SE LE
ESUOQUI
ième résolution, se relira dans la solitude d’une petite communauté
dont elle resta la supérieure. Après la mort du roi, Histace, son frère et son successeur, ne pouvant oblenir du saint apôtre de faire changer les résolutions de sa nièce, entra contre lui dans une si grande colère, qu'il le fit poignarder au pied de l’autel pendant la célébration du
saint sacrifice. De là, le titre d’apôtre de la virginité donné à saint Matthieu par les hagiographes.
No 3, même planche, saint Simon. — (et apôtre était originaire de
Cana en Galilée, de là le surnom de Cananéen que lui donne saint
Matthieu dans son évangile. Les hagiographes, d'accord avec. le bréviaire et le martyrologe romain, nous disent qu’il exerça son apostolat en Egypte et pénétra fort avant dans les régions de l’Afrique. Le vitrail de Bourges ne met entre ses mains qu'un livre, au lieu d'une scie représentée dans d'autres images comme l'instrument de son martyre. Le père Giry nus dit que l’un des bras de saint Simon était conservé de son temps, «lans l’église de Saint-André, à Cologne.
Planche XLVII, n° 1, saint Jacques Le Mineur, — C'est de cet apôlre que saint Paul a dit, dans son épitre aux Galates, qu’étant allé à Jérusalem voir saint Pierre, il n’a vu d’autre apôtre que saint Jacques, frère du Seigneur, titre souvent employé chez les Juifs pour désigner les membres plus ou moins éloignés d’une même famille. Saint Jacques avait pour mère Marie de (léophas, nièce de saint Joachim et de sainte Anne, et cousine germaine de la sainte Vierge, qu’elle accompagna sur le Calvaire. Il est cependant appelé Jacques d’Alphée, soit, nous dit le père Giry, qu'Alphée et Cléophas fussent une même per- Sonne ou qu'Alphée étant mort, Marie mère de Jacques, eût épousé Cléophas. 5
Comme particularité de son apostolat, les historiens nous disent, qu'après la Pentecôte, lorsque le nombre des fidèles se fut multiplié à Jérusalem, saint Pierre, de son autorité et de l'avis des autres apôtres, ordonna saint Jacques évêque de cette ville; cérémonie pendant laquelle, il se fit assister de saint Jacques le Majeur et de saint Jean, et c'est de là que l'Église a ordonné qu’un évêque ne serait sacré que par trois évêques, à moins que pour de graves raisons le Souverain- Pontife n’en ait accordé dispense. Il mourut martyr le 1% mai de l'an- née 63 de Jésus-Christ, après une prédication solennelle adressée au peuple du haut du temple de Jérusalem. De ses ossements, plus tard transportés à Rome, l'empereur Charlemagne obtint une notable partie déposée, par son ordre, dans l’églisede Saint-Saturnin à Toulouse. Mais a plus précieuse relique est l’épitre écrite de sa main, pour l'enseigne-
ment de la foi, et conservée en tête des sept épitres canoniques. Entre
-— 106 — | LES autres précieux documents, on y trouve la forme prescrite pour l'administration du sacrement de l’Extrême-Onction. C'est encore à sa piété que l’on doit la première forme liturgique de la célébration de la Sainte Messe, conservée, pour le fond, mais souvent modifiée par l'Église, sans qu'on puisse sûrement affirmer ce qui, dans chaque” détail, appartient à l'œuvre primitive de saint Jacques.
No 2, même planche, saint BARNABÉ. — L’apôtre saint Barnabé n'étant pas l’un des douze choisis par Notre-Seigneur, ce doit étre par une transposition des verrières pendant quelque restauration, quiilsse, trouve aujourd'hui rangé dans la cathédrale de Bourges avant saint Thaddée et même saint Mathias toujours nommés avant lui dans les prières liturgiques. L'un des 72 disciples, il s'appelait Lévi, du nom de
sa tribu, et il ne recut que pendant son apostolat celui de Barnabé qui …
signifie en hébreu fils de la consolation. Intime ami de saint Paul,
avant et après la conversion du grand apôlre des nations, il Faces Se
pagna dans un grand nombre de ses missions.
L'Église de Milan l’honore comme son fondateur; il passa sept ans dans le nord de l'Italie, préchant l'Évangile dans toutes les villes de cette région. On conserve à Brescia un autel sur lequel il avait célébré le saint sacrifice. Avant de quitter Milan, il ordonna saint Anathalon pour le remplacer comme évèque de cette ville, etse rendit danslile” de Chypre, théâtre autrefois de ses prédications. Après l'avoir lapidé, les Juifs essayèrent en vain de brüler son corps que les chrétiens'ense- à velirent près de Salamine, l’an 7 du règne de Néron. Quatre siècles après, en 485, le saint apôtre apparut à Anthème, évèque de Salamine, lui disant que, dans le lieu appelé Santé, à cause des miracles dont il avait été le théâtre, on retrouverait son corps et sur sa poitrine l'Evan-« gile de saint Matthieu, dont il avait écrit une copie de sa propre main.
