SAINTE MARIE-MADELEINE
à es PLANCHE XIII
Le vitrail de sainte Madeleine a subi, comme les deux autres de la même chapelle, les injures de la main des hommes. Des dix lignes de trois petits compartiments chaque, dont il est composé, les deux premières et une partie de la troisième avaient été brisées. On les a rem- É placées de nos jours en même temps que l’on réparait le désordre des 4 transpositions faites dans les tableaux primitifs. Nous allons les suivre, ‘. selon le rang qu'’i!s occupent aujourd'hui. Tous étant empruntés aux pages de l'Évangile, le spectateur n'aura qu’à se rappeler le récit des historiens sacrés.
Premiére ligne. Notre-Seigneur se tient debout dans le comparti- ment central, et la pieuse famille, objet de son affection, occupe les deux autres; maistandis que Marthe et Lazare sont seuls dans le compartiment de droite, Madeleine dans le compartiment de gauche jouit de la présence du divin Maitre, attention délicate du peintre, pour exprimer à son égard une prédilection particulière.
Deuxième ligne. Les affreuses bêtes (G) qui s’échappent du corps de Madeleine sont les démons, dont le Divin Maitre la délivre; l'un d'eux, plus hideux que les autres, avec sa fête énorme, rampe aux pieds de Notre-Seigneur. Marthe et Lazare ne sont là (D) que comme témoins de cette scène.
Troisième ligne. Jésus-Christ debout devant un autel (D) vers lequel il étend la main, jette, en détournant la tête, un regard vers . Marthe et Lazare debout (C) derrière lui, et semble leur prédire la gloire dont ils seront honorés, sur les autels de l'Église, gloire plus … grande encore pour leur sœur Madeleine, assise sur un trône (C), et tenant un sceptre à la main.
ë Quatrième ligne. Le peintre a voulu, dans ce tableau, rappeler les . deux festins auxquels assista Notre-Seigneur, dans la maison du pharisien, et un an plus tard à Béthanie, dans celle de sa famille de pré- dilection. Deux fois Madeleine reste prosternée aux pieds du Divin Maître, les arrosant de ses larmes, et les couvrant de ses longs cheveux | &chez le pharisien ; brisant à Béthanie, dans un sublime élan d'amour, “ le vase srécieux des parfums qui eurentle don de provoquer l'indi- gnation de Judas, le faux ami des pauvres.
Cinquième ligne men relative à sain avait la première entendu les enseignements du *
temple pour jouir du … bienfait. On ma el fut ile ré zèle apostolique. Non contente d’avoir ainsi contribué à la de sa sœur, elle était heureuse de faire participer sainte À servante, aux bienfaits de la doctrine qu’elle venait d'enten ( bouche du Sauveur: voilà pourquoi le vitrail nous la montre del devant lui (C G), et dans le compartiment de droite instrui tour sa servante, sainte Marcelle. L'amour de Dieu ne va pa l'amour du prose le Die mier et le us sentiment d
haies qui vous ont porté, bienheureux le sein qui vous sa Parmi les interprètes de la Sainte-Écriture, plusieurs ont pens
devant eux, que l’illustre maîtresse, dont elle avait recu les ir tions. :
ile Marthe. Le chant onzième de Mireille la représente, mare côté de sa maitresse, lorsque celle-ci va combattre le mons
au Divin Maître, une réception digne de lui, Madeleine pen temps (G) reste en extase, aux pieds du Sauveur assis sur un et recueille avec amour de ses lèvres divines, les sublimes
tourmentez pour beaucoup de choses ; mais il n'en ca qu’une 4 saire ; Marie a choisi la meilleure Dan » | s Dans tous les tableaux qui suivent, 'e vitrail nee en
le touchant épisode de la maladie, de la mort et de la résurr Lazare.
k D nent noliées vers lui, ses deux sœurs le répardent avec un sentiment de tendresse compatissante.
Jla rendu le dernier soupir (C), et déjà, selon la coutume des familles D cucée, des flambeaux sont allumés aux quatre coins de sa couche funèbre. Cependant, le serviteur que les deux sœurs ont envoyé près
de Notre-Seigneur, lui porte ce simple message, plus éloquent que
tous les discours : « Seigneur ! celui que vous aimez est malade. » Huilième ligne. Le corps de Lazare, avant d’être enfermé dans 'e on (CG) recoit de mains pieuses, appelées par l’amitié, le suaire dont elles sont venues l’envelopper, et sur lequel,'à l'endroit du visage” cet deux fois, sur le reste du corps, la croix rappelle les rites sacrés de cette lugubre cérémonie, en usage dans le monde catholique,
“lors de la confection du vitrail. Les amis, accourus dans cette circonstance, se penchent sur le corps du défunt, avec l'expres-
sion d’une profonde douleur. Mais, par un contraste qui n’est pas
‘sans intention, de la part du peintre, Marthe et Madeleine restent de-
bout dans les compartiments de droite et de gauche, comme pour nous
dire qu'on les a jugées dignes de reproduire dans leur douleur, la force et la résignation de Marie, Mère de Jésus, au pied de la Croix. :
FA Neuvième ligne. Pendant que de pieuses femmes (C) sont venues . consoler dans leur douleur Marthe et Madeleine, le Divin Maître arrive
près de la maison de deuil. A celte annonce, Marthe, accourue la pre- . mière (D), l’'aborde par ces paroles : « Seigneur! si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort. » Et Jésus lui répond : « Ton frère res- ; suscitera. » Le touchant colloque ainsi commencé est dans toutes les
mémoires ; que le spectateur se rappelle cette page sublime de l'Évan-
gile ; elle parlera à son cœur plus éloquemment que les interprétations | tracées en images sur le vitrail. Avertie à son tour de l’arrivée du Sau-
veur, Marie se jette à ses pieds (G), lui disant, comme sa sœur : « Seigneur ! si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort. Dixiéme et derniére ligne. Jésus s’est fait conduire au tombeau de
Lazare (C ). On en soulève la pierre, et Marie-Madeleine se penche de
tendresse et d’anxiété. Tout le corps du Divin Maître a fiémi d’une
commotion puissante ; des larmes tombent de ses yeux, et les Juifs
émus s'écrient : « Voyez cornme il l’aimait. »
En jetant un dernier reward sur cette page de l'Évangile, si bien
interprétée sur la verrière, remercions le peintre d’en avoir doté notre
€ cathédrale, et bénissons le Divin Sauveur d’avoir, par son amilié pour
sinte Marie-Madeleine, sainte Marthe et saint Lazare, consacré le sen-
timent qui honore le plus le cœur de l'homme, parce qu'il en est le ue pur et le plus désintéressé.
$ II. — Deuxième Chapelle absidale.