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TIRAGE A 500 EXEMPLAIRES NUMEROTES SUR PAPIER DE HOLLANDE

No 449

baurent (pailfyade

Léoi) Vaçicr, éditeur

A Madame la Comtesse Diakb ùe 'Beau sac 0..

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Sur champ d'or, en les vieux tableaux, Ouvrant ses yeux couleur des flots Et plus svelte que les bouleaux,

La Vierge cause ingénument Avec le Séraphin charmant Advenu du haut firmament .

Les calcédoines, les rubis Passementent ses longs habits De moire antique et de tabis.

INTROÏT

Ses cheveux souples d'ambre vert Glissent comme un rayon d'hiver Sur sa cotte de menu-vair.

Oh ! ses doigts frêles et le pur Mystère de ses yeux d'azur Éblouis du pardon futur !

Tremblante, elle reçoit l'Ave Par qui le front sera lavé De l'antique Adam réprouvé :

« Empérière au bleu pennon, Sur le sistre et le tympanon, Les deux exaltent ton renom.

Toi de Jessé royal provin, Pain mystique, pain sans levain, Font scellé de l'Amour divin !

Toison de Gédéon ! Cristal Dont le Soleil oriental N'adombre pas le feu natal!

INTROÏT

Ave Gratia ! Que ta main Cueille, pour l'ineffable hymen, Les lis fleuris du bon chemin.

Et que sur ton front adoré Soit un diadème instaure' De métal richement ouvré.

Le nard exhale son odeur :

Reine de Joie et de Candeur, Suis l'Époux vêtu de splendeur.

Foule aux pieds le Dragon pervers, Maîtresse des Paradis clairs, Ceinte de roses et d'éclairs ! »

Ainsi, le chœur des Angelots

Chante, nimbé de fins halos,

Sur fond d'or, en les vieux tableaux.

Et, d'âge en âges emporté, Leur psaume de gloire a fêté Le los de la virginité.

10 INTROÏT

Blanche, à très blanche ! Et c'est pourquoi Je veux, artiste plein de foi, Vous peindre en corselet d'orfroi :

Pareille, emmi les hosanna, Aux madones que blasonna L'imager du ciel, Mantegna.

Des fleurs d'onyx et de portor Sur le retable squame d'or Épanouiront leur trésor.

Pour vous, les beaux hymnes latins Ingémiront, soirs et ?natins, Graves, près des flambeaux éteints.

Pour vous, mes vers, matins et soirs, Dans la nef aux mornes voussoirs Balanceront des encensoirs.

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Qkj'm obsequentes offerunt Ligustra et alba lilia.

Candor sed horum vincitur Candore casti pectoris.

Hymnus in fest. Puritatis.

Vierge, vous rayonnez comme une aube irrorée,

Sous la molle clarté des lampes de vermeil,

Et, vous enveloppant de leur onde dorée,

Vos longs cheveux vous font un manteau de soleil.

Tel qu'un parfum de myrrhe autour d'un sanctuaire, De vos blanches beautés jaillit un charme amer Et sur les cœurs meurtris, comme un électuaire, Vous posez la douceur de vos yeux d'outremer.

De l'oliban gardé pour les Noces mystiques, Du cinname épandu sur d'ineffables lits, Du nard dont s'enivrait l'Epouse des Cantiques, Flottent sur votre front les baumes affaiblis.

Loin des transports menteurs dont l'ivresse nous fraude, Vous surgissez au fond des cieux resplendissants, Parmi les ostensoirs incrustés d'émeraude Et les cierges pascals tachés de grains d'encens.

Sous le brocart rigide et lourd de pierreries, Vos bras pour la prière entr'ouverts lentement, Dans le cadre léger des ogives fleuries, Se tendent en un geste indécis et charmant.

Et, calme, en attendant le dieu promis, sans trêve,

Morte pour le désir avant d'avoir aimé,

Sur les vitraux dorés vous lisez votre rêve

Et votre cœur s'endort comme un jardin fermé.

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jonnet liturgique

Dans le nimbe ajouré des vierges byzantines, Sous l'auréole et la chasuble de drap d'or Où s'irisentles clairs saphirs des Labrador, Je veux emprisonner vos grâces enfantines.

Vases myrrhins ! trépieds de Cumes ou d'Endor ! Maître-autel qu'ont fleuri les roses de matines! Coupe lustrale des ivresses libertines, Vos yeux sont un ciel calme où le désir s'endort.

Des lis! des lis! des lis! Oh! pâleurs inhumaines ! Lin des e'toles! chœur des froids catéchumènes ! Inviolable hostie offerte à nos espoirs!

