‹ Vocabulaire de Haut-MaineChapitre 11 sur 19 · K4 VOCABULAIRE · texte numérisé non relu

K4 VOCABULAIRE

ait cette origine, que Ton va voir que gandoleux indique un trompeur.

Gandoleux, se, adj . Se dit des objets dont la surface plane tend à se gauchir, à se voiler. On l'emploie figurément pour indiquer ce qui est incertain, louche : Cest core tin marché eune miette gandoleux. Ainsi employé, il rentre assez dans le cas que je viens de faire observer à l'article précédent.

Gâni, s. m. Canif, (Du Gange. Ganiveta, Geneceriiwi. — A. Bos. Canivet.)

Ganibinodin, s. m. Fromage frais de lait caillé.

Gânouiller, v. a. Endommager, gâter, éclaircir, amoindrir. La piée a gdnouiUé le bié, quand elle l'a empêché de lever.

Garçaille, s. f. Bande d'enfants.

Garcête, garcette, s. f. Jeune fille. (Du Gange. Garsise's,QVL% Garcio.) Gareau, s. m. Évier.

Gâret, s. m. Arbuste qui doit être le fusain. Gargouiller, v. n. Gazouiller.

Garillet, s. m. Etui à aiguilles.

Garillot, s. m. Picotin que l'on donne aux chevaux.

Garir, v. a. Guérir. Unique mode de prononciation ancienne. (Rob. Estienné. Gtiarir. — Du Gange. Garire. — Raynouard. Gari?' sous Garen,\i).]

Si lu as le iugement purgé et en as f/nary ton discoiir?. (Montaigne. Essais, liv. IH. ch. xiii.)

DU IIALT-MAIM': 11H^

Mais la sienne, si du tout elie ne les </narU,... elle les ibrtilie. (P. Charron. De la sagesse. Prêt'.) Il pense guarir le nnl par un autre mal. (Le même. lf)id.

iiv. le', ch. XXXIX, 9.)

Garison, s. f. Guérison. Ambroise Paré ne connaissait que la Guarhon. (A. Bos. G u aria on.')

Quelque sens particulier achemine les bûtes à prendre certaines herbes à leur guarison. (P. Charuon. De la sagesse, Iiv. pr, ch. X, 2.)

Qâs, S. m. Gars, garçon. Usité quelque peu familièrement dans le reste de la France, (/«r.? ou r/ds est, dans le Maine employé continuellement. Un vieux célibataire est un vieux gds\ jusqu'à un certain âge, un fait toujours précéder le nom d'un homme de celte même qualification, Vgds un. tel. Quand on hêle plusieurs hommes d'un âge ou d'un rang égaux ou inférieurs à ceux de l'interpellant, on crie : Hé ! les gds ! » Dans la conversation, on ne dit ni « mon ami » ni « « mon cher », on dit « mon fjàs. » — Gàs manqué. Garçon sans énergie.

En avant ! c'est par ici, les gàs !

Est-ce que vous caleriez, les gds 'f [MoiiA^r.É, Hisloire des Mobiles delà Saillie, 3 édit., lip. "t» et 82.)

Gassiau, s. m. Pommier ou poirier sauvages. V. Aigrassiau.

Gast, gastinais, gastine. Ces noms indiquent de \ asles terrains incultes. (Du Gange. Vastiim.)

l'évêque du Mans aurait exigé la dime dii vignes qui

étaient en gasl et friche depuis trente et quarante ans. (An- GOT. DroUs de sépidiun; dans le Maine, p 189).

48fi VOCABULAIRE

Sur l'an, Gastme sainte, Mère des demi-Dieux Sa teste de vert peinte Envoyé jusqu'aux cieux.

Caché sous les ombrages verls, Gastine, ]e te chante,....

(L'abljé MoRANGÉ, Ronsard, pp. 14(i-7).

Gâter, v. a. Répandre un liquide. — Gâter de teaii se dit pour uriner.

Il n'eût rien de plus près que de mettre le doigt au-devant du pertuis du tonneau, car il ne voulait pas laisser gaster son vin. (BoNAV. Despériers. Contes et devis. Nouv. XLVIPi.

Gau (d' ou de). Se dit des fruits. Les pommes qui tombent avant maturité complète, à la fin d'aolit, sont dites pommes de d'gau, ou simplement des (Vgau. [Neuville.) V. Dégau et Go.

Gaulayer, v. a. Gauler les fruits des arbres, et aussi poursuivre avec une gaule, des enfants, des chiens, etc.