L'empereur Zenon, informé de cette découverte, voulut absolument avoir, à Constantinople, ce livre de l'Évangile, et fit, en reconnaissance
de ce don précieux, construire à Salaraine une église magnifique, dans laquelle le corps du saint apôtre reposa jusqu’au temps de Charle= magne qui en fit transporter à Toulouse une notable partie. En1807,1e 21 juin, ces reliques furent reconnues et vérifiées par les soins de Clé= ment de Barbazan, vicaire général de Toulouse, Jequel en a rédigéle. procès-verbal suivant : « ...Avons vérifié un caisson scellé, ayant pour inscription : Relique de suint Barnabé, apôtre des nations, danse"
quel nous avons trouvé la tête presque entière du saint apôtre, enve-…"
loppée de deux taffetas, rouge cramoisi, fanés; plus un petit paquet d’étoffe de soie de même couleur, portant pour étiquette : Reliquede saint Barnabé, et contenant quelques petites portions du crâne et plu:
sieurs dents bien conservées du même Saint; plus deux authentiques
sur lesquelles nous avons apposé notre ne varietur. »
Planche XLVII, n° 3, saint Tnappée. — Frère de saint Jacques et comme lui frère du Seigneur, cet apôtre portait aussi le nom de saint Jude, qu'il prend lui-mème au commencement de son épitre canoniquement adoptée par l'Eglise. Lors de la rédaction du Symbole de la Foi, à laquelle prirent part, successivement, tous les apôtres, saint Augustin nous apprend que saint Simon ayant dit : « Je crois à la communion des Saints et à la rémission des péchés, » ce fut saint Jude qui ajouta : « La résurrection de la chair. » Il exerça l’apostolat dans la Mésopotamie, vaste région de l'Asie, entre le Tigre et l'Euphrate. Il se trouvait en Perse, avec saint Simon, lorsque les prêtres des faux dieux les firent arrêter l’un et l’autre par la population qu’ils avaient soulevée contre eux, en les accusant de conspiration contre l'empire.
C'est là qu’ils ont confessé la foi de Jésus-Christ, après avoir refusé d'adorer les images du soleil et de la lune. C’est encore à la munificence de Charlemagne que l'antique église de Saint-Saturnin, vulgairément Saint-Sernin, dont nous avons déjà parlé, doit de posséder les chefs de saint Simon et de saint Jude. Vérification en fut faite le 6 juillet 1507. Les chefs des deux apôtres sont renfermés dans deux bustes de bois doré, et placés, avec d’autres reliques, dans une grande armoire, à l'entrée de l’abside. Leurs corps se trouvent dans une seule châsse de bois recouverte de lamelles en cuivre doré, placée sur un autel des cryptes inférieures de cette antique église, la plus riche qui soit en France, en reliques de saints et d'objets sacrés de tout genre.
8° ÉVANGÉLISTES ET PREMIERS DISCIPLES PLancHEs XLVEII-XLIX
Planche XLVIIL no {, saint Marc. — L'évangéliste saint Marc était
hébreu de naissance et très versé dans la connaissance des langues.
Saint Pierre le conduisit à Rome lors de son premier voyage et s’en Servit comme d'interprète auprès du peuple. Le savant disciple avait si bien rempli ces fonctions, que les fidèles convertis à Rome le prièrent de leur laisser par écrit les enseignements qu'ils avaient entendus de Sa bouche. Le prince des apôtres approuva ce travail, le confirma de son autorité, ordonna qu'il fût lu dans les assemblées des chrétiens, et,
- disent les historiens sacrés, en fit remeltre un exemplaire à saint Apolli-
naire, évêque de Ravenne, à saint Martial, qu'il envoya à Limoges, et à à saint Rufus qu'il fit évêque de Capoue. Saint Pierre l'envoya ensuite
prècher à Alexandrie et dans toute l'Égypte où il y souffrit le martyre. x Son corps miraculeusement conservé fut transporté à Venise, lorsque cette cité, reine des mers, s’enrichissait de trésors sacrés, en Même temps que des trésors de la terre. Fière de son saint Patron, elle mettait" sa gloire à lui rendre les honneurs les plus magnifiques, dans Padmi= rable basilique qui porte son nom. Les places publiques elles-mêmes" ae chantaient ses louanges, et sur une colonne de bronze, le Lion symbo= lique de saint Marc étalait en face du palais des Doges, le livre de l’évangile avec ces mots sur la première page : Pax tibi Marce, EVGNgE lista mi. À ces paroles qui rappelaient la protection divine affirmée a saint Marc, au moment de son martyre, on substitua, vers la fin di SE dernier siècle, une formule empruntée à la Révolution française; cequi fit dire à un mauvais plaisant : «saint Marc a donc enfin tourné le feuil let.» C'était la prospérité de la ville qui venait de tourner, car elle perdit. bientôt après son indépendance, et ne l’a jamais recouvrée.
