COMTÉ D'OTTAWA.—LA CONCEPTION (CANTON DE CLYDE
La Conception ou plutôt l’Immaculée Conception de Clyde, a été, jusque dans ces derniers temps, une mission de la Nativité de Labelle. Située dans l’admirable vallée de la Rouge encore presque encore presque entièrement couverte de forêts, l'église est bâtie sur la rive occidentale à la tête d’un beau pont de 284 pieds construit en 1882,
La population de cette mission comptalt déjà 400 âmes en 1884. Depuis 1882, les Pères jésuites de Labelle la visitaient. Le premier acte que nous trouvons dans les registres est celui de la sépulture de Rosalie Lacroix daté du 3 octobre 1482 et signé du Père Jean Raynel. C’est ce religieux sans doute qui construisit la première chapelle et qui érigea le chemin de la croix (3 avril 1883).
Le Père Raynel eut pour successeur le Père Leblanc (2 septembre 1883;. A cette même époque, Mgr. Duhamel fit à la Conception sa première visite pastorale. Il choisit pour emplacement définitif de la nouvelle église à bâtir un terrain de quatre arpents donné par M. Pilon, près des lots appartenant à la corporation épiscopale.
La corporation épiscopale, en effet, a eu soin, dans toutes ces nouvelles missions, d'acquérir des terres qui, un jour, pourront devenir d'un précieux secours à la fabrique. La terre de l’église de la Conception comprend 200 arpents.
Dans une nouvelle visite, en juin 1886, monseigneur constata de nouveau que la chapelle primitive était devenue trop petite et trop délabrée.
Les PP, jésuites ayant abandonné, le 10 février 1887, la mission, elle fut confiée temporairement aux soins du Rév. M. Ouimet, curé de Saint-Jovite, jusqu’à l'arrivée à Labelle d’un prêtre séculier, du 10 février au 13 juillet 1887.
A cette dernière date, un jeune prêtre du diocèse, le Rév. Michel Boisseau, fut nommé missionnaire de Labelle et de la Conception. Il fit de la Conception sa résidence ordinaire.
Mgr. Duhamel fit une troisième visite à la Conception en septembre 1888. Dans sa note pastorale il nous apprend que la
société de colonisation de Montréal venait de verser la somme de $500 pour la constructiou d’une église neuve.
Le 28 septembre 1891, le Rév. M. Michel Boisseau, ayant été nommé curé de Billing’s Bridge, fut remplacé à Labelle par le vicaire de Saint-Eugène. M. Cyrille Deslauriers.
M. Deslauriers continua à administrer les deux missions qu’il visitait et dans lesquelles il demeurait alternativement jusqu'au 1er décembre 1894. A cette époque, monseigneur, voyant la population accroître, jugea le moment venu de séparer la Conception de Labelle, et donna à M. Deslauriers le choix entre les deux églises. M. Deslauriers opta pour la Conception et céda Labelle au vicaire de Papineauville, le Rév. Aug. Desjardins.
La paroisse ne possédait à cette époque (1895) qu'une pauvre et petite chapelle, et M. Deslauriers se préparait à construire un presbytère dans le courant de l’année.
La Conception quoique encore incapable de soutenir un prêtre est en voie de prospérité ; elle compte 84 familles catholiques, toutes canadiennes, moins deux.
Le Rév. M. Deslauriers n’est plus à la Conception. Le 29 septembre 1895, en effet, il a permuté avec le Rév. M. Legendre, curé de Sainte-Philomène de Montcerf.
LA NATIVITÉ DE LABELLE (AUTREFOIS LA CHUTE AUX IROQUOIS, CANTON DE JOLY).
La paroisse de Labelle, à 15 milles de Saint-Jovite, ne porte ce nom que depuis la mort du grand apôtre de la colonisation, fondateur de ce pays. Le village s'appelait auparavant la Chûteaux-Iroquois, à cause de la fameuse cascade de la rivière Rouge sur lequel il est bâti. Rien n'est beau comme cette chûte capricieuse et puissante qui tombe de treize pieds et bouillonne à travers les rochers jusqu’à ce qu’elle aille se perdre dans la profondeur d’un large bassin. Un pont magnifique la franchit, des moulins l'utilisent, et tout fait prévoir que, dans un prochain avenir, le petit village de Labelle prendra de l'importance.
Le premier missionnaire résidant à Labelle fut le Rév. M. Laporte du diocèse de Montréal, le 29 octobre 1880.
Après lui vinrent les PP. jésuites, lesquels en même temps qu'ils prirent la mission du Nominingue, se chargèrent temporairement de celle Labelle, en juin 1882. Les PP. Jean Raynel, curé, et Victor Hudon, assistant, desservirent donc la paroisse de Labelle et fondèrent la mission de la Conception.
Cette même année, 1882, la chapelle fut bâtie avec les subsides de la société de colonisation de Montréal. C’est l'étage supécieur d’une grande mais pauvre bâtisse, dont le rez-de-chaussée sert de presbytère. Toutes les chapelles de la région ont été construites sur le même plan, imaginé par le curé Labelle, dans la pensée que, plus tard, ces constructions pourraient être transformées en presbytère. Mgr. Duhamel, de son côté, a toujours eu soin d'acquérir pour l’église un lot de terre considérable, en prévision de l’avenir. Celui de Labelle comprend deux cents arpents.
Les PP. Raynel et Hudon furent remplacés, août 1883, par le Rév. Louis Leblanc, de la même compagnie, lequel demeura à Labelle jusqu’au 10 février 1887. A cette époque la compagnie le rappela, faisant prévoir sa détermination finale d’abandonner le Nominingue. Le Rév. M. Ouimet, de Saint-Jovite, fut donc chargé par intérim de veiller sur les deux missions, jusqu’à l’arrivée du nouveau curé, M. Michel Boisseau, 13 juillet 1887.
M. Boisseau avait deux résidences, aussi pauvres, d’ailleurs, l'une que l’autre, et il avait coutume de demeurer, pendant quelques jours, dans l’église où ils avait célébré les saints, offices ; mais sa résidence réelle fut la Conception.
Lorsqu'il fut nommé, 28 septembre 1891, curé de Billing’s Bridge, son successeur, le Rév. Cyrille Deslauriers ayant opté pour la Conception, le Rév. M, Aug. Desjardins, vicaire de Papineauville, fut nommé au poste de Labelle, 17 novembre.
Ce prêtre vient de permuter, 2 septembre 1896, avec le Rév. Mr. Proulx, missionnaire des postes de la Lièvre supérieur et de la Kiamika, C'est M. Proulx qui administre actuellement la paroisse de Labelle.
Une école a été fondée à Labelle en 1883.
Depuis l'arrivée du chemin de fer au village tout progresse rapidement. La plupart des colons arrivent des vieilles paroisses
environnantes, Saint-Jérôme, Sainte-Thérèse, Sainte-Scholastique, Sainte-Anne des Plaines, et quelques-uns de Montréal. *
On comptait déjà, en 1895, à la Nativité de Labelle, 88 tamilles, toutes catholiques et canadiennes.