INTRODUCTION
Le clinicien est souvent étonné, lorsque des indications nouvelles, sans rapport immédiat avec les indications primitives, sont mises en évidence à propos de différentes substances.
Les vitamines ont bien cette particularité, mais il n'y a là rien qui puisse nous surprendre. Elles ne sont pas des éléments à tout faire, mais elles peuvent néanmoins, faire beaucoup. Il ne faut pas oublier d'autre part que leur étude est encore en pleine évolution. En effet, l'étude des maladies par carence a souvent trop attiré l'attention vers un syndrome type, modifiable à volonté par l'adjonction ou la suppression du facteur en cause, cependant, pour chaque vitamine, il est quantité d'actions secondaires, qui sont mises en évidence peu à peu.
Le cas de la vitamine E illustre cette proposition.
Elle avait pris au moment de sa découverte le nom très précis de vitamine antistérilité ou encore de facteur de fécondité. « Or, écrit Ferrando {15}, cette dénomination qu'on lui donnait autrefois et qu'on lui donne encore souvent entraîne de regrettables confusions, lorsque, étudiant sa carence, on généralise à d'autres espèces, certaines manifestations primitivement étudiées chez le rat.
En effet, si la carence en vitamine E provoque des lésions souvent irréversibles de l'appareil génital, ces manifestations sont loin d'être toujours de règle chez nos animaux domestiques. L'expérimentation a été pratiquée chez le rat et l'on s'est peut-être trop hâté de conclure que les mêmes manifestations devaient se rencontrer chez nos grandes espèces » (15).
Mattill (28) émet également une opinion semblable.
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Dans cette thèse, nous négligerons systématiquement le rôle que peut jouer la vitamine E dans les phénomènes de reproduction, nous nous bornerons uniquement à étudier les relations existant entre ce facteur et la production laitière, relations qui, depuis quelques années, prennent un intérêt sans cesse croissant.
Après avoir brièvement étudié certaines propriétés de la vitamine E en insistant particulièrement sur les possibilités nouvelles qu'elles laissent entrevoir, nous consacrerons la première partie de ce travail aux relations qui peuvent exister entre la vitamine E et la production laitière, tandis que, dans une seconde partie, nous essaierons brièvement d'examiner l'influence du tocophérol sur la conservation des produits laitiers.
Nous aurions aimé approfondir cette dernière question, mais le manque de temps et de moyens nous a seulement permis de soulever le problème. Une fois de plus nous regretterons avec certains de nos maîtres que, dans un pays agricole comme la France, les laboratoires de Zootechnie ne disposent pas des importants moyens de travail qu'ils devraient avoir.
C'est sur les conseils de M. l'Agrégé Ferrando que nous avons entrepris cette étude. Ses conseils nous quidèrent au cours d'une expérimentation facilitée par les moyens qu'il avait grâce à l'Institut National de la Recherche Agronomique et qu'il mit aimablement à notre disposition.