‹ Vitraux de Bourges; vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges;Chapitre 21 sur 70 · PLANCHE VII · texte numérisé non relu

PLANCHE VII

Istam vitram dederunt pellipari: Les pelletiers ont donné cette verrière. Ce sont eux en effet que l'on voit, aux deux grands médaillons de la base, étalant et vendant des fourrures préparées par leurs ouvriers représentés au travail, dans les trois petits médaillons qui suivent. Marchands et acheteurs, en longues robes, ont la dignité qui convient … à ce nécoce. Parmi les fourrures étalées se distingue particulièrement le vair (vulgairement dit petit-gris), sous la figure que le style héraldique lui donne dans le blason. N'oublions pas non plusles deux petites bêtes dont sont ornés les coins de la bordure; elles sont là sans doute, avec leur robe soyeuse, pour l'agrément des pelletiers.

L'ensemble du vitrail, moins gracieux de fenestrage que les autres, et d'une charpente de fer moins savante, se compose de deux lignes verticales de médaillons circulaires, au nombre de six chacune, entrecoupées de lignes horizontales de trois médaillons plus petits, tous de la plus grande richesse de couleurs et d'ornementation.

. Nous avons déjà décrit ceux de la base: nous suivrons les autres selon le rang qu'ils occupent dans le tableau sacré de la Passion. Oublions, en le contemplant, le charme attrayant de l’art. Le divin Sauveur nous demande un regard de tendresse et de compassion, un élan du cœur, une larme, un cri de foi, de reconnaissance et d'amour.

Premier et deuxième grands médaillons. La grande scène commence par l'entrée triomphale de Notre-Seigneurle jour de Pâques fleuries. Rien n’est oublié du récit évangélique, ni l’ânesse et son ânon bondissant, ni la foule enthousiaste élevant des rameaux verts, ni dans le tableau suivant les tapis étendus sous les pas du triomphateur. L’imagination du peintre, non contente d’y ajouter l’'empressement des spectateurs qui grimpent sur les arbres, jette tout à coup un regard prophétique sur les destinées de la sainte Église, et fait se hisser jusqu’au sommet d’une tour un autre spectateur plus hardi, dont la main pose une croix sur le clocher. Symbolisme d’autant plus clair que ce clocher domine l’une

on des deux tours de la façade d’un édifice religieux à dôme central, sous la lampe du sanctuaire lequel annonce la présence de la Sainte Eucharistie.

Ligne des petils médaillons. Le triomphe de Jésus, les acclamations de la foule, les témoignages éclatants de l'affection du peuple n’ont fait que rallumer plus intense la jalousie haineuse dans l'âme des pharisiens. (C) Ils essaient de le surprendre par des questions ins dieuses, afin de trouver quelque motif à de perfides accusations: (G et D) Ils tiennent conseil avec les princes des prêtres, et Judas, qui connait leurs desseins, vient leur offrir de leur livrer son divin Maitre; et recoit de leurs mains le prix de sa trahison.

5e et 6° grands médaillons. (G) Pendant que la haine conspire secrè-… tement dans ses conciliabules, le divin Rédempteur, pressé d'accomplir la grande œuvre du salut des hommes, a réuni ses apôtres dans le Cénacle, et célébré la pâque avec eux. C'est le moment qu'il a choisi pour laisser au monde le plus éclatant témoignage de son immense charité. Comme il a aimé les siens, il les aimera jusqu’à la fin, en leur laissant, dans le sacrement de l’Eucharistie, sa chair sacrée, son sang qu'il va bientôt répandre sur le Calvaire. Judas assiste à ce dernier banquet. Sa hideuse personae causait au peintre tant de dégoût, qu'au lieu de le faire asseoir avec les autres apôtres, il le représente à moitié couché au pied de la table, saisissant d'une main un petit poisson et de l’autre un plus gros que lui tend le divin Sauveur, image mystique du Fils de Dieu, souvent commentée par les saints Pères qui font des lettres du mot grec x» (poisson), l’anagramme mystérieux des noms de Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. ;

Laissons le traître, et reposons nos regards sur le divin Rédempteur. L'amour qui déborde de son cœur vient d’éclater soudain dans une manifestation touchante, en lui faisant enlacer la tête virginale de Jean, son apôtre bien-aimé, et la presser tendrement contre sa poitrine. Aux battements de ce divin cœur, le bienheureux apôtre, amoureusement incliné, entre dans l’extase d’une joie ineffable, et sans doute aussi, dès ce moment, dans les ravissements célestes qui se traduiront un jour en paroles prophétiques déchirant le voile qui cache les mystères des derniers temps et de l'éternité.

Nouveau témoignage de la bonté de Jésus, dans le tableau qui suit (D}: 11 s’abaisse jusqu’à laver les pieds à ses apôtres, et leur montre ainsi qu'une loi générale veut que la grandeur s’abaisse vers les petits et les > humbles, dont elle ne gagne l'affection qu'après leur avoir donné la sienne. Confus de la bonté de son divin Maître, Pierre n’ose le regarder et met la main devant son visage. Les autres inclinent respeclueusement la tête.

daillon A le peintre s’est écarté des données générales de dition : au lieu de nous montrer les bourreaux clouant Notre Sei-

l de cette mème croix. Les bras du gibet, prolongés jusqu'aux du médaillon, servent d’échafaudage à deux hommes qui L avec des clous l’écriteau portant le om et l'accusation du

montant dans la ligne des petits médaillons, nous y rencones traits de la passion antécé lents à celui que nous venons de Ce sont d’abord, au centre, la comparution de Jésus devant

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