SAINT-ANDRÉ-AVELLIN
Nous avons vu, dans un chapitre précédent, que l’église de Saint-André-Avellin avait été bénite le 16 juillet 1879, sans être, toutefois, terminée à l’intérieur, Le 1er avril 1883, les marguilliers considérèrent qu'il était urgent d'achever tous les travaux et votèrent à cette fin la somme de $9,000, ce qui portait à $23,000 le prix total de l’église. Le contrat de cette entreprise fut donné à M. Dangeville d’Ostaler de Joliette, qui la mena à bonne fin.
Le 22 octobre de la même année 1883, le plombier J, W. Johnstone d'Ottawa, fut chargé de poser dans l’église un appareil de chauffage à la vapeur.
A cette même époque, madame Edouard Leduc fit don à l'église d’une statue de Notre-Dame de Pitié et mademoiselle Mathilde Leduc de Rigaud, offrit généreusement d’abord une chape rouge, et plus tard un lustre magnifique.
Le 10 février 1884, il fut décidé par le conseil de fabrique que l'on construirait dans le cimetière, un charnier pour la saison d'hiver.
Le 12 décembre 1885, un nouveau chemin de croix, digne de l'église, fut érigé par Mgr. Duhamel. Ce même jour, une solennité bien rare dans les paroisses rurales, l’ordination sacerdotale du Rév. M. Constantineau de Saint-Philippe d'Argenteuil, remplit de joie les catholiques de Saint-André.
La fabrique avait fait les dernières dépenses pour compiéter le mobilier de l’église ; un orgue de $400 avait été acheté à MM. Casavant ; l’église elle-même se trouva entièrement terminée au mois de février 1886, et les heureux habitants purent se vanter de posséder un des plus beaux monuments du diocèse.
C'est ce moment que la divine Providence choisit pour mettre à l'épreuve leur foi et leur énergie. -
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Dans la nuit du 25 mai 1886 un affreux incendie, qui prit son origine dans la sacristie, détruisit l’église de fond en comble. Ses ravages se portèrent même sur les maisons voisines, consumant le magasin et la maison du notaire Raby et celle de M. Emilien Chenier. Le village tout entier fût devenu la proie des flammes sans les efforts héroïques des habitants.
Dans ces douloureuses circonstances le curé et les citoyens de Saint-André montrèrent un courage au-dessus de tout éloge. Loin de se laisser abattre, ils se réunirent en assemblée publique, le dimanche suivant (30 mai) après la messe, qui se disait dans la maison d’école, et signèrent une requête à Mon:eigneur, à l'effet d'obtenir l'autorisation de commencer immédiatement les travaux pour la reconstruction de l’église.
Le contrat fut donc donné à M. D’Angeville pour la somme de $25,000, payables, $14,000 pour une nouvelle répartition, et le reste, à même les revenus de la fabrique. Un fait, infime en soi, en dit long sur l’enthousiasme religieux qui régnait alors ; une pauvre veuve, madame X. Gauthier, qui ne possédait pas de biens fonds ne pouvait être taxée, mais elle voulut, comme la veuve de l’évangile, contribuer de son obole, et elle fit don à la fabrique de l'unique vache qu’elle possédait.
Les travaux recommencèrent avec un merveilleux entrain le 4 juillet 1886, et le jour de Noël de la même année, on put dire la messe dans la nouvelle église. Elle était la copie exacte de la première, sauf qu'elle avait 140 pieds de longueur, soit une augmentation de 20 pieds sur l’ancienne. Les ouvriers continuèrent à travailler sans désamparer, tout l'hiver et toute l’année suivante, si bien, qu’à l'automne de 1888, ils livrèrent l’église en état de perfection, à l'intérieur comme à l'extérieur. Elle avait été bénite par monseigneur, le 3 juillet 1887.
Pendant que ces travaux se poursuivaient ainsi, les marguillers votèrent un emprunt de $:5,000, pour trois fin d'’inégale importance : la première était de liquider la dette qui pesait encore sur l’ancienne église ; les deux autres étaient d'acheter à MM. Casavant, un orgue de $1,600 et d'acquérir un beau carillon de trois cloches. On ne saurait trop admirer l'audace de ces intré-
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pides marguillers qui se sentaient, d’ailleurs, appuyés par la population toute entière.
Ce n’est pas tout, au moment même où ils semblaient prêts à succomber sous le poids des charges trop lourdes, ils résolurent de construire un magnifique presbytère, en pierres bosselées, du prix de $5,000. L'ancien presbytère acheté par le Rév. M. Bélanger, fut transporté de l’autre côté de la place de l’église où il a toujours été employé depuis comme maison privée.
Mg. Duhamel avait donc raison lorsque, dans sa visite du 16 juillet 1885, il plaça Saint-André au premier rang parmi les meilleures paroisses du diocèse pour la générosité, le zéle et le courage indomptable des habitants. Une bonne partie de ces éloges revenait au curé qui avait été l’âme de toutes ces entreprises.
