‹ Vitraux de Bourges; vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges;Chapitre 26 sur 70 · EF · texte numérisé non relu

EF

L'apôtre parle avec enthousiasme du merveilleux palais qu'il se pro-. pose de construire, lequel n’est autre que le palais des âmes, et le roi. charmé de l'entendre met à sa disposition d'immenses trésors, espérant jouir de ce palais, au retour d’une expédition lointaine, pour laquelle il part à la tète de son armée. Le peintre a traduit le discours de l’apôtre par un petit édifice, qu'il lui met à la main; et les trésors sont figurés par des plats d'or et d'argent dressés sur les rayons d’un meuble. encore en usage dans les ménages de campagne.

Maître de ces richesses, saint Thomas les distribue aux pauvres; comme fondations nécessaires à l'édifice spirituel. Il prêche l'Évangile, et pendant deux ans que dure i'expélition, il convertit quarante millions de païens. A son retour, le roi trompé dans ses espérances entre dans une violente colère, et fait mettre en prison l’apôtre et Abanes, en attendant qu'ils soient écorchés vifs et jetés dans les flammes. Pendant. les apprêts de ces horribles supplices, Gad, frère du roi, meurt subitement. On lui prépare des funérailles magnifiques ; mais voici qu'après quatre jours il revient miraculeusement à la vie. Sa première parole, en revoyant son frère, est celle-ci : «Celui que tu veux faire mourir est un ami de Dieu ; les anges veillent sur lui, et ce sont ces mêmes anges qui m'ont conduit dans le ciel, et m'ont fait admirer un palais étincel= lant d’or et de pierreries. Ce palais, m'ont-ils dit, Thomas l’avait élevé pour ton frère, mais il s’en est rendu indigne ; si tu veux y demeurer, nous prierons Dieu qu'il te ressuscite, afin que tu puisses le racheter de ton frère. » Et quand il eut dit cela, il courut à la prison et pria l'apôtre de pardonner à son frère.

« Mais le roi dit à son frère : « Ge palais est à moi, et l’apôtre t'en « fera un autre, et s’il ne le voulait pas, celui-ci sera commun à toi-et « à moi.» Et l'apôtre, qui était sorti de prison, et qui avait recu les excuses du roi, dit : « Il y a au ciel d'innombrables palais qui sont « apprêtés depuis le commencement du monde, et on les achète au « prix de la foi et de l’aumône. Vos richesses pourront bien aller au- « devant de vous à ce palais, mais elles ne pourront vous y suivre: »

Le lecteur peut facilement reconnaître ce récit dans les sections du troisième grand médaillon et les trois petits qui l'entourent.

La scène de la section supérieure (G) demande une explication, à cause de la présence du roi au milieu d'un groupe d'auditeurs de l'apôtre. La légende dorée la raconte ainsi : « L'apôtre fit assembler les princes de la province, et il commanda que les faibles et les malades fussent séparés des autres, et puis il pria pour eux. Etquand ceux qui étaient instruits répondirent Amen, une grande clarté descendit du ciel, et renversa par terre l’apôtre et les autres, si bien qu'ils se croyaient être frappés de la foudre. Et alors l’apôtre se leva et dit à

| FRS Vous Not: e-Seigneur | est venu comme. la foudre, et il gué ris. » » Et alors ils se levèrent tous en parfaite santé ».

ène représentée dans la section (D) de ce mème médaillon a à D osthat de saint Thomas dans l'Inde Supérieure. La personne Jon voit iuclinée devant l’apôtre et recevant sa bénédiction est princesse du nom de Migdonia, sœur du roi Migdée, devenue

Page 1