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XI. — Médailles rappelant des personnages marquants de Genève.
Vitrine Y° *2*2.
Bellot, Pierre-François, célèbre jurisconsulte, né à Genève en 1776, fut avocat, juge, magistrat et professeur à l’acaclémie. Il mourut à Genève en 1836.
\° 110. — Médaille de Théodore de Bèze. (N oir nos 2174 et o0,686.)
Bèze, Théodore de, réformateur, né à \ ézelay (Yonne), en 1519, vint s’établir à Genève au milieu du xvie siècle. Lié d’une étroite amitié avec Calvin, il fut nommé recteur de l’Académie fondée en 1559. Peu après, appelé par quelques seigneurs protestants, il partit pour la Navarre, afin de travailler à la conversion du roi Antoine de Bourbon. Ses efforts furent couronnés de succès. Il appelé à Genève en 1564, à l’occasion de la mort de Calvin, il prit la place de ce chef de la Réforme et vécut jusqu’en 1695.
Bonnet, Charles, naturaliste et philosophe, naquit à Genève en 1720. Il est l’auteur de remarquables travaux sur l’histoire naturelle qui le placèrent au premier rang parmi les savants de son temps. Sa nie ayant été affaiblie par l’emploi du microscope, il se voua dès lors à la philosophie spéculative qu’il cultiva avec un égal talent à celui qu’il avait déployé dans les sciences naturelles. Charles Bonnet mourut en 1793.
N" 111. — Médaille de Charles Bonnet, gravée par A. Bovv.
(Voir n° 50,699.)
Calvin, Jean, réformateur, né à Noyon (Oise), en 1509, après avoir fait des études de théologie et de droit en France, commença son ouvrage capital soi l’institution de
N° 112. — Médaille de Calvin gravée peu de temps après sa mort.
(Voir aussi nos 2212 et suivants.)
la religion chrétienne, dans lequel il attaquait non seulement la primauté du pape, mais encore celle des conciles. Il publia cet ouvrage à Bâle, en 1536. Ayant passé par Genève, dans l’été de 1536, il y rencontra Farel, qui réussi t à l’y fixer. Il se voua tout d’abord à l’enseignement de la théologie, puis y joignit peu après les fonctions de prédicateur.
Les mœurs de celle époque étant fort dissolues, Calvin résolut d’y mettre un frein par l'institution d’une discipline ecclésiastique liés sévère. Cette tentative lui ayant suscité de nombreux ennemis, il fut exilé en 1538, mais rappelé en
1540, il revint en 1541. Son premier soin fut d’établir un consistoire et un tribunal des mœurs, dont le relèvement était indispensable pour permettre à la Réforme de prendre pied. Ayant eu le dessus sur ses ennemis, il put s’occuper des lois civiles de la cité en s’associant une commission de jurisconsultes. Son travail liil adopté par le Conseil général, en 1543. Il voua ensuite ses soins à l’instruction publique et fonda I Académie qui, à l’origine, ne comprit que quatre chaires : hébreu, grec, théologie et philosophie. Calvin fut non seulement remarquable par l’étendue de ses connaissances et par l’éloquence de sa parole, mais aussi par ses talents de législateur et d’homme d’État.
A0 113. — Médaille d’ V.-P. de Candolle, modelée par David d’ \ngers (réduction).
Vitrine N° 27.
Cvxdoluu, V.-Pyrame de, célèbre botaniste, né à Genève en 1778. fit ses premières études dans sa ville natale, puis après une brillante carrière accomplie en France, revint à Genève ou l'on créa pour lui une chaire d’histoire naturelle. Il mourut en 1841.
Vitrine N° 26.
Dufour, G. -Henri, né à Constance en 1787, d’une famille genevoise, fit ses études à Genève, puis à l’école polytechnique de Paris, ainsi qu’à celle d’application du génie militaire à Metz. Il rentra à Genève peu après 1817 et fut alors nommé capitaine du génie à l’étatmajor fédéral. En 1819, il créa l’école militaire de Thoune, où il eut comme élève le prince Louis-Bonaparte. En 1831, il fut nommé chef d’état-major de l’armée fédérale et en 1833, il commença avec l’état-major la carte topographique de la Suisse qui devait coûter trente-deux ans de travaux. En 1847, il fut choisi comme général de l’armée fédérale pour dissoudre le Sonderbund (voir page 37), et il y parvint en deux mois, presque sans effusion de sang. Il obtint le pouvoir suprême dans Irois occasions subséquentes: 1° en 1849, pour empêcher les insurgés badois de violer le territoire suisse; 2° en 183(1, lorsqu’il s’agit d’occuper le Rhin, après l'insurrection de Neuchâtel; 3° enfin en 1839, à l'occasion de la guerre entre la France, l’Italie et l’Aulricbe. Il mourut en 1 873.
N° 114. Médaille rappelant les services rendus par le général G. -II. Dufour.
à l’occasion de l’établissement de la carte topographique suisse, 1866, gravée par Bovy.
\° 115. — Médaille de J. -G. Evnarcl, gravée par Peuvrier.
Eyxard. Jean-Gabriel, financier genevois, né à Lyon en 1775, d’une ancienne famille genevoise, fonda en 1797, en compagnie de son frère, une maison de banque qui dès l’abord prit un développement considérable. En 1801 . il fut possible à celle banque de négocier un emprunt du royaume d’Etrurie. En 1803, Eynard se fixa à Florence et conclut en second emprunt du gouvernement toscan. Il rétablit peu après les finances de cet Etat, ainsi que celles des duchés de Lucques et de Piombino.
