NOTRE-DAME DES SEPT-DOULEURS DE GRENVILLE
7, OUS avons vu, dans un chapitre précédent, que le curé de Grenville, en 1880, était M. Francœur. Le 16 mai 1883, M. Francœur fut remplacé par un prêtre du diocèse de Montréal, M. W. J. Halde, lequel, d’ailleurs, ne resta qu’une année dans la paroisse, après quoi il retourna dans son pays. Son successeur, M. Dacier (24 mai 1884) ne fit lui aussi que passer. Le 29 septembre 1885, il était nommé curé de Cyrville, et le Rév. M. J.-B. Hormisdas Sauvé, vicaire à la Pointe-Gatineau, venait prendre sa place à Grenville
Le Rév. M. Sauvé termina l’église et le presbytère. L'église de Grenville est loin d’être un monument, quoique les murailles soient en pierre; elle serait de beaucoup trop petite si la vaste étendue de la paroisse et la dispersion des catholiques n'empêchaient un grand nombre d’entre eux de s’y rendre. Quant au presbytère, il est fort convenable, surtout depuis les dernières réparations. Non content d’avoir réparé le presbytère et l’église, M, Sauvé fit l'acquisition, à deux milles du village, d’une terre considérable, mais qui rapporte peu, et dont le principal mérite est d’avoir fourni un magnifique emplacement au cimetière.
M. Sauvé s'était conquis par son zèle et son ouverture de cœur une grande popularité dans sa paroisse lorsqu'il mourut, le z1 juillet 18a1, emportant avec lui des regrets universels.
Monseigneur nomma à sa place un jeune prêtre de Montréal, le Rév. M. Avila Labelle, le rer août 1891, qui sut, en quelques jours, conquérir les cœurs de tous ses paroissiens. M. Labelle compléta les travaux intérieurs du presbytère où il fit placer une fournaise à eau chaude.
Ce prêtre demeura, d’ailleurs, fort peu de temps à Grenville, car le 12 octobre de l’année suivante, monseigneur le nomma curé de l’importante paroisse d’Ayimer.
Le successeur de M. Labelle à Grenville fut le Rév. M. Joseph Gascon, alors vicaire de Sainte-Brigitte d'Ottawa, en octobre 1892. M. Gascon, marchant sur les traces de ses prédécesseurs, continue à exercer avec la même activité le ministère dans une paroisse que la distance et les montagnes rendent fort difficile à desservir. On lui doit la construction de la jolie petite chapelle de la Pointe-au- Chêne, qui vient d’être bénite cet été, le 30 août 1896. Cette chapelle est en bois, longue de 45 pieds et large de 26 ; un terrain d'un demi arpent lui est attaché. Il est à regretter que, par suite de certains mauvais vouloir, on ait été obligé de la construire dans une solitude, à quelques arpents du village. En bénissant la chapelle, M. Gascon bénit également uue cloche du poids de 122 livres.
La paroisse de Grenville a eu sans doute plusieurs retraites, mais nous n’en connaissons qu’une, prêchée en mars 1893, par le Rév. P. Alexis, capucin.
La population de cette paroisse s'élève à 303 familles, 200 canadiennes et 105 irlandaises, en comprenant les trois missions qui lui sont adjointes. Ces trois missions, pauvres, montagneuses, et presque désertes, sont les suivantes : la Pointe-au-Chêne, à 9 milles de Grenville, station du Pacifique, sur l'Ottawa ; cette mission qui compte 30 familles possède, depuis quelques jours, une chapelle et une école ; on disait autrefois la messe dans une maison privée. Harrington, dans ie canton du même nom, tout montueux et peuplé presque exclusivement de protestants, ne compte qu’une quinzaine de famiiles catholiques ; le missionnaire dit ordinairement la messe chez un catholique fervent, M. Milway, maire de Harrington, à 20 milles de Grenville. Enfin, Connaught