M. Bélanger étant tombé malade, pendant l'hiver de 1888, monseigneur lui donna un vicaire dans la personne du Rév. M. C. A. Guillaume, qui venait d’être ordonné. Depuis lors, la paroisse a toujours eu des vicaires.
Le 18 août 1888, eut lieu à Saint-André la scconde ordination sacerdotale. Cette fois c'était un enfant de la paroisse, le Rév. M. Richer, qui était promu au sacerdoce.
Le 17 novembre de la même année furent érigées dans la sacristie les stations «lu chemin de la croix.
Le 4 juillet 1889, eut lieu la bénédiction, par monseigneur, des trois cloches dont nous avons parlé plus haut. Mgr. Laflèche et un grand nombre de prêtres assistèrent à cette cérémonie.
Les stations du chemin de croix de l’église furent érigées le 28 juillet 1889, par le Rév. Père Lamontagne, rédemptoriste, qui prêchait alors une retraite.
L'année 1890 vit éclore une nouvelle œuvre, la plus impor-
tante assurément de toutes celles qu'avait conçues le Rév. M.
Bélanger. Nous voulons parler d’une maison qui servir à la fois
Ü de couvent, d'école et d'asile pour les enfants et les vieiliards. Les
fl établissements similaires de la ville d'Ottawa étaient devenus
‘ insuffisants et ne pouvaient répondre aux demandes d'admission qui affuaient de toutes les parties du diocèse.
Pour une telle entreprise, !l fallait de l’argent et du terrain ; la Providence y pourvut. La fabrique donna quelques arpents de sa propriété à côté de l’église et du cimetière (17 août 1890). Mlle Leduc, de Rigaud, fit présent d’une somme de $3000, qui permit de commencer les travaux.
Dès le 22 du mois d’août 1890, trois religieuses de la Providence, de Montréal, auxquelles était confiée la nouvelle maison, arrivèrent à Saint-André. C'étaient les sœurs Marie du Sacré- Cœur, Flavien et Marie de Bon-Conseil. Elles passèrent quelques jours au presbytère puis elle s’instalièrent dans la maison d’école où elles commencèrent immédiatement leur œuvre d'enseignement et d’hospitalité. Leur présence, leur pauvreté extrême, pendant ces premiers temps, et leur charité ne contribuërent pas peu à exciter l'enthousiasme et à multiplier les dons. Parmi leurs principaux bienfaiteurs, ii convient de citer un riche citoyen du village, M. Leduc.
L'hôpital de Saint-André fut commencé au printemps de 1891 et livré deux ans après aux sœurs qui s’y installèrent en juin 1893. C’est un magnifique édifice en pierre de 4 étages, long de 64 pieds large de 45, qui fait bien pendant avec l’église et le presbytère: Malheureusement, dès le jour de son ouverture il s'est trouvé trop étroit et le besoin d’une allonge se fait impérieusement sentir. Cette constatation, mieux que tous les discours, prouve l’opportunité de la fondation d’une si utile institution.
Le 6 décembre 1892, un nouveau malheur vint fondre sur la paroisse. Le magnifique presbytère devint la proie des flammes. La catastrophe fut si imprévue et si rapide que les habitants de la maison eurent grand peine à échapper à la mort. M. le curé reçut des brûlures graves qui nécessitèrent les soins assidus des docteurs.
Heureusement, l'assurance qui montait à cinq mille piastres et le don de mille piastres que lui fit la fabrique, permirent à M. Bélanger de relever immédiatement sa maison qui est aujourd’hui reconstruite plus grande et plus splendide qu’auparavant (1895).
Deux grandes fêtes : les noces d'argent du chanoine Bélanger (1893) et l’ordination sacerdotale de son neveu, M. D. Bélanger
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16 juillet 1893) ont donné l’occasion à la paroïsse de témoigner magnifiquement l'estime et l’affection qu’elle porte à son pasteur.
Telle est l’histoire de la belle et courageuse paroisse de Saint- André-Avellin.
M. Bélanger a eu plusieurs vicaires dont voici les noms : RR. MM. A. Guillaume, du 21 mars 1888 à avril 1880. P. Garon, du 13 avril 1889 au 11 mars 1892.
A. Dusablon, 18 mars 1892 au 10 octobre 1892. O. Lemay, du 10 décembre 1892 au 25 avril Albert Forget, du 25 avril 1893 au 5 juin 1891. Michel Boisseau, juin 1895.
Plusieurs retraites furent prêchées dans la paroisse. Nous connaissons les suivantes :
Une en juillet 1889, par les RR. PP. Lamontagne et Savard, rédemptoristes.
Une autre au printemps de 1895, Par les RR. PP. Pichon et Duguay, jésuites.
Le Rév. Père Alexis, capucin, prêcha au couvent, en novembre 1894, une retraite pour les dames Amies de l'Œuvre. On compte à Saint-André-Avellin, quatre cent deux familles,
toutes canadiennes, moins deux, et la plupart possédant des terres.