazella, fds de Don Alphonse d'Aragon, la convaincre du meurtre de son père.
Et ils lui lancent les mots d'empoisonneuse, d adultère, d'inceste.