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JEAN DASSIER, JACOB-ANTOINE D ASSIE K

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Jean Dassier, fils de Domaine Dassier, graveur de la Monnaie de Genève, naquit en 1076 el fut un des principaux artistes médailleurs du xvme siècle. Il débuta par un stage chez Maugers, puis chez Rœttiers, à Paris, revint à Genève et succéda à son père comme graveur de la Monnaie, en 1720.

Marié de bonne heure et chargé de famille, il dut tout d’abord travailler pour l'industrie. On a de lui des fonds de boîtes gravées d’un fort bon style, vitrine n° 41 (nos 51,125 à 51,128). Son premier ouvrage important en numismatique consista dans la gravure des jetons représentant les hommes marquants du siècle de Louis XIV, vitrine n° 37 (nos 51.121) à 4174), série qui eut à l’époque un succès considérable. Ces jetons étaient destinés an jeu de l’hombre, et il les dédia au duc d’Orléans.

Peu après, Dassier grava une série de petites médailles représentant les principaux réformateurs et théologiens du xvie siècle, vitrine n° 41 (nos 4178 à 4192). Dans cette série, comme dans la précédente, on admire la facilité de travail et la parfaite ressemblance dés personnages.

En 1728, Jean Dassier partit pour l’Angleterre et il y grava la suite des souverains anglais, de Guillaume Ier à Georges IL vitrine n°41 (voir nos 4193 à 4241), puis une série de médailles à portraits représentant les personnages les plus marquants de l’époque. Ce travail le rendit célèbre et le gouvernement anglais lui offrit une place de graveur à la Monnaie de Londres, mais Dassier préféra revenir à

Genève, où il eut l’occasion de graver plusieurs bonnes médailles, celle des troubles des années 1734 à 173(5, à Genève, celle du deuxième jubilé de la Réforme (n° 71), celle de la médiation de 1738 (n° 88).

Vers le milieu du siècle, Dassier s’associa son fils Antoine et publia avec lui, sous la raison Dassier et fils, une série de médailles, parmi lesquelles on peut citer la série des jetons rappelant les principaux faits de l’histoire romaine, vitrine n° 42 (voir nos 4350 à 4475). Jean Dassier mourut en 1763. A une grande facilité de travail, cet artiste joignait une extrême distinction, soit dans son style, soit dans le choix de ses sujets. Bien que vivant à une époque de décadence, il sut éviter les mauvais exemples qui abondaient alors et il demeura constamment attaché au style Louis XH , alors quelque peu démodé.

Vitrine N° U6.

Dassier, Jacob- Antoine, fils du précédent, naquit à Genève en 1715. Son goût pour la gravure en médailles se développa de bonne heure et fut tout naturellement encouragé par son père et les conseils de son parrain, le célèbre peintre en portraits Jacques-Antoine Arlaud. Vprès un stage chez Germain, graveur, à Paris, il voyagea et s’en fut à la cour du roi de Sardaigne, Charles-Emmanuel III. dont il grava une remarquable médaille (n° 5196), puis à Rome, où il eul le privilège de graver la meilleure médaille que l’on connaisse du pape Clément XII (n° 51,964).

D’humeur assez voyageuse, Dassier se rendit à Londres, eu 1741, où il séjourna, avec quelques intermittences, jusqu’en 1757. Ses talents furent assez appréciés pour qu’il obtînt le poste de troisième graveur à la Monnaie de Londres. De 1741 à 1745, il grava une quinzaine de

médailles des principaux personnages de l’époque (nos 4327 à 4334) et, plus lard, celles du roi Georges II et du prince de Galles. Ce fut aussi à la même époque qu’il grava la médaille du président Montesquieu, considérée comme son chefd'œuvre (n° 51 ,983).

Pendant qu’il séjournait à Londres, en 1758, il reçut les offres de la tzarine Élisabeth pour aller à Saint-Pétersbourg en qualité de graveur de la Monnaie, où il travailla pendant deux ans, mais le climat avant altéré sa santé, il dut quitter la Russie. C’est au cours de son voyage qu’il s’arrêta à Copenhague, en 1759, où il mourut, à peine âgé de quarantequatre ans.

Son œuvre est moins considérable que celui de son père. Il ne travaillait pas avec la prodigieuse rapidité de celui-ci, mais souvent il soignait mieux ses portraits. En revanche, il ne possédait pas une imagination aussi fertile que celle de son père et il était, historiquement parlant, bien moins documenté que celui-ci. Les revers de ses médailles sont souvent médiocres et font un contraste fâcheux avec les têtes. Néanmoins son talent était hors-ligne el il est bien probable qu’il se serait amélioré avec les années.

Vitrine N° U9.

Bovy, Antoine, né à Genève en 1795, fils de Jean-Samuel Bovy, graveur, montra dès son enfance une aptitude remarquable pour les arts. En 1 824, il partit pour Paris et travailla pendant deux ans, sous la direction de Pradier, au modelage et à la sculpture.

Après un stage de quelques années à Genève, où il se maria, il revint à Paris en 1830, et, n’ayant pu concourir, vu sa qualité d’étranger, pour les coins de la Monnaie, il demanda, en 1835, la naturalisation française qui lui permit

de prendre part aux concours et d’obtenir des commandes des différents ministères. Sa réputation grandit alors rapidement. Il produisit successivement une suite de médailles dont on trouvera l’exposition dans la vitrine n° 49 et dont un bon nombre sont autant de chefs-d’œuvre.

Bien qu’établi à Paris, Antoine Bovy était resté fort attaché à sa première patrie et une notable partie de son œuvre comprend des médailles suisses. Il mourut en 1877, dans la plénitude de ses facultés.

Vitrine N° 50.

Le neveu d’Antoine Bovy, Hugues Bovy, 1841-1903, graveur distingué, a laissé une suite importante de médailles qu’on trouvera dans la vitrine n° 50.

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