‹ Vitraux de Bourges; vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges;Chapitre 10 sur 70 · PLANCHE II · texte numérisé non relu

PLANCHE II

Les corps des saints soumis pendant la vie aux volontés de l'âme, et mortifiés par elle, dans les œuvres de pénitence, doivent avoiren ce monde leur part de gloire et de vénération. De là, le culte des saintes Reliques que la piété enchâsse dans l'or et les pierreries. Les Reliques de saint Étienne, patron de la cathédrale de Bourges, ne pouvaient être oubliées dans la basilique, où quelques gouttes du sang du pre: mier martyr de l’Église sanctifièrent le premier autel élevé dansle Berry, par le bienheureux apôtre saint Ursin. Les artistes du moyenâge leur ont consacré la grande page, dont nous allons décrire les dif: férents tableaux. L'histoire de leur découverte étant fort peu connue, nous croyons devoir en donner d’abord le récit.

Dans la nuit du vendredi 3 décembre de l’année 415, le prêtre Lucien de Caphagamaliel, petit bourg des environs de Jérusalem, reposant près du baptisière de la basilique confiée à sa garde, et remplissant les fonctions du custode, conservé de nos jours dans beaucoup decathédrales, vit en songe un vénérable vieillard revêtu de riches ornements sacerdotaux, qui lui dit, en l’appelant trois fois par son nom,etle frappant doucement de la verge d’or qu’il portait à la main : «Allez à Jérusalem, et dites à Jean, son évèque : Ouvrez au plus tôt le tombeau qui retient, sans gloire, les reliques du bienheureux saint Étienne ». « Qui êtes-vous ? répondit Lucien ». « Je suis le docteur Gamaliel,; c’est moi qui fis apporter le corps du saint martyr dans le bourg qui porte mon nom, pour ne pas le laisser exposé à la dent des bêtes, comme le voulaient ses bourreaux. A côté de lui, vous trouverez trois autres corps : celui du sage pharisien Nicodème qui eut le bonheur d’entendre de la bouche du Sauveur : « Si quelqu'un ne renaît de l'eau et“de l'Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu », le corps de mon fils, mort dans l'innocence, à l’âge de vingt ans, et enfin mon propre corps.

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