‹ Visite à la maison de Victor HugoChapitre 10 sur 35 · DON SALLUSTE · texte numérisé non relu

DON SALLUSTE

Une marquise Me disait l'autre jour en sortant de l'église : — Quel est donc ce brigand, qui, là-bas, nez au vent, Se carre, l'œil au guet et la hanche en avant, Plus délabré que Job et plus lier que Bragance, Drapant sa gueuserie avec son arrogance, Et qui, froissant du poing sous sa manche en haillons, L'épée à lourd pommeau qui lui bat les talons. Promène, d'une mine altière et magistrale, Sa cape en dents de scie et ses bas en spirale? —

DON CÉSAR, jetant un coup d'œil sur sa toilette. Vous avez répondu : C'est ce cher Zafari I

DON SALLCSTE

Non. J'ai rougi, monsieur.

[Ruy Blas, acte P'', scène ii.)

Sur le panneau en bordure de la place des Vosges.

Les Pauvres gens, de Steinlen. — L'homme revient de la pèche, le temps a été dur, et il a cinq enfants et une femme à nourrir. Mais on est si heureux de se retrouver! La femme annonce au marin que la voisine est morte laissant deux petits. Que faire? Les prendre, dit l'homme, on travaillera. Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson.

Moi je boirai de l'eau, je ferai double tâche.

C'est dit, va les chercher ; mais qu"as-tu? ça te fâche?

D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.

— Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!

(La Légende des Siècles.)

Le Titan, par Gabaxel. — C'est le géant Phtis jeté dans un souterrain et lié d'une corde d'airain qui est sorti de sa prison où l'ont enfermé les maîtres de l'Olympe et qui monte, sinistre, à l'horizon.

Alors le Titan, grave, altier, portant les marques De tonnerres sur lui tant de fois essayés, Ayant l'immense aspect des sommets foudroyés Et la difformité sublime des décombres, Regarda fixement les Olympiens sombres.

Stupéfaits sur leur cime au fond de l'éther bleu Et leur cria, terrible : 0 dieux, il est un Dieu!

(La Légende des Siècles.)

Cambronne, grisaille, par Bayard.

« Alors ému, tenant l<i minute suprême suspendue au-dessus de ces honmies, un général anglais, Colville selon les uns, Maitland selon les autres, leur cria : Braves Français, rendez-vous! Caralironne répondit : Merde!

[Les Misérables.)

Hernani, par Loris-EnoiARD Folrnier.

DOXA SDK, à don Rtty Gomez.

Voyez-vous ce i)oignard? — Ah! vieillard insensé, Ci"aignez-vous ])as le fer quand l'œil a menacé ? Prenez garde, don Ruy! — Je suis de la famille, Mon oncle I — Ecoutez-moi. Fussé-je votre ûllo, Malheur si vous portez la main sur mon époux !

[Hernani. Acte V, scène vi.)

Après la bataille, grisaillo, par Lucien Mélingue.

Le général llugo parcourait le champ de bataille. Un Espagnol (le l'armée en déroute est là gisant, râlant, à moitié mort ; il demande à boire, et le général dit au hussard (jui raccompagnait en détachant sa gourde : « Donne à boire à ce pauvre blessé » ; mais l'homme se redressa et visa au front le général quil effleura.

« Donne-lui tout de même à boire, » dit mon père.

[La Légende des Siècles.)

Claude Gueux, par Kiol i.r. — Un des plaidoyers de Victor Hugo en faveur de l'abolition de la peine de mort.

Claude Gueux, ouvrier, dune nature noble, vit avec une femme et un cnlanl. La misère le pousse au vol ; et la prison au crime par l'imprévoyance de la société.

« L'ouvrier était ra|)al)le. habile, inlelligent, fort maltraitt" par l'éducation, fort bien ti-aité par la nature, ne sacliant pas lire et sai liant penser, lu hiver l'ouvrage manque. Pas de feu ni de pain dans le galetas. 1/hommc, la fille et l'enfant auront froid et faim. L homme vola. Je ne sais ee qu il vola, je ne sais où il vcda. (le que je sais, c'est cpie de <e vol il résulta trois jours de pain et de leu pour la femme et pour Tentant, et cinq ans de prison pour I homme. »

[Claude Gueux.)

De la smUc des peinttires on entre dans la salle des estiimpes <'t lie la bibliothèque.

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