LE MUSÉE POPULAIRE
Dans la dernière salle du fond :
Le Musée populaire, son nom l'indique, c'est la gloire en
Pipes représentant la tète de ^'ictor Hug-o.
petits sous, c'est le portrait de l'homme de génie sous toutes ses faces, sous tous ses aspects, ce sont les titres de ses œuvres, les personnages de ses romans, les scènes de ses drames, exploités parla petite industrie, en images, en chansons, en médailles, en ameublement, en confiserie, en parfumerie, en faïence, en verrerie, en papeterie, en cartes postales et en enseignes. C'est le souvenir à bon marché, le souvenir des grandes dates, des grandes fêtes, des anniversaires, des grands succès, le souvenir qu'on trouve dans toutes les mansardes.
Nul plus que Victor Hugo na prêté à ce genre de publicité populaire par l'objet. Et il fallait le zèle, la patience et la pcrsévé-
LA MAISON DE ViCTuK HLGO
rance do M. Paul Beuve, l'organisateur de ce musée, pour réunir une collection complète de bibelots dont l'abondance est b' signe le plus certain de la popularité.
ïl faut signaler de curieuses images de l'époque, au nombre de six, quon trouvera à gauche en entrant ; c'est le roman en raccourci de Xotre-Dame de Paris; — plus loin, des panneaux en étolTe d ameublement : Hernnni, Dona Sol : Phœbus, La Esmcrahla ; des chenets avec le buste de Victor Hugo.
Les boutons de manchettes, les breloques, les broches, les épingles sont innombral)les. Il y a le plat décoratif et la blague à tabac, la liqueur des Misérables et le chapeau Tiidor. l'éventail Sara la baigneuse et le faux-col Ruy-Blas, l'almanach de l'Homme qui rit et la liqueur Hernani, le bouton la Esmeralda et le soulier Marinn de Lrnme.
Moulage de la tôle de Victor Ilugo sur son lit de mort, par Daloi'.
Il est impossible de dresser une liste de tous les bustes, portraits, images, encore njoins des chansons, affiches, médailles, médaillons.
On trouvera dans les vitrines du fond les bons points conccr-
LA MAISON DE VICTOR HUGO l'iii
nant la vie et les œuvres de Victor Hugo aecorJés dans les écoles aux meilleurs élèves.
Les horticulteurs ont donné à leurs azalées, à leurs rhododendrons et à leurs chrysanthèmes les noms des héros des romans, comme les propriétaires des chevaux de course ont baptisé leurs pur-sang du nom des personnages des drames. M. Beuve a tout recueilli, il a compulsé tous les documents, tout noté et enregistré dans un livre curieux.
Nul n'a été plus portraituré, plus chansonné, plus célébré, plus glorifié que Victor Hugo.
Et l'ingénuité populaire sest affirmée dans ces couplets :
Cueillons tous des bouquets pour le maître des maîtres. Qu'une gerbe odorante embaume sa maison. Des fleurs à son balcon, des fleurs à ses fenêtres; Que la patrie en fasse une immense moisson.