LVII
Chouart, 6\ m. Godet pour prendre l'eau dans les seaux de cuisine . CJioane esl, dans le vocabulaire de Chompré, un creuset.
Chouche, s. f. Souche.
Choue, s. f. Chaleur. Voyez Chaue.
Ghoulle, s. f. Grosse pelote. Voyez Soûle.
Ghouse, tte, s. m. et f. Un homme ou une femme dont on a oublié les noms. (Barbeu du Rocher.)
Choyer, chuiller, chuyer, v. a. Ménager, économiser, garantir quelqu'un de peines, le traiter avec ménagement, lui donner de Faide. Voyez Cheviller' (A. Bos. Chuër.)
Ch'ti, fe, adj . Chétif. (Barbeu du Rocher.)
Chuergne, s. m. Poisson blanc. Voyez Clievergne.
Ghurgien, s. m. Chirurgien. Voyez Surgien.
Chus (je). Prétérit défmi du verbe c/^o^>. (A. Bos. Cheû sous Cheoir.)
Chus, chute, Participe passé, masculin et féminin du verbe c/io/r.
Duquel coup estant chente de son long. (Montaigne. Essais liv. II, ch. LVii.)
Les anciens prophètes... disans les vains songes estre cachés sous les feuilles clientes en terre. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. XIII.)
Chuter, v. a. et n. Faire tomber, tomber. Chutrin, s. m. Grabat.
Cieun, p?\ m. pi. Ceux, pluriel de cehti. On le fait toujours précéder de les : les cieim gui ont dit
DU HAUT-MAIIVE 169
ca^ c'est des bègues. On dit aussi 52>;i5 el ceux-siens . {Neuville.)
Cinard, cinas, s. m. Plancher fait avec des gaules ou de mauvais bois. (Du Gange, Solarium.) Voyez Solier.
Cinelle, s. f . Senelle, toute sorte de petit fruit ou baie, prunelle. [Vallon.) (A. Bos. Cine.)
Gintième, adj. et s. m. Cinquième. Nous voici d'accord avec tous les concierges de Paris,
Ginton, 5. m. Séton.
Gitrailler, v. a. Griser avec du cidre.
Gitre, s. m. Cidre, Le petit citre ou retiron., se fait en mouillant et en laissant tremper quelque temps, la motte sèche de marc qui a donné du cidre pur ; le cidre baubique (voyez ce mot) est l'intermédiaire. {Montfort-le-Rotrou.) (A. Bos. Citre, citrouille.)
Gitrer, v. a. Faire le citre. J'vds citrer toutes mes pommes cette année. (Neuville.)
Giverée, s. f. Ce que contient une civière ou une brouette, cette dernière surtout, (A. Bos. Civée.'}
Cives, s. f. pi. Ciboulles. (Barbeu du Rocher. — Et. Boileau. 2^ part., p. 335.)
Givière, s. f. Brouette à roue, au lieu d'être un brancard. (A. Bos. Civée.)
Givière, s. f. Courlis de terre, ainsi nommé parce que son cri rappelle le bruit de l'essieu mal graissé d'une brouette. {Loué.)
Glan, s. m. Petite barrière à deux battants
qui se place à chaque entrée de champ Voyez Quian {V).
Clanche, 5. /. Verrou de bois. (Du Gange. Clingere, Pessulum. — A. Bos. Clanche, 1.)
...à Pierot Descamps, fevre et serurier pour ung crampon, une menton, une dencque et ung sacquoir poi.r l'huys de la cuisine de le censé, pour tout ce 2 S. (Babbeu du Rocher. Roquefort suppl., Sacquoir.)
Cliché, s. f. Diarrhée.
Clincailler, clincailleur, s. m. Quincaillier. [Neuville .) On disait cllnquer pour désigner l'action de produire un bruit naélallique ; de là, on avait fait clincdille. Le cUnqiimit ou cliquet était le son de la cloche. (Du Gange. Cliquetum.)
...les lépreux étaient obligés de loin d'annoncer leur passage par le son cria.-d d'une cliquette de bois... (Legkay. St- Gilles-des-Guérets, p. 30.)
...de ses propres mains, il »e fabriqua, des cliquettes . (Le- DRU. Le faux ladre.)
LesQuinqualliers. (La Fcte-Diea à la Flèche en 1761. Province du Maine, 1897.)
Gloscu, 5. m. Petit oiseau éclos ou pondu le dernier de sa couvée. (Ménage. Closcu. — Dictionnaire de Trévoux. Closcu.)
Closerie, s. f. Petite métairie. (A. Bos. dosage.)
Plus, que je jouis d'une petite closerie appellée le Petit- Preshitaire. [RoQimr. Saint-Jeati-de-la-Motte, p. 332.)
Closier, ère, .s. m. et /".Fermier ou fermière d'une closerie. (Â. Bos. Closier, 1.)
(1) Beaucoup de ces mots commençant par (7/, se prononcent comme s'ils commençaient par Qui.
Cloteau, clousiau, .s\ m. Pellt champ, petit clos. (A. Bos. Closet).
...ung cloleau de terre en laditte pièce près ledit lieu de Prédet. .. deux bolssellées de terre ou environ. (Remembrances du fief de la Grange-Mureau en Vallon, 5 juillet 1539.)
Le cluiix de la maliaderie de Courlgaiii vacque... (Froger. Comptes de fabrkjuede Courgains.)
Cô, s. m. Corps. J'ai rcô tout guenrmi. (Barbeu DU Rocher.)
Coche, s. f. Truie. La coche pour porter est la jeune truie qu'on garde tout l'hiver, pour en avoir des gorets au printemps. {Montfort-le-Rofrou.)
Cochelin, s. m. Gâteau qui se fait pour Noël ou le P'' de Tan ; il est de forme ovale. Il doit probablement son nom à de petits ornements de pâtisserie en forme de coqs. C'est par ce mot que Ton désigne aussi les cadeaux faits à un filleul par ses parrain et marraine. Le cochet était un présent en viande, en vin ou en argent, qu'un nouveau marié offrait à ses compagnons. (Du Cange. Cochettis^ 3. — A. du Pey- Roux. Alpes Mancelles^c\\. xvii.)
Cochêne, s. m. En tordant l'écorce de chêne au moment de la sève, on fait un cornet en forme d'entonnoir, pour l'amusement musical des enfants. Barbeu du Rocher ajoute qu'un paysan ayant fait cet instrument, lui dit : Le cochêne vaudrait mieux, mais il ne sait pas si son paysan était d'accord avec son dictionnaire d'histoire naturelle (?) où ce mot désigne le cormier. Dans le Dictionnaire de F. E. Guérin {Paris, 1839), le cochêne n'est autre que le sorbier des oiseleurs.
Cocher, v. a. Compter au moyen de coches ou entailles faites sur une baguette de bois fendue par la moitié. C'est encore un usage universel pour nos boulangers et nos laitières.
Cochet, s. m. Scorsonère sauvage, qui se mange en salade au printemps. (Mon//or/-/e-i?o/ro*f.Woyez Ricochet.
Coconier, s. m. Marchand d'œufs, de volaille, de gibier, et de beurre^ qui fréquente les petits marchés de campagne. Dans YHistoire et recherches des antiquitez de Paris, Sauvai assure que : « anciennement cossoniers et cossonerie voulaient dire la môsme chose que poulailliers et poulaillerie. » Coq et Cost étaient synonymes. (Raynouard, Cost. — A. Bos. Coquatier.i
Les coquetiers Taisaient le commerce d'œufs, de beurre, de volailles et de fruits. (Nisaud. Etude sur le patois de Paris, 1872, p. 94).
Cocquantin, s. m. Volant du jeu de raquettes. Cité le 162^ parmi les jeux de Gargantua énumérés par Rabelais, liv. I", ch. xxii.
Coëssin, s. m. Coussin. (Du Cange. Coj/sinus. — Raynouard. Coyssin . )
Puis avec son bracgmart, fendit la coitte et coissin en deux. (Rabelais. Pantagruel, liv. V, ch. xv.)
D'antique ouurage a composé Nature Le boys du iict, ou n'a vng poinct obmis : Mays au coissin plume très blanche et pure D'ung blanc coulomb le grand Ouurier a mis. (Cl. Marot. Citant Royal de la Conception Nostre-Dame.) Couessin vient de couette (du latin culciira, matelas) ; au moyen-âge celle-ci était une couverture garnie entre deux
DU haut-Maine 173
doubles de plume ou de laine, c'est-à-dire le couvre-pieds ou édredon moderne. Faire in couetle, c'est préparer le lit pour se coucher. (Barbiîu uu Rochkr.)
Coëtil, s. m. Coutil. (RoB. Estienne. Coiti.)
Coffir, V. a. Fausser ou bossuer un objet de métal. Cophe signifiait creux. {Du Gange. Cophrus.) En français familier, on dit escoffler. (Raynouard. Escophiment.) Voyez Décoffir.
Il y a en français le mot se coffiner ou se copluner, en parlant des planches de bois, qui signifie s'arrondir, se voiler, se gauchir. La corbeille ou cophin est de forme arrondie.
(B.1RBEU DU ROCHER.)
Coffisseure, s. f. Bosse faite à un vase ou à un autre objet.
Gognairie, a.f. Coin ou angle saillant d'un bâtiment, terme de maçon.
Coin (de) en quâ,, loc. Se dit de tout ce qui n'est pas fait avec ordre ou symétrie. [Neuville, Loué.)
Coissin, s. m. Coussin. Voyez Coëssin.
Colas, ^. m. Gâteau plat aux pommes entières. {Tuff-é.)
Colidor, s. m. Corridor.
La prestimonie était alors divisée « en quatre chambres basses, deux colidors,. . . . (Cte. de Janssens. St-Pierre-du- Lo7'ouer, 1794.)
Colin-fumelle, s. m. Petit garçon qui aime les jouets de petite fille, homme qui fait des ouvrages de femme.
Communs, .>>. m. pi. Espèce de tuile blanche.
Compaig^nie (être de). Etre sociable, aimer le plaisir. (A. Bos. Compaigne .)
Ronsard écrivait compaigne . (Froger. Etude sur les premières poésies, p. 156.)
Compère-loriot ou loiiriot, s. m. Bouton d'échauffaison qui se forme sur les paupières et ferme quelquefois complètement Tûeil. On l'appelle aussi grain d'orge^Qi orgelet. Lours s'est pris ^onv borgne. (Du Gange. Luscus.)
Conerire, v. n. Se dit des objets qui se forment dans la terre, y durcissent ou y fermentent, et des animaux qui s'y engendrent. On dit de beaucoup d'insectes qu'ils se concrientovi concrillent dans la terre; les scarabées et particulièrement Y hanneton ou teiir {turc) sont dans ce dernier cas. La concrétion est un substantif français qui doit correspondre à conerire {concrescere., concretus.)
Cône, .V. f. Corne. Voyez Crônier.
Confée, s. f. Consoude (plante fourragère). C'est une prononciation plus usitée que Caufée, suivant Anjubault, qui remarque judicieusement qu'elle se rapproche du nom latin de la consolide., consolida.
Connaissance, s. f. Bonne amie, maîtresse.
.... en cognoissant ladite suppliante. .. (Ledru. 1m Recluse, lettre de rémission, 1485).
Conroi, s. m. Corroi, argile, marne argileuse, qui sert à réparer les chaussées d'étangs, de moulins.
Conroie, s. /. Courroie. (Â. Bos. Conreër.) Conroyer, v. a. Corroyer, parer une pierre et
surtout une meule de moulin. Dans son Dictionnaire français- latin, Robert Estienne indique convoyer comme synonyme de menuiser. (A. Bos. Conreër.)
Gonroyeux, s. m. Corroyeur; ouvrier chargé de piquer et parer les meules de moulin.
Consel, s. m. Conseil. Etre du consel, c'est faire partie du conseil municipal. [Montfort-le-Rotroii.)
Conséquent, e,«â(;'. Important. C'est une locution parfaitement condamnée, mais aussi parfaitement répandue, dans le peuple, ici comme ailleurs.
On se sert du mot conséquent.
Sans en sentir la conséquence.
Cela, dit-on, est conséquent !
Est-on grippé, c'est conséquent :
On tousse, on souffle; en conséquence Vient un docteur très conséquent Qui vous traite sans conséquence.
{Paris, Versailles cl les Provinces au xvnr siècle, tome III ; il y a cinq stroplies sur le mot conséquent.)
Content, e, adj. Rassasié, repu. Via nos gorins bin contents.
Contenter, u. a. Rassasier. Qiieu chère goule l rin ne la contente.
Contre, adv. A côté.
Tout contre {Souvenirs de la marquise de Gréquy, P. 1840, t. I, p. 51.)
Contrepointe, s. f. Escrime.
Contretable, s. f. Ré table.
quérir de la pierre de tulle à Parigné-l'Evesque pour
faire la contre-table d'autel (Froger. Paroisse de Lom-
bruu, IGi'i.)
le marbre qui fait le contre-table et bouts de l'autel
à la romaine (Le même, ll)id; 1774.)
