RÉCIT DU P. CULERIER.-- ADRESSE ET MÉMOIRE DE ME' GRANDIN
— Père RÉMAS, comment vous portez-vous ce matin ?
— Oh! vous êtes heureux, vous, blanc-bec... Ce mauvais temps de neige, de vent, de dégel, de boue, m'a mis à l'envers!
— Allons! venez donc voir les belles inscriptions qu’on a mises dehors ?
— Qu'est-ce que ça veut dire? je n'ai pas mes lunettes.
— Sur la porte de l'évêché, on a mis en latin : Vivat Pontifex noster Leo XIII; là-bas, c'est : Benedictus qui ventt in nomine Domint /
— Qu'est-ce que cette grande affaire rouge sur le séminaire ?
— Nos hommages et nos vœux à notre illustre délégué apostolique !
— Et tous ces petits arbres? Pourquoi faire ?
— Pour marquer les limites de la future cathédrale. Hier, on a mis des pierres sur la neige. Mais ce n’est pas beau. Depuis, on a planté de petites épinettes ; cinquante en tout, et l’on a décoré l'enceinte avec des bannières pontificales.
— Ah! jeunesse ! va! que c'est heureux de pouvoir courir, jaser, et faire de belles choses !
— Hé! hé! mon père, Ce n’est rien qu’une fois dans un siècle qu’on voit le délégué apostolique ! Ce jour-là, on sort tout ce qu'on a de plus beau... Tenez, rentrez, car les coups de canon vont vous casser les oreilles.
Cela se passait à Saint-Albert, le 6 octobre dernier, vers 40 heures du matin. Tous les preparatifs de la réception touchaient à leur fin. On venait d'apporter deux enclumes que l’on chargeait de poudre pour signaler la venue du cortège de Son Excellence M5° Falconio. Les curieux se passaient une longue-vue pour mieux voir. On comptait les minutes avec anxiété, car deux heures s'étaient presque écoulées depuis le départ d'Edmonton. Il est vrai, le chemin était un vrai trou de boue. La pluie, la neige, le soleil, la neige encore, le dégel avaient tout gâté. On avançait lentement. Son Excellence arrive enfin. Il faut enlever la boue qui souille les habits et se préparer pour la cérémonie qui doit avoir lieu à l'église.
Au nombre des nouveaux venus sont NN. SS, GRANDIN et Pascar. Celui-là attendait Son Excellence à Calgary; celui-ci l'accompagnait depuis Saint-Boniface.
Après la cérémonie religieuse, on descend au réfectoire. On conte des histoires comme celles-ci:
— On dit, Excellence, que Ms GRANDIN peut faire le beau temps. Mais aujourd’hui, il ne s’est pas mis en frais. Les chemins sont épouvantables !
— Vraiment, il est bien nécessaire que le soleil sèche la route!
— Quand Mf° GRANDIN était au lac Athabaska, 1l faisait mieux encore |
— Que faisait-1l ?
— Les sauvages racontent qu'un jour de tempête, ils
traversaient le lac avec lui. Les vagues les jetèrent sur la rive. Alors, Monseigneur monta sur une grosse roche, et parla au lac avec son petit livre. Le lac devint tranquille. Mais, ajoute Me Pascar, quelques ‘années plus tard je le traversais avec les mêmes sauvages, et le lac était mauvais. Ils se rappelèrent le fait et dirent en concluant : « On voit bien que toi, Père, tu ne vaux pas ME* Grannin. S'il était avec nous, le lac ne serait pas mauvais comme il est. »
A quelque distance, à une autre table, on rappelle que le P. Rémas a obtenu, un jour, une faveur signalée sur le lac Sainte-Anne. IL voguait en canot avec des métis. Un vent violent surprit les voyageurs. Le canot se remplissait. Dans un élan de foi, le P. Rémas s’agenouilla dans le canot, et plongeant d’une main sa croix dans l’eau, élevant l’autre main vers le ciel, il demanda et obtint d’être délivrés du danger.
Ces histoires ne sont pas des miracles, mais des inter ventions providentieiles. Ga sert de prier !
