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LITURGIE CATHOLIQUE

Mutans Heva: nomen.

Salut, étoile de la mer,

Perle unique du gouffre amer,

Blanche sous le flot d'outremer.

Salut, tour de David, hostie, Porte d'or et d'argent sertie D'où toute lumière est sortie.

Rose immortelle du Ciel bleu, Encensoir plein d'un chaste feu, Salut à toi, Mère de Dieu !

O douce! O clémente! O soëve!

Par toi fut changé le nom d'Hève :

Qu'à tes pieds notre mal s'achève !

Dame très pure, montre-toi Notre mère et que l'humble foi Trouve grâce auprès du Christ-Roi.

Fais qu'il reçoive la prière

Des pécheurs! Rends-nous la lumière,

Vierge, et l'innocence première.

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Seneôcent Hoon

Fleurs des eaux! Souvenir des bénignes pensées! Voici que j'ai revu l'étang silencieux, Immuable linceul des mortes fiancées.

Stagnante sous le deuil des ajoncs soucieux, La nappe se déroule au penchant des marnières Où des chariots lents s'enlisent les essieux.

Les rainettes et les mulots dans leurs tanières Dorment au bercement du très vague roulis Qu'impriment aux flots les haleines printanières.

Sur la brande où, le soir, valsent les lorelys,

L'ombre s'étend. Nulle clameur. Plus de murmures,

Sinon, dans les roseaux, la plainte des courlis.

C'est l'heure où, décaissant les secrètes ramures, Et la grotte aux arceaux de lierre et de houblons, Les mantes aux buissons viennent cueillir des mûres.

En robe blanche, par les prés et les vallons,

Elles descendent vers le marais fatidique

Et, sur ses bords fleuris, peignent leurs cheveux longs.

Court mirage! Soudain, la vision pudique S'évanouit, pareille aux feux follets trompeurs Et déserte l'étang qu'une lueur indique.

Dispensatrice des merveilleuses torpeurs, Tu montes, bleuissant la colline et la sente, Dans l'azur étamé de confuses vapeurs,

Lune du doux Shakspeare, ô lune sénescente

e Bichon de Blore

To Mary in heaven.

Die quibus in terris inscripti nomina regum Nascantur flores.

Virgile.

C'est un jardin orné pour les métamorphoses Où Benserade apprend ses rondeaux aux Follets, Où Puck avec Trilby, près des lacs violets, Débitent des fadeurs, en d'adorables poses.

La lune qui descend, le long des promenoirs, Sur les blancs escaliers traîne ses mules blanches Et ses rayons légers palpitent dans les branches Comme des sequins d'or parmi des cheveux noirs.

Les Nymphes de Segrais, aux Elfes de Shakspeare Chantent des madrigaux scandés par les hautbois : Ariel y poursuit Rosine, à travers bois, Et pour le beau Damis Titania soupire.

C'est une nuit d'été faite d'enchantements, Dans un jardin très calme et peuplé de fontaines, Qu'emplissent de lueurs folâtres et hautaines Les feux des yeux unis aux feux des diamants.

Parc de Watteau. — Les fastueuses plates-bandes, Autour des boulingrins, s'enlacent, décrivant L'horizon à souhaits d'un parterre savant Qu'ont les Fleurs égayé d'illustres sarabandes.

Ce sont les nobles Fleurs d'un Versailles fleuri. Toutes sauraient prouver des quartiers de duchesse Et, pour l'éclat du rang comme pour la richesse, D'Hozier à leurs blasons pourrait donner abri.

Or l'esprit délecté de ce rêve héraldique Retrouve dans leur port, calices et parfums, Le simulacre vu des Olympes défunts Et la grandesse unie au charme fatidique.

Des champs d'azur le Lis très chrétien émergeant Est un preux chevalier vêtu de courtoisie; La Princesse d'amour que ses vœux ont choisie Porte un manteau d'hermine aux agrafes d'argent.

Dans sa robe de cour aux teintes précieuses,

Comme aux jours de Fontange et de la Maintenon,

La Tulipe ducale emplit de son renom

Les pourpris qu'attrista le deuil des Scabieuses.