Gônu, e, adj. Cornu.
Cônuau, s. m. C'est un i^enre de cochelin ainsi nommé parce que les petits coqs de pâtisserie ont plutôt la forme de cornes (qu'on disait quelquefois cônes) que de petits oiseaux. (A. Bos. Cornuel.)
Cô-pie, coq-pie, 9. m. Le coq-pie passe pour être très méchant. On l'obtient en faisant couver trois œufs de poule par une pie dont on déménage le nid. Les coqs qui en proviennent sont très batailleurs.
Copieux, se, s. m. Copiste, contre-faiseur. [Les Copieux de la Flèche. Union historique du Maine, 1894.)
Goquart, s. m. Métis de volailles. {Tuffé). Coquart est synonyme de niais, sot, attrapé. [Cent Nouvelles nouvelles, i. l. p. 221. — A. Bos. Coquart.)
Coquas, s. f. OEuf. (Ménage. Quecas.)
Goquassier, ère, s. m. et f. Marchand d'œufs, de volaille et de gibier. Voyez Coconier. (A. Bos. Coquassier.)
Coquau, coque, y. 7n. Oiseau le dernier venu de sa couvée^ et qui était encore dans la coque alors que ses frères étaient éclos ; c'est ordinairement le moins gros. On dit la même chose d'un enfant venu au monde le dernier et longtemps après les autres. Voyez Recoqué.
Coqueleiner, v. a. Irriter, metlr^dans une colère de petit coq.
DU nAUT-MATNE 177
Coqoentin, s. m. Jeu de volant. Voyez Cocquantin.
Coquerette, s. f. Cardamine ou cresson des prés. V. Couquerette.
Goquonier, s. m. Marchand d'œufs. Voyez Coconier.
Corder, v. a. S'accorder ensemble, vivre en bonne intelligence. (A. Bos. Conlei\ 2.)
Se un jaugeur jauge et se li seconz jaugeur se corde
au premier et se li secouz jaugeur ne se corde pas au
premier (Barbeu du Rocuer. EL Boileau, p. 28.)
Core, adv. Aphérèse pour encore.
Corée, s. f. Inleslins. Voyez Couvée. (A. Bos. Corée^
Corme, .s. m. Boisson de cormes.
Et à boyre belle piscantinc et beau corme. (Rabelais. Pantagruel, liv. IL ch. XXXI.)
Corne, s. f. Callosité aux mains et aux genoux. V. C ailloli.
Corner, v. a. Crier fort. Ne venez donc pas me corner dans les oreillas. — Le vent corne dans les cheminées. Chez Ronsard corner est remplacé par sonner. (Froger. Les Odes.) (A. Bos. Cornoier.)
Corporence, s. f. Corpulence. On n'est pas bel homme sans cet appoint. (A. Bos. Corporence.)
Cosse, 5. f . Pierre, variété de silex dite cornée qui se trouve dans l'argile dont elle a, à l'intérieur, la couleur rouge. Dans certaines marnes blanches, la
pierre cosse cassée, se montre noire à Tintérieur. [Montfort-le-Rotrou . )
Cossiau, s. m. Petite auge portative dans laquelle on donne aux bestiaux du son ou des cosses de légumes. — Tire-vaclie, seillau ou sciau en ferblanc avec un bec pour vider le lait. [Neuville.)
Cossiau, s. m. Sabot ou cornet en bois ou en fcrblunc^ que les faucheurs portent à la ceinture, et qui contient le vinaigre destiné au repassage de la faux.
Cotaison, s. f. Assolement. Voyez Coutaison. (A. Bos. CoUivage.)
Cotaisonner, v. a. Assoler les terres, régler pour une époque prévue la production des femelles. (A. Bos. Colturer.) V. Assaisonner.
Gotatibi, cotativi, .9. m. Ecot, quotepart. Si ce n'est tout simplement du latin, il ne s'en faut guère. [Qftofa tibi.) (A. Bos Cotage, 1.)
Côtier, ère, adj. Qui a une cûte saillante, de travers, ou la taille mal faite. Voyez Coûtier.
Cotre, s. ?>^. Contre de charrue. (A. Bos. Collre. 1.)
Cottir, V. n. Jaillir, éclabousser.
Cotisseure, s. f. Eclaboussure.
Couaë, .9. /. Corbeau, choucas, corneille, par onomatopée. Coï^^ë s'emploie toujours au féminin ; une couaë, des petites coiiaës.
Dou vilain, qui norri une choc. (Marie de Franck, t. II^ p. '.':;i, fable 48.) Au 2" vers, le mot est écrit une kainoe ; comme Marie vivait en Angleterre, cette forme est Anglaise et sonne à peu près cane'A; au 24° vers une caive. lui anglais moderne: caw (cù) croasser, crow [crû) corneille. (Barbeu du Rocher.)
DU nAUT-MATNE 170
Gouaille, s. f. coualllon, 5. m. Couches des enfaïUs, guenilles de laine ou de toile. Suivant Borel, coaille viendrait de coue, parce que c'est à la queue du mouton que se trouve la plus mauvaise laine. On dit encore aujourd'hui et partout écouvillon^ pour désigner le torchon avec lequel lesboulangers essuient le four, et ce nom a passé h, la brosse avec laquelle les artilleurs nettoient l'intérieur des canons. Tous ces mots ont de la ressemblance avec toiiaiUc ou touaillon^ qui se disaient pour serviette^ essuiemains. (Du Gange. Toaciila. — Raynouard. Toalhon sous Teisscr. — A. Bos. Toaille.)
Couailler, v. n. Crier, faire comme la coucœ. (Barbeu du RocnER.) Gouâ,melle, couêmelle, s\ f. ¥\\\o. [Loué .)
Gouâpeler, v. a. Faire des copeaux. (A. Bos. Chaablcr.)
Gouapiau, s. m. Copeau.
Couart, s. m. Queue. Voyez Cour et Couet.
,1'mangcrais bin petit coîmj'Z qui branle. [Vieille histoire de nourrice de Tennio.)
Coucou, s. m. Oiseau,
Cucullus cnnorus . L. — Les paysans distinguent le coucou arrjenté, qui est l'espèce à l'état adulte, du coucou doré ([ui n'est qu'un jeune de la seconde année. (IjEtacq. Observations ornilhologiques, 1897.)
Coucou, ^.m. Plante. Primevère officinale. (Mlle Maugeret. La Science à travers champs, ch. iv.)
Coudrais, s. f. pi. Coudraie. (A. Bos. Colclre.)
jardin, garenne et couldroye d'autour de ladite maison (Gte de Beauchesne, La Roche, Talbot, ch. vu.)
Saint-Denis-dcs- Coudrais est une paroisse du canton de Tuffé.
Coudrer, v. a. Coudrer du bois, c'est le faire convenablement sécher avant de faire les fagots.
Coue, s. f. Queue. C'est de ce mot qu'est venu celui de coimrc?, poltron, par comparaison aux chiens qui mettent la queue entre les jambes quand ils ont peur. Couard se disait caudatiis en basse latinité. (MÉNAGE. Brode^ Couard^ Coiié.) — Les Anglais de la province de Dorchester, étaient dits couéz^ à cause d'une tradition qui leur attribuait le désagrément de naître avec un appendice caudal. A la fin du vie siècle, Saint Grégoire le Grand, alors pape, envoya dans cette contrée, pour prêcher l'évangile, un légat que les habitants païens insultèrent, en attachant des grenouilles à la queue de sa robe, ce qui constituait uu outrage sanglant. Le prolongement rachidien fut imposé à ces mécréants en punition de leur méfait, et leurs descendants durent aussi subir ce honteux stigmate d'un nouveau péché originel.
La quarte merveille sera qu'une commette sera véue au ciel, c'est une estoille crenue et coée. (Chu. de saint-Denis, Phelippe Auguste, ch. xxi.)
Couême, adj. Couard, poltron.
Couet, s. m. Petite queue. Voyez Couart et Coiic.
J'ai toujours entendu au Maine faire coué du masculin. (Barbeu du Rocher.)
Coiietter, v. n. Remuer la queue. Se dit surtout
des chiens et des oiseaux. (A. Bos. Cocter.) Je ne me souviens plus dans quel hameau existe le bouchon : A la pie qui couette.
Couflas, s. m. Jeu d'enfants, qui consiste à sauter en restant à peu près assis sur les talons. Voyez Accoiifler.
Couisseter, v. n. Crier de détresse. Se dit des petits animaux : c'est une onomatopée.
Coulage, 5. m. Ce qui est perdu par incurie, paresse, ou mauvais vouloir.
Le coî<7ai/e dans les fermes (Colonel Basserie, La
citerne à purzn. Société des arts, 1887.)
Coupage, s. m. Semis mélangé pour donner en vert au hestial. [Loué.)
Coupeau, s. m. Filasse d'étoupe mise en poupée. D'après l'abbé Coutard [Sainte Sabine, 1892), coupeau qui fait au féminin coupelle, a le sens de sommet, cime, faîte : Le coupel de la tête.
Couper (se), v.pron. Laisser entendre en conversation avec un adversaire ce que l'on aurait intérêt à lui cacher.
Soyez ferme dubabin,ne vous couppez point et vous n'aurez jamais mal. (L'abbé Ledku, La Recluse, p. 71, et Plaidoyers au Parleme/U, 14S5.)
Couple, s. f. Paire. (A. Bos. Copie.)
En français couple est masculin, et n'est guère employé que dans deux sens : un couple pour attacher deux chiens, cl un couple signifiant deux époux. Au Maine, une couple a le môme sens que paire : eune couple d'œufs, de fagots d'heures, d'années. (Baudeu du Rocher.)
Couquerette, s. f. Cardaminc ou cresson des prés. Voyez Coqiierette.
Gouquier, ère, adj . Qui a une côte de travers ou la laille mal l'aile. C'est la prononciation de coûtier ou coder.
Courarts, adj. m. pi. Porcs de laits déjà forts {Mayet.) V. Angcviniers et Laitons.
M. D-*- en a déjà tué plus de 600 (san^'-Iiers), courables, gros et moyens. (Beauvais de saint-Paul. Souvenirs d'un vieux Loiivetier, ch. x.)
Gourassier, s. ?n. Coureur, flâneur, libertin. C'est un coitrassier^ un fumellier. V. Traînier.
Gouratier, ère, s. ni. et /. S'entend de tous les petits marchands qui vont acheter à domicile pour revendre. C'est un peu le même mot et tout-à-fait la même chose que courtier. (Du Gange, Corraterius.) Voyez Regratlier.
C'est le grand entremelleur et courm^itjr. (P. Cjiarron. De la Sagesse, liv. I"', ch. xr, 3.)
Le mot se trouve sans cesse dans le Livre des Métiers ; page IGO, on tvouve cour ralage. (Baubeudu Rocher.)
Gourbeton, s. m. Grande cheville de bois à laquelle ou adapte une branche courbée qui sert à attacher les bœufs, coujoinlement avec l'ambiet. Du Gange donne Corbcsson (au mol Corba) et Bos Corbéce.
Gourcer, v. a. Coui-ii". On ne l'emploie que dans le sens actif, comme je l'indique. Ainsi on ne dira pas courcer après un lièvre, mais bien le courcer. (A, Bos. Corser^ 2.) Voyez Giœuvre [Lièvre.)
Courcière, s. f. Litière pour les bestiaux.
Il y a des propriétaires adjacents qui achèvent de ruiner les chemins en mettant chaume et courcière dans ces chemins qu'ils creusent annuellement pour en enlever les engrais avec la terre. (Moulard, Vancé avant la Hévolulion. Société des Arts du Mans.)
Courcière, s. f. Désignation des champs sur lesquels on a jeté du lutfeau en poudre pour les amender, pendant que le chaume y est encore.
Gourée, s. f. Intestins, fressure, rate ou mésentère. (Du Gange. Corallum, Corata. — Raynouaru. Corada sous Cor, 9.) — Lorsqu'on meurt d'une chute ou d'une violente secousse, c'est qu'on s'est démanché la courée. Voyez Corée.
Le curé lui manda qu'il seroit le Jjienvenu, et incontinent s'en va acheter force courées de veau et de mouton. (Bonav. Despériers. Contes et Devis, nouv. xxxvi«.)
Gourgeon, s. m. Escourgée, petit cordon de montre, cordon de cuir dont on garnit les bâtons, les cannes, les parapluies, etc. (Du Gange. Correseyria^Corrigiola. — Raynouaru. Corcja et Coritja sous Cuer. — A. Bos. Corgie.)
Et ceulx qui de courgetz plombez... (t'uoGER, Ronsard, Ode à Madame Marquer itte.)
Dans cet exemple courQctz est mis pour fouets^ ailleurs Ronsard emploie courgets comme équivalent de gands. (Le même, ïZ'2V/^m, OEuvres.)
Gourir, v. a. Trotter vite. Faire courir un cheval, pour l'essayer. {Le Mans.)
