SAINT-THGMAS D'AQUIN DE BILLING’S BRIDGE (AUTREFOIS GATEVILLE
De même que Notre-Dame de Lourdes et Cyrville, la paroisse de Billing’s Bridge, se trouve situé aux portes mêmes d'Ottawa.
Jusqu’en 1873, les fidèles de cette localité se considérèrent comme appartenant à la paroisse Saint-Joseph. Lorsque, à cette date, un prêtre résidant s'établit à Cyrville, Billing’s Bridge, qui ne se trouve qu’à trois milles de ce village, fut inclu dans le territoire de la nouvelle paroisse. La messe fut dite, à de rares intervalles, dans la maison de campagne du Rév. Dr. O'Connor, puis chez M. Nelligan. Plus tard (1879) M. Magnan établit une mission régulière à Billing’s. Chaque mois il vint célébrer la messe dans l’école publique qui se trouve sur le River Road.
Sous l'administration du Rév. M. Dacier, on songea enfin à bâtir une chapelle. L'idée première et le mérite en reviennent, de droit, à M. C. F. Street, ancien ministre protestant converti. Un jour, au sortir de l'office divin, il demanda la permission d'adresser la parole au public, et proposa de commencer à construire une église. La proposition plût, et, dès lors, M. Dacier se mit à visiter les familles dans le but de recueillir des billets promissoires et des souscriptions (1886).
Après plusieurs assemblées et de longues délibérations, le projet prit de la consistance, et rallia finalement tous les avis. Un
comité fut élu par les catholiques du lieu, avec mission de se transporter auprès de Mgr. l'archevêque, et de lui exposer les désirs de la congrégation, qui étaient de construire une église et d’avoir un prêtre.
Monseigneur accueillit avec bonheur ces ouvertures. Une assemblée de paroisse fut convoquée pour le mois de mai 1886. L'archevêque s’y rendit en personne, et put se convaincre que ‘tous les catholiques étaient d'accord. Les arrangements préliminaires à l'établissement d’une paroisse furent pris, une souscription fut ouverte, et l’on acheta, pour la somme de deux mille sept cent soixante-neuf piastres, la maison de M. Street, et les trois acres de terre qui lui étaient attachés. Le presbytère était trouvé, il fallait maintenant songer à l’église. En face du presbytère et de l’autre côté de la route, un lopin de terre admirablement situé, fut acquis (juin 1886). Quelques jours plus tard, l'entrepreneur Charlebois, d'Ottawa, recevait le contrat pour une jolie petite église en bois, du prix de trois mille piastres. Les travaux furent poussés avec une telle activité pendant tout l'été, que, à la fin de l’année (décembre 1886) Mgr. Duhamel put procéder à la bénédiction solennelle du nouveau temple.
L'année suivante, 1887, un jeune prêtre, vicaire à Clarence Creek, M. Eugène Barry, fut nommé curé de Billing’s Bridge. Tout prospérait à souhait, quand un malheureux éyénement vint plonger soudain dans le deuil une paroisse jusqu'alors si fortunée. Le 6 juin, les enfants de la première communion, au nombre treize, étaient réunis dans l’église, lorsque un affreux cyclone passa par le pays, rasant fermes et granges et renversant de fond en comble la pauvre église ; on eut bien de la peine à arracher au milieu des décombres les enfants tout meurtris ; une petite fille, Mary Ann McVeigh, périt dans cette catastrophe.
Ce coup pesa lourdement sur la petite paroisse dont beaucoup d'habitants avaient perdu leurs bâtiments et leurs récoltes. Pendant six mois, les offices furent célébrés dans une petite maison de bois appartenant à la fabrique, qui ne pouvait contenir que quelques personnes.