Les Roses, sous la pourpre auguste, dans les nuits. Ont l'amer nonchaloir des reines trop aimées, Et la lune qui boit leurs larmes embaumées D'un baiser de blancheur caresse leurs ennuis.

Gloire du souvenir extatique, Pensées Funéraires, le Deuil trône dans vos plis lourds, Et dans l'emphase épiscopale des velours Que blasonne l'émail de vos croix florencées.

Quintefeuille! mystique emblème voulu par Les trouvères aux cantilènes suppliantes Votre candeur a fait pâlir ces Hélianthes Que dore un Astre-Roi « nec pluribus impar ».

Puis d'autres floraisons qu'Amour seul fit éclore Et dont les yeux charnels ignorent la beauté S'ouvrent au paradis merveilleux qu'ont chanté Le divin Sannazar et Joachim de Flore.

Leur hampe svelte grimpe aux marges des vitraux, Près des bons Empereurs gemmés de pierreries, Des Saints agenouillés dans l'herbe des prairies, Des Séraphins cambrant leurs torses de héros,

Celles-là — chastement rigides — sont pareilles Aux Saintes dont le cloître a ravi la splendeur Et l'encens maladif leur prêta son odeur Loin du jaune soleil qui danse sur les treilles.

Pour soutenir le heaume et porter les émaux, Rampent en légion les Herbes monstrueuses Suscitant, à l'envi des formes tortueuses, Une âpre vision de sombres animaux.

Verdâtres, de poisons mystérieux ridées, Avec l'enroulement des dragons noirs et bleus, Ongles d'or, lampassés de gueules, fabuleux, S'épanouissent les farouches Orchidées.

Ainsi, divinisant la forme et les couleurs

Et revêtant d'orgueil les tiges parfumées,

Se déroule, au milieu d'ondoyantes fumées,

Dans un parc de Watteau, le Walpurgis des Fleurs.

Elles passent, jetant des senteurs musicales,

Des effluves charmeurs qu'on prendrait pour des sons

Et mariant, parmi l'ampleur des écussons,

A l'azur des Bleuets l'or des Hémérocalles.

Et toutes, au milieu de leur faste exalté, Buvant l'amour éclos au temps du primevère, Comme un cortège autour du Prince qu'on révère Mènent pompeusement les fêtes de l'Été.

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!roôpero'ô jôland

L'âme des fleurs lente et subtile S'exhale sous la lune pâle, Dans le parc bleuâtre où rutile La rosée en gouttes d'opale.

Sur l'eau des vasques séculaires, Les nénufars semblent des jonques Où la Willis, par les nuits claires, Chante au soupir voilé des conques;

Au temps où la Fée amoureuse S'en vient en la nappe dormante Baigner ses flancs de tubéreuse A travers les bouquets de menthe.

C'est le jardin des songes mièvres Assoupis au vol des phalènes; C'est le jardin où, sur les lèvres, Passe comme un frisson d'haleines.

Et quand les harpes du silence

Ont mis d'accord tous leurs murmures,

Immatérielle, s'élance

Une voix d'or, sous les ramures.

Aveux d'amours inavouées, Lamento des Lyres, paresses Des chevelures dénouées; Torpeur divine des caresses;

La voix, la voix d'or qui s'élève Suscite, ainsi qu'un Zodiaque, Sur le décor fané du rêve L'image paradisiaque.

Dans le bleu des tonnelles rases, Pelouses qu'ennoblit l'acanthe, Et sur vos fraîches chrysoprases Glisse l'intangible bacchante.

Voici fleurir, fleurir des roses Vertes, noires, couleur de flammes, Pour assoupir nos cœurs moroses, Pour dorloter nos pauvres âmes.

Et des roses ensorcelées, Captieuse, meurt la fragrance :

L'on dirait, au fond des allées, Un musc lointain, exquis et rance.

Le vin d'amour, l'or et le jade, Et la gloire, et la fleur du saule Durent si peu! Le vent maussade Sur les tombes grises miaule,

Mais les bonnes chansons demeurent Et clémentes sont les tempêtes Aux saintes Roses qui ne meurent Jamais sur le front des poètes.