Gouronnelle, s. f. Guirlande ou pelote de fleurs,
comme en font les enfants avec les coucous, les pâquerettes ou les bleuets.
Course, s. f. Allure rapide d'un cheval. Celai qui trotte bien et vile est bon pour la course, et il est bien différent du cheval de course.
Courtil, s. m. Petit jardin. (Du Gange. Curliculi, Curtile sous Cortis], Il est inutile d'insister sur le droit de nationalité de ce vieux mot.
— Ung courlil au Tainbert avec un quartier de vigne [Remcmbrances du fief de la Grange Moreau en K«//on, 17 juillet 1533.)
Toute cette partie de la commune de Cré-(sur-Loir) se nomme les Gourlils. La propriété y est divisée à l'infini et se compte par planches. Cliaque planche de Courtil est en général un rectangle de 4 à 5 pieds de large, sur 15 à 20 pieds de long. {Revue du Maine, 1891, pp. 42, 47, 7G.)
Il en est encore de même à Sillé-le-Philippe.
Gourtillerie, s. f. Très petite métairie. (A. Bos. Corlil.)
Gousiner, v. n. Se frotter les jambes l'une contre l'autre en marchant. Avec beaucoup de bonne volonté, on pourrait faire venir ce verbe de cauche^ qui était et est encore la prononciation picarde de chausse. On consentirait alors à supposer qu'on a dû dire d'abord cauchiner?
Ça vous cousine dans les jambes, dit un homme qui a bu. (Morancé. Gardes Mobiles de la Sarthe, 3°édit., p. 276.)
Gousiot, 5. m. Mauvaise couturière. (A. Bos. Cosëor.)
Gouson, s. ?n. Petite ouvrière, petite apprentie en
coulure, mauvaise couturière. Pour nous Vouvrièrc tout simplement est la lingère ou repasseuse, tandis que Voiwrière en robes fait les vêtements d'homme et de femme- Cousson, s. m. Gousset de l'aisselle.
Goutaison, s. f. Assolement. La coutaison d'une vache est l'époque oh elle doit produire, suivant les les lois de la nature. Voyez Cotaison, Cotaisonner et Décotaisonner.
Coûtier, ère, adj. Qui a une côte saillante ou rentrante, la taille de travers. Voyez Côticr et Couquier. Ronsard écrivait cousté pour côté. (Froger. Etudes sur les premières poésies, p. 156.)
... joignans les Irois corps de maisons... d'aultre cousté la maison..., cousteant d'un costé les maisons... (Triger. La maison dite de la Reine Bérengère.)
Coutisse, s. f. Lacet ou cordon en cuir comme on en met aux gros souliers, aux fléaux à battre les grains, etc. Voyez Coiirgeon.
Gouvarte, couverte, s. f. Couverture de lit. Dans la cavalerie, la couverte ployée, se place sous la selle, pour que celle-ci ne blesse pas le cheval. (A, Bos. Covertoir.)
Il fut contraint de s'apaiser pour une couverte de Catalogne que lui donna le sire André. (Bonav. Despériers. Contes et Devis, nouv. xi*.)
Un gardcrobe gras servoit de pavillon De couverte un rideau.
(RÉGNiEfî. Satyres, xi'.) ... j'ai juslement besoin d'une couverte pour l'hiver, sauf vot'respec', la mienne est si tellement confondue par l'usé,
que mes pieds passent à travers. (Bruneau, Union historique du Maine, 1894.)
Coyau, s. ?n. Pièce de bois qui s'ajoute à Texlrémilé inférieure des chevrons, pour relever le bord du toit.
Item, à Jehan Allasseur qui a couvert lad. église et fait la latte et les couj/eaM/a;.. . (Fkoger. Réfection de l'église de Chevaig?ié en 1510.)
Coyauder, v. a. Mettre des coyaux ou relever le bord d'un toit.
Crachat (de coucou, de grenouille). {Tiiffé.)
Ecume printanière, liqueur écumeuse dans laquelle s'enveloppe la larve du cercopis épineux. (Mlle Maugeuet. La science à travers champs, ch. viii.)
Craillard, e, adj. Braillard.
Grailler, r. a. Brailler^ criailler. Du Gange donne Graille)\ [Gracilla, Crettcare, 3. — A. Bos. Croaillier.)
C'est une chose fâcheuse et malplaisante que d'ouïr une poule croqueter et une corneille crailler, et toutefois celui qui contrefait la poule croquetanle et la corneille craillante, nous plait. (Amyot. QEuv. de Plutarque. Cinquième livre des propos de lable. Question l".)
Craindre (se) de quelqu'un. Le respecter ; se craindre de la peine de quelqu'un, c'est craindre de lui en donner. De même pour être en crainte.
Craire, crère, v. a. Croire, ferai, fo^é.
Kar jeu ne te crevai jamès, Ne sai cumenl ge te kreroie...
(I5ARBEU DU Rocher. Marie de France, Fables, p. 272.)
Cramailler, v. a. Egraligner forloment cl jusqu'à faire des blessures, couper avec des griffes tranchantes. V. Ecramailler. On trouve, dans Grégoire de Tours, le nom d'une arme qui a de l'analogie avec l'action indiquée par ce verbe.
Tuno duo pueri cum cultris validis, quos vulgo scramasaxos vocant... utraqiie ei latera feriunt. {lAb. IV, cap. li.)
Cramper, v. n. Se cramponner.
Crâpe, s. f. Femme de mauvaise vie. (A. Bos. Crape^ 1.) Voyez Grâpe.
Grapelle, s. f. Laitue ou oseille vivace.
Crasse, s. f. Mauvais procédé; faire une crasse à quelqu'un, c'est lui jouer un vilain tour. Tte ftroiCrai bin^ va! pour la crasse que tu m'as faite. L'abbé Esnault indique se jeter à la crasse pour : se jeter à la figure.
Crassier, s. m. Ordures, balayures. Il a levé dans les blés une crasse dlierbe. [k. Bos. Cras.) Voyez Bourrier.
Gréancer, v. a. Ce terme de chasse qui signifie dresser des chiens de meute, s'emploie au figuré à l'égard des jeunes gens qui se tirent bien d'affaire. (A. Bos. Crcanter.)
Créiature, s. f. Jeune fille. Il aime trop la créiature équivaut à : c'est un fumellier ou encore : cest U7i chasseur de perdrix coiffées. {Tu ffé). On dit plus souvent Queriateure.
Crêpelle, crêpelette, s. f. Herbe douce qui se mange en salade au printemps comme la Crapelle. Ces deux noms de plantes doivent venir de crispa,
nom d'une variété de chicorée, à laquelle elles ressemblent par la forme et surtout par la fleur. (A.Bos. Crespeler.) V. Grâlart.
Crête, ée^adj. Propre, bien mis. Voyez Accrèter.
La dispense que mesme des hommes ecclésiastiques, des noslres et des plus crestcz, jouissent on ce siècle. (Montaigne. Essais, liv. III, ch. v.)
Gretelle, s. f. Laitue vivace. Elle doit son nom à la forme de ses feuilles qui sont crêtelées, ce qui veut dire dentelées. (Du Gange. Cresta^ 3.)
Creucher, v. a. Accrocher. Voyez Encnicher.
Crevaison, s. f. Mort. On ne le dit que des animaux. Il a fait sa crevaison.
Cricher, v. n. Crisser, grincer des dents.
Crinet, s. m. Tuile concave qui se place dans les endroits oti les toits se rencontrent. V. Carinet.
Crô, s. m. Croc. Outil de jardinage recourbe et à deux dents.
Croche-doigt, s. m. Usage en vertu duquel deux personnes qui veulent s'engager leur foi Tune à l'autre, s'entrelacent mutuellement le môme doigt d'une main quelconque, ordinairement le petit doigt.
Les enfants le pratiquaient encore dans le Maine, il y a quelques années, pour leurs jeux, et disaient : Croche-di, croche-dé ! Il n'est pas rare de voir, dans les rues de nos villes, les fiancés campagnards se promener ainsi, couple par couple. Cet usage est d'une haute antiquité, puisque Tacite mentionne quelque
chose d'analogue. Je laisse parler Montaigne à ce sujet :
Tacitus récite que parmy certains roys barbares, pour faire une obligation asseurée, leur manière esloit de ioindre estroictement leurs mains droictes l'une à l'aultre, et s'entrelacer les poulces ; et quand, à force de les presser, le sang en estoit monté au bout, ils les bleceoient de quelque légère poincte, et se les entresuceoient. {Essais, liv. II, ch. xxvi.)
Croisée, s. f. Le bas des reins et aussi l'épine dorsale à la hauteur des épaules. (A. Bos. Croisiée.)
Croiser, v. a. Se dit des canets domestiques. Quand les canets i croisant^ i devennant deurs. Cela veut dire : quand leurs ailes croisent, etc. [Neuville et Tuffé.)
Croix-blanche ou rouge, s. f. Julienne blanche ou rouge [plante).
Crônier, s. m. Equarrisseur. On dit aussi, mais bien plus rarement, cônier. Cosne c'était corne. Faut-il en conclure que crônier vient de corne ? Ici, je ne puis être d'accord avec M. Anjubault qui veut que le nom de Crônier fut celui d'une famille exerçant au Mans depuis soixante ans l'état d'équarrisseur, et qui l'aurait passé à ses confrères. La signification de ce mot n'est pas unique au Mans, elle se retrouve dans toute le Maine, et môme dans les provinces voisines. Je crois que la famille dont parle M. Anjubault avait au contraire emprunté un sobriquet à sa profession. (C. R. de Montesson.)
Crosneryc [La], nom de ferme. (C. R. de Montesson, Recherches sur la paroisse de Vallon, p. 245.) Y m'est aduis que ie vay un diesbe tout cosnu. ... J'ay opinion qu'elle est faictc non de la cosne d'un
bélier... Et ne linira de cosnez et d'appelez rAatechrin (J. RoussoN. Dialogue des trois Vignerons. Edit. de 1G29, pages 214 et 331.)
Gropet, te, cropichon, ne, adj. Petit, court de taille. (Du Gange. Crotipi, cropa. — Raynouard. Aci'opit., Crupir sous Cros.)ll est bien résous tf/as, mains eune miette trop cropet. V. Nabot.
Grôpière, s. f. Croupiève. (A. Bos. Cropon). Croqueter, v. a. Travailler la terre avec le crû. V. Calleter.
Crotton, ne, adj. Malpropre.
Groiiêt, .s. /. Croix. Tous les mots qui commencent par croire, prononcent crouêt.
... l'orfèvre qui doit faire la croiies... (Fuoger. Comptes de fabrique de Courgains.)
Crouêt bouessée. Croix buissée. Les fidèles en certaines paroisses, attachent encore à ces croix, le dimanche des Rameaux, des liges de buis bénit. (Triger. Procession des Rameaux., ch. I.)
... marchanda avec Gilles Esguillon.masson, pour reffaire la croix bouessée. (Fuoger, Fabrique de Congc-sur-Orne, 1543.)
... le dimanche 14 juillet 1771, la bénédiction de la croix bouissée du cimetière. (Ledru, Uouillon, Province du Maine, 1893.)
Grouillé, s. m. Verrou. (Du Cange. Corale. — Ménage. Crouillet. — Roquefort. Crouillet sous Croucliet.) — On disait en bon français correil, que l'Académie n'a pas admis.
S'il la trouuoit ouuerte (la porte), qu'il entrast doucement
el qu'il la relerraast hardiment au corrcil. (La Reine de Navarre. Nouvelles, xiv°.)
Grouiller, v. a. Verouiller. (Du Gange. Vectare. — A. Bos. Coroillier.)
Grouse, s. f. Terrier, cave naturelle, creux. (Du Gange. Crosus. — Raynouard. Croza sous cros, 3.)
M. Paulin Paris fait dériver ce mot de crypta, comme grotte.
Au mouslier saint Cassien auoit une croule. (Chr. de St- Denis. Clotaire 1"', ch. xxii).
Les Jnis prenoient un crestien le grant vendredi et le menoient en leurs croules soubs terre {Ibid. Phelippe Auguste. ch. m.)
Grouser, v. a. eL 71. Terrer. (A. Bos. Crote.)
Grousille, s. f. Débris, vieux objets en loques, vieux meubles brisés, coquilles de menuisier (et aussi de pèlerin, dit Barbeu du Rocher.) C'est sans doute croustille.
Gru, s. m. Engelure.
Grucher, v. a. Accrocher, embarrasser dans un arbre, sur un toit; loger un obj(;t dans un endroit où on ne peut l'atteindre. (A. Bos. Crochier.) V. Encruclier.
Gtilla, pr. »i. G'tella, pr. f. Celui-là, celle-là. Abréviation du vieux pronom cestuy-là.
Ctilià qu'à pincé Berg-op-zoom C'est un vrai moule à Te Deum.
(Vieille chanson.)
Gueudre, s. f. Coudrier. Chez nous coudre (coudrier) est féminin.