Mon amour devant toi se prosterne et t'admire,

Et s'exhale, avec la vapeur des encensoirs,

Dans un parfum de nard, de cinname et de myrrhe!

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Solve vincla ! fuge lemur !

Amnre, mine, foveamur :

Per te. virgo, virginemur.

Repose-toi, mon cœur, après la tâche faite Et, sachant les douleurs dont tu voulus mourir, Goûte le miel d'après-midi que va t'offrir Celle de qui les yeux sont ta dernière fête.

Repais-toi de l'or clair où dorment ses cheveux Et de sa voix où chante une lyre suprême; Voici l'amour et le pardon! Reçois le chrême Pacifiant de ses angéliques aveux.

Que t'importe l'orgueil saignant par vingt blessures Et hurlant comme un loup tombé sous les épieux, Si tu la vois enfin, l'amante aux bras pieux T'offrant le renouveau de ses tendresses sûres !

Que t'importe l'hiver, sinistre compagnon De la tristesse indéfectible qui te navre ! N'est-elle pas la verte Atlantide et le havre Où tu reconnaîtras le pays de Mignon?

Les passions et les dégoûts mènent leurs courses.

Que t'importe, mon cœur, ce banal évohé!

Tu sais qu'elle est pareille aux fonts de Siloë

Qui changeaient en douceur l'amertume des sources.

Tu sais qu'elle a gardé l'inaltérable espoir De ta jeunesse, et sa ferveur, et qu'autour d'elle S'épanouit l'éclat d'un automne fidèle Et nage le parfum alangui d'un beau soir.

(riôteôôe au jardin

Le doux rêve que tu nias

Je l'ai su retrouver parmi

Les lis et les pétunias,

Fleurs de mon automne accalmi.

Mon rêve, par les allées, Cueille des branches d'avalées.

La vigne pourpre aux raisins bleus Festonne les murs du jardin Où niche maint oiseau frileux Sous le feuillage incarnadin.

Mon rêve, par les allées, Cueille des branches d'avalées.

l8 VITRAUX

Dans le bassin qu'elle verdit L'eau pleure inconsolablement Et, mélancolique, redit Les mots trompeurs de ton serment.

Mon rêve, par les allées.

Cueille des branches d'avalées.

Automne! Deuil précoce et doux!

Sous le ciel aux feux apaisés, Les languissantes roses d'août Gardent l'odeur de tes baisers.

Voici que, par les allées.

Meurent les blanches avalées.

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Sonnet

Comme un moine amoureux de la sainte qu'il prie, Je t'ai fait un autel en mon cœur attristé, Où, parmi les encens, resplendit ta beauté, Sous un dais de lampas chargé d'orfèvrerie.

Madone! j'ai cueilli les fleurs de mon été, Lis fauves du désir, roses d'idolâtrie Et leur haleine fugitive se marie Aux stériles parfums de ta virginité.

Ainsi ton front nimbé de flammes et de gloires, Ainsi tes yeux stellés d'escarboucles et d'or Resplendissent, pareils aux gemmes des ciboires.

L'orgue éploré dans la chapelle vibre encor, Et, pieusement, vers tes paupières baissées Montent le pur Amour et les bonnes Pensées.

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Irante

Tu, fier fusa cœit rore, Castitatis salvo flore, Xovum florem, novo more, Protulisti sceculo.]

Adam de Saint-Victor.

Fête-Dieu! rêves blancs pavoises d'églantines !

J'ai choisi, pour l'aimer d'une amour enfantine, Sur l'icône enfumé peint aux quatre couleurs, Un barbare portrait de sainte byzantine.

Cécile ou Philothée ou Julienne. Leurs

Doux noms conjoints par la tendresse des menées,

Rayonnent, lis égaux sur un autel en fleurs.

Afin que soient les âmes tristes pardonnées,

La Sainte, aux yeux plus purs que l'onde et que le soir,

Croise dévotement ses mains prédestinées,

Ses belles mains qui n'ont touché que l'encensoir

Et l'unique froment réservé pour l'hostie,

Et les nappes de lin où l'Agneau vient s'asseoir.

Limpide, avec l'immarcessible eucharistie

Du pâle front auréolé de cuivre bleu,

Sa chair porte le scel de la gloire impartie.

Ainsi dans la vapeur des baumes, et le jeu Des orgues, et le chant des vieux antiphonaires, Elle écoute l'appel ineffable d'un dieu.

Et l'orgue déroulant sa plainte et ses tonnerres La caresse de mots énamourés; le chœur Des hymnodes lui dit les proses centenaires.