Gaulicelle, .s. /'. Ecliasse. Cette expression vient peut-être de galoche, que le vocabulaire de Chompré rend en latin \^av g alliez ; nous avons dans le Maine, comme témoignage en faveur de cette opinion, égaloche, pour synonyme d'échasse. Il est possible aussi que ce '6o\i petite gaule, les enfants ne s'adressant ni au menuisier, ni au toui-neur pour se procurer cet instrument de plaisir : ils coupent une gaule en y laissant un crochet, dans lequel ils entrelacent de menues branches, et c'est là-dessus qu'ils posent le pied.

Gauper, gaupier, gaupler, v. a. Couper avec la faucille sans y mettre de soin, aller de ci et de là

s;ins direction, aller de coin en qiià, faire les choses sans ordre et sans régularité. [Loué.) Ah! iVlesieii, j'sai bin heureux que le bon Dieu gauple^ i m'a oublié , dit un vieillard. [E.s/iault.)

Gausant, te, adj. Contrariant, qui dérange un projet. V, Gûsant.

Queniau gdausant, impossibie il, mouillée) ; c'est un enfant désagréable, insupportable. (Bakbeu du Rocher.)

Gausé, e, adJ. Contrarié, ennuyé. Nous avons dû avoir le verbe causer en ce pays-ci, et il a dû avoir la même racine que Agousser. V. ce mot,

Gavaud, e, adj. Viveur, mauvais sujet.

Gavauder, v. n. Manger son bien, vivre dans le désordre. C'est évidemment galvauder dont une des acceptions est identique. (Acad.)

Gaviau, s. m. Gosier. On trouve dans les dictionnaires : Gavion, pop. (A. Bos. Gave.)

Gaver, Gavé, se disent surtout des oiseaux domestiques qu'on engraisse en les l'oreant de nourriture. (Barbeu du

ROGHKR.)

GavignoUe, s. f. Ivresse. — Gosier.

Géane, .s. f. Féminin de géant.

Géhaigne, .v. /'. Gêne^ souffrance. On retrouve dans cette manière de prononcer, encore quelquefois usitée, la trace du vieux mot ^e'/^e/z/ze qui, comme on le sait, a fait gêne. L'Académie a limité le sens de de géhenne à celui cVenfer.

elle sortit de cette épreuve, mais tellement cjehainnée

qu'elle en resta infirme et impotente. (Ledru. La Recluse, ]). 82.)

ladite suppliante a este par plusieurs foiz inter-

roguée et rjehaynnée (Ibid. Lettre de rémission. 1485.)

le président le ht gcner (Anis. P. de Bouille,

poëte manceau.)

Gelive, adj. f. Dent sensible, agacée. Quand vient la frai, les dents sont gelives. (Esîsault.)

Gênance, s. f. Souffrance.

Genèbre, genièvre,/»./'. Genévriei*.

Quand on y brusle des Lois bien odorants, comme sont les cyprès, les genèures et les sapins. (Amyot. OEuvres de Plutarque. De Isis cl Osiris.)

Gent (une)^ s. f. Une personne. — Les (/ens de quelqu'un sont ses parents, ses f/ens, ou, suivant les circonstances, ceux qui vivent sous le même toit ou dans le même village. (A. Bos. Gent., 1.) — Gent bout d'hoimne, synonyme de nabot.

La (/en/ qui demeurent dedens les murs de Paris (Bau-

Biiu du RocHEK. Etienne Boileau, 2° Partie, p. 296.

(lue nus n'euvre àfeste iestable sus paine de l'amende,

se ce n'est pour le Roy et pour sa gent. (Le même, Ibid., p. 408.)

Genue, s. /". Jour de cave. (A. Bos. Chenel, 2.)

la cjenue(.[\x\. se trouve sous l'évier de la boulangerie

doit être refaite. (Robert. L'Instruction au xvni° siècle, ville de Gonlie.)

Geôlue, s. f. Radicules des plantes. V. Cheulue. (A. Bos. Chevcler.)

Gerbe, .v. /". C'est le nom que l'on donne spécialement à la dernière gerbe. — Dans le Maine, comme ilans presque tout l'Ouest, l'usage (!sl de battre les

DU HAL'T-MAINE "iS*.)

^'rains aussitôt que la récolte est terminée. Quand il ne reste plus que peu de froment dans la grange^ on prépare une grosse gerbe qu'on orne de fleurs et de feuillage ; on y ajoute même quelquefois des volailles attachées par couples, et destinées à être les victimes delà fête. Le moment venu, qui est toujours le soir, les batteurs armés chacun soit d'un flaii^ soit d'un balai, les femmes mêmes portant des fourches ou d'autres attributs, vont chercher la fermière ( la métraisse] ou les per-sonnes notables invitées à cet effet, les conduisent à la gerbe, la leur font porter en les aidant fortement bien entendu, et vont l'éparpiller sur Taire. Les personnages prennent un flan et en donnent quelques coups sur les épis, après quoi, les batteurs sérieux, hommes et femmes, achèvent la besogne, en s'astreignant à certaines cadences traditionnelles. La cérémonie se termine nécessairement par un bon souper dont le métré fait les frais, et qui est arrosé par les invités.