Cuilli, s. in. Récolte, cuillelte. V. Recueilli.
La cueillerie du lia a principalement laissé des souvenirs dans la contrée... On y connaît encore les chansons de cueillerie. (Abbé Anis, province du Maine, 1895.)
Guiseux, se, adj. Fabricant de conserves alimentaires. Expression moderne nécessairement. (A. Bos. Cuisaf/e.)
Cul -terreux, 5. yn. Fille qui a beaucoup de terres en dot.
Guraige, s. m. Curage, espèce de renouée. [Montforl-le-llotrou.) *
Curieux, se, adj . Soigneux, industrieux. (Ray- NOUARD. Cu7'ios SOUS Ciira, 10). Curieux indique particulièrement, à la campagne, le paysan qui aime à planter et à soigner ses arbres fruiliers. Y.Queiirieux. Il est bon de faire observer que le sens de soigneux que nous donnons à cet adjectif, est complètement d'accord avec son étymologie cura, ce qui n'a pas lieu d'une manière aussi sensible du moins, pour l'acception française.
Et même Diogène foula aux pieds le lit de Platon, [lour ce qu'il était trop curieux à son gré. (Reine de Navarre. Nouvelles, xxxiv.)
Gusser, v. /z. Gémir, se plaindre. C'e^^ pas cétlà qui cussant le pus qui ont Cpus de mau. V. Cussoux.
Gussoux, se, adj. Qui aime à se plaindre. De questus., participe passé de queror, se plaindre.
Guter (se), v. pr. S'accroupir, se mettre le derrière par terre, comme l'indique ce veibc par luimême. (A. Bos. C?//t'r=cacber.)
Da (à la bonne), loc. adv. Sans façon, sans prétention. De deux petits membres de phrases « il est tout à la bonne, dal » on n'en aura fait qu'un : « Il est tout à la bonne da. »
Dâbée, 5. f. Grande quantité de quelque chose, grande pluie. Dans le Dictionnaire de Robert Estienne, Dablce est une cueillette abondante. (A. Bos. Dablée).
Dâbot, .s\ m. Enfant plus aimé que les autres.
Dagotter, v. a. Daguer, frapper de pointe. (A. Bos. Dagoner).
Dagrinche, ou d'Agrinche, adv. De mauvais gré, aigrement. H y a greins qui veut dire contrariété, chagrin. (Du Gange, (iravedo.) Dans le Maine, nous avons encore Grichu, Gri/iche, Grinchei\ Grincliu. V. ces mots.
Dague (à, la bonne). Sans façon, sans prétention. Il est tout à la bonne dague. Voyez Da, qui a dû donner dague, à moins que ce ne soit dague, plaisanterie. (Du Gange. Dagha. — A. Bos. Dagoner.)
Daguin, eine, adj. ¥\n, rusé, sachant tirer parti de tout. C'est comme Deugé et Dougé.
Daim, s. m. Bouc de l'espèce ordinaire.
Daitre, .s. f. Côté droit. V. Di'ettier.
Dâlée, 5. f. Grande pluie ou grande quantité d'eau répandue. V. Dabée.
Damaiger, v. a. Endommager. (Du Gange. Damnave. — A. Bos. Damagier .)
Damar nouer, s. m. Espèce de prunes.
payement de demy bouesseau de prunes de amars
viollet (Froger. Fabrique de Congé-sur-Orne, 159G-97.)
deux bouesseaux de prunes de Damars violet,
(Ch. d'AcnoN. Seigneurs de Courcericrs, 1623.)
Damoiselle, s. f. Demoiselle, hie, inslrumenlqiù sorl à enfoncer les pavés; herse munie de dents de 1er, triangulaire et relevée sur les côtés pour suivre le creux du sillon; la férouesse est plate. V. ce mot et Demoiselle.
Dan, prép. La préposition dans perd 1'^ quand elle est suivie d'une voyelle.
Il lira sa grand'llûte Dan' eune bouteille Et se mint à llutailler Dan un jienier.
Tous les pourciaux de nout'villaige ban (Hiue bouteille Tertous se minr' à danser Dan' un penier.
I n'y a gu que la grand'gore DarC eune bouteille Qui n'a su lever le pied Lkm'' un penier.
( Vieille chanson.)
Daquédent, daquident, «rfy. D'accord, c'est-àdire qu'on est accédant. V. Taquédant. Suivant Borel, quédenl était synonyme de disant, et suivant Du Cavige {ni/iilonîinus), etllaynouard {ncqucdonc),
DU nAUT-MAÎNE 19u
l'adverbe néquédent^ néquidpnl, nékédant ou nékidant indiquait une conlradiction.
Dârot, s. m. C'est tantôt le ventre et tantôt le derrière des petits enfants, quand on parle gnangnan avec eux. De darrière (derrière).
Dauber, v.a. Battre violemment une personne ou un animal. // a daubé dessus à deur. (Barbeu du
ROCOER.)
Tappez, daulbez, frappez, je vous en prie. (Rabelais, liv. IV, cil. XII.)
Daurâ, prép. Au delà, par delà. D^oii donc qu {v) i>êtes? — Tsai daurad'la Trugalle. Ce mot est évidemment dit par corruption.
Dayau, s. m. Linge qui enveloppe un doigt malade. Prononcez Daiyau.
Dans les deux phrases -.jUii mau au dai (tloigl), cainbin qu'tu lis dai (dois?), il est très difficile de saisir une dillerence de son. (Barbeu du Rocher).
De. Celte préposition est presque toujours répétée deux fois de suite comme dans dedepuis, et c'est ordinairement quand il s'agit d'un point de départ, d'éloignement, de distance, etc. De d'ià à l'an qui vient, de d'chez nous à la ville. L'usage n'existe pas dans le cas où elle est suivie d'un autre mot qu'un adverbe ou une autre préposition : on dit comme partout ailleurs : de la maison au jardin, de noui'clunnp à un antre.
Débarger, v. a. Défaire une barge, V. Barge. Un dit débarger pour liâtcrla fm d'une opération qui ne marche pas : Débarge donc feignant! On VemiAoie
de même pour démolir et débarrasser : Faut débarrjer la voie. Je ni'sai débarge' de c'feinnocent.
Debas, adv. A bas.
Débauche, s. f. Il y a de la débauche^ le temps est débauché, veulent dire que le temps est à la pluie pour plusieurs jours. Ou appelle temps de débauche une pluie accompagnée de grands vents ou de telle autre circonstance qui fait qu'elle ne peut mouiller à fond les terres, en sorte que celles-ci n'en profitent pas.
Débécotter, v. a. Roappareiller deux objets. V. Bécot.
Débeiller, v. a. Redi'esser un alignement, supprimer les parties saillantes. V. Beille.
Déberger, v. a. Hâter, débarrasser. V. Débarger.
Débeûler,déboêler, v.a. Combler des tranchées où se tenait l'eau. V. Boêle.
Débiscarrié, e, adj. Qui est mal à son aise de corps et d'esprit après avoir cuvé une bique un peu forte.
Débitorter, v. a. Détordre, détourner. V. Détorter. En debitortant! terme du jeu de boule, lorsque celle-ci roule en décrivant une courbe irrégulière. Si la boule est lancée trop fort, et en descendant une déclivité, le joueur crie: des nœuds! des nœuds! [Vallon.)
Déblaver, v. a. Déblayer. (Du Gange. Bladire. — A. Bos. Desbleër.) V. Ejyiblaver.
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Débôner, v. a. Débarrasser les animaux de ce qu'on leur a mis sur les yeux pour les empocher de voir. V. Ë)nbôiier.
Débord, s. m. Dévoiement. (A. Bos. Descorement,)
Déborder, v. n. Avoir un fort dévoiement. (A. Bos. Descorre.)
Débouliner, v. ?i. Dégringoler. J/r^r (des lapins) an déboulé, c'est-à-dire au moment oii ils sortent du terrier dans lequel on lâche un furet ; le chasseur est posté au sommet de la garenne.
Débourrer (se), v. réf. Se découvrir dans son lit.
Débourrichonner, v, a. Démêler, dégourdir. — V. 11. Commencer à grandit-,
Débraiger, v. a. Comme Débarger.
Noie do journées faites au débraicmenl des greniers. .. . {Neuville, terme do mafon )
Débrider un chien. Se donner beaucoup de peine pour rien.
Décaupir, v. a. Ruiner, briser, (Du Cange. Circulatus.) V. Flccaupir.
Décaver, v. a. Déterrer,
Déchannir, v. a. Enlever la moisissure. V. Ckannir.
Décharnir, v. a. Berner, taquiner, agacer. V. Echa?'ni7\
Déchauvir, v. a. Rendre plus foncée une teinte pâle. V. C/iaiwir.
Déchiaffrer, v. a. Déchirer, égraligner, mettre en pièces.
Déehiauler, v. a. Arracher les rejetons du pied des arbres. V. Cliiau.
Déchintrer, v. «.Détruire une haie. V. Chintre. Déchippier, v.a. Déchirer.
Décoffir, v. a. Redresser une bosse à un objet de métal. V. Coffir.
Décorder, v. n. Etre en désaccord. (A. Bos. Descorcler, 1.)
Décotaisonner, v. a. Changer l'assolement d'un champ, ou l'époque de production des animaux domestiques. Y. Coiitaison.
Décoter, v. a. Enlèvera un objet son appui.
Décoter, v. a. Enlever les écots de la terre. Au figuré, on le dit aussi pour les enfants et les jeunes animaux qui commencent à marcher, à grandir, qui ne sont plus à l'état d'écot. Vlà un queniaii qui qiimence à se dccoter.
Découliner, v. n. Dégringoler. V. Dégouliner.
Décours, .s. m. Dernier quartier de la lune ; c'est le moment opportun pour le tuaige, les semailles, le soutirage des boissons, etc. {Tuffé). (A. Bos. Dcscorre .)
Décrapitaison, décrapitance, s. /. Décrépitude.
Décrapité, e, adj. Décrépit.
Décrouiller, t\ a. Tirer le verrou ou enlever la barre d'une porte. V. Grouillé.
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Décrouser, v. a. Arracher d'un trou. V. Crouse.
Décrucher, v. a. Aveindre ou débarrasser un
objet accroché. V. Encruchcr. — V. n. Dégringoler.
Déculotter, v. a. En parlant d'un enfant cela va de soi. — Pour ce faire aux fèves, on leur enlève toute la peau, avant de les faire cuire. — Pour le teurquis on retrousse du côté de la tige, les feuilles qui enveloppent la bosselle, on noue ces feuilles ensemble, et après avoir fait ainsi un paquet de plusieurs épis, on le place à cheval sur une gaule suspendue horizontalement sous le larmier du toit. (Barbeu du Rocoer.)
Dedepuis, préi). Depuis. Ded'puis c temps-là. V. De.
Defas, défais, s. m. Désignation de quelques portions de terres ou d'étangs, comme dans la forêt de Sillé oii l'on trouve l'étang des Defas ou Deffais. C'était par ce nom que l'on indiquait les terres, bois, étangs, garennes, etc., dont l'approche était interdite. (Du Gange. Defensa., 3, Defesium, Deffaia. — R. Charles. Un oppidum carlovingien dans la forêt de Sillé -le-Gidllaiane.)
... de ce qu'il est tenucemondre les pescheurs à peschier en mon deffnys en la dicte rivière... (P. de I'arcy. Aveux de Chàleau-Gonlier au xv siècle.)
De fait, adv. En effet.
Déféger, v. a. Faire fondre ce qui est figé.
Défeinir, v. a. Finir un travail qui n'a pas été trop vite. En défeiniras-tii, grand bilan ! (A. Bos Defenissemrnt.)
Déferdir, v. a. Réchauffer.
Déflamber, v. a. Eteindre la flamme en maintenant le feu.
Définir, v. a. Finir. V. Défeinir. (A. Bos. Définer.)
Défraîchir, v. a. Défricher. (Du Gange. Defrondare.) V. Fraîche.
Défumer, v. a. Empêcher une cheminée de fumer. [Tuffé.)
Dégau ou d'gau, loc. (A. Bos. Degot.) V. Go (/)'). Les pommes à cidre tombées en septembre sont des pommes dedfjou. [Neuville.)
Dégingandé, ée, adj. Sans contenance. [Souvenirs de la Marquise de Créquy^ t. II, p. 108.)
Déglacer, v. a. Casser la glace.
On soit pour déglacer les cuenrs.
(Fr.oGER. Ronsard .A Joachim du bellaij.)
Dégobillage, s. m. Les matières dégobillées.
Dégosiller, v. a. Dégobiller. (A. Bos. Desgosillier.)
Dégotter (se), v.pron. V. Décoter [se). Dict. de l'Académie : Dégot/r.
Dégouliner,?;.??.. Dégringoler. (A. Bos. Dégât.)
Le commissaire se mit à rire Fit p p dans sa chemise, Çà dégoxdinail dans ses sabots Ah I régago.
{Chanson de Paris.)