Car son âme ingénue et forte, son doux cœur De neige, comme un vol béni de tourterelles, Ont fui ce monde impur où le Deuil est vainqueur.

Lieu de péché! lieu de remords ! lieu de querelles ! Du plus haut ciel le Fils unique est descendu (Les anges accordaient leurs voix hautes et grêles) :

Et, cueillant ce trésor pour le siècle perdu, Rose mystique, fleur de l'humaine vallée, Le Fiancé, l'Amant sans relâche attendu

A couvert d'un baiser sa lèvre inviolée.

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:enuet d'automne

Les asters et les véroniques, — de leurs corolles sans parfums, — laissent tomber sur les parterres — où d'autres fleurs ne s'ouvrent plus, — la tristesse mystique et lente des adieux.

Mauve tendre et vert alangui, — leurs teintes vagues s'harmonisent — aux ciels lavés du prime automne, — à la souriante langueur — des beaux jours près de s'envoler.

Bouquets de souvenir et non bouquets de deuil, — Vor violent des chrysanthèmes, — le sang pourpré des dahlias, — n'altèrent point leur éclat doux.

En mineur, d'une voix éteinte — et sur un mode atténué } — les asters et les véroniques — au vent fraîchi qui les caresse, — marmonnent des refrains d'adieux.

C'est la saison prestigieuse — où les arbres portent des feuilles — de topazes et de rubis, — où la grive crie à

travers — les pampres fauves adornés — de rutilante orfèvrerie.

En ses corbeilles débordantes, — Octobre entasse, à pleines mains — les présents des chasseurs et ceux des vignerons.

Sous les courtines jaune pâle — de leurs ultimes floraisons, — en un dernier baiser, les roses — solemnisent leurs noces d'or.

La terre se pâme, enivrée — et célèbre une fête encore — avant d'entrer dans le silence — et la paix noire de l'hiver.

Demain, les martinets frileux — avec les feuilles arrachées — s'envoleront à tire d'aile; — demain, les bises hiémales — sangloteront parmi les bois...

Mauve tendre et vert alangui, — sur les plates-bandes fanées, — les asters et les véroniques — chantent, mezzo voce, la chanson des adieux.

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Un crépuscule d'or baigne le sanctuaire.

Dans la nef où s'inscrit l'orgueil obituaire Des châsses, les prélats d'ivoire et de granit Joignent leurs mains que fit un dévot statuaire.

Tenant la crosse avec le sigillum bénit, Les Anges éplorés se voilent de leurs ailes Près des enfeus royaux dont l'albâtre jaunit.

Sur des coussins de marbre noir, les damoiselles S'agenouillent, un long rosaire entre leurs doigts, Blondes, parmi les lis, Amour, que tu cisèles :

Ce pendant que, le front cerné d'amicts étroits

Et susurrant une oraison mélancolique,

Des moines sont pâmés à l'ombre de la Croix.

Un soir de flamme et d'or hante la basilique, Ravivant les émaux ternis et les couleurs Ancestrales de l'édifice catholique.

Et soudain — cuivre, azur, pourpre chère aux douleurs, — Le vitrail que nul art terrestre ne profane Jette sur le parvis d'incandescentes fleurs.

Car l'ensoleillement du coucher diaphane Dans l'ogive où s'exalte un merveilleux concept Intègre des lueurs d'ambre et de cymophane.

Les douze Apôtres, les cinq Prophètes, les sept Sages appuyés sur les Vertus cardinales Se profilent en la rosace du transsept.

Améthystes! Béryls! Sardoines! Virginales Emeraudes au front chenu des Confesseurs Montrant le Livre où sont inscrites leurs annales.

Les Martyrs en surplis d'écarlate, les sœurs Marthe et Marie aux pieds du Maître qui s'incline Et le vol blanc des Séraphins intercesseurs.

Bernard dans les vallons, Benoît sur la colline; Les Sibylles qu'Arnaud de Moles attesta Près du Roi Christ féru du coup de javeline.

Et plus haut — en plein ciel — un chœur d'enfants porte à Notre-Dame, sur le vélin des banderoles, Ces mots d'amour : « Ave,felix cœli Porta! »

Telle, incarnant aux yeux les divines paroles, Chaque verrière dans l'or mystique reluit, Comme un jardin semé d'aveuglantes corolles.

Mais l'ombre gagne et le vain prestige s'enfuit Et les arceaux quittés n'ont plus de rieurs écloses Pour les répandre sur la robe de la Nuit :

La sacrilège Nuit par qui meurent les Roses.

Ifercetô pour prier jfotre-||ame

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