‹ Vitraux de Bourges; vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges;Chapitre 14 sur 70 · LE BON SAMARITAIN · texte numérisé non relu

LE BON SAMARITAIN

PLANCHE IIL

Les peintres-verriers du moyen-äge n'étaient pas seulement des

ouvriers fort habiles dans leur art, mais en même temps, de savants

interprètes des Saintes Écritures dont les instruisaient sans doute des … prêtres et des docteurs. Dans le vitrail du bon Samaritain, on est émer-

veillé de retrouver en images les pieux enseignements d’une haute théologie. Déjà, prise à la lettre, la parabole évangélique serait d'un touchant caractère, mais en s’élevant plus haut, elle revêt la sublimité d’une synthèse des origines et des destinées de l’humanité. Toutes les phases de cette histoire, dont chacun de nous fait partie, vont se dérouler à nos yeux sous le pinceau de l’artiste.

Après avoir reconnu les donateurs du vitrail dans les deux tisserands

. qui font jouer la navette sur une large trame; nous porterons nos

regards sur le médaillon du sommet, parce que, contrairement au

mode adopté pour tous les autres, on en doit commencer la lecture par le haut.

Tous les médaillons, rangés dans le centre en ligne verticale, retracent les circonstances de la parabole évangélique.

(1) Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Enseignement mystique, dès cette première parole descendait, c’est-à-dire, commençait à

perdre les prérogatives de sa dignité. Sous l’image de ce voyageur,

. sortant de Jérusalem, la ville sainte, pour aller à Jéricho, ville maudite, . c’est le premier homme, sortant du paradis terrestre, pour s’en aller sur la terre maudite à cause de son péché. Le malheureux porte sur son dos le fardeau de son crime, appuyant sur un bâton sa marche pénible. 1l est sorti par une porte surbaissée qui se referme, comme

restera fermée la porte de la Synagogue, tandis qu’une autre porte plus

élevée, ornée d’un tympan, surmontée d’une croix, la croix du Calvaire, qui conduira les élus dans la Jérusalem céleste, reste jusqu’au . dernier jour ouverte par la Rédemption.

(2 et 3) I tombe entre les maïns des voleurs qui le dépouillent de ses vête-

ments, le chargent de coups et le laissent à demi-mort. L'ordre de la para-

A0 ES bole est interverti dans le vitrail qui reproduit la scène des coups avant celle da dépouillement. Dans l’une et dans l’autre voilà bien l'homme

déchu que les démons ont fait tomber dans le péché, et qu'ils dépouil- u

lent des vêtements de son innocence. Devenu leur esclave, ils le traitent

avec la fureur de maîtres impitoyables.

(4) Le misérable, tout meurtri, reste appuyé contre le tronc d'un arbre. Or il arriva qu'un prêtre descendant par le même chemin le vit ei

passa outre. De même un lévite, se trouvant prés de là, le vil et passa:

Dans l’ancienne loi, le prêtre et le lévite remplissaient sans doute un ministère sacré qui naturellement ouvre les âmes à de nobles senti= ments. Pourquoi donc passent-ils indifférents ? Uniquement parce qu'ils n’ont pas le pouvoir de guérir les plaies de l’âme causées par le péché, pouvoir réservé aux prêtres de la loi nouvelle, en vertu des mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ.

(5) Mais un Samaritain qu’un voyage conduisait par là, fut ému de

compassion ; il S’approcha, banda ses plaies, y répandant l'huile et lewin, et le placant sur sa monture, il le conduisit à l'hôtellerie où àl prit soin de lui.

Le peintre a réuni toutes ces circonstances dans le même tableau: Les pharisiens et les docteurs de la loi donnaient, par mépris, au divin Sauveur l’odieux surnom de Samaritain. Voilà pourquoi Jésus-Christ, malignement interrogé par l’un d'eux, voulut lui faire connaitre sa divine mission, en se représentant lui-même, dans la personne d'un charitable Samaritain.

Nous reviendrons, avec plus de détails sur le symbolisme de ce dernier trait, quand nous aurons suivi les grands demi-médaillons de la bordure, à droite et à gauche, qui servent de commentaire historique

à la parabole. Ils ont été partagés en deux sections par une ligne hors

zontale afin de multiplier les différentes scènes dont ils sont le sujet: On y voit ce que Dieu fit pour l'homme, même avant sa création, dans le palais merveilleux préparé pour le recevoir (D) : les anges qui, dans le plan divin, seront les médiateurs entre le ciel et la terre, la créature et son créateur ; (G) le ciel, avec tous ses astres, le soleil qui doit présider au jour, la lune ornement des nuits, les étoiles sans nombrequi chanteront la gloire du Très-Haut, en mettant sur les lèvres de l'homme les paroles de la louange et de l'admiration. (D) Tout étant préparé pour son noble séjour, l’homme sort du limon de la terre, à la voix de Dieu qui tend vers lui sa main toute-puissante (G), et bientôt cette main paternelle emprunte la première femme à l’une des côtes d'Adam(G): Au milieu des délices du paradis terrestre, le souverain Maître leur défend de toucher au fruit de l'arbre de la science dubienet du mal.(D)En

Le

regardant cette scène dans la cathédrale, on est frappé de la blancheur

la ee ci le reçoit d’une main, et de autre le présente

. (G) Devant Dieu qui les appelle, après celle prévarica-

. rrivent honteux de leur nudité. (D) On ne voit que la tête des animaux que la main de Dieu désigne à l'attention d'Adam

e l'or et des plaisirs. Colliers d’or, anneaux et bracelets, frivoles, dangereux aliments de la vanité, sont apportés, pour formés en LIU, au grand-prêtre Aaron devenu lui-même

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, et, our » expier les crimes de l'hémanité dont elle porte le farce e hair divine se IHIRSE sen à la colonne, ets ‘abandonne

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Jetons encore un regard sur le médaillon central auquel ces deux.

derniers sont accolés. Ce n’est pas sans raison que, dans l'intention de

l'artiste, ils forment un groupe à part. Ils se confondent ensemble, et se complètent mutuellement. Le bon Samaritain verse l'huile et le vin sur les plaies du voyageur, le place sur sa monture, et le conduit dans une” hôtellerie. N'est-ce pas la touchante image de la miséricorde du divin Sauveur qui guérit les plaies du pécheur, par les onctions saintes de l'huile des sacrements ; puis, par le vin eucharistique, changé en son propre sang, réchauffe et fortifie l'âme régénérée du chrétien. Et cette hôtellerie, ouverte au blessé par la charité miséricordieuse du compatissant Samaritain, n'est-ce pas la sainte Église, dispensatrice des grâces de la Rédemption, recevant dans son sein, des bras sacrés de la Croix qui les porte, les âmes meurtries par la main de Satan, et leur prodiguant ses soins avec la tendresse d’une mère.

0 divin Fondateur de l'Église ! O bon Samaritain ! O Jésus ! Soyezen béni à jamais!

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