Dégouttiére, s. f. Gouttière (A. Bos. Dégot.)
Dégras, s. m. Huile grasse donnée par le dégraissage des peaux en préparation.
Dégrêler, v. a. Quereller, murmurer avec bruit, comme la grêle qui tombe, ou comme une grêle (moulin à vanner.) — Se dégrélier, v. réfl. Se débarrasser, se tirer de dessous. (Esnault.)
Dégriller, v. a. Dégriser. V. Griller.
Dégroler, 1). n. Dégringoler.
Dégueriancher (se)^ v. a. et n. Démancher le bras, marcher comme si Ton était mal emmanché des bras ou des hanches. Se déhancher [Tiiffé.) V. Déqiiiancher. Il é déguericmché vanqiders biii comme un porricliinalle .
Déheuder, z;. «. Enlever les entraves des pieds des animaux. V. Enheuder.
Déhucher, v.n. Se dit des poules qui s'envolent. Deinnée, s. f. Repas de parents et d'amis, spécialement au tuaige du gorin. V. Dinée.
... au baucquet et disnée de la coafrarie,.. (Denis. Confrérie de Vivoin, 1538.)
Déjà un, une ; déjà d'un, d'une, loc. adv. D'abord. [Neuville.)
Déjour, s. m. Prolongation d'une échéance. Terme expressif qui porte son étymologie avec lui.
Déliser, v. a. Supprimer une bordure ou la laisser venir régulièrement.
Délogement, s. m. Déménagement.
Dans les grands délogements, l'entrant pendant les huit jours i|ui précèdent son entrée,... (Thourv. Usages ruraux de Muntforl-lc-Rolrou, bG.)
Démaier, v. a. Distraire d'une contrariété. V. Emai.
Démanché, e, adj. Qui ne sait que faire, qui est ennuyé de son oisiveté.
Démarcher, v. a. Marcher en arrière, reculer. (NicoT. Destnc/rcher.)
Entre coulx qui iouenl à la paulme, celiiy qui soutient, se desmarche et s'appreste... selon le coup. (Montaigne. Essais, liv. III, ch. XIII.)
Démarrer ou d'marrer, v . a. N'est pas la même chose que le démarrer français ; le nôtre est synonyme de remuer. V. Grollcr.
... Vous avez reconnu... avoir serré le coup de votre enfant... jusqu'à ce que..., il ne d' marrait plus. {Assises de la Sarlhe, 8 décembre 1893.)
Demaune, s. f. Demi-aune.
Dementer (se), v. réf. Se lamenter. (Du Gange. Dément are, Uocta. — Cent. Nouvelles nouvelles, t. II, p. 278.)
Demeshuy, adv. Dorénavant. C'est la même chose que meshuy, que Ton a supprimé.
Demiau, s. m. Demi-boisseau. (Du Gange. I)cmellus. — A. Bos. Demion.)
... on avoit ensuite acliepti' à grande perte deux mille cinq cens demaiix de grains, — (Angot. RcvohUioii à Laval, p. 32.)
Demi-castor, s. m. Petit bourgeois, petit important de village. Cette dénomination doit sans doute son origine à la différence des chapeaux, les uns en
Dl' IIAUT-MAlNt; :i()3
caslor fin, les autres en faux castor, avant qulls fussent tous en soie.
Ce sobriquet étrange de demi-castors était donné aux irréguliores, dont le Palais-Royal iHait le royaume... (Thié- BAULT. Mémoires, t. I, p. 165.)
Demi-gas, s. m. Petit domestique, petit groom.
Demintiers, coîij. Tandis que, avant que, en attendant. (Raynouard. Demenù^e sous Mentre. — A. Bos. Dementier.';.) V. Endeminticrs.
El demetiiières qu'il le prent.
{Roman de Parlonopeus de Blois. Vers 3375.)
Demitoux, s. m. Espèce de chaîne de fei" avec laquelle on soulève les objets dont elle ne fait que le demi-tour .
Demoiselle. 5, f. Petite herse en forme de triangle relevée sur les côtés. V. Féroucssc.
Dénantir, v.a. Priver, débarrasser, être dépourvu, donner son bien. Nous ncn sonmics pas dcnantis (de tel ou tel objet.) [Vallon.) N'on li'se dénantira ])oiiil dson vivant. {Le Mans.)
Dénétir, v. a. Nettoyer.
Déniger, v. a. Dénicher.
La conscience comme ung déniçjemcnl de héronneau.x. (Rabelais. Panift^rwei, liv. IV, cii. xxx.)
... combattre les dieux et du ciel les déniger. (Le même Liv. IV, ch. XXXVIII.)
Dénouser, v.a. Enhardir. V. Ouser.
Dent (à), loc. adv. Se dit quand on est couché sur la bouche ou sur les dents. V. Adenl.
Denuit, s. m. Toilette de nuit.
Mon équipage... consistait dans un pantalon et une veste à la carmagnole, et une vieille carnassière qui contenait mon denuil. [BEsykRo. Mémoires, t. II, p. 56.)
Dépainer^ v. a. Déchirer une étoffe, la mettre en franges. (Du Gange et Chompré. Depanare. — A. Bos. Despaner.) V. Paine.
Dépaisser, v. a. Décoller deux objets poissés. V. Paisser.
Déparcher, v. a. Enlever les tiges de certains légumes. V. Parchc.
Départager, v. a. Partager.
Déplaisant, e, adj. Contrarié, chagrin. V. Déplaisant. Que fsai don déplaisant d'nos avéras qui 71 profitant point. (A. Bos. Despiser.)
Dépiauler, dépiauter, v. a. Ecorcher un lapin, une anguille.
Dépiesser, v. a. Détruire une haie. V, Piesse. Dépiqueter, v. a. Travailler la terre avec un pic. Dépiter, v. a. Provoquer, défier, contrarier, décourager. (A. Bos. Despire.]
Un oiseau quitte ses œufs, se dépite, quand on louche h son nid pendant la ponte ou la couvée. (Babbeu du Rocher.)
Déplaisant, e, adj. Contrariété, marri. V. Déplaisant.
Je suis bien desplaisant qu'ils en vaillent moins. (Montaigne. Essais, liv. III, ch. ix.)
Renée... au lieu d'estre desplaisante et doulente... (Ledru, La Recluse, p. 70.)
Dé qui ? dé quoi ? interrog . Qui ? quoi ?
Déquiancher, v. a. et n. Démanchev le bras, déhancher ; marcher comme si l'on était mal emmanché des bras ou des hanches. De éclanche que nous disons équicmche. V. Déguériancher.
Dérâ-s, s. m. Intestins du porc. Faut-il rapporter ce mot à l'action de dérater ?
Dératé, adj. Qui court vite et longtemps.
Ou croit dans le Maine, quand la jument donne son poulain, que celui-ci perle sa rate pendue au nez, et qu'il l'avale presque aussitôt. Si l'on peut se tenir près de lui, à temps pour l'en empêcher, il sera dératé, et pourra courir d'une vitesse extraordinaire. (Barbeu du Rocher.)
Dérhumer, v. a. Faire des remèdes pour guérir un rhume.
Dérinser, v. a. Couper les épines d'une haie en laissant le franc bois. C'est sans doute Déroncer ?
Déris, s. m. Ruisseau qui ne coule que l'hiver. Ris était synonyme de ruisseau. (Raynouard. TJwsous Bill. — A. Bos. Rif.)
Désaberier, v. a. Découvrir, enlever d'un abri. V. Abrier.
Désairer, d'sairer, v. a. Donner un tour de charrue dans une jachère, préparer la terre pour le chanvre. Le verbe latin arare est évidemment pour quelque chose dans la formation de celui-ci. Pour ceux qui disent déraiser, voyez Raize.
Pour les gros blés on fait quatre labours (lever, déraiscr, retendre et semer), non compris le liersaye. (Henault. Notice sur St-Christophe-en-Charnpaync . )
De sans. Quand la préposition sans doit être suivie des pronoms lui ou élle^ destinés à remplacer un substantif qu'on ne veut pas répéter, nous les supprimons eux-mêmes, en indiquant cette suppression par l'intercalation de la particule de et nous disons de sans. Exemples : Mon père il est malade., je suis venu d'sans . J'ai perdu ma béquille., je ii'pcux aller d'sans.
Désenferger, désenforger, v. a. Enlever les entraves, débarrasser. V. Enferger. (Cotgrave. Désenferger. — A. Bos. Desfergier.)
Désenheuder, v. a. Enlever les entraves mises aux pieds des animaux. Y. En/teuder.
D(e) soué. Ce soir, ouïe soir. V. A d'soué.
Dessaisonner, v. a. S'emploie à l'égard des vaches quand on leur fait prendre un veau dans une saison qui n'est pas l'ordinaire. (Du Gange. Salio.)
Desseigner, v. a. Dessiner.
Je lie veoid enfm ses alFaires que par une image disposée et desseiynée. (Montaigne. Essais, liv. TI, ch. vni.)
Je les dessciyne tontes au hazard et en crainte. fLe même Ibid, ch. XVII.)
Laissez à part votre cliagrin, votre ire Et vos discours de trop loin dessigités. (BoNAv. Despériers. Contes et Devis. Sonnet-Prologue.)
Le sculpteur excellent drsseignant pour ouvrage Une plante, un lion, un homme, un l'iément.
(Philip. Desportes. Cléonice, sonnet XVI.)
Sur l'heure, elle en tit le dessin, car naturellement elle scayt desseigner. (Tallemant des Réaux. La marquise de Rambouillet.)
Dessourage, s. m. Menues broussailles qui poussent h Fombre des taillis.
Dessourer, v. a. Essarter, dégarnir le pied des cépées d'un taillis de leurs menus brins et des broussailles.
Détorter, v. a. Détordre. (A. Bos. Detorteïs.)
Détouper, v. a. Déboucber une haie^ un trou, un passage. (Du Gange. Stupare.)
D'autant que les (boissons) chaudes ouurent médiocrement et desloupent les pores. (Amyot. OEuv. de Plutarque. Troisième livre des Propos de Table, Question If».)
Détourbe, s. f. Trouble, fraude, et aussi diarrhée {Tufjé). C'est le vieux mot Destoiirbier. (Du Gange. Destiirbium.) De Turbare.
Que la licence des iugemenls est ung grand destourbier aux grands afTairos. (Montaigne. Essais, iiv. Il, cli. xvi )
Où cuidez-vous pouvoir estre sans empècliement et sans destourbier. (Le même Ibid, Iiv. III, ch. ix.)
Democrilus s'esteignit la vue en fichant et apuyanl ses
yeux sur un miroir ardent, alin qu'ilz ne luy apportassent aucun destourbier . (Amyot. OEuv. de Plutarque. De la curiosité.)
Détourber, v. a. Troubler, tromper. (Robert Estienne. Destourber. — Du Gange. Disturbare. — Raynouard. Destorbav'&ows, Turba.)
Détras, s. m. Trace suivie, piste. (Raynouard. Détras sous Beire., 16, et Detras sous Tras, 8. — A. Bos. De très.)
Détrempe, s. f. Pàfe délayée, composée de lait, farine, œufs et un peu d'eau-de-vie, pour faii-e soit des fritures, soit des crêpes ou des galettes.
Deugé, e, adj. Fin, délié. (Raynouard. Delguat sous Let. — A. Bos. Delgié.) De Deligatus.
Deu, 5. m. Peine, chagrin. C'est deuil avec la prononciation du pays. J'ai grand deii que vous iiïatjez refusé.
Renée n'en fist apparence de dexil — (Ledru. La Recluse, p. 70 et Plaidoyers au Parlement, 1485.)
Le l" octobre 1619, j'ay donné congé à (M. de) Filliart et lui ay baillé pour son abit de deul, pour feu Monsieur, 15 livres. (Gandé. Châtelains du Ludc au XVII" siècle.)
Deurer, v. a. et n. Endurer, rester tranquille. V. Durer.
D(e)vallée , 5. f. Descente, pente. (A. Bos.
Dévalée.)
Puis trouuai, une petite bourgade à la dévalée. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, cli. xxxii.) Devaller, descendre. (Esnault.)
Devant se décline. On dit d'une personne qui marche en avant des autres : c'est la devante. — adv. Avant. Devant que tu sortes. V. Premier que.
Devant qu'il fust à terre sus. (Barbeu du Rocher, Marie de France, Fables, p. 326, var.)
Devantée, s. f. Ce que peut contenir un devantiau quand on relève les coins derrière la taille. (A. Bos. Devantée.)
Devantiau, 5 m. Tablier commun que portent les femmes du peuple. (Du Cange. Antependiu)n, Limas. — Dictionnaire de l'Académie. Devantier. — A. Boi. Deva)itail.)
Je veis qu'elle mist son devanleau sur sa teste. (Rauelais. Paiilagruel, liv. II, ch. xvii.
Dévenir, v. n. Se déjeter, s'amoindrir. // est tout dévenu par les grands fieuvres. (fièvre typhoïde.)