Possesseur d’une fortune considérable, Eynard se retira à Genève en 1810. En 1814, il fut secrétaire de la légation genevoise au Congrès de Vienne. En 181(3, il reçut du grandduc de Toscane la naturalisation d'honneur, des lettres de noblesse, etc. En 1825, il conclut pour l’émancipation des Grecs un emprunt avantageux et il intéressa au sort de cette nation plusieurs cours d’Europe. 11 avança lui-même, en 1829, au gouvernement grec une somme de un million et demi que la Fiance el la Piussie se refusaient de lui prêter. En 1847, il paya de ses deniers les 500,000 francs que les Grecs devaient à l’Angleterre.
Eynard fit aussi jouir ses concitoyens des marques de sa munificence, il s'intéressa aux sciences, aux lettres et aux arts, ainsi qu’à la chose publique. Il mourut en 1863.
Le Fort, François, général et amiral russe, né à Genève en 1 656, eul de bonne heure un go û ! prononcé pour la carrière militaire. Il s’en fut tout d’abord aux Pays-Bas el plus tard en Russie (1675). Grâce à la protection d’un parent de sa femme, il obtint de commander une compagnie contre les Turcs. Successivement créé major, puis colonel, il obtint en 1687 le grade de général-major. Ce fut en 1690 que Le Fort attira l’attention du jeune tsar Pierre Ier qui le prit bientôt pour conseiller et ami. Dès lors, sa fortune fut rapide. Il usa de son influence auprès du monarque pour régénérer l’empire, en le mettant en rapport avec la civilisation de l’( tccident.
C’est ainsi qu’il encouragea l’entrée des étrangers en Russie et qu’il fît accorder divers privilèges à ceux qui s’y
Vitrine N° 27.
N° 116. — Médaille de François Le Fort, gravée par Petit.
trouvaient déjà. Le tsar lui confia un corps de vingt mille hommes qui devint un noyau émulateur. Il fut le principal fondateur de la marine russe. 11 fit construire des chantiers et des ports et réunit dans la mer Noire une Hotte de vingthuit bâtiments dont il fut nommé amiral. Le 20 juillet 1606, la coopération de cette flotte, agissant concurremment avec l’armée de terre, amena la capitulation de la forteresse d’Azow. Couvert de gloire, Le Fort revint à Moscou où il fît le 30 septembre une entrée triomphale. A la suite de cette victoire, Pierre Ier le combla de présents et d’honneurs. Il mourut à Moscou, en 1699, des suites d’anciennes blessures.
Droit du V I 17.
Lullin, Ami, magistrat genevois, né le 2 février 1748. devint avocat, puis conseiller d’État et syndic, en 17110. En 1798, il Ait avec douleur l’annexion de Genève par la France, el fit en 1801 de vaines démarches auprès de
N° 117. — Médaille d’Ami Lullin, gravée par Ch. Richard.
Bonaparte, alors premier Consul, pour obtenir son affranchissement. Lorsque les troupes autrichiennes occupèrent Genève, à la fin de 1813, il fut un des principaux membres du comité qui prépara son indépendance. La nouvelle constitution une fois adoptée, il fut nommé premier syndic. Ami Lullin mourut en 1816.
Necker, Jacques, ministre des finances sous Louis XVI, naquit à Genève en 1732, fils d’un professeur de droit public. Il fut successivement banquier à Genève, puis à Paris, et après s’être illustré par ses talents administratifs et ses écrits économiques, il fut choisi par le premier ministre Maurepas, en 1776, comme directeur du trésor royal, fonctions qu’il accepta à condition qu’elles fussent gratuites. Peu après, il devint directeur général des finances. S’étant attiré la haine de Maurepas, en 1780, il demanda, pour pouvoir se défendre, d’entrer au Conseil, ce qui lui fut refusé. 11 donna alors sa démission, considérée en France comme un malheur public. Le grand ouvrage qu’il fit paraître peu après sur Y Administration des finances eut un retentissement considérable, car c’est un des monuments les plus approfondis de l’étude des finances françaises.
Le 26 août 1788, Necker rentra aux Finances avec le titre de directeur général et un siège au Conseil. Mais le trésor se trouvait appauvri et la situation désespérée. Néanmoins, sa nomination fît renaître la confiance; en un jour les fonds publics remontèrent de trente pour cent et le papier monnaie put être retiré de la circulation.
Le premier acte politique de son nouveau ministère fut d'obtenir un décret pour que le Tiers-État fût aussi nombreux que les deux ordres du clergé et de la noblesse réunis. Cependant l’ouverture des États généraux ne fut pasfavorable à Necker, et une seconde fois il donna sa démission, qu’il retira sur les instances du roi et de la reine. 11 profita du retour momentané de son influence pour obtenir du roi la lettre qui, le 28 juin, opéra la jonction des trois ordres. Mais son crédit dura peu et, le 11 juillet, il reçut du roi l’ordre de quitter secrètement la France. Ce fui à Bâle qu’il apprit les troubles que sa disgrâce avait suscités, à Paris et son rappel par le roi à l’Assemblée nationale.