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N" 118. Médaille de Jacques \ecker, gravée par H. Dm hier.

(Voir aussi les uos 50,249 et suivants.)

Son retour fut un véritable triomphe, mais de courte durée. Vssailli par Mirabeau et d’autres orateurs de la gauche, il vit ses emprunts échouer. Ce fut en vain qu’il s’opposa tà la publication du Livre rouge et qu’il condamna la spoliation des biens du clergé et la création des assignats. Convaincu dès lors qu’il n’était plus en état de rendre service à la France, il se retira au château de Coppet. où il mourut en 1804.

Vitrine N ° 31.

Rousseau, Jean-Jacques, Je plus éloquent des écrivains du xviii6 siècle, naquit à Genève le 28 juin 1712 el mourut à Ermenonville le 20 mai 1778. après une carrière agitée, pendant laquelle il eut beaucoup à souffrir des autres et plus encore de lui-même. Voici le jugement qu’en porte Vlexandre Vinet : « Partout paradoxal, outré, inconséquent, mais partout échauffé par un sentiment vrai ; sophiste trop

souvent, mais sophiste convaincu, partout réunissant dans sa diction l’originalité et le naturel, portant au plus haut degré l’heureux don de faire un seul tout de la dialectique et de la passion, J. -J. Rousseau prend place parmi les sectaires les plus dangereux et parmi les plus parfaits écrivains. 11 avait combattu d’abord dans les rangs des philosophes. Soit divergence de vues, soit ressentiments personnels, il ne tarda pas à leur déclarer la guerre; mais si la philosophie matérialiste trouva dans J. -J. Rousseau un redoutable adversaire, la philosophie déiste eut eu lui un auxiliaire puissant. Voltaire avait rendu l’incrédulité agréable aux esprits légers, Rousseau la rendit spécieuse aux esprits plus solides. Il trompa le besoin religieux par un déisme affectueux et sentimental. Il dénatura la morale, en substituant des sentiments vagues à l’idée positive de devoir.

«r 11 opéra dans l’éducation quelques réformes désirables, mais moins profondes qu’on ne l’a cru. Il accrédita en

(Voir en outre les nos 50,802 et suivants.)

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politique des idées dont notre époque n’a accepté que le principe général et qu’elle ne réalise qu’en les spiritualisant. L’éloquence, désaccoutumée delà chaire, gênée au barreau, muette au forum, trouva une tribune dans ses écrits. Il est le véritable orateur du xvme siècle.

« Mais il y a deux éloquences, l’une sereine et triomphante qui sort d’un cœur dilaté par la joie et l’amour, l’autre forte et amère, jaillissant d’un cœur que l’indignation oppresse : la première est l’éloquence de Bossuet, l’autre est, le plus souvent, celle de J. -J. Rousseau. »

Vitrine N° 32.

Staël-Holstein, Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de, une des femmes auteurs les plus célèbres du xixe siècle, née à Paris en 1766, était la fille unique de Jacques Necker et de Suzanne Curchod. En 1786, elle épousa le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris. Madame de Staël est célèbre par ses écrits, tout autant que par la haine qu’elle inspira à Napoléon. Alors qu’il n’était que premier consul, ce grand homme devina promptement en elle une opposition irréductible à ses projets despotiques, et n’ayant pu s’attacher cet esprit aussi distingué qu’indépendant, il la persécuta. Eug. Rambert semble en quelques lignes l’avoir bien jugée :

« Elle est toujours éloquente, elle n’est jamais orateur. Si elle n’a pas le mouvement heureux de la poésie, elle a la divination du poète; si elle n’a pas la méthode rigoureuse du philosophe, elle en a la profondeur. La vivacité des impressions s’unit en elle à la fermeté de l’esprit ; elle est passionnée, et la passion n’altère pas son jugement. \ la

fois exaltée et raisonnable, elle a clans le sentiment force et délicatesse, dans la pensée finesse et grandeur. Au moral, elle paraît tour à tour indulgente et sévère, faible comme une femme, intrépide comme un philosophe romain. Toujours en haleine, sa pensée fait en un moment plus de chemin que la nôtre par de longs efforts. L’activité de l’esprit n’est pas un travail pour elle, c’est un besoin, c’est un plaisir. »

Madame de Staël mourut à Paris, le 14 juillet 1817.

\° 120. Médaille de Madame cle Staël, gravée par E. Gatteaux.

SvrssruE, llorace-Bénédict de. géologue et physicien, naquit à Genève en 1740. Dès son enfance, il manifesta un goéil prononcé pour l'histoire naturelle, que son oncle Charles Bonnet contribua à développer et cpi' Vlbert de Haller encouragea de son côté.

Vprès avoir complété son éducation, il fui nommé professeur de philosophie en 1762 et se consacra en premier lien à la botanique. Son goul pour les plantes lui inspira la passion des courses de montagne. Sa première excursion aux glaciers de Chamonix date de 1760. Depuis lors, il

\° 121. — Médaille d’H.-B. de Saussure, gravée par \. Bovy.

traversa les Vlpes dans tous les sens, et la géologie commença à l’intéresser principalement ; c’est dans ce domaine qu’il devait avant tout conquérir sa grande réputation, car il fut en somme le fondateur de la géologie des ui )es. « C’est ainsi, dit Cuvier dans la Biographie universelle. que Saussure fut appelé à perfectionner le thermomètre, pour mesurer la température de l’eau à toutes les profondeurs ; l’hygromètre (1778), pour indiquer l’abondance plus ou moins grande des vapeurs aqueuses ; l'eudiomètre, pour déterminer la pureté de l’air et savoir s’il n’v a point autre chose que ces vapeurs dans les causes de la pluie ; l’électromètre (1784), pour connaître l’état de l’électricité qui influe si puissamment sur les météores aqueux ; l’anémomètre (1788), pour donner à la fois la direction et la force des courants d’air, et qu’il inventa le cyanomètre et le diaphonomètre (1790), pour comparer les degrés de la transparence de l’air aux différentes hauteurs. » En 1787. il parvint à la cime du Mont-Blanc, ce qui pour les badauds est son principal titre de gloire. Saussure a eu la sagesse de s’abstenir de tout système général sur la structure du

globe, mais les faits nouveaux qu’il a signalés et les erreurs qu'il a détruites rendront toujours ses travaux infiniment précieux aux naturalistes et en feront la principale base et la véritable pierre de touche clés systèmes qu’on pourra imaginer à l’avenir.

Horace-Bénédict de Saussure mourut en 1799.

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