Devers, prd/^.Elre devers quelqu'un, c'est demeurer sur les terres ou dans la maison de cette personne. Etre devers soi, c'est être propriétaire de la maison qu'on habite ou des terres qu'on lait valoir. Le v'ia bourgeois, il est d'vers II.
devers sa Majesté [Souvenirs de la marquise de
Créguy, t. II. p. 91.)
à Robert Véron (échevin du Mans en 1594) à
aller à Paris devers les gens dudit roy notre sire
(Trigkr. Maison dite, de la reine Bcvengère.)
et l'autre (clef) aportée par devers le greffe criminel
de ladite court. (Ledru. La Recluse, Procès-verbal, 1-iSG.)
Devinaille, Devinette^ 5. f. Enigme. (Du Gange. Divinus. — A. Bos. Devinage.)
Devinée, s. f. Idée saugrenue. jE/zv'/rt core eune devinée! [k. Bos. Devine.)
Dévirade, Dévire, s. f. Rebours, sens inverse. [Vallon.)
Dévirer, v. n. Aller à contresens, se tourner d'un sens à l'autre.
Dévotieux, se, adj . Dévot. (A. Bos. Devocios.)
Dia ! (liue !). A gauche^ cri des charretiers. (Le Mans.)
Diêbe, 5. m. Diable. V. Crûnier. où un passage de J. Rousson se trouve cité. — Voiture à, deux roues : très hautes pour transporter les pièces de bois et de fer, où très basses pour déplacer les blocs de pierre, les sacs de grain, etc.
Diable. Sorte de voilure à quatre roues, et qu'on a coutume
"^lO VOCABULAIRE
de mener en se tenant debout. Plus elle fait de bruit, et meilleure elle est, et c'est ce qui lui a valu son nom. (Ca.r\ccioi.i. Dict. criliq. pilloresq. et sentencieux, t. I, suppl.)
Dieu merci, adv. C'est roccasion d'une singulière battologie : Dieu inerci et le bon Dieu !
Diffamer, v. a. Blesser, à la figure principalement.
Il lui a donné du tadlant de son épée, et lui a tout diffamé le visage. (Furetière et Dict. de Trévoux.)
Diganne, 6'. f. Mauvaise viande. On trouve dans le Vocabulaire de Chompré, Deguno pour manger.
Digonner, v. a. Blâmer, trouver à redire. De Dicax^ railleur.
Dînèe, s. f. V. Deinne'e. (A. Bos. Disnée.) — Dinais pour dîner. (C/ms^é' Illustrée, o^année, n°4i.)
Dire sa messe, ses prières, c'est les lire dans un livre quand on ne va pas à l'église. [Schisme de la Petite-Eglise.)
.... le 15 novembre 1497 le seigneur de Radray se
trouvait en ses vignes où il disait ses heures avec sa femme et une sienne fille. (Ledru. La liecluse, p. 68.)
Disette, s. f. Cancan, médisance. (A. Bos. Disance.)
Disettier, disottier, e, adj. Bavard, cancanier, radoteur.
Dix heures. Repas. Faire les dix heitres, c'est pour les faucheurs, l'ancien repas appelé le décimer. V. Beissier, note 5.
Dodeleiner, dodeiner, v. n. Remuer la tète à
DU UAUT-MAINE 211
droite et à gauche. Un dodin était un homme qui ne savait pas se tenir. (Du Gange. Dodus. — A. Bos. Dodin, Dodiner.)
Dogre, .s. m. Dogue.
Don, adv. L'adverbe donc perd le c quand il est suivi d'une voyelle. Viens don' icite.
Donnaison, s. f. Legs, don mutuel. (A. Bos. bonoison.)
. .. et font encore donnaisons mulués en la fourme et manière qui s'ensuit... (Bertrand dk Broussillon, Maison de Laval, 1379.)
Donnée, s. f. Distribution de pain faite aux pauvres à la porte d'une église ou d'une maison, après un enterrement ou autre circonstance extraordinaire. (A. Bos. Donée.)
.... à la charge de dire ung obit fort solennel pour nos bons roys qui m'ont donnay le moyen de faire ces legs.... [Union hisloriq. du Maine, t. 1. p. 45)
Et ice/wt jour fist le roy faire une donnée en la coulure Ste Katerine. (Chr. de St Denis. Charles V, ch. xvi.)
Donrai (je). Futur du verbe donner. De même pour le conditionnel y^ donnerais, qui se dit Je donrais.
La charge du gouverneur que vous lui donrez. (Montaigne. Essais, liv. î, ch. xxv.)
.Te te donrnys un aultel pour ce faiet. (I^e même Ibid, ch. xxviii, sonnet xvii^.)
Il se donra tantost garde qu'elle en veull à luy. {Cent Nouvelles nouvelles, xxiiie.)
Mais de ce coslé là je leur donrois quittance,
(Régnier. Satyres. xii«.)
Dorée, s. /'. Tranche de pain frile avec des œufs, dite aussi pai?i perdu. (Du Gange. Patiis perditus.)
Dorsière, s. f. Courroie qui passe sur le dos du cheval. (A. Bos. Dorsale sons Dossel^ 1.)
Douâner, s. f. Battre quelqu'un à coup de bâton. Y. Tohaner.
Doublier, s. m. Essuie-mains. (Du Gange. Dcmbleriuoi, 1, Duplariiim, 2.) On l'enroule aulour d'un cylindre, en sorte qu'il puisse tourner; c'est ce qui fait qu'il est en double, comme l'indique son nom.
Doucin, adj. Vin doux. V. Acagnardir. (Morancé. Histoire des Mobiles de la Sarthe. p. 276, 3" édit.)
Douelle, s. f. Douve d'un tonneau. (Du Gange. Doela. — A. Bos. Doille., 3.)
Douet, v. 7)1. Mare dans les champs ou dans les bois. (Du Gange. Digitus, Ducius, Dovra, Flachia. — Ménage. Z)o /s. — Raynouard. Dotz. — Gauvin. Doitum.) M. E. Souveslre fait observer, dans une des légendes du Foyer Breton, que les lavoirs dans la Bretagne française, comme dans la Bretagne bretonnante se nomment doiiéz.^ mot qui signifie originairement un fossé de ville fortifiée, et comme ces fossés étaient toujours pleins d'eau, ils étaient utilisés par des lavandières, qui ont passé le nom aux autres lavoirs. Douez et douve doivent être le môme mot.
s'en va porter un faiz de drapeaux à un douet. (Bonav. Desphriers. Contes et Devis, nouv. xxxvif.)
Dougé, e, adJ, Fin, délié. (Raynouard. Delguat sous Let.) Gomme Deugé. Ronsard a écrit dans le même sens que nous :
De gros, et de bien dougez
(FfiOGEn, Ronsard, Ode à Michel de l'Hospital.) ]
Dourdée, s. f. Volée de coups.
Dourder, v. a. Battre, rosser, rouer de coups. V. Hourder. (A, Bos. Doi'der.) Doutance, s. f. Doute. (A. Bos. Dotance.)
En paor sunt et en dulance.
(Barbeu du Rocher. Marie de France, Fable xxxix, p. 204.)
Douve, s. f. Large fossé plein d'eau. (Du Gange. Doa^ Doga, Doha, Dova. — Ciiompré. Doga. — Haynouard. Dogua.)
Douzil, .s. m. Fausset d'un tonneau, clef d'un robinet, petit bondon, pot-à-lait. (RoB. Estienne. Dousil. — Du Gange et Ghompré. Diiciculus. — Ray- NouARD. Dozil sous Dolz, 3.)
Il faudra tordre \Qdouzil et bouche close. (Rabelais. Gargantua, ch. III.)
hedoiizil est en la pinte. (Bonav. Despériers. Contes et Devis, nouv. xlvu".)
L'homme du laboiirt a dit qu'il n'avait touché à la monnaie que lorsque le pommé était descendu au-dessous du douzil. (MoNTEiL. Histoire des Français de divers étals, xiv« siècle, épître 42".)
Nous l'avions surnommé la Douzinelle, parce qu'il était chargé de tirer au douzil ou à la can(n)elle le vin... (Besnard. Mémoires, t. 1, p. 73.)
Douziller, v. a. et n. Percer un tonneau; sortir par le douzil (Raynouard. Adozilhar sous Dotz, 4. — A. Bos. Doisillier .)
Puis à bouillons fumeux le faysoient f/o«5«7/er. (Hem Y Belle AU.)
Doyau, s. m. Linge qui enveloppe un doigt malade. V. Dayau.
Draine, s. f. Habitude, ce qu'on appelle train ordinaire.
Drainer, y. n. Répéter, ou faire habituellement la même chose.
Drainier, e, s. m. et f. Qui draine.
Drapelée, i\ /'. Ce qu'un drap peut contenir de feuilles, fourrages, etc., en le nouant par les quatre coins. [Neuville] V. Serpillère. (A. Bos. Drapéle.)
Drapiaii, i\ m. Chiffe de drap ou d'étoffe. Drapiaux! drapiaux! Le marchand d'toile en p'tite laize ICesl le cri de ceux qui achètent des chiffons.
[Le Mans.)
Dret, te, adj. Droit. Oh! ni'sieu, si c'était s'ment dre! (Anis. UErnée inférieure.) — Dret (au) adv. A côté. [Neuville.)
Drettier, ère, adj. Qui n'est pas gaucher. (A. Bos.
Dr ci t...)
Drugir, y. n. Devenir dru, grand, fort, bien portant. (A. Bos. Dnigier.)
J sais ben eune niée ousque les p'tils vont bentôt drugi.
(F^ARBEU DU ROCHF.R.)
Druille, s. f. Variété de chêne. On sait que cet arbre se dit dcru ou dru en celtique.
Dudas, s. m. Pierre du genre des poudingues.
Dudepuis,;9ré/>. Depuis.
Durer, v. a. et n. Endurer, rester tranquille,
DU RAUT-MAINR 215
patienter. Se trouve, avec ces significations, dans Robert Estienne.
Quel remède est plus propre au travail que j'endure.— Z^wre .' (Phil. Desportes. Mascarade des chevaliers agiles.)
Qu' vont VOUS? faut bin deurer. C'est ce qu'on dit devant les mallieurs auxquels on ne peut rien.
E, pron. {se prononce très-long). Elle^ quand ce pronom se trouve le dernier d'une phrase, comme dans une interrogation, ou quand le mot qui suit commence par une consonne. Vient-ê (vient-elle)? É vient ^elle vient.) Nous l'employons aussi au masculin, j'ai entendu dire : à dû pour il dort. V. ^, Ha Hê, Ht, I, et Barbeu du Rocher..
É, s. m. Air.
Quand on entend le paysan vendômois ou manceau, dire d'un de ses compatriotes ; « il a bon é » pour « il a ]3on air », on se demande si Ronsard n'accentuait pas ainsi. (Froger, Élude sur Ronsard.)
Eau. s. f. Se prononce : Vyau. V. ce mot. (A. Bos. Eave.)
Ebaffer, v. a. Rendre tout ébahi. (A. Bo's.Esbaër.)
Ebeluir, v. a. Eblouir. (A. Bos. Esberhiër.)
Ebeluition, s. f. Eblouissement.
Ebéquer, v. a. Donner des coups de bec, prendre de bec, chercher querelle.
21f) VOCABULAIRE
Eberdiner, v. a. Enlever les Berdines^ et même toutes sortes de vermines.
Eberziller ou ébeziller, v. a. Mettre en pièces. V, Bersiller.
Bruslez... desbezillez ces meschants hérétiques. (Rabelais. Pantagruel, liv. IIP, ch. lui.)
Ebliner, v. a. Disperser les fourmilières ou les taupinières, pour niveler le sol ; enlever la vermine à un homme ou à un animal.
Ebobé, e, adj. Sot. V. Boban. En français l'adjectif ebaubi est synonyme de étonné. (A.Bos. Abalbir.)
Maistre, ne soies abaubis.
Parloi ! orsui-jon esbaubis, (Barbeu du Rocher. Théâtre Français au moyeu-âge, Li Chevaliers, pp. 65 et 104.)
Eboèdrer, v. a. Arracher les boyaux. (A. Bos. Esbuëlcr.)
Eboguée, s. f . Réunion de personnes qui éboguent. Dans les paroisses où Ton cultive le tiirqiiis., les éiofjuécs de bosselles sont on même temps des parties de plaisir : on y chante toujours et on finit souvent par y danser.
Eboguer, v. n. Eplucher, enlever les bogues.
Ebosser, v. a. Enlever les bosses de certaines graines.
Ebouiller, r. a. Ebouler, écrouler.
Eboulonnée, 5. /. Grande afflucnce, foule qui se précipite.
nu IIAUT-MAINE 217
Ebourgeonneux, .s. m. Bouvreuil.
Ebourrer (s'),t». réf. Se découvrir rlans son lit. — Ebourrer toie potine, cesi remuer la braise qu'elle renferme. (Esnault.)