Dans la soirée du samedi, il ÿ eut une séance récréative au couvent des Sœurs. Les Sœurs ont le secret des belles choses ! Des anges apparurent sur la scène et firent le compliment. Tout cela est fort joli ! Plusieurs ont dû rêver aux anges durant la nuit. On remarqua le bataillon pontifical, habillé de blanc et de jaune.
Le dimanche ! Ah ! c’est le grand jour!
La vieille cathédrale se remplit de bonne heure. On trouve à peine de la place dans le sanctuaire. C'est un signe de l'insuffisance de la bonne vieille église, L'office est des plus pieux et des plus solennels. À la fin de la messe, Ms GRANDIN s’avance pour donner lecture d'une adresse où est exprimé l'attachement des évêques et du clergé au trône pontifical. Ms GRranDiN s'excuse de ne pouvoir achever la lecture du travail, et Ms Legal, en
son nom, s’ayance et la termine. Les gens écoutaient bien C'était un sommaire historique des progrès du catholicisme en Alberta, depuis quarante ans. L'année 1800 offre les œuvres suivantes : ouverture du sémipaire, ouverture de l’église de Mac-Leod, achèvement de l’église d’Edmonton, fondation de la Maternité à Edmonton, nouvelles salles de classe à l’école de Saint- Albert, nouvelle église bâtie par le R. P, H. GRANDiN. On annonce, pour l’année prochaine, l’arrivée d’une congrégation de Frères enseignants, l’arrivée des disciples de Saint-Norbert pour la colonie de Saint-Paul-des-Métis, l’arrivée de religieux sachant le slave pour les catholiques polono-galiciens. Voilà donc un bel inventaire d'œuvres diocésaines. Les notables s’avancent au nom de la masse des fidèles immobiles dans la nef. On entend la voix d'enfants aimants, soumis, confiants et aimés. Ils recourent au délégué du Très Saint Père, pour obtemr justice des maux dont ils souffrent : « Nous sommes blessés dans notre conscience : nous voulons donner à nos enfants une éducation catholique, et nous n'avons pas toute la liberté voulue. Nos droits sont limités. Nous voulons avoir ce que nos frères séparés de la province de Québec ont chez nos concitoyens catholiques. » .
Dans sa réponse, Son Excellence redit que les travaux de M5° GRannin sont bien connus à Rome. Toute la thèse de la primauté de saint Pierre est élaborée devant nous. C'était grand | C'était touchant! On sentait une force nouvelle qui pénétrait nos âmes. Tout contribuait à captiver notre religieuse attention : celui qui nous parlait, revêtu d'une si haute autorité, le sujet rappelé à notre amour, la majesté du lieu, et aussi, faut-il l’avouer, l'accent romain qui accompagnait la diction an anglais et en français. On ne pouvait mieux nous faire
comprendre que nous entendions le Pape dans son envoyé.
Grande était l'assistance à la messe; grande jaussi fut l'assistance aux vépres. Le mot vépres est resté, bien que rien des vêpres ne parût. Son Excellence procéda à la bénédiction de la première pierre de la future cathédrale. Le temps s'était radouci, la neige fondait, mais c'était boueux. Chemin faisant, Son Excellence perdit ses claques. C'était un désagrément. C'est une image des désagréments qui sont réservés aux constructeurs de la cathédrale future. La bénédiction du Très Saint Sacrement fut la conclusion du programme religieux de la journée.
Des curieux faisaient groupe autour de la pierre.
— Pourquoi cette excavation au milieu de la pierre ?
— C'est la place du document |
— Qu’a-t-on écrit dans ce document ?
— Les initiales V. J. G. S. des mots latins qui se traduisent en français par : vive Jésus-Christ Sauveur. Les initiales grecques, qui accolées donnent le mot txûus (poisson). On a dessiné au sommet de la feuille un poisson : ce qui rappelle l’Esturgeon, notre rivière |
— Et ces images sur le devant de la pierre, qu'est-ce que ça veut dire ? |
— Il ya une croix, parce que nous sommes chrétiens. Il ya le chiffre 4900, parce que c’est l’année sainte; c'est la date. Il ÿ a une mitre, parce que ce sera l’église de l'évêque. Il ÿ a deux clefs, parce que le délégué du Pape bénit la pierre. Il y a O. M. I., parce que ce sont les Oblats qui ont évangélisé le pays,
— Voilà donc une pierre qui signifie bien des choses, On va mettre une lettre dans ce trou en haut, Et toutes ces images veulent dire tant d’affaires |
— SileR,. P. Lacouse, il y a bientôt quarante ans,
— 498 — avait pu entendre l’ange tutélaire de Saint-Albert lui annoncer tout ce que l’avenir a dévoilé depuis, il eût été le plus incrédule des apôtres, un nouveau Didyme Albertain.
