‹ Vitamine E et Production LaitièreChapitre 18 sur 26 · LE PORTES · texte numérisé non relu

LE PORTES

Il apparaît que ce supplément très faible de tocophérol distribué à nos animaux d'expérience entraîne des résultats divers. Ceux-ci sont négatifs chez les animaux des deuxième et troisième exploitations (Tableaux Il et Ill). Chez les vaches de la première exploitation {Tableau |} l'influence se fait sentir à la deuxième période et se précise singulièrement au cours de la troisième période, au moment où la dose d'huile de germes de maïs est triplée. | faut cependant remarquer que chez les Vaches du groupe Il, un supplément d'huile de foie de requin paraît avoir eu de son côté un effet favorable. Peut-être cet effet est-il dû aux relations existant entre les vitamines A et E ?

Un résultat également positif s'observe sur les animaux de la quatrième exploitation (Tableau IV). C'est surtout sur les sujets du groupe |, au moment où le supplément d'huile de foie de requin est remplacé par le supplément d'huile de germes de maïs, que l'influence se fait sentir. Pour les animaux du groupe Il elle apparaît également au cours de la deuxième période mais se continuant après la suppression de la vitamine E, nous estimons qu'on ne doit pas considérer cette action comme réelle.

En somme, nous rencontrons, groupés dans une même série expérimentale, des résultats à la fois positifs et négatifs comme en obtinrent, au cours d'expériences différentes, plusieurs groupes

de chercheurs travaillant séparément et dont nous parlons plus haut.

Etant donné ce que nous savons sur les circonstances multiples qui peuvent influencer le taux butyreux du lait produit, cela ne nous étonne pas. || faudrait pouvoir étudier l'influence du tocophérol pendant plusieurs lactations. Mais ce n'est pas tout.

Suivant les élevages, suivant les individus, il y a une vériation importante du taux du tocophérol sanquin. Ferrando et collaborateurs (13) avaient trouvé chez des vaches, pendant la stabulation hivernale, des chiffres voisins de 200 à 250 7 et s'abaissant aux environs de 100-150 7 sous l'influence de l'huile de foie de morue. Ils avaient observé à ce moment, qu'un supplément de vitamine E accélérait la restauration des taux normaux du tocophérol sanguin et de la matière grasse du lait. Cette restauration se faisait plus lentement chez les vaches ne recevant aucun supplément de vitamine E. Cependant, des résultats semblables ne se dégagent pas

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des expériences rapportées par Loosli (23). || est vrai qu'au cours de ces expériences, l'huile de foie de morue et le tocophérol sont, à l'inverse de ce que nous faisions, administrés en même temps. De plus, au cours de ces essais le taux sanguin moyen du tocophérol ne descend pas au-dessous de 472 y % quand on donne un supplément d'huile de foie de morue dont l'influence se fait pourtant sentir défavorablement sur le taux butyreux du lait. Ces deux séries d'observations contradictoires nous conduisent à penser qu'il existe peut-être des différences de sensibilité d'une race à l'autre et d'un individu à l'autre (voir Tableau Ill}. On pourrait aussi supposer que, plus l'organisme est appauvri en tocophérol, plus il réagit fortement dans son ensemble, quand un supplément de ce produit est ajouté à la ration.

Il serait donc intéressant d'étudier la capacité de réaction de nombreuses vaches laitières de races différentes à un supplément de vitamine E en mesurant la rapidité de l'influence de celui-ci sur leur taux sanguin de tocophérol et en même temps sur le taux butyreux de leur lait. Certaines relations, certains rapports pourraient peut-être aider à entrevoir le pourquoi de l'aptitude beurrière et à aider la sélection dans ce sens.

Bien que dans un travail paru en décembre 1952, Krukowsky et Loosli (40) estiment qu'il ne saurait y avoir de relations entre le taux butyreux et la vitamine E, il n'est pas actuellement démontré que le tocophérol puisse avoir une influence quelconque sur l'augmentation du taux butyreux du lait sécrété. Comme celles des auteurs américains, les expériences rapportées ici, au cours desquelles de faibles suppléments de vitamine E furent distribués à des vaches laitières, font apparaître, suivant les élevages où elles furent accomplies, des façons de réagir tellement diverses et même opposées, que nous pouvons simplement affirmer que le problème de l'action de la vitamine E sur le taux butyreux du lait reste entier et apparaît comme très délicat à résoudre étant données les multiples influences qui agissent sur ce taux butyreux.

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