‹ Vittore CarpaccioChapitre 47 sur 87 · V-^sM · texte numérisé non relu

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BLASON DES LOREDAN.

BLASON DES CAOTORTA.

et Saint-Paul dû au pinceau de Jean Bellini : c'est le portrait, sous le nom de saint Dominique, du frère Théodore d'Urbin, qui était doyen des frères, non admis au grade de maître en théologie.

Enfin, couronnant l'admirable série de ces peintures, s'élevait sur le maître-autel la grandiose pale (i) représentant la glorification de sainte Ursule.

Dans l'ancienne chapelle, la pale couvrait presque toute la paroi du fond ; et les parois latérales finissaient aux chapiteaux des piliers.

L'architecture peinte du tableau représente un petit temple, et

(i) Académie de Venise, n° 576. Toile : haut. : 4 m. 79, long. : 3 m. 39. Signé : Opus Victoris Carpatio MCCCCLXXXXI. Dimensions primitives ï haut. : 4 m. 98 ; long. : 3111.39.

c'est en quelque sorte la continuation de la simple nef de l' Ecole. Au milieu s'élève un bouquet de palmes, surmontées de têtes de chérubins. La sainte martyre semble sortir de ces palmes, cependant que du ciel descend Dieu le père pour la bénir. A droite et à gauche se tiennent agenouillées les autres vierges, toutes vêtues de brocart, de drap d'or et de drap vert, en somptueux costumes de patriciennes de Venise. On distingue parmi elles le visage viril du jeune prince Hereo, le fiancé d'Ursule.

Au premier plan, à gauche du spectateur, un groupe délicieux de trois jeunes femmes attire l'attention. Les dessins originaux dont Carpaccio s'est servi pour peindre ces trois belles têtes sont à Londres, dans la collection Gathome-Hardy. Nous retrouvons le même modèle, un peu idéalisé, dans les trois saintes de la fameuse pale de Saint- Job.

Devons-nous ici aussi reconnaître des portraits ? Pour nous, il n'est pas douteux que ces trois jeunes femmes sont les portraits des trois sœurs de Pierre Lorédan, Christine, Agnès et Madeleine, qui furent d'ailleurs les amies et les bienfaitrices de l'Ecole.

Enfin, dans cette même pale, en arrière et à gauche du spectateur, Carpaccio a peint trois têtes d'hommes à côté de celle du Pontife, au milieu du groupe des vierges agenouillées. Carpaccio peut avoir voulu représenter là les trois chefs de l'Ecole qui s'étaient le plus occupé des peintures qui devaient l'orner.

Il nous plairait donc d'y voir les portraits du gastaldo Ser Antoine de Filippo, du vicaire Ser Barthélémy Maieter et du secrétaire Ser François Franchin. Mais on pourra penser que nous abusons des hypothèses.

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