— Mais ce document, avec tant d'initiales et le poisson! Ça m'inquiète ?
— Ecoute, mon ami, c’est un grand papier où l'on a écrit en latin le nom du Pape et son âge ; le nom de la reine et son âge, le nom du délégué, le nom du gouverneur général, le nom du gouverneur des territoires, les noms de NN. SS. les évêques, le nom du T. R. P. Général des Oblats. À la fin, on dit que cette pierre exprimera la foi, l’espérance, l’amour des catholiques du pays, et témoignera de leur affection et de leur attachement au Pape.
Il est impossible de reproduire les commentaires faits au sujet de Son Excellence. Tous se résument en ces mots : « On n’a jamais rien vu ni entendu de pareil. Ga fait plaisir de se sentir catholique : on se croirait enveloppé par l'air du paradis; ce n’est pas comme de coutume, il y a quelque chose de plus divin au-dessus et autour de nous. »
Dès 6 h. 30 la grande salle du séminaire commençait à se remplir.
— Vous venez de bonne heure ?
— Nous voulons nos places !
A 7 heures, la salle était remplie. La séance ne devait commencer qu'à 7 h. 30. Le P. CuLERIER monte sur l'avant-scène et annonce la représentation de Îla chute du cardinal Wolsey, ministre de Henri VIII. On explique un peu à l’avance pour que l'auditoire, étranger aux scènes tragiques, puisse comprendre. C’est l’occasion de condamner l’action de Henri VIII, de rappeler la doctrine de l'Eglise, et de montrer dans le cardinal
ministre, malgré ses fautes, un enfant dévoué de l'Eglise. À 7 h. 30 le clergé arrive. Nul programme à distribuer. On a écrit sur deux tableaux noirs les principaux sujets de la séance récréative.
Ïl y a de remarquable, parce que c'est nouveau, un dialogue en latin. Ici on prononce le latin, autant que possible, comme à Rome. Autrement nous devrions admettre six jargons différents de latin; ce qui serait un odieux mépris de la langue de l’Église. De même que nous cherchons à reproduire de notre mieux la prononciation anglaise de la reine, de même aussi nous nous efforçons de nous rapprocher de la prononciation latine du Pape. C’est un signe d'unité, unité de langue, unité de prononciation; la langue une appartient à l'Eglise une. L'adresse aussi en latin était significative. Nous avions besoin d'une délégation apostolique en Canada. Pourquoi ? — Parce que nous sommes loin de Rome. — Parce que le clergé doit être inébraniablement attaché à Rome ; si peu de prêtres peuvent aller à Rome y puiser un amour ardent pour le Pape, ils le feront ici auprès du délégué du Pape; — parce que, vivant dans un pays mixte, au milieu des protestants, nous avons besoin d'un guide éclairé qui nous rappelle la vraie foi, pure de toute poussière d'opinion tant soit peu fausse; — parce que la délégation apostolique est le couronnement, le complément de la hiérarchie catholique en Canada! Le programme récréatif se déroule ensuite durant une heure. Six langues vivantes y paraissent, le latin complète la série de sept. Huit enfants, entrés au séminaire depuis le 25 janvier 1900, font la comédie en sept langues. Voilà ce que tout le monde trouve extraordinaire. Toute l'assistance frémit de bonheur, car cette jeunesse respire une énergie surprenante. Ces enfants, ça n'a peur de rien. Si, dans vingt-cinq ans, quand on
fera le jubilé de la future cathédrale, on revoit les mêmes enfants, prôtres du Seigneur, se presser autour d'un autre délégué du Pape, et rappeler à la foule réunie de tous les coins du diocèse les merveilles opérées en Alberta; si cela se fait dans les sept mêmes langues : latin, français, anglais, cris, allemand, polonais, basrusse... On se croira à une nouvelle Pentecôte.