Gerbeler, v. n. Se dit des objets qui prennent une forme approchant d'une gerbe, des mèches de lampe qui se forment en champignons, etc.

Gerbeleux, se, adj . Sujet à gerbeler. Un qiieniau qu'à les pais gerbeleux, est un enfant mal peigné.

Geval, gevau, s. m. s. Cheval. V. Ch[e)vau.

G(e)veu, .S', m. Cheveu.

G(e)ville, s. f. Cheville.

Gidelle, s. f. Ecuelle, gamelle, tasse.

Gigier, s. m. Gésier.

Gigue, i\ m. et /. Jambe ; les enfants disent ; ça

cest mon gigue.

Gilée, s. f. Jet d'eau, pluie. (A. Bos. Guilée.) Gîler, V. a. et w. Jaillir en filet, seringuer. Le sang

lui gilait de la veine. (A. Bos. Giscler.j

Gilette, s. /. Gilet long à manches et à poches, qui se porte sous la blouse. [Neuville.)

Giloire, gilouère, s. f. Grenouille qui gîle de l'eau quand on la prend. — Seringue en sureau. V. Canne gilouère .

Gingorée, v. f. Mets mal apprêté, objet écœurant. V. .Juin.

Gingue, ginguette, s. /. Jeu de mains, tout jeu dans lequel agit le corps, courses, danses, etc.

Ginguer, v. n. Jouer en luttant, jouer des mains. Les gds et les fumelles, çà qiiainie bin à ginguer. (Dict. de Trévoux. Jynguer.) Ménage donne à ce verbe le sens de ruer du pied, ce qui fait dire à Furetière que ne l'ayant trouvé nulle part ailleurs que dans ledit Ménage, celui-ci l'aura confondu avec giguer. Dans le fait, les deux mots sont bien voisins de toute manière . Dans le Glossaire de Du Gange, sons Joculari, on trouve gengler employé au même titre que notre verbe, et c'est de celui-là qu'on a fait jongler. (A. Bos. Giguer.)

Gion, s. m. Ajonc.

Giries, s. m. pi. Phrases affectées et menteuses, douleur exagérée et fausse. Gilerie signifiait mensonge. (Du Gange. Guillator. — Raynouard. Guilar, sous Guil.

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Gironnée, .s. /'. C'est ce qu'une lemuie peut porter dans son tablier en tenant les deux coins dans ses mains. V. Devanfiau. !'A. Bos. Giron, 1.)

Maîtresse Liiiuiay jeta deux (jironnées de sapiiietlo dans le l'en prêt à s'éteindre. (Deschamps-Lariviére. Légendr de la biiUe de Monta ngis.)

Gisière, s. f. Lit de terre ou autres alluvions apportées et posées par couches, par les eaux ou par le temps. Ce mot vient du vieux verbe r/ésir[jari'ré), qui répondait à aliler ou être couché, et qui nous a laissé quelques-uns des temps qui le composaient. (Ravnouard, Jdsler sous Jaze7\ — A. Bos. Gésier sous Jesir.)

Glane, guiane, v. /'. Action de glaner, épis abandonnés ou fruits que l'on glane, quête que font les sacristes et les bedeaux dansdeurs paroisses au jour de l'an et à Pâques, et pour leur propre compte. La glane de Noël se lait pour le compte des fabriques, et surtout pour Ici aider à faire face aux frais qu'entraîne la célébration de cette solennité. La quête que font les sacristes et bedeaux à Pâques s'intitule aussi l'action d'aller aux œufs de l^âques. V. Pàquerel .

On dit aussi la i/uia)ie r\e^ a[rran(;hisseux et autres. (Bar- BFU DU Rocher.)

Glaviau, .y. ])i. Glaire, crachai, mucosité. (Bar- BEU DU Rocher. Glaôlà ., (/lavia, pleuvoir, et Glaù, (jlav, eau de pluie, en breton. '>

Gnangnan, x. m. Langage mignard que l'on parle aux enfants.

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Gnangnau, adj. Grande personne qui utlecle un parler enfantin, qui a des goûts puérils.

Gnas, gnias, s. m. Enfant lent, maladroit. V. Guena>i.

Go (d'i loc. Des potumes de d'go ou des d'go tout court, sont des fruits tombés à la fin d'août. [Montfort'le-Rotrou.) V. Dé(/au et Gaii.

Go [tout de) en français signifie librement, facilement :

Dodo, l'enfant do.,. .

Tu vas t'endormir, la belle,

Dodo, l'enfant, do

Tu vas l'endormir tout d'/ju !

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