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édifice en construction; d’autres enfin (D) pliant sous le fardeau des … matériaux qui chargent leur dos et leurs épaules. :
A la deuxième ligne (G) le riche donne des ordres aux serviteurs chargés d’entasser ses richesses dans les greniers. Debout à ses côtés, sa femme écoute et regarde avec complaisance. (C) Des tailleurs-de pierre, des sculpteurs dirigés par un architecte, travaillent à lornementation d’un palais magnifique encore inachevé. Mais voiei (D) que le Divin Maître apparaît au riche, et lui dit : « Insensé ! cette nuilméme, on te demandera ton âme; à quoi te serviront ces richesses? » paroles a se lisent au-dessus de leurs têtes.
Troisième ligne. (G) Madame, en grande toilette, se rend à Ja salle du festin ; allure altière, haute coiffure en forme de couronne, manteau de pourpre, dont un page porte la traine. (C) Néglisemment assis sur un siège élevé, au-dessus duquel flottent des draperies, le riche reçoit à laver de la main d’un page agenouillé devant lui. (D) Cependant, dans les cuisines, d’autres serviteurs préparent les mets et même des parfums, ainsi que l’indique une cassolette.
Quatrième ligne. (G) Les serviteurs apportent les mets; fiers de cette tâche, ils soulèvent les plats jusqu’à la hauteur du visage. (C) Table” splendide avec ses plats d’or et d'argent, sur une large nappe de fn lin festonné. Le riche trône orgueilleusement sur un brillant fauteuil, son épouse à sa droite et, près d'elle, un troisième convive. En bas; devant le riche, ou mieux devant l'Epulon, comme on disait au moyenâge, traduisant ainsi très littéralement le verbe epulari, on lit ces mots“ hic est dives : voilà le riche ; voilà ce que c’est que d’être riche. (D) Con traste saisissant, à la porte du palais, Lazare le Lépreux implorela pitié ; décharné, la peau jaunie et mouchetée de noir, il a honte de sa misère, et se cache le visage avec les lames de sa cliquelte, instruments dont le cliquetis avertissait les passants de ne pas trop approcher des lépreux. Dans ce triste état, il n'a pour amis que deux petits chiens qui sont venus lécher ses plaies.
Cinquième ligne. (G) Le riche est tombé malade. Le voilà étendu sur un grand fauteuil. Penchée vers lui, sa femme le console; etle diable qui s’est dit : cette proie m'appartient, plane au-dessus, dans un coin, lui labourant la tête, et enlevant la coiffure avec un crochet de” fer. (C) Le malade, étendu dans son lit, a rendu le dernier soupir;.et son âme est emportée par deux affreux démons. Peu touchée de cette mort, sa femme détourne la tête, et se dispose à sortir pendant qu'un valet fripon se sauve, en jetant un regard furtif pour s'assurer qu'on ne le voit pas emporter l'objet précieux qu'il a dérobé. (D) Lazare aussi vient de mourir, paisiblement, comme il convient au juste, “le buste presque droit, soulevé par l'espérance. Sur un voile léger, qu'ils
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Ê hs tiennent par les coins, deux anges ont recueilli son âme qu'ils empor-
tent au ciel, sous la forme d'un petit corps mince, allongé, divinisé, n'ayant plus rien de l'humanité, tandis que deux autres anges balan-
cent au-dessus l’encensoir.
Sixième ligne. Le riche est enseveli dans l'enfer. (G) Deux diables à tête horrible l’enfoncent avec des fourches dans une chaudière embra. sée. (C) Deux autres démons plus hideux encore se sont emparés de lui; l’un le porte sur son dos, la têle en bas, pour le jeter dans les flammes sortant de l’abime, tandis qu'un autre, à face horrible, lui tire une langue démesurée. Un troisième, l'ayant sans doute entendu demander une goutte d’eau à Lazare, lui verse en ricanant de l'or fondu dans la gorge. (D) Gracieux pendant à ces affreux tableaux, l'âme de
Lazare monte vers le ciel emportée et encensée par les anges.
Seplième et dernière ligne. L'âme de Lazare repose dans le sein d'Abraham, superbe vieillard majestueusement assis sur un trône d'honneur, et de chaque cû'é l'encens fume toujours dans l’encensoir balancé par les anges aux ailes déployées.
À la pointe de l’ogive, dans un petit médaillon, une main apparait au-dessus de la scène ; c’est la main de Dieu, proclamant, avec autorité, que le drame s’est accompli sous la majesté de sa loute-puissance.