TARDE
Ferrando en collaboration avec Mile Chenavier et Cormier (13) remarquèrent qu'une baisse du taux butyreux provoquée par l'huile de foie de morue s'accompagne d'une chute du taux de tocophérol sanguin.
Une observation identique est également faite par Whiting et ses collaborateurs [43]. Ferrando (11) avait été conduit à effectuer ces essais sur la vache laitière à la suite de recherches au cours desquelles dans d'autres espèces animales cette action antivitamine E de l'huile de foie de morue avait été précisée.
L'ensemble de ces études peut conduire à penser, selon l'opinion de cet auteur, qu'il existe peut-être un rapport entre la vitamine E et les acides gras insaturés en C7 et C7 de la ration et que, chez la vache laitière, le tocophérol pourrait peut-être avoir une heureuse influence sur le taux butyreux du lait produit. En effet, puisqu'un antagoniste de cette vitamine E abaisse son taux sanguin ainsi que le taux butyreux du lait, un supplément de tocophérol pourrait très bien avoir l'effet inverse.
Le problème est d'importance, car les méthodes industrielles mises actuellement en pratique pour extraire les huiles de graines oléagineuses aboutissent souvent à l'obtention de tourteaux assez fortement délipidés. Ferrando [12], en 1950, au cours des Journées Scientifiques du lait, fit un rapport dans lequel il posait, à propos de ces méthodes industrielles, la question de l'influence de la disparition des graisses et des substances liposolubles sur la lactation. En parlant de substances liposolubles il pensait aux tocophérols qui pourraient avoir une action favorable sur la production laitière et dont la disparition dans les tourteaux trop délipidés pourrait être néfaste à plusieurs points de vue.
La quantité de tocophérols contenus dans ces aliments est mal connue. Ferrando et Mlle Chenavier {12] avaient trouvé le chiffre de 42 mg. pour cent dans le tourteau de germe de maïs. Curtin (5) trouve 22,10 mg. par livre anglaise de tourteau de coton.
Morrison indique. 16,6 mg. par livre anglaise de graine de soja.
À notre connaissance, il n'y à pas d'autres données sur cette question. Cependant, à cause des conséquences ‘économiques qu'elle risque d'avoir, la chose mériterait d'être approfondie.
Voici donc les raisons qui nous ont conduits à entreprendre dans
une première série d'expériences l'étude des relations pouvant exister entre la vitamine E et la production laitière. ;
dé 25 sé
RDA
Nous avons abordé le problème par l'extérieur, en nous plaçant dans les conditions pratiques.
Il. — Etude expérimentale et discussion
Nous avons étudié pendant cinq mois, sur vingt-huit vaches laitières réparties en quatre exploitations et en nous plaçant dans des conditions économiques, l'influence que l'addition de tocophérol distribué sous la forme d'huile de germes de maïs contenant |,5 mg. de tocophérol au gramme, pouvait avoir sur le taux butyreux du lait produit. Les animaux ont été choisis de facon à composer des groupes aussi homogènes que possible. La ration de base était identique pour chaque vache de chaque exploitation. La quantité de produit distribuée quotidiennement à chaque sujet des groupes recevant la vitamine E représentait 10 mg. de tocophérols naturels. |
Cette quantité est faible vis-à-vis des besoins de la vache laitière. Elle ne représente guère que la valeur du tocophérol se trouvant dans la matière grasse contenue dans 10 à 12 litres de lait, ce qui était la production moyenne de nos animaux d'expérience. Les groupes d'animaux témoins ne recevaient rien ou recevaient 10 gr. d'huile de foie de requin représentant 200.000 U. |. de vitamine À.
Le contrôle laitier et beurrier eut lieu chaque semaine. Le dosage de la matière grasse fut effectué non sur des échantillons de lait proportionnels à la quantité récoltée à chaque traite et
mélangés ensuite, mais sur un échantillon provenant de la traite du
soir et un autre de la traite du matin. Les résultats obtenus sont résumés dans les tableaux |, Il, Ill et IV.
ÉDNDA et