PLANCHE IV
La confrérie des tanneurs, donatrice de ce vitrail, s’est fait représenter dans les trois médaillons de la base. Les ouvriers de ce métier ràpentles peaux (Get D) tandis que dans la boutique (C) un autre s'occupe de la vente, dont il recoit le prix de la main d’un acheteur. L'ensemble du tableau se compose de deux grands médaillons, séparés par une ligne de trois plus petits.
Deux lignes, en sautoir, partagent en quatre sections les grands médaillons quadrilobés, et portent, inscrit au centre, un petit médaillon de même forme. On en doit, comme toujours, commencer la le:ture par le bas.
Cela dit, suivons, dans le vitrail, la représentation de la parabole évangélique. (C) Gravement assis sur son siège, le père adresse à son jeune fils de paternelles remontrances, accompagnées d’un geste plein de bonté; auquel l’étourdi répond par un geste narquois, lui montrant une pièce de monnaie, pour lui dire : Voilà l’espèce de conseil que je viens vous demander. (G) Le pauvre père a cédé; il a conduit son‘fils dans un riche appartement orné de meubles et de vases précieux, sous de soyeuses tentures. Il lui présente d'une main une bourse pleine d’or, et d’un geste de l’autre main lui recommande de ne pas abuser de ce trésor, non plus que de ceux dont on voit le pan de sa robe chargée. (C) Cependant le fils aîné, en habit de travail lui descendant à peine aux genoux, reste dans les champs, au milieu des bœufs, ses robustes compagnons de labeur. (D) Saisissant contraste avec ce tableau champêtre, le prodigue, en longue robe de fête, s’en va superbement sur un beau cheval, et porte au poing le faucon en usage dans les mœurs seigneuriales ; à côté de lui, marche son valet de pied.
Les lettres B G H D C indiquent les scènes du bas, de la gauche, du haut, de la droite, du centre.
en lui tendant les de à da sa .
ae serviteur abandonne son maitre, Het e:
sont vite ne. les ressources du prodigue. Qu'attend qui na plus do entre les mains? La ee. Cons
de tout, dans l’état 7 plus misérable.
Deuxième grand médaillon. Nous le retrouvons (B) dans côté d'un tonneau, jouant aux dés avec un compagnon Triste passion que le jeu, mais qui peut encore lui faire ouk par de poignantes émotions. Son camarade le traite avec ur cs rain AE il à BU, pour ui un siège Poe et À He
il s’est dit : «Je meléverai et j'irai vers mon père et je lui dirai: Ja contre le Ciel et contre vous; je ne suis pas digne d'èt e à
Qu LE fils ; recevez-moi comme un de vos mercenaires. » A la seule annonce de l’arrivée de son fils, (C) le père ému de tendresse accourt, suivi d’un serviteur portant déployée dans ses mains une robe éclatante, de la plus grande beauté ; il tend les bras à son fils, et se penche vers lui, pour lui donner le baiser de paix et de réconciliation.
Petits médaillons de la ligne supérieure. Toute la maison est en fête. (G) L'un des serviteurs tue le veau gras, par ordre et sous les yeux de son maîlre. (C) Somptueusement dressée, la table du festin se couvre de mets, servis dans des plats d’or. Le père de famille entouré de nombreux convives occupe la place d'honneur, et son fils, à sa droite, appuie doucement la tête sur l'épaule paternelle. Debout, derrière eux, un musicien réjouit l'assemblée par les sons harmonieux que l’archet fait sortir des cordes de la viole. Cependant le fils aîné (D) revient des champs, portant sur l'épaule un instrument de tra vail. Ce bruit de fète inaccoutumé le surprend, et, blessé dans son amour-propre, quandilen apprend le motif, il refuse d'entrer dans la maison, jusqu’à ce que son père vienne l’en supplier tendrement.
Là s'arrête le récit de l'Évangile; le peintre a cru pouvoir se pérmettre d'y ajouter la réconciliation des deux frères, dont il a fait le sujet du demi-médaillon qui couronne, au sommet, toute la scène. Songeait-il, en cela, à l'interprétation théologique que saint Augustin, saint Jérôme et saint Grégoire donnent à cette parabole, dans laquelle ils ont vu le peuple de Dieu figuré par le fils aîné, et les nations idolâtres tombées, comme le prodigue, dans la corruption de tous les désordres, jusqu’à ce que l’action de la grâce, descendue du Calvaire,
- les ramène converties dans la maison paternelle ? Le fils aîné, c'’est-àdire le peupie juif, murmure et se tient à l'écart; mais à la fin des temps, il prendra part au festin commencé sans lui.
N'oublions pas, en terminant, les huit médaillons tout petits, semés dans la mosaïque. La sagacité du Père Cahier croit y découvrir les représentants couronnés des nations infidèles, appelées après leurs désordres au banquet du père de famille. Cette interprétation les fait
entrer dans le sens général de la verrière, dont ils sont en mème temps le coinplément décoratif.