Ebrannée, ébronnée, adj. f. Femme qui montre trop sa poitrine. V. Branne et Bronne.
Ebrâ-ser, v. a. Brûler, embraser. V. Abrdser.
Ecabouir, v. n. Ecraser un corps mou. Scaber a signifié, suivant Chompré, quelque chose comme en désordre, mal assemblé ; je me garde bien d'en inférer quoi que ce soit, la plus grande probabilité étant d'ailleurs pour que écaboiiir èoW. une onomatopée.
Ecaigne, écairgne. adj. Taquin. V. Echarnir. (A.Bos. Escliar7i.)
Ecalé, e, adj. Fatigué de chaleur. De Calor.
Ecarbouiller, v. a. Eclabousser.
Ecarcelle, s'. /. Carcasse d'animal ; les deux mots ont la même racine. V. Car celle.
Ecarrisseur, s. m. Ecorcheur. C'est ainsi que ce mot s'écrivait dans le Maine. Aujourd'hui équarrir une poutre et équarrir un cheval ont la même orthographe. Écarrir venait de caro. (A. Bos. Esquarrant.)
Ecaubuaige, s. m. Ecaubue, s. f. Feu de broussailles, de bruyères, etc., qu'on a enlevées du sol en écobuant. La manière dont nous prononçons ces mots et le sens que nous leur donnons semblent les rapprocher de échaubouillcr., soit dit sans aucune intention d'élymologie, et pour faire remarquer, au
contraire, que ce serait un non-sens. A ce sujet. V. Écobiiaige.
Echabotti^ e, adj. Enfant qui commence à marcher seul. (AiMS. Un coin du Bas-Maine.)^. Ecliaubotti.
Echaffourer, v. a. Effrayer. V. Chaffourer.
Echairgne, adj . Taquin. V. Echarnir.
Echalier, s. m. Petite claie fixe qui sépare les champs, sur le parcours des sentiers, et pardessus laquelle on enjambe. De Scala, échelle. (A. Bos. Esclu'ler.) On a étendu le nom à toutes les petites barrières fixes de môme nature, qu'elles soient en pierres, en ardoises ou autrement. Dans le Dictionnaire de l'Académie, ce mot aie sens collectif de clôture.
Echalle, s. f. Brou do noix, écale. (P. Chompré. Calla. — A. Bos. Escale.) Echaller, t\ a. Enlever Véckalle.
Cependant les mestaiers qui là auprès... challoienl îles noix. (Rabelais. Gargantua, ch. xxv.)
Perlinax... eschalleur de noix. (Le même. Pantagruel, Vir. II, ch. XXX.)
Echamellée, s. f. Barge de foin coupée par portions ou tranches ; se dit aussi du fumier, du terreau, etc. [Neuville.) (A. Bos. Esquame.)
Echanger, v. a. Essanger du linge. (A. Bos. Eschané., Essangier.)
On passait à l'eau, — ce qui s'appelait essanger, — le linge
a mesure qu'il était sali,... (Besnard. Mémoires, t. I, p. 44.)
... on passait à l'eau et savonnait légèrcmen{ tous les huit
DU nAUT-MAINE 219
jours le linge sale, ce qui s'appelait essanger o\\ échanger.., (Le même. Ibid.., t. 1, p. 86. — Dict. de Littré.)
Echantignole, s. f. Chantignole, petite console ou support en bois ; terme de charpentier. [Neuville.) (A. Bos. Escliantil.)
Eeharnir, v. a. Berner, railler, agacer. (Du Gange. Cariïia, Subsannatio . — Roquefort. Escharner, Escharnisseur . — Raynouard. Escarnir sous Esqiiern.) On dit partout de quelqu'un qui raille d'une manière trop mordante, qu'il enlève la pièce, et en ce cas on veut dire la chair. Ce doit être la vraie origine dCécharnir (1) ?
Lors les jeunes gens et la [ilus granl partie de tous les autres escharnirent ce sage. [Ménagier de Paris. D. L A. ix.)
Echart, s. m. Echarde, éclat de bois entré dans la chair. (A. Bos. Escarne.)
Echaubotti, e, adj. Bien vivant, éveillé. — S'emploie aussi comme participe : leur queniau s'est ben eschembotti [Neuville.)
Echaubouiller, v.«. Brûler, étoulfer de chaleur, échauder. {Barbeu du Rocher, Rabelais, liv. III, ch. XVIII. EschaubouiUé.)
Echaudé, s. m. Sorte de pâtisserie que le Dictionnaire de l'Académie indique comme très légère, et qui, dans notre province, a la qualité opposée. (Du Gange. Escaudetus, Escaudeis, Eschaudati, Eschaudetus .) G'est, dit Furetière, un gâteau fait en forme de triangle ou de cœur, avec de la pâte échau-
(l) v. pour ce mot Paul Meyeu, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 21c année, (,. i^ p. 460; et A. Bos. Escharnir.
dée, de l'eau, du sel, et quelquefois avec du beurre et des œufs. Nos échaudés manceaux sont encore faits d'après cette recette, répétée d'une manière à peu près conforme par le Dictionnaire de Trévoux. Quant à leur configuration en cœur, elle ne date pas d'aujourd'l'.ui, puisque Robert Estienne traduit eschaudé par crustuluni bicorne et que Du Gange indique Cornuyau comme synonyme sous Cornuta.
Un pain pesant neuf onces paitri ferme, que l'on met dans l'eau bouillante et que l'on remue jusqu'à ce qu'il monte sur l'eau. Après on le lire pour le mettre dans un seau d'eau froide, et puis on le met tout chaud égoutter sur des paniers ou des linges, et cela fait, on le met au four plus chaud que pour le pain ordinaire. (Jn donne à ce pain la figure d'un croissant ; il est d'un usai;e ancien au Mans et se mange en temps du carême. (Triger d'après Maulny. La Procession des Rameaux. Revue du Maine, 1883.)
Echauguette, s. f. Aguets, espionnage. (Du Gange. Es char g ait a., Scaragayta. — A. Bos . Eschargiiaite, Escharr/uaite?nent, Escliaryuaitëor.) L'échauguette était et est encore une petite guérite, au haut d'un rempart ou d'une tour.
Donc nous qui somcs eslablis en la maison nostre Seigneur pour gaites et eschargaileurs. (Ghr. de St Denis. CInIpéric, iiv. III. ch. vni.)
Echauguetter, v. a. Se cacher pour guetter, espionner. (Raynouard. Eschirgaitar sous Gaitard. — A. Bos. Escliarguaitier.)
Des domestiques de M. de Bouille prétendirent... qu'il semblait echauguetter la maison de leur maitre. (Ledru. Le faux ladre.)
Echeigne, s. f. Echine.
T'as rai(r) tout de même pour seu(r) d'ieu mett' seu(r) l'écheigne bin des chouses qui n'ont point faites. {La Croix du Maine, 3 octobre 1897.)
Echenailler, v.a. Déchirer.
Echeneau, s. m. Petit canal, petite gargouille au bas d'un tuyau de gouttière. (Du CxîiGE. Chenalis. — A. Bos. Chenel, 1.)
Auecques les gouttières qui issoient... ou finissoient en grand eschenaulx. (Rabelais. Gargantua, ch. nv.)
Echiarder, échiauler, v.«. Arracher les rejetons du pied des arbres. V. Chiart^ cfiiau.
Echias, échiau, s. m. Eclat de bois. On est arrivé à prononcer ecA/«5 pour équiat^ qui se dit continuellement pour éclat, suivant l'usage de cette province. (Esnault. Equis pour échart.)
Echirer, v. a. Déchirer.
Eclaché, e, adj. Fatigué de chaleur.
Eclairçon, s. m. Toit recouvert de tuiles assez espacées entre elles, pour que l'air y pénètre, et aussi par économie. On dit naturellement aussi Equierçon, plus souvent peut-être.
Eclancher, éclocher, v. n. Travailler trop, se nourrir mal, maigrir. (A. Bos. E^ilochier.)
Eclocher, v. n. Boiter. (Nicot. Eslocher.) Montaigne dit Eslochement pour claudication.
Noslre iustice n'en fait compte, comme si ces esboitemens et eslochemens n'estoient pas des membres de nostre chose pubiicque. [Essais, liv. II, ch. xxvi.)
On irouYe Esloissié^avec cette même signification, dans le Glossaire de Du Gange (au mot Dùligare), et aussi Clos, boiteux, sous Cloppiis, lequel mot latin prouve que notre verbe a la même étymologie que écloppé .
Ecloscu, s. m. Oiseau pondu ou éclos le dernier de sa couvée ; le plus jeune des enfants d'une famille. V. Closcti.
Eclotoir, s. m. Filet carré pour prendre les oiseaux la nuit. ((Du Gange. Exclotorium. — A. Bos. Escloloire.) Il est monté sur deux gaulettes, pour qu'on le tienne des deux mains ; on chasse avec une lanterne en battant les haies ; celui qui tient le filet, le ferme brusquement poui' arrêter les oiseaux surpris dans leur sommeil. Gette chasse de nuit aux petits oiseaux est interdite. (Ghasse illustrée, 23 nov. 1872, Chasse à Véclotoire.)
Ecobarrer, v. a. Casser ou briser, réduire en fragments. Se dit principalement de la vaisselle, ,1e ne sais s'il convient d'en référer à Scobs, qui se traduit par sciure de bois, limaille, quelque chose comme menu débris, selon Ghompré ; peut-êltre aussi, à cause de l'état de balayures auquel sont réduits ces débris, faudrait-il prendre pour intermédiaire entre scohs et ecobarrer, escoube, qui signifie balai ? V. Ecobuaige ci-dessous.
Ecobuaige, s. m. Feu de broussailles. A l'article Ecaubuaige, j'ai placé une observation qui porte sur la manière dont nous prononçons ce mot et sur le sens que nous lui donnons; simple observation, comme je le dis, qui ne tend qu'à constater un rap-
prochement, et à signaler le danger qu'il y aurait à aller au-delà, puisqu'on ne peut refuser à écobuer une origine commune avec escoitbe, balai de broussailles. (Du Gange. Escobare. — A. Bos. Escoble.)
Ecoïne. s. f. Petite scie dont on se sert d'une seule main, et qui est employée surtout par les jardiniers. V. Egoïne.
Ecoinneter, v. a. Enlever un coin ou un angle à un objet.
Ecolomie,.s\ /".Economie. [Monfort-le-Rotrou.)
Ecoperré, e, adj. Vif, étourdi, hardi, effronté.
Ecot, s. m. Tige desséchée, ce qui reste sur pied après qu'on a coupé les cépées, qu'on a fauché la paille ou le chaume; écharde ou éclat de bois ou de tout autre corps dur ; racine de la plume ou du poil qui reste dans la peau.
Luy s'approchant tout doucement de moy, me présentant sa patte oirensée, ie luy estai lors un grand escûl de bois. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. xii.)
Ecotais, s. m. Taillis dont il ne reste que les écots ; lieu qui contient beaucoup d'écots ou qui en a contenu. S'écrivait eschotais, escotais, eschotez. [Archives Hubert de Montesson.)
Ecoter, î;. a. Arracher les écots d'un taillis, le dernier duvet de la peau d'un animal, les dents de la bouche. Tout cela est la même chose à peu près que écoter, élêter. (Du Gange. Excotere. — A. Bos. Escoler, 2.)
Ecoter (s'), v.réf. Grandir et s'amincir en même temps, s'allonger (A. Bos. Escoter, 2.)
Ecot-perche, s. m. Perche d'échafaudage, s'écrit aujourd'hui Ecoperche dans les Dictionnaires universels ; il n'est pas dans celui de l'Académie. (Du Gange. Escoperius . )
Ecouplétes, s. f. pi. Ramilles coupées, menues branches d'élagages. {Neuville.) [Pl.Bo?,. Escove.)
... les murailles lant au jeu de paume que ailleurs sont escouplées par le haut et autres dégratlùes par le bas. (Ch. d'Achon. Seigneurs de Courceriers, 16i6.)
Ecourter, v. a. Couper la queue.
Ecourues, eaux-courues, s. f. pi. Moment oh. l'on met basses les rivières et ruisseaux par ordre de l'autorité administrative. (A. Bos. £'6-. l,Escorre, 2.)
Pour le rouissage des chanvres et lins, on doit se conformer aux arrêtés de la Préfecture de la Sarthe, pour le
temps des ecourues. (Thoury. Usages ruraux de Monlfort-le- Rolrou.)
Ecousiner, v. a. Faire une écorchure, une plaie, écraser la chair. Mes sabots m'ecousinant les pattes. V. Cousmer.
Ecramailler, v. a. Egratigner, déchirer la peau, couper et enlever lachair en égratignant. De Scrama, pointe (P. Chompré), ou Scramasaxus^ couteau, rasoir. V. Cramailler .
Ecras, s. m. Enfant. V. Eqiieras. (A. Bos. Escrois, 2.)
Ecrassier, s. m. Eglantier. V. Arcancier.
