ÉGLISE DE SAINT-FRANÇOIS D'ASSISE DE HINTONBURGH
Le 1er juillet 1890, deux Pères capucins de la province de Toulouse descendaient à l'archevêché d'Ottawa. Ces deux religieux, les RR. PP. Ladislas de Paris, et Alexis de Barbezieux, venaient au Canada avec la mission de fonder un couvent de leur Ordre pouvant servir de refuge aux jeunes religieux de leur province qu’allaient atteindre les nouvelles lois militaires françaises. Reçus avec bonté de Mgr. l'archevêque ïls présentèrent leur requête, laquelle fut favorablement accueillie, À la condition qu'ils accepteraient la charge d’une paroisse.
Les RR. PP. dominicains, ayant appris leur arrivée et l'objet de leur mission, leur témoignèrent des sentiments de charité qui,
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pour être de règle dans l’histoire des deux ordres frères, n’en sont pas moins admirables. Ils leur offrirent spontanément une partie de leur paroisse, les villages suburbains de Mechanicsville, de Manchesterville et de Hintonburgh, c’est-à-dire tous les canadiens à l’ouest des limites de la cité.
Cette offre fut agrée avec joie par Mgr. Duhamel, et acceptée avec gratitude par les PP. capucins. Dès ce jour (août 1890) on peut dire que la nouvelle paroisse de Saint-François d’Assise de
L Hintoñburgh était fondée,
Monseigneur acquit de M. G. H. Perley, un terrain de douze arpents sur le Richmond Road, au prix de $12,000, dont il détacha quatre arpents pour l’église et le couvent des capucins, puis on commença les travaux.
L'architecte choisi, fut M. Jude Routhier, et l'entrepreneur, ]J--B. Bélanger. Les travaux, commencés en octobre 1890, furent poussés avec tant de vigueur, que dès le rer mars 18017, l’église put être solennellement bénite par monseigneur et livrée au culte. C'était une construction de 120 pieds sur 50, en bois lambrissée en briques, avec soubassement de pierre, comme devait être tout le reste du couvent.
Dès le mois d'octobre 1890, une colonie de jeunes religieux, au nombre de huit, était arrivée de France, et s'était logée, tant bien que mal, dans le vieil hospice de femmes, bâti jadis sur la rue Saint-Patrice, par le Rév. Père Molloy.
Le 24 décembre 1890, le Rév. Père Pacifique de Valigny était venu rejoindre ses deux compagnons.
Ce fut une grande joie pour la communauté naissante lorsque, à partir du 1er mars 1891, elle eut enfin une demeure et put reprendre ses exercices réguliers.
Dans les mois suivants, d'autres prêtres, les FP. Alphonse de Pia et Moïse de Châtillon, le 6 juin 1891 ; le Très Rév. Père Louis Marie de Lombez, premier gardien ; le 6 juillet et le Père Patrice de Poitiers, le 16 juillet, arrivèrent, amenant avec eux un certain nombre d'étudiants.
Il fallut, dès lors, songer à poursuivre la construction du couvent qui n’était encore qu'ébauché,
Dans le courant de l'été 1897, l’aile qui constitue la façade du monastère fut bâtie par l’entrepreneur F.-X. Clermont. En juillet de l’année suivante (1892) on continua les travaux, qui furent confiés à l'entrepreneur C. Charlebois. La grande aile latérale, parrallèle à l’église, fut élevée, et la bâtisse du fond fut prolongée, de manière à former un vaste quadrilatère.
II manquait encore un sanctuaire à l’église et un chœur pour les religieux ; on les construisit dans l'été de 1894.
Enfin, en 1895-06, l’église fut complétement transformée à l’intérieur et décorée avec autant d'élégance qu’en peut comporter la pauvreté dont l’ordre fait profession. Les dépenses se sont élevées à $6,000 pour le terrain, $10,000 pour l’église et $13,000 pour le couvent, soit un total de $29,000.
Dane le courant de 1892, trois autres prêtres arrivèrent de France : les RR. PP. Sylvestre de Saléchan, Victor de Sentein (14 septembre) et Cassien de Montbrun (4 octobre). L'année suivante ce fut le tour du Père Bonaventure de Narbonne (19 septembre 1893) et le 9 juillet 1894, celui du Très Rév. Père Léonard de Saint-Pé.
Enfin, en 1896, les Pères capucins commencèrent à recueillir les premiers fruits de leurs peines dans l'ordination sacerdotale de quatre de leurs jeunes étudiants, les frères Maurice de Buzan, Sébastien de Beaumont, Albert de Pisani (6 avril 1896) et Candide de Nant (26 juillet 1806).
Plusieurs d’entre eux n’habitent plus au couvent d'Ottawa : les Pères Ladislas, Alphonse, Sylvestre sont rentrés en France ; les Pères Pacifique, Bonaventure, Cassien et Albert ont pris possession de la mission des sauvages Micmacs de Sainte-Anne de Restigouche, au diocèse de Rimouski.
Les Pères capucins, gens simples, amis des pauvres, sont devenus, dès leur arrivée, fort populaires et également goutés des laïques et du clergé ; ils donnent beaucoup de missions ; leur règle, qui surprit d’abord, n'étonne plus personne. Qu'il soit permis à l’un d’entre eux de remercier ici publiquement les fidèles, Ils étaient sûrs d'ailleurs de trouver un bon accueil au Canada où le souvenir des premiers récollets n’est point effacé.
Le couvent d'Ottawa est un couvent d’études, un scolasticat , on y compte déjà une quarantaine de religieux dont la plupart sont des jeunes gens se préparant à la prêtrise.
Quoique le Rév, Père gardien ait en même temps, pour le bon ordre, le titre de curé, c'est le Rév. Père Moïse de Châtillon, vicaire, qui est réellement chargé de l’administration de la paroisse depuis le mois de juin 1891. La cloche de la paroisse fut bénite le 30 août 1891 par Mgr. Brennan, évêque de Dallas. Le chemin de la croix actuel a été érigé aux frais de plusieurs généreux fidèles et bénit par Mgr. l’archevêque le 21 août 1896.
On compte déjà à Saint-François d'Assise plusieurs confréries ou sociétés :
Le Tiers-Ordre, fondé le 25 août 1891.
Les Enfants de Marie, (21 janvier 1895.
La congrégation pour les petites filles dite de Notre-Dame des Anges, fondée en avril 1895.
La société de Saint-Antoine de Padoue pour les jeunes gens, (octobre 1894.
La société de Saint-Louis de Toulouse pour les jeunes garçons (juin 1895).
Une branche des Forestiers catholiques.
Le Pain des pauvres (22 avril 1896).
Des retraites sont prêchées tous les ans pendant le carême.
Deux écoles existent à Saint-François d'Assise, l’une à Mechanicsville, fondée en janvier 1886, l’autre à Hintonburgh, commune aux deux paroisses de Saint-François et de Sainte-Marie, fondée en 1894 et établie, depuis le mois de septembre 1896, dans une belle maison construite à cet effet.
La petite paroisse de Saint-François ne compte encore que deux cents familles canadiennes, mais on espère que l'extension des tramways électriques qui la traversent actuellement et le mouvement prononcé vers l’ouest que manifestent toutes les villes américaines, ne tarderont point à grossir le nombre de ses habitants.