Toutefois, on ne perdit point courage. Grâce à l’énergie du
R. M. Barry, l’idée de recommencer les travaux prévalut dés le lendemain du sinistre. Le 21 juin 1888, une assemblée de paroïsee fut tenue au presbytère, sous la présidence de Mgr. l’archevêque, et la reconstruction de l’église fut décidée. Dans le compte rendu de la séance, nous trouvons les résolutions suivantes : 1° M. J.-B. Bowes, architecte, sera chargé de la direction des travaux ; 2° Monseigneur veut bien procurer l’argent nécessaire pour les nouvelles dépenses, comme il l’a déjà fait pour les anciennes ; 3° les bancs, sous aucun prétexte, ne se vendront au-dessous de quatre piastres ; somme nécessaire pour payer les intérêts de la dette.
La nouvelle église qui, comme l’ancienne, coûta un peu plus de trois mille piastres, fut terminée au commencement de 1889, et bénite, en l’absence de monseigneur, par M. le grand-vicaire Routhier, administrateur du diocèse. C’est un petit édifice en bois, lambrissé de briques, d’une longueur de soixante-six pieds sur une largeur de quarante-cinq.
Le 22 décembre de la même année 1889, Mgr. l’archevêque bénit une cloche de six cents livres.
M. Barry étant parti pour les Etats-Unis, fut remplacé, 1er octobre 1891, par le Rév. M. Michel Boiïsseau, curé de la Chute aux Iroquois. M. Boïisseau fut nommé, trois ans après, 6 octobre 1894, à la cure de Saint-Malachie, et eut pour successeur, à Billing’s, le vicaire de Sainte-Anne d'Ottawa, M. Joseph-Alfred Myrand, qui occupe actuellement ce poste.
La paroisse de Saint-Thomas d'Aquin si éprouvée et accablée d’une lourde dette, possède une population chrétienne et généreuse. On peut espérer qu'un jour, la proximité des chars électriques aidant, des catholiques de la ville viendront s'établir dans la paroisse et l’aider à porter ses charges.
L'église est bien pourvue d’ornements, donnés à M. Barry par des gens charitables après l'accident de l’église. L’ostensoir, qui est magnifique, est un cadeau de monseigneur. Deux statues, celles de la sainte Vierge et de saint Thomas d'Aquin, sont dues à la générosité d’un vieux citoyen, M. Michael Judge. (On doit également à ce catholique le chemin de ia croix qui fut érigé le 13 janvier 1895. Un autre paroïssien, M. John Maher a fait présent,
(1893) d’une belle statue du Sacré-Cœur. Enfin, dans le courant de 1895, le Rév. M. Myrand, par ses industries personnelles, a réussi à poser, sans augmenter la dette, une fournaise à air chaud qui rend l’église confortable.
Une mission fut prêchée dans la paroisse, au commencement du carême de 1895, par le Rév. P. Alexis, capucin.
Saint-Thomas d'Aquin de Billing’s Bridge ne compte actuellement que quatre-vingt-deux familles catholiques, dont quarantequatre irlandaises. Aussi une mission, celle d'Eastman’s Springs, lui est-elle attachée. On dit la messe, alternativement chaque dimanche, dans l’une des deux églises. Le service religieux se fait dans les deux langues. Dans l’année 1896 des travaux considérables ont été entrepris par le Rév. M. Myrand : doubles châssis, autels de la Vierge et du Sacré-Cœur, statues de sainte Anne et de saint Antoine ; enfin décoration des vitraux, des voûtes et des murs, par le peintre Gadbois.” Ces travaux ont occasionné de fortes dépenses payées par les souscriptions volontaires des personnes ci-dessous : Un ami, les dames de la paroisse, MM. J. Finn, veuve T. Cullen, P. J. Ryan, Mrs. O’Connor, G. Otterson, M. Lemire, J. Maher, F. Robert, D. McCarthy, Ed. Graham, Mrs. M. Judge, J. Lecuyer, F. Chartrand, J. Devau, J. Graham, ]J. J. Davy, M. Potvin, P. Bacchus, A. Becher, J. McVeigh, Sr., W. McGrath, ]. A. Lachance et M. le curé.
Depuis quelque temps, M. Myrand, s'étant assuré du concours d'un Père capucin, dit-on, fait dire la messe tous les dimanches à Billing’s Bridge.