Le bon Dieu a déjà laissé entrevoir qu’il veut un séminaire à Saint-Albert, un séminaire vraiment fécond. Les besoins de’plus en plus pressants du diocèse affirment l’absolue nécessité d’une œuvre de recrutement sacerdotal. Tous les visiteurs, particuliers et officiels, hommes d’affaires et hommes de gouvernement, ne peuvent visiter l'Alberta nord, sans venir à Saint- Albert. Saint-Albert n’est pas un foyer commercial ou industriel, mais c’est un foyer spirituel vivifiant, dont l'influence rayonne déjà au loin. Le séminaire a réveillé l'attention publique, lors de la visite de Son Excellence le gouverneur général, lord Minto. Plus récemment il réveille l'attention des catholiques du pays et de tout le Canada, L'heure est venue où des masses populaires, longtemps retenues dans les limites de leur province de Québec, vont enfin comprendre que l'avenir est dans l'Ouest canadien. 1l y a trois cents ans, le surplus des provinces françaises, limitrophes de la Manche et de l'Atlantique, est venu fonder la ‘colonie québecoise. Il n’y a que dix ans, le mouvement d'immigration vers Saint-Albert commençait. On parle de nous donner un chemin de fer,et nous allons grandir matériellement. Mais avant tout cela nous grandissons en influence morale,
— Visitons donc le séminaire un peu.
— Volontiers!
— Mais Ça n'a pas l'air aussi misérable qu'on nous disait |
— Je pense bien : tous les murs sont revêtus de banderoles rouges, bleues, jaunes, il y a trois douzaines de pavillons et le théâtre est monté. Mais revenez demain.
— Bien, demain, sans faute |
Et le visiteur s'éloigne en nous souhaitant des succès et un séminaire monumental capable de contenir 400 grands séminaristes et 200 petits séminaristes. Aujourd'hui, nous sommes loin de là, il n'y a que 2 grands séminaristes et 8 petits séminaristes.
Oh ! des souhaits 1! Le père GULERIER en a enregistré dix-sept dans son carnet ! Mais il veut autre chose...
— Quand on travaille à élever des prêtres, on ne fait pas du commerce, on ne se soucie pas des livres de banque; on se soucie du manger, du vêtir, on se soucie des classes, de la trempe spirituelle, et on attend les années qui conduisent la jeunesse au sacerdoce. Il nous faut des prêtres qui aient du sang dans les veines et soient de bons débrouillards, des gens actifs, courageux. Ça, nous commençons à lavoir. Il y a six jours, tout le monde s’est mis à arracher les patates, tout le monde sait aussi les planter. On apprend à se tirer d'affaire... C'est là un des éléments de la prospérité morale. Notre-Seigneur a travaillé de ses mains avant de précher. Saint Paul vivait de son travail tout en prêchant. Nos élèves font et feront la même chose. Quand de nouvelles nécessités s'imposèrent pour l'Eglise, l'Eglise trouva des bienfaiteurs qui mirent ses membres à l'abri des soucis temporels, et its purent vaquer pluslibrement à leurs devoirs spirituels. Le séminaire aussi verra luire le jour où ses bienfaiteurs sortiront de l'ombre. A présent, nous nous efforçons de mériter l'apparition des bienfaiteurs par notre conformité à la volonté de Dieu.
Ces réflexions furent échangées durant les journées du 7 et du 8 octobre. Son Excellence était le témoin de
nos travaux et de nos espérances. Elle daigna les bénir. Et quand les cloches sonnèrent et que le canon jeta aux quatre vents son bang ! bangl... on disait encore :
— Père Rémas ! Comment vous portez-vous ce matin?
— Oh! quelle grande bénédiction le bon Dieu a donnée au pays!
— Mais êtes-vous bien ? Êtes-vous content ?
— Oui, content!
— Et quand, il y a quarante ans, vous vous rendiez à pied du lac Sainte-Anne à Edmonton, en pleurant, comme vous nous l’avez raconté...
— Oh! ne dites pas ça...
— Les choses vraies doivent se dire parfois ! Vous avez semé dans les larmes ! Vous m'avez raconté ça, un matin du mois de janvier, quand on ouvrait le séminaire. Il faut que les petits élèves du séminaire sachent ce que les premiers missionnaires ont fait et souffert.
