‹ Visite au phalanstèreChapitre 31 sur 52 · LES CARAVANES, ETC. S3S · texte numérisé non relu

LES CARAVANES, ETC. S3S

fortunes. Dans une province d'Allemagne j*ai vu une secte religieuse exagérant les exigences de la fraternité et enseignant qu'une grande disproportion dans les fortunes était incompatible avec la religion chrétienne. Il en résulta que chacun en mourant légua ses actions à sa phalange, comme dans les temps anciens on donnait ses biens aux églises et aux couvents. »

— Ainsi, s*écria Testtf, j'avais raison : la voilà réalisée cette communauté de biens préchée jadis par tant de cœurs ardents et généreux !

— ce Dans les phalanges exceptionnelles dont je parle, il n'y a pas communauté, reprit le vieillard; seulement, les villages n'ayant plus de rentes à payer, les bénéfices de chaque année sont inté-< gralement distribués entre les travailleurs, toujours, bien entendu, proportionnellement à la part qu'ils ont prise à la production. Mais chadun n'en est pas moins maître absolu de disposer comme il l'entend du dividende accordé à ses labeurs. >»

Quand le vieillard eut cessé de parler, je m'approchai de lui pour lui demander quelques détails sur les progrès de THarmonie en Amérique. Mais une dame s'étant écriée tout-à-coup : « La capitale l voici la capitale! » le vieillard me remit une brochure contenant la relation de ses voyages, et nous tournâmes la tête du côté que nous indiquaient les regards de nos voisins.

Nous aperçûmes, à un quart d'heure devant nous, une ville formée d'une dizaine de phalanstères symétriquement ordonnés et reliés entre eux par dés

ZU CUAPITIIB %UU

gjBileries soutoQues sur des coh)nnQ»y. de telk »»rti9( ^ue ces palais lu&ifocm^ieQtea i^édlilé q^'<^ sQtH» palais immense, b»ignaat dâ$&. la ^«s: Iu^uj^vsii^ YégélatioB.

BL Évart ai'a^prU que^ les capilial^s avaient d^^ {iûpttlatioasilûtteiNte&. « Cetsonli, niftdi6atiHiUto.T^iir d^z-yQu& d^ homme» éwiniuats en toua geonesi el des personnes déléguées paj^ las» pMaisigea pour ^9*< -m y à GQriiali»es. é|XM|UQ9i dô Llamo^v^tf» réunir ^ Câogrès sipéeiiutx^ éotwoi^ir teufs.idées^ ^. te découvertes de leitrâ. groupes misf^ettfs,. Satue 4fl» igiférienc^» etc. Le». capitai«is»se«&irin«»nt lo» musées ette6 4:olJ»ciions lespiua.préekvsea; eSies»flQfl& rnivirooné^ ô»^ terc^ms con^idéral^^ de^wéfi è expérimenter sur une larg^ éçlmlte ks pro^è^ d'hortlcultnxe, d'arborioiUure^ eifec^^ qui ont déj^: été essayés en peiit dans l^s phaianatèrfs 6t.q}^'un jyury compétent a jugés. di^pc^vOe l'épreuve eo^an^. ies capitales son£ pouryuâs de j^cdin^ botaokiqufft et de serres chauffées, et èciâiré&s. par divQng^QSv* pèces de procédés j elles o«t aussi das expo^tiiws permanentes de tous les produits, de l'indiu^Vm et des arts,, et des «entres admimtrati&et comx»^ciau:s:.

i » Chaque quactiei: a sa destinatâon particulière. ie phalanstère 'quô vous voyez sur la droite^ p^ar exenople, eate^tclusivemenJtcoasacjïéà lamécattique. Là les inventeurs de machines trouvant les conseils et les choses dont ils ont besoin. pouç e»pénmenter leurs découvertes* Ce que les phalanga» ne pourrafent se procures sans des dépenses. CMfi^

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sive» »c trouve dans la capitale de la provinee on dans celle du royaiune, qui sont les» Ikin& deâ* pbe** lanâlèces, les centres ver$ Us(|ue]s CQovei^eqt touteslespopulations qui vienneolypuiferLabsMito iustruction ou y chercher des secoues et des eocOQragcments. Les capitales sont, en quelque sorte, les soleils dont les phalanstères^ leurs saU^Utes, reQOÎvczit l'influence et la ckadeur. »

Pour mieux voir la capitale, j'avais change do* place et me trouvais près d'un groupe de jeunescit jolies femmes. Mlle Elise m'engagea à m'asseoir et voulut bien ^'informer si j'étais content, de mu journée.

— « Les voyages, lui réponds^je, sont si délicieux aujourd'hui qu'on passerait volontiers sa vie à courir le monde. Que poucra&t désirer eocore ie vpyjigeur barmonioB? Les iM»ut6ssontex.emptes da cahots et de poussière» et chacun peut chpisi/* le vé* hicuie et le mode de tractios qui lui plaît:, les mo^ teuj::s leâ plus rapides ou Les plus lenJbs sont égale^ ment à sa disposition. On parcourt incessamment des contrées si merveilleusement cultivées qu'on passe de surprise en surprise, qua l'Admiraiion est constamment excitée. Nulle part oa a'aperçoit la moindre trace de grossièreté et de misère ; on na voit au contraire que des populations élégantes, intelligentes et actives, à 1 air ouvert et content^ qui vous accueillciit comme d'anciennes connaissances. Partout les champs coupés par des canaux sont couverts d'une plantureuse végétation qui promet Tes plus abondantes récol tes j, partout la terr©.

se pare des plus belles fleurs, qui charment à Tenvi la vue et Todorat. Rien ne vient offenser les sens nî attrister la pensée; les chants joyeux des heureux travailleurs se mêlent de toutes parts au ramage des innombrables oiseaux qui peuplent les bosquets ; mais Tagrément que je place au-dessus de tous les autres, c'est que toujours on a pour compagnons de voyage des personnes remplies d'urbanité, dont la conversation est constamment variée et instructive, affectueuse et piquante.

» Mais que vous voyagiez où que vous restiez chez vous, fortunées harmoniennes ! vous trouvez partout le bonheur. Il serait impossible d'imaginer un sort plus digne d'envie que le vôtre. Vos cœurs doivent à peine suffire aux joies infinies qui vous attendent en tous lieux. Le bonheur vous prend au berceau et vous suit jusqu'au tombeau, où un bonheur nouveau vous est assuré, car vous ne doutez pas de la bonté de Dieu, heureuses amies, heureuses filles, heureuses épouses, heureuses mères ; vous »

Une détonation semblable à celle d'une arme à feu me réveilla en sursaut et me.rappela brutalement, hélas 1 à la triste réalité, à la Civilisation.

Je pestais d'avoir .été arraché à mon rêve. Inquiet sur la cause qui Pavait interrompu, je me levai à la hâte et j'ouvris ma fenêtre, au-dessous de laquelle se groupaient plusieurs personnes.

— » Le marchand du coin, disait Tune, s'est brûlé la cervelle en apprenant une faillite qui leruine. —

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