‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme]Chapitre 220 sur 348 · OOMTÉ DE TERREBONNE.—SAINTE-AGATHE DES MONTS · texte numérisé non relu

OOMTÉ DE TERREBONNE.—SAINTE-AGATHE DES MONTS

Le chemin de fer Montréal et Occidental qui commence à Saint-Jérôme et qui doit rejoindre un jour Maniwaki, est terminé depuis plus d’une année jusqu’à la chute aux Iroquois sur la Rouge. Il a des stations aux villages de Sainte-Agathe, de Saint- Faustin, de Saint-Jovite et de Labelle.

La paroisse de Sainte-Agathe, canton de Beresford, est coupée par la ligne de division des diocèses de Montréal et d'Ottawa, mais vu que le village se trouve dans le district d'Ottawa, elle est considérée, depuis 1889, comme appartenant complètement à ce dernier diocèse.

Le premier colon de Sainte-Agathe vit encore ; il s'établit dans le pays en 1849. Lui et ses compagnons allèrent d'abord à Sainte-Adèle pour l'accomplissement de leurs devoirs religieux ; puis le curé de cette paroisse, voyant la population grandir, érigea Sainte-Agathe en mission qu'il visita de temps en temps, surtout à l'époque des pâques. *

C'est en 1858, paraît-il, (on n'a point de date certaine, les archives ayant péri dans un incendie) que fut bénite la première chapelle, laquelle n'était autre chose que l'étage supérieur du

peu vagues par suite de la destruction des archives paroissiales, Nous avouons d'ailleurs que pour presque toutes les paroisses du nord, nous sommes dans la plus grande pénurie de documents,

Le premier curé résidant à Sainte-Agathe fut le Rév. Joseph Richot, actuellement missionnaire au Manitoba. Sa nomination date du 7 juin 1861, et son installation, du 19 du même mois. Il fut remplacé à Sainte-Agathe par le Rév. Antoine Giguère, le 12 mai de l’année suivante, 1862.

Le terrain de la fabrique, trente arpents, fui donné à la corporation épiscopale de Montréal, le 29 avril 1861, par le docteur Luc E. Larocque, frère de Mgr. Joseph Larocque, alors coadjuteur de Montréal.

Il est situé, comme le village, d’ailleurs, en amphithéâtre sur le bord du grand lac des Sables, dans ie troisième rang de Beresford. C'est le point culminant de la chaîne des Laurentides et l'aspect en est enchanteur.

L'église actuelle qui est en bois et richement décorée à l’intérieur, mesure cent vingt pieds de longueur sur cinquante et un de largeur. Elle fut construite du temps de M. Giguère, et bénite, probablement en 1864. L'’évêque de Montréal contribua à sa construction pour la somme de $750.

A cette même époque, le 6 mai 1863, une première cloche de 400 livres fut bénite. Elle sert aujourd'hui, l'hiver, lorsqu'on dit la messe dans la sacristie. M, Giguère érigea également les premières stations du chemin de la croix. ‘

La paroisse de Sainte-Agathe appartient à l'ancienne colonisation, Pendant une dizaine d'années, jusqu’en 1878, le curé de Sainte-Agathe était chargé des colons qu'établissait à l’ouest le curé Labelle, A cette époque un desservant ayant été noïnmé à Saint-Jovite, Sainte-Agathe fut délivrée du soin de ses inissions,

C'était déjà une paroisse florissante, Dès 1#66 le nombre annuel des baptêmes montait à la centaine.

M. Giguère quitta Sainte-Agathe le 14 novembre 1867. Il est mort curé de Saint-Etienne de Beauharnois.

Son successeur arriva huit jours plus tard (22 novembre 1869). C'était le Rév. Maxime Leblanc, actuellement curé de Saint- Martin, Ile Jésus.

C'est sous l'administration de M. Leblanc qu'eut lieu l'érection canonique et civile de la paroisse (4 mars et 17 août 1875). Le

décret ‘‘ Tametsi ” établissant l’empêchement dirimant de clandestinité y est donc promulgué et a force de loi.

Le chemin de croix ayant été changé de place, fut bénit de nouveau sous l'administration de ce prêtre. Le Rév. Théophile Thibodeau remplaça M. Lebianc à Sainte-Agathe le 29 septembre 1882. Il y demeura jusqu’au 31 octobre 1882. Ce fut son premier séjour.

Il eut pour successeur le Rév. F, Zotique Allard, actuellement curé au diocèse de Valleyfield ; et au départ de M. Allard, (8 février 1885, il revint prendre possession du poste de Sainte- Agathe, qu'il ne devait plus quitter jusqu’à sa mort.

