NOTRE-DAME DE BON-SECOURS DE MONTEBELLO
La paroisse de Montebello, la plus ancienne du diocèse, n'avait plus guère d’accroissement à espérer en 1880 et son histoire
se réduit à peu de choses. Dans sa visite de juillet 1884, Mgr.
Duhamel constata, néanmoins l'exécution de certains travaux importants. Le cimetière avait été exhaussé et clôturé ; le presbytère et ses dépendances, ainsi que la maison du bedeau, avaient été réparés à neuf.
Ce furent les derniers ouvrages du Rév. M. Bourassa. Ce vieillard vénérable, sentant le poid des années, résolut de prendre sa retraite avant de devenir inutile afin que des mains plus vigoureuses pussent continuer les œuvres qu'il avaient si bien commencées. Il quitta donc Montebello avec un grand déchirement de cœur le 1er novembre 1887 et se retira à Longueil où il passe ses derniers jours dans le recueillement et la prière.
Son successeur fut un prêtre de Montréal, le Rév. M. J. Giguères, dont le premier acte est daté du 13 novembre 1887.
M. Giguères s’appliqua à marcher sur les traces de M. Bourassa et gagna promptement l'estime publique par ses vertus sacerdotales. Cependant, comme il n’appartenait point au diocèse d'Ottawa, il fut pris, après cinq ans du désir de retourner à Montréal, ce qu'il exécuta le 4 octobre 1892. La population de Montebello ressentit beaucoup de peine de son départ, et le digne prêtre en voyant les regrets qu'il suscitait, en vint à regretter lui-même sa détermination.
Il fut remplacé par M. Télesphore J. Allard, procureur de l'archevêché (rer octobre 1892) lequel occupe encore aujourd’hui la cure de Montebello.
A peine installé, M. Allard entreprit résolument l'œuvre qui, depuis quelque temps déjà, s'imposait à cette riche et ancienne paroisse, nous voulons dire la construction d'une nouvelle église.
L'ancienne église de Montebello, quoique conservée dans un excellent état de propreté était devenue trop étroit et ne correspondait plus aux progrès du temps. Sa toiture se perçait, sa vieille
charpente perdait son aplomb et toute réparation eut été aussi coûteuse qu’inutile dans cette masse de bois demi pourri.
Dans sa visite de juillet 1893, monseigneur annonça donc à la paroisse que le moment était venu de songer sérieusement à la construction d’un nouveau temple.
Dociles à l’appel de leur premier pasteur, curé et fidèles s’empressèrent de souscrire des fonds et de recourir à tous les procédés en usage dans les paroisses -érigées canoniquement et civilement de la province de Québec.
L'architecte choisi fut M. Napoléon Bourassa, frère de l’ancien curé. Le contrat fut donné à l'entrepreneur Fauteux, en novembre 1894, pour la somme de $20,000, et les travaux commencèrent de bonne heure au printemps de l’année suivante.
L'église, poussée avec une grande rapidité, fut bénite le 24 mars 1806, par Mgr. Emard, évêque de Valleyfield. Mgr. l’archevêque d'Ottawa chanta la grand’messe à laquelle assistèrent trente prêtres et une foule considérable de la paroisse et des environs. Le Rév. Père Hamon, jésuite, fit le sermon de circonstance.
Il nous est difficile de faire la description du monument qui n’a pas son semblable au Canada. C'est une croix de Malte, à bras presque égaux. L’autel est placé sur une estrade élevée au centre de la nef d’où l’on domine l'assemblée. Les décorations sont dues au pinceau de M. Meloche. Les murailles, en belle pierre, sont fort basses. Les dimensions sont de 130 pieds de longueur sur 100 de largeur. Somme toute, c'est un noble édifice digne d’un architecte doublé d’un artiste.
Quelques jours après la bénédiction de l’église, M. le curé bénit, le 29 mars 1896, un chemin de croix.
Cette même année 1896, le cimetière, devenu trop petit, a été agrandi en arrière, du côté de la voie ferrée, de près d’un arpent.
Le 18 octobre 1896, fut bénite la statue de Saint-Antoine de Padoue, le Rév. Père Alexis fit le sermon de circonstance,
Nous ne pouvons pas terminer cette notice sans mentionner deux cérémonies importantes qui font mémoire dans l'histoire d'une paroisse : l’ordination sacerdotale du Rév. M. Claude Poulin,
enfant de Montebello, le 2 juin 1889, et la célébration des noces d’or du Rév. M. A. Médard Bourassa, le 24 mai 1894. Mgr. l’archevêque, le clergé d’alentour, la population toute entiére ont célébré avec la même joie le levant et le couchant de ces deux carrières sacerdotales, et ont salué dans la r:exaière toutes les promesses qu'a si bien tenues la seconde.
Plusieurs congrégations ou confréries sont établies dans la paroisse :
Le Scapulaire du Mont-Carmel, érigé le 23 janvier 1842.
Le Saint-Rosaire, le 23 mars 1890.
L'Union de Prières, le 17 octobre 1890.
Plusieurs retraites y ont été prêchées. Nous connaissons les suivantes :
Une en juillet 1892, par le Rév. Pére Alexis, capucin.
Une deuxième, en juillet 1893, par le même Père.
Une troisième, en juin 1896, par les PP, jésuites, Edouard et Etienne Proulx.
La paroisse de Montebello possède plusieurs écoles :
Le couvent, fondé en 1867.
L'école du Front, fondée en 1867.
L'école de la côte Azélie, fondée en 1867.
L'école de la côte Ezilda, fondée en 1888.
L'école de la côte Saint-Hyacinthe.
Le Rév. M. Allard dont la santé est délicate a eu deux vicaires : les RR. MM. Alcide Pelletier, du 28 mars au 9 juin 1896 et J. Aimé Lemonde, du 10 juin 1896.
Montebello compte aujourd'hui 275 familles, toutes canadiennes moins huit qui sont irlandaises.
Il convient de rendre ici un hommage public à la générosité des gens de Montebello. Des dons généreux ont été faits à l'église par des personnes charitables ; c’est ainsi qu'un magnifique ostensoir de cent cinquante piastres, des chandeliers, une croix, des ornements, une statue de saint Antoine tout neufs, ornent maintenant ce nouveau temple. D'autre part, les parois-
siens se sont prêtés à de nombreuses corvées pour niveler le terrain du.cimetière et les alentours de l’église. On peut évaluer ces travaux à $500.