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geô jfleurô d'gphélie

Sweets to the sveet...

And from her fair and unpolluted flesh May violets spring!...

Fleurs sur fleur ! fleurs d'été', fleurs de printemps ! fleurs blêmes De novembre épanchant la rancœur des adieux Et, dans les joncs tressés, les fauves chrysanthèmes;

Les lotus réservés pour la table des dieux; Les lis hautains, parmi les touffes d'amarantes, Dressant avec orgueil leurs thyrses radieux;

Les roses de Noël aux pâleurs transparentes, Et puis, toutes les fleurs éprises des tombeaux, Violettes des morts, fougères odorantes,

Asphodèles, soleils héraldiques et beaux,

Mandragores criant d'une voix surhumaine

Au pied des gibets noirs que hantent les corbeaux.

Fleurs sur fleur ! Effeuillez des fleurs ! Que l'on promène Des encensoirs fleuris sur le tertre où, là-bas, Dort Ophélie avec Rowena de Tremaine.

Amour! Amour! et sur leurs fronts que tu courbas Fais ruisseler la pourpre extatique des roses, Pareille au sang joyeux versé dans les combats.

Jadis elles chantaient, vierges aux blondeurs roses, Les Amantes des jours qui ne renaîtront plus, Sous leurs habits tissus d'ors tins et d'argyroses.

O lointaine douceur des printemps révolus ! Epanouissement auroral des Idées !

Porte du ciel offerte aux lèvres des élus!

Les vierges à présent, mortes ou possédées,

Sont loin! bien loin! L'espoir est tombé de nos cœurs,

Telles d'un arbre mort les branches émondées.

Et l'Ombre, et les Regrets, et l'Oubli sont vainqueurs.

A travers les iris et les joncs, Ophélie Abandonne son âme aux murmures berceurs Du fleuve seul témoin de sa mélancolie.

Et voici qu'au fond des verdâtres épaisseurs Tintent confusément des harpes cristallines Attirantes avec leurs rythmes obsesseurs.

L'or diffus du soleil empourpre les collines Par delà le château d'Elseneur et les tours Qu'assombrissent déjà les ténèbres félines.

La Nuit féline dans sa robe de velours

Berce les eaux, les vais profonds et les ciels mornes

Et des saules noueux estompe les contours.

Et les nuages roux du ponant sont des mornes Où grimpent, lance au poing, d'atroces cavaliers Éperonnant le vol furieux des licornes.

Or la Dame qui rêve aux serments oubliés Marmonne un virelai très ancien. La démence Élargit sur son front les deuils multipliés.

Fleurs sur fleur ! Des sanglots éteignent sa romance, Tandis que, les cheveux couronnés de jasmin, Elle s'incline vers les joncs du fleuve immense.

Les Nixes près du bord lui montrent le chemin, Et, calme, au fil de l'onde en les glauques prairies, Elle descend avec des bleuets dans la main.

Les rieurs palustres sur ses paupières meurtries Poseront le dictame adoré du sommeil, Dans des jardins de nacre au sol de pierreries.

Sous les porches d'azur où jamais le soleil

Ne dore des galets la candeur ivoirine,

Sous les nymphe'as blancs teintés de sang vermeil,

Ophélie a fermé ses yeux d'aigue-marine.

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lunerei Eloreô

Les nostalgiques citronniers aux feuilles blêmes S'étiolent et leurs parfums, avec ennui, Meurent dans le jardin peuplé de chrysanthèmes. Pour la dernière fois, le soleil tiède a lui.

Soir des morts ! Glas chargé de pleurs et d'anathèmes : Le Souvenir s'éveille et reprend, aujourd'hui, En sourdine, les vieux, les adorables thèmes Des renouveaux lointains et du bonheur enfui.

VITRAUX 5l

Le Souvenir marmonne à voix basse. Une cloche

Funéraire, dans le ciel gris où s'effiloche

Maint lambeau d'occident fascé de pourpre et d'or.

Et c'est le crépuscule automnal des années Que d'un encens trop vain fait resplendir encor La mémoration des corolles fanées.

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