La mort de M. Thibodeau eut lieu en effet, peu après, et dans les circonstances les plus dramatiques.

Le feu prit au presbytère qui devint la proie des flammes. avec les archives de la paroisse et le mobilier. L’'infortuné curé reçut dans cette catastrophe d’affreuses brûlures dont il mourut quelques jours après, (16 avril 1888.)

On inhuma son corps dans l'église, sous la balustrade, du côté de l’évangile.

C’est sous l'administration de M. Thibodeau que furent bénite

‘deux cloches, l’une de mille vingt-cinq livres et l’autre de sept

cents. La dernière fut félée en 18g1ï, et remplacée, l’année suivante, par une nouvelle du même poids, que Mgr. Duhamel, en cours de visite pastorale, bénit le 24 juillet 1892.

Le Rév. Ambroise Romuald Hétu succéda à M. Thibodeau, le 2 mai 1888, mais ayant été nommé, un an après, curé de Sainte- Scholastique (29 septembre 1889) il fut remplacé à Saint-Agathe par le Rév. Stan. Albert Moreau, prêtre du diocèse de Montréal.

A cette époque la paroisse de Sainte-Agathe n'appartenait plus au diocèse de Montréal. Par décret de la S. C. de la propagande, elle avait été dévolue (31 janvier 1889) au diocèse d'Ottawa. Le Rév. M. Moreau en fut le premier prêtre nommé par Mgr. Duhamel.

On doit à M. Hétu la construction du nouveau presbytère, qui coûta la somme de $2,600, et qui nous a paru fort beau. Nous

trouvons dans une note de visite pastorale, une parole de regret pour le départ de M. Hétu, qui s'était montré le digne remplaçant de M. Thibodeau, et la mention d’un legs que ce dernier, en mourant avait fait à la paroisse.

M. Moreau érigea, 16 novembre 1890, les stations du chemin de croix de la sacristie, et introduisit dans la paroisse (sept. 1894) les excellentes religieuses de la Sagesse qui y dirigent l’école du village et ont fondé un pensionnat florissant. Cet établissement occupe six religieuses.

Sainte-Agathe a pris dans ces dernières années une grande extension, Son territoire, de plus de douze lieues en superficie, est bien peuplé ; de plus, la beauté” du site, la fraîcheur du climat, car le village se trouve à une altitude de mille pieds, l’abondance des lacs poissonneux —on en compte vingt-sept—en font une délicieuse place d'été pour les bourgeois de Montréal qui commencent à s’y rendre chaque année en grand nombre.

Le village ne tardera point à éprouver un bénéfice matériel de cette manne d’un nouveau genre, pourvu que son conseil municipal sache entreprendre les travaux et les embellissements nécessaires.

Quant à l'effet moral, il est plus problématique. C'était pour l’assurer que le Rév. M. Moreau avait jugé opportun, dans ces dernières années, d’avoir un vicaire.

Voici les noms des jeunes prêtres qui se sont succédés à Sainte-Agathe en cette qualité :

RR. J. Hercule Touchette, du 2 août au rer octobre 18094.

J.-B. Bernard Routhier, de juin 1895.

J. H. Levac, du rer juillet au rer novembre 1895. Jos. Arthur Carrière, du 30 mai au 28 septembre 1896.

Le 29 septembre 1896, M. Moreau a été transféré à la cure de Sainte-Anne d'Ottawa. Son successeur à Sainte-Agathe est M. Corbeil, curé de Saint-Faustin.

Il existe dans la paroisse plusieurs sociétés ou confréries dont voici les noms :

Scapulaire du Mont-Carmel.

Très-Saint-Rosaire, érigé le 9 février 1890.

L'Union de prières et de bonnes œuvres, le 2 septembre 1891. La société de tempérance.

Plusieurs retraites ou missions ont été données à Sainte- Agathe, comme suit :

Deux, sous l’administration des RR. MM. Allard et Thibodeau, par les PP. Lacasse et Lecomte, de la congrégation des oblats.

Une troisième en 1893, par les PP. Lecomte et Prétot, de la même congrégation.

On compte actuellement sept écoles, fondées successivement en 1864, 1866, 1871, 1873, 1878 et 1801.

L'école du village est dirigée par les filles de la Sagesse, qui ont ouvert également un pensionnat.

La florissante paroisse de Sainte-Agathe des Monts possède 329 familles, toutes canadiennes et catholiques. Une famille anglaise et protestante s'y est établie récemment.

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