‹ Visite au phalanstèreChapitre 32 sur 52 · LB8 CARAVANES, ET · texte numérisé non relu

LB8 CARAVANES, ET

Vous vous trompez, répondait une autre : ce sont Chaires Blin et Henriette Lanorie qui viennent de 3e donner la mort d*un même coup^ parce que les pa* rents du jeune homme, plus riches que ceux de la jeune fille, ont refusé de consentira leur union. — Ce n'est pas cela, assurait une troisième ; des contrebandiers ont tiré sur des employés de la douane. » Un quatrième interlocuteur contait qu'un régimetit était allé à la ville voisine réprimer une émeute occasionnée par la cherté du pain : a Ssàns doute, ajouta-t-il avec amertume, ces meurt-defaim auront fait résistance, et un feu de peloton aura donné force à la loi. »

Je ne voulus pas en entendre davantage ; je me retirai rempli de tristesse en comparant les splendeurs de l'Harmonie aux affreuses nécessités et aux épouvantables misères de la Civilisation. Et songeant que l'organisation d'une commune sociétaire, c'est-à-dire le signal de l'avènement du bonheur universel, coûterait mille fois moins que les prisons, les armées, les fortifications et les autret digues qu'on élève dans la prévision des conflits sociaux ; songeant que l'aveugle société où nous vivons, loin d'étudier la science de l'organisation, contre laquelle on ne saurait faire une seule ohjee- Itou sérieuse, couronne, par les mains de ses académies, les écrivains qui cherchent à rendre les hommes de bonne volonté hostiles à la découverte par laquelle le genre humain sera sauvé ; songeant que les disciples de Fourier , loin de trouver de la sympathie chez ceux qui pouvaient les compreo-

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dre «t les eeoonder, o'ont r^cu^lli ioogiemps pour prâ de kur dévouement à rbumanitô qu'injures et calommie», comme autrefois Ie& disciple» du Sau* V9ur du mopde, je me rappelai (m toucbaotee pa* rôles de reproche et de découragemeoJt que ie RU de Dieu adressait à ses coutemporaios ; « Le » cQ^ur de ce peuple s'est appesanti, et leurs oreil- » l^ sont devenues sourdes î et ils ont fermié leurs » yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que » teurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne corn- » [Hrenne, et que s^étant convertis, je ne les gué* » risse. »

Mais réfléchissant bientôt que le Christianisme avait vaincu le monde malgré les immenses obstaeles apportés à la prédication de l'Évangile par la difficulté des voyages, Tabsence de rimprimerie,r\gnoranœ des peuples et la cruauté de leurs moeurs, taïuiis qu'aujourd'hui tout facilite renseignement de la science de l'Association, dent la propagation du reste a fait en quelques années des progrés tellement rapides que l'histoire des idées n'offre rien de comparable; réfléchissant encore que, grâce ji la religion du Christ, les hommes de ce tempsci croient à la Fraternité humaine et au règne de Dieu sur la terre, deux religieuses aspirations que l*Association seule peut réaliser; pensant surtout à la charité dont chaque jour les classes riches et aisées donnent tant de preuves touchantes, je r^wis ceurage et me dis :

* Nul aujourd'hui ne se fait illusion sur l'avenir de ia société j chacun voit se former àThorÛMMi de

LES CABAVANM, »T€. 3)»

sombres nuages , et tout le monde comprend comment les masses indigentes devenant à tout moment plus compactes et moins patientes , r«umône sera bientôt impuissante pour conjurer les guerres civiles et les révolutions sociales. Chacun a le secret pressentiment que des institutions vraiment chrétiennes, ayant puissance de multiplier les produits et de les répartir d'une manière équitable , peuvent seules éteindre la haine qui vient au cœur de ceux qui ne possèdent rien contre ceux qui possèdent tout et empA^ cher la société de tomber dans un abtme époa» vaDtable.

« Bien tôt donc v iendra le jour d *un appel aux eoeum généreux et sympathiques pour la réalisation d'un Phalanstère d'essai, et les encouragements ne manqueront pas, et les fonds ne feront pas défaut. La France, qui a bien su trouver des millions par centaines pour disputer à la mort ses populations dévorées par la faim, s'empressera d'offrir quelques millions pour une fondation qui donnera le signal du bonheur au monde, en faisant disparaître les causes de tous les maux , en ouvrant la source do toutes les joies préparées par Dieu même aux humanités qui obéissent à ses lois. Pour hâter cet heureux jour, propageons ardemment la Vérité, faisons connaître la Science de salut, convertissons et touchons les âmes, recrutons les bons cœurs et les bonnes intelligences, appelons de toutes parts dans nos rangs les hommes de bonne volonté, en

un mot préparons et organisons, sans nous lasser, les conditions de la Victoire définitive du Génie du Bien'sur le Génie du Mal. »

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