SAINT-RÉMI D’AMHERST
La paroisse de Saint-Rémi d'Ambherst, pittoresquement située sur le bord d'un petit lac, au milieu d’une plaine qu’entourent des montagnes, étagées comme les gradins d'un cirque immense, date à peine de quelques années.
Des habitants de Montebello et des bords de la Grande- Rivière se trouvant dans une situation gênée, vinrent se réfugier dans ces montagnes incultes où la terre se concédait à trente centins l’arpent.
En 1883, le Rév. M. Rémi Prudhomme, curé de Saint-Thomas de Lefaibvre, vint de la part de monseigneur, visiter plusieurs fois
ces pauvres gens. Il les pressa de construire une chapelle et un presbytère, leur promettant qu’aussitôt ces constructions faites, monseigneur pourvoierait régulièrement à leurs besoins. Dociles à ces conseils, les colons d’Ambherst élevèrent une chapelle qui prit le nom de Saint-Rémi.*
Mgr. Duhamel fit sa première visite pastorale à Saint-Rémi d’Ambherst à la fin du mois d'août 1883. Il trouva la chapelle élevée et le presbytère en construction. Le courage de ces colons le toucha vivement, et lorsqu'ils lui demandèrent un prêtre, il leur promit de satisfaire le plus tôt possible à leur désir.
Jusqu’alors le service religieux ne se faisait dans ce canton qu’à de rares intervalles, et les fidèles s'adressaient pour les malades au prêtre le plus voisin. C’est ainsi qu’à part M. Prudhomme dont nous avons païlé, le Rév. Père J. Raynel, jésuite, de la résidence de Labelle, desservit cette mission en 1883, et que le Rév. M. D. Jj. Halde, curé de Grenville, signa divers actes du 8 mai 1883 au 28 juillet 1884.
Le 17 juillet 1886, Mgr. Duhamel, fidèle à sa promesse, envoya à Saint-Rémi d’Armherst un premier curé résidant, dans la personne du Rév. M. Wuilfranc Saint-Laurent, prêtre du diocèse de Rimouski, qu’il fut obligé de soutenir, en grande partie, de sa propre bourse.
Cette même année 1886, une tempête endommagea gravement la chapelle, on profita de la circonstance pour l’allonger considérablement.
M. Saint-Laurent ayant quitté le diocèse, en juillet 1887, fut remplacé à Amherst par un jeune prêtre des Trois-Rivières, le Rév. M. Louis Montour, le 15 octobre 1887.
M. Montour vécut modestement à Amherst, faisant cultiver la belle terre de cinquante arpents qui appartient à l’église, et conquérant les cœurs par l'aménité de ses manières. Il fit lambrisser le presbytère à l'extérieur, et le mit, à l’intérieur, dans un ordre si
parfait, qu’on le prendrait volontiers pour une maison toute neuve.
* Dès 1878, le curé Labelle avait visité le pays et déterminé l'emplacement des futures églises d'Amherst, de Ponsonby, d'Addington et d'Arundel,
Il érigea dans la chapelle les stations du chemin de la croix, 22 juiliet 1888. Cette chapelle qui semblait prédestinée à tous les malheurs, fut rasée de nouveau par une tempête en 1893, quand les enfants du cathéchisme s’y trouvaient réunis, sans qu’on ait eu grâce à Dieu, à déplorer aucun grave accident. Elle fut aussitôt relevée avec les mêmes matériaux, mais elle a grandement besoin d'être remplacée par une construction plus grande, plus belle et plus solide. Le chemin de la croix y fut érigé de nouveau, le 20 octobre 1893.
L'année suivante, M. Montour ayant été appelé à administrer l’'importante paroisse de Saint-Philippe d'Argenteuil, fut remplacé, le 13 octobre 1894, par le Rév. M. Onésime Lemay, vicaire de Saint-André Avellin, qui occupe actuellement le poste de Saint- Rémi d’Amherst.
Saint-Rémi compte plusieurs sociétés ou confréries : Le Scapulaire du Mont-Carmel, établi le 18 août 1888. La Saint-François de Sales, le 4 novembre 1887.
La Sainte-Famille, le 10 mai 1893.
Une retraite y a été prêchée, en octobre 1893, par le Rév. Père Alexis, capucin. Une école existe dans la paroiïsse. Saint- Rémi d’Amherst compte environ cinquante-huit familles catholiques, toutes canadiennes, moins sept.