Les cloches se turent. Les voitures gravissaient la montée de la route d'Edmonton. On rentra chacun à son poste, A l'examen particulier, on redit avec plus de ferveur que de coutume :
Oremus pro Pontfice nostro Leone.
CULERIER.
Adresse de M5' Grandin.
À Son Excellence Monseigneur Diomède Falcon, archevêque de Larisse, délégué apostolique au Canada.
Benedictus qui venit in nomine Domini.
ExceLLENCE RÉVÉRENDISSIME, Il y a quelques jours, nous avions l’honneur de recevoir un très noble personnage, venant à nous au nom de
Sa Majesté notre Gracieuse Souveraine. Nous lui disions, en lui souhaitant la bienvenue, le respect que nous portons à l'autorité, parce que, toute autorité venant de Dieu, nous entrevoyons la majesté divine dans les personnes qui en sont revêtues. Mais vous, Excellence, c’est au nom du Pape infaillible, au nom du Vicaire de Jésus- Christ sur la terre que vous venez à nous. Ge n'est pas seulement avec respect, mais avec dévotion, que nous vous recevons; Car nous voyons en vous l’homme de Sa Sainteté, l’homme de Dieu. C’est donc avec foi et piété que nous vous saluons par ces paroles : Benedictus qui venit in nomine Domini ! Oui, Monseigneur, soyez béni de venir visiter de pauvres exilés, dont la vie n’est autre chose qu'un long et pénible chemin de croix. Nous avons toujours regardé comme une bénédicton les visites que nous recevons parfois de nos Supérieurs religieux. C’est la première qui nous est faite au nom de Sa Sainteté, je ne puis vous dire combien tous nous l’apprécions.
Excellence, j’ai entendu une fois, à Montréal, d'anciens zouaves du Pape chanter devant moi une chanson par laquelle ils excitaient leur courage quand ils étaient sous les armes. « En avant! mes braves, » faisaient-ils dire à leur commandant. « En avant! le Pape vous regarde ! » Je voudrais, moi aussi, que le délégué du Pape nous regardât tous et qu'il pût mous faire voir au Pape pour qu'il daignât regarder à son tour et bénir ces familles religieuses qui font tant et de si grands sacrifices pour étendre le règne de Dieu dans le pays, sa bénédiction les rendrait heureuses, les ferait prospérer et grandir pour travailler avec plus d'efficacité encore à la gloire de Dieu; pour qu’Il daignât bénir aussi ces associations diverses qui nous aident par des secours temporels indispensables et toujours insuffisants. Ge serait le moyen de m'aider à payer un peu ma dette de reconnaissance en-
vers tous ceux sans lesquels nous ne pouvons absolument rien.
1 y a une autre chose que nous avons sur le cœurs c’est de ne pouvoir, comme la plupart de nos frères dans l'épiscopat, rien faire absolument pour notre Père persécuté, lui aussi, réduit à la pauvreté. Veuillez lui dire cependant, Excellence, combien nous l’aimons, que tous nous prions pour Lui, même nos petits enfants, que nous le remercions surtout de vous avoir envoyé vers nous, de se rapprocher de nous par son délégué, que nous aimons et respectons comme l’homme de sa confiance. Veuillez nous bénir tous de sa part, bénir le diocèse tout entier et ceux qui y travaillent, bénir cet embryon de séminaire que je suis si heureux de voir, avant de mourir, si modeste qu'il soit. Puisse-t-il, par votre bénédiction, procurer, avec le temps, des prêtres selon le cœur de Dieu! C'est alors, je crois, que nous pourrons dire que le règne de Dieu est arrivé parmi nous.
De Votre Excellence, le très humble et reconnaissant serviteur en Jésus-Christ et Marie Immaculée.
J. ViTAL, 0. M. 1.
Évèque de Saint-Albert.
En son nom propre et au nom de tous ses frères en religion et surtout de son bien-aimé coadjuteur, de tous ses missionvaires séculiers et réguliers et de toutes les congrégations religieuses et catholiques du diocèse,
Mémoire
À Son Excellence Monseigneur Diomède Faiconio, archevéque de Larisse, délégué apostolique au Canada.