A Souvigny, au diocèse de Moulins, la fête de saint Marc se célèbre "ee encore aujourd’hui avec une très grande solennité. Le célébrant y. porte leSaint-Sacrement comme au jour de la Fète-Dieu: Privilège unique en France, dont voici origine. Un groupe de verriers vénitiens sortis, S de Venise, malgré la surveillance de la police, vinrent s’établirà Souvk : gny. Ils y fondèrent une fabrique de glaces qui devint bientôt, pour la petite ville, une source de prospérité. En récompense, le roi leur ee permit, à eux et à leurs descendants, de porter l’épée. Très dévôts à. saint Marc, patron de leur ville natale, ils obtinrent de l'évêque diocésain le privilège de faire célébrer la procession de la fête du saint évangéliste avec la mème solennité qu’à Venise, où, de temps immémorial, on porte le Saint-Sacrement.
N° 2, même planche, saint Luc. — Éclairé par saint Paul des lumières. de la foi, saint Luc s’attacha intimement au grand Apôtre qui l'appelle» son coadjuteur, et s’en fil accompagner dans différentes missions dela. Judée et de la Macédoine. Comme son illustre maître, il possédait à un très haut degré le don de la parole, et s’en servait avec fruit, dans ce qu'il appelle lui-même ses conférences. On croit avec raison qu'il avait
recueilli de la bouche de la Sainte Vierge les détails de son évangile, +50 sur Ja naissance de saint Jean-Baptiste, les révélations faites à Zacha- ; 4 rie, l’annonciation de l’ange Gabrie!, la visite à sainte Élisabeth, le Ar 3 voyage à Bethléem, les adorations des bergers, et d’autres circOnstan=… si ces encore. L'Eglise lui doit une éternelle reconnaissance, pour la +2: "IR conservation des trois cantiques du Nouveau-Testament, le Nunc ee
dimittis, le Benedictus et le Magnificat.
Au don de Ja parole, il joignait l’art du peintre. On conserve de
lui, dans l’église de Sain!e-Marie-Majeure, un tableau qui représente la Sainte Vierge tenant son divin Fils dans ses bras.
N° 3, même planche, saint Marmias. — Après l’Ascension de Notre- Seigneur, les apôtres s'étant assemblés, saint Pierre leur dit, que pour accomplir la prophétie de Daniel il fallait choisir un nouvel apôtre à la place du traître Judas, et qu’il convenait que ce fût l’un des soixantedouze disciples témoins de la vie du divin Maître. Mathias fut l'objet de cette élection et reçut le Saint-Esprit comme les autres apôtres,
Ses prédicatiors, commencées en Judée, se poursuivirent, pendant trente-trois ans, jusqu’au fond de l’Éthiopie, et se terminèrent par le martyre, sous une grêle de pierres selon quelques auteurs, sur une croix selon d’autres; mais tous s'accordent à dire que ni l’un ni Pautre de ces deux genres de supplices ne lui ayant Ôté la vie, les bourreaux furent obligés de le décapiter. Son corps fut apporté à Rome par sainte Hélène, mère de Constantin. On en conserve encore aujourd'hui le chef et quelques ossements, dans l'église de Sainte-Marie- Majeure.
Planche XLIX, n°s 1, 2,3. — Les trois personnages de cette planche ornent la travée qui faisait autrefois partie du chœur, et qui se trouve maintenant comprise dans les travées de la grande nef. Personnages apostoliques, en eux se continue la série des apôtres et des évangeélistes.
Au no 4, voici saint CLÉOPHAS, tenant une palme à la main, en signe de son martyre. Il était d'Emmaüs ainsi que nous l’apprend le martyrologe romain qui le met en tête des saints dont la fête se célèbre le 25 septembre. « Au bourg d'Emmaüs la naissance au ciel de saint Cléophas, disciple de Notre-Seigneur, que l’on dit avoir été tué par les Juifs pour la confession de son saint nom, et ensuite enterré dans la maison même où on l'avait arrêté. »
Le nom de Cléophas apparaît entouré d’une auréole de douce piété, dans le charmant récit que nous a laissé saint Luc de l'entretien de Notre-Seigneur avec deux de ses disciples, sur le chemin d’'Emmaüs. Tous les chrétiens connaissent cette page d’un si sublime et si touchant énseignement.
N° 2, Saint SiLas. — La naissance au ciel de saint Silas est fixée au
13 juillet par le martyrologe romain qui parle ainsi de lui: « En Macé-
doine, la fête du bienheureux Silas, un des premiers chrétiens qui fut
“envoyé par les Apôtres avec saint Paul et saint Barnabé, vers les Gentils, pour les instruire dans la foi. Il s’appliqua avec beaucoup de