Eereviche, s. f. Ecrevisse de rivière. (Morin. Liste des crustacés de la Sarthe.) Quieri veut des belles écreviclies? {Cris du Mans.)
Ecrilloir, écrioir, s. m. Rigole, grillage d'égoût. Ecrilloir, (on dit aussi égrilloir] indique pour son étymologie grille, mais écrioir ne pourrait-il pas faire penser que le mot se rapporte à s^écrier, glisser ? V. Equerier. (A. Bos. Escriller.)
Ecuierie, s, f. Ecurie. Ecuierie aux vaches, élable. [Montfort-le-Rotrou.) Ici nous prononçons comme au 14« siècle.
... Colart de Tanques, escuier du corps du roi et maislre de son Mcwicrie,... (Ledru. Folie de Charles F/, ch. iir, § 1.)
... mon escuier d'escuirye. (Le môme. Lettres Royales. Louis XL)
Ecuiner, v. a. Nettoyer. Ecuiner les vitres d'une église. Ce verbe se rapporle-t-il h Essuîner? {\.. Bos. EscoveVj 2.)
Ecuisseter, v. a. Ecuisser, éclater en plusieurs brins une tasse de plante pour les repiquer séparément. — Ecuisseter les tomates, c'est détacher les branches gênantes pour les fruits. [Neuville).
Ecuisseture, s. f. Bouture par éclat. [Montfortle-Rotrou.)
Ecussonner, v. a. Vacciner. Bien que ce mot ne puisse être d'un usage ancien, j'ai pensé qu'il valait la peine d'être mentionné.
Efant, 5. m. Enfant. (Du Gange. Homicida. — Raynouard. Effan sous Far, parler, et Efanta sous Far à l'Appendice.)
Dune prist famé, si ont effanz.
(Barbeu dti Rocheiî. Marie de France. Fables, p. 286.)
Effiements, s. m. pi. Récoltes. S'emploie au
pluriel : piller mes effiements^ dit un témoin à la Police correctionnelle du Mans. V. Affiement.
Efflonner, v. a. Faire perdre le sens. V. Afflonner el Flomier .
Effeuille, s. f. Eclaircie, bénéfice obtenu en vendant ce qu'on a de trop, en éclaircissant un bois, un troupeau. (A. Bos. foil.)
Effouiller, v. a. Arracher des feuilles, éclaircir uu bois, un arbre ou un fouillis. Au figuré, c'est se débarrasser des choses inutiles ou bonnes à vendre, et, par conséquent, tirer un bénéfice ou une effoinile de ce qu'on a de trop, des bestiaux principalement. (A. Bos. Foillier.)
Efreuler, v. a. Couper les freules.
Egabouir, v. a. Ecraser quelque chose de mou. V. Ecaboulr.
Egailler, v. a. Etendre, disperser. (Du Gange. Gaj ardus. — A. Bos. Egaillier.) Le jour où r Saint-Esprit s'est égaillé sus l's apôtres, tu n'// étais point., mon pouv'gas.
Egaloche, s. f. Echasse. V. Gaiilicelle . Egalocliée, i\ /. Enjeu des joueurs Ae galoche, nombre de sous qu'elle porte.
Egassiau, s. m. Pommier ou poirier sauvages. V. Aigrassiau.
Egoïne, s.f. Petite scie dont on se sert avec une seule main. La goye était une serpe. (Du Gange. Goia, Lcfjog . — A. Bos. Goie.)
Egouler (s'), ?;. réf. S'arracher le gosier ou la goule à force de crier.
Egraflgner, v. a. Egraligner. V. Grafigner.
(A. Bos. Esgrafignier.)
Eusthènes lequel vng des géans auoil égrafigné quelque peu au visage. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, ch. xxx.)
Ses ongles assez grands pour faire des lanternes, ou bien pour s'égraffigner. (Bonav. Despériehs. Contes et Devis,
UOUV. LXXXV*.)
Egrain, s. m. Fétu, tige égrenée. V. Egrun. (A. Bos. Esgrimer.)
Egrassiau, 6\ m. Pommier ou poirier sauvages. V, Aigrassiau.
Egraver, v. a. Se dit des objets qui causent des blessures aux pieds pendant que l'on marche, par conséquent des pierres sur lesquelles le pied glisse ou porte à faux, des souliers qui gênent, etc. De grave (gravier), parce que c'est principalement dans les terrains graveleux ou pierreux qu'on éprouve cet inconvénient? (A. Bos. Grave^ 1,)
Egraver (s'), V. pron. Spécialement s'abîmer la plante des pieds, homme, chien ou bétail, en marchant trop par un temps sec. (A. Bos. Graver. 1.)
Chien qui court longuement sans s'agraver. (Barbku du Rocher.)
Egredon, s. m. Edredon.
Egreniau, égrenot, .ç. m. Premières graines ou premiers fruits mûrs qui tombent avant la récolte; ce sont à peu près exclusivement les châtaignes ou les marrons ainsi recueillis qui portent ce nom. Tout naturellement, on dit très souvent Eguerniaux. — Ce sont aussi les branches mottes qui tombent des futaies en hiver. [Neuville.)
Egrilloir, s. m. Rigole, grillage d'égoût. V. Ecr'dloir .
Egrigner, v. a. Briseï* du verre ou des objets de même nature en petits fragments. Est-ce une onomatopée? On peut voir plus bas que grigne signifie de petits fragments de croûte de pain. (A. Dos. £"5qriner.) — On dit encore egrigner pour égratigner.
Egron, s. m. Héron. V. Hégron.
Egrun, s. m. Tige égrenée. (Raynguard. Esgriinar sous Gran^ grain, 17.) Un végétal qui pousse à Végt'un est celui qui vient maigrement, sans petites branches ou sans feuilles, et aussi qui est à l'écart, isolé, sans suivre la régularité des autres. On dit la même chose d'un enfant malingre, et pour une affaire d'un maigre profil, etc. ; mais il y aurait lieu sans doute, dans ces derniers cas, de rapporter égrun à œger, malade. — Celte expression s'étend encore à tout ce qui ressemble à une absence de largeur, d'épaisseur, à tout ce qui est clair-semé, etc. Ainsi, une bande de personnes ou d'animaux marche à Végrun^ quand elle ne va ni de front, ni en masse confuse, mais à la queue les uns des autres.
Eguerre, éguirre, s. m. Variété de lycopode qui a la mauvaise réputation de faire perdre la mémoire de leur chemin, aux personnes qui marchent dessus. E guerre vient de égairer^ qui est notre prononciation pour égarer.
Eguiller, éguillon, s. m. Champ en pointe en forme d'aiguille. Cette orthographe est fréquente dans les vieux titres. I.e cadastre l'emploie aussi; es-
pérons que c'est pour abréger. Nous disons champ de Véguiller.
Eissève, eissier, s. m. Pente ou rigole par lesquelles l'eau se tire d'une pièce de terre, soit naturellement, soit par travail de main d'homme. De e^z7î<5, issue, sortie, et de «^em, eau. Beaucoup de ces mots terminés en ève ou en ier indiquent la présence de Feau. V. Essève, Mortier. (Du Gange. Eisseguum. — Raynouard. Eissir sous Ir.)
Ejarder, v. a. Enlever lejard, la plume, l'écaillé ou le poil d'un animal. V. Jard. — Au figuré éjarder quelqu'un, c'est le dépouiller par ex. au jeu.(BARBEU DU Rocher.)
Vous voirrez la mer éjardce Gomme un tison qui liambe.
{Vieux cantique. Tiifjc.)
Ejet, s. m. Terre-plein d'un fossé. V. Aiger et Jet.
Elâcrer, v. a. Elargir ou relâcher les mailles d'un filet, d'un tissu quelconque. De lacs. (A. Bos. Eslacier, 1.)
Elaiger, v. n. Elaguer.
Elément, s. m. Aimant magnétique.
Eliser, v. a. Couper une lisière ou une bordure, les redresser.
Elouveter, v. a. Faire des loups (V. ce mot) seulement avec une partie des racines, pour que la cepée repousse faiblement.
Emai, s. m. Ennui, contrariété. (Rob. Estienne.
Esmoy. — Du Cange. Pavagium. — Dictionnaire de Trévoux. Esmai. — Raynouard. Esmai.)
Soussy a maint cueur esmayé El encor tous les jours esmaie.
[Ménagier de Paris. D. ii, A. I.)
Emaiance, s. f. Angoisse, anxiété, attente pénible. (A. Dos. Esmaiance.)
Emaier, v. a. Ennuyer, contrarier, émouvoir. (Raynouard. Esmaiar sous Esmai, 2. — A. Bos. Esmaïer.)
L'êphore. .. ne s'esmoie pas si elle en vaut mieux. (Montaigne. Essais, liv. I, ch. xxii.)
Le vieil lient bon : et du mort ie m'esmaye. (Cl. Mauoï. Chant royal dont U Roy bailla le refrain.) Fol est qui tant pour vn bouclier s'esmaie, J'ai bien ietlé le mien clans vne haye. (Amyot. Œuvres de Plutarque. Dits notables des Lacédae-
monicns.) Ne vous esmayez jà de ce que je vous dirai. {Ge7it Nouvelles nouvelles, lxxxix».)
Emballe, adj. Orgueilleux, faiseur d'embarras. Hélâs ! mon poiivre emballe !
Embarger, v. a. Construire une meule de foin, de paille ou un tas de fagots. V. Barge, C'est aussi commencer un travail.
Embargeaige, s. m. Action d'embarger une barge de foin, etc , de commencei une opération
Embernaillé, adj. Mêlé. [Tuffé.)
Emblaver, v. a. Encaisser un chemin, le remblayer. (Du Cange. Bladirc. —A. Bos. Enbloqiiier .) V. Vxemhloyer.
DU nAUT-MAlNK 231
Embobeliner, embobiner, v. a. Envelopper de linge, de vêtements chauds, empêtrer. (A. Bos. Bobelin.)
Embôner, v. a. Couvrir la tête et les yeux d'un animal méchant, peureux ou vagabond. — Embourrer, envelopper. (Esnault.)
Embonnir, v. a. Donner ou prendre de l'embonpoint, améliorer. (A. Bos. Bonisme.)
Emicher, v. a. Amaigrir, allonger aux dépens de la force ou de la grosseur.
Emiotter, v. a. Emier.
Emorche. s. f. Amorce, bourre de fusil, petit morceau de papier qui traîne. De mors qui a fait morceau. (Du Gange, Morsiis^ i .) Rabelais emploie ce mot dans un quatrain trop pantagruélique, pour que je puisse le reproduire. (Grt/Y/«/i/;m, ch. xiii.)
En l'autre (bougette), un fusil garni d'csmorclie, d'allumettes, de pierre à feu et de tout autre appareil à ce requis. (Barbeu du Rocher. Rabelais, liv. II, ch. xvi.)
Emorcher, v. a. Amorcer un fusil, mettre une bourre dans le canon.
Emoussaige, s. m. Action d'émonder une trouesse.
Emousse, ,s\ /. Souche émondée. (PEnRox, de Laval. Populations agricoles, 1888.)
Emousser, v. a. Emonder un arbre.
Emouturer, v. a. Moudre ; prendre en nature et sur le grain livré au meunier, le salaire de ce dernier.
(ÂNJUBAULT.) Suivant M. Paulin Paris, mouturage Q^i un mélange comme le méteil.
Si grant chierté fu que l'en vendoit un sextier de mouturage treize sous ou quatorze. (Ghr. de Saint-Denis. Phe-
LIPPE-AUGUSTE. Ch. XUI.)
Empaigement, s. m. Empêchement, littéralement position de ce qui est pris dans la poix onpai. (Du Cange. Impechementum.)
Empaiger, v. a. Poisser, prendre dans la poix, empêtrer, embarrasser. (A. Bos. Enpegier.)
Et par ce moien demeuroit empestré comme vue souris cmpeigée. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, cli. m.)
Empanser, v. a. Faire manger beaucoup. (A.Bos. Enpancier.)
Empanseure, s. f. Action d'empanser.
Empendancer, v. a. Suspendre. L'abbé Esnault donne apendancer, suspendre, et dépendancer, par opposition.
Empieume, emplume,^'. /. Goût acre et un peu désagréable de certaines liqueurs, de l'eau-de-vie de cidre, par exemple.
Empommer (s'), v. réf. Se dit des bestiaux qui avalent des pommes ou des navets sans les mâcher, ce qui amène V enfle.
Empulantir,?;.«. Empuantir. (Du Gange. /mp?/y'«cia. — A. Bos. Enpulcnter.) Le guiabe m'empù l que le diable m'empulantisse. (Barbeu du Rocuer.)
En, pron. rel. Se change en n chaque fois qu'il est directement précédé d'un pronom personnel, et celle
DU nAUT-MAINE 233
n se prononce comme si elle était redoublée. Je n'n'ai, tu ri'rCas, i rCîi'a, nous n'ii'avons, vous ri'n'avez^ i n' n'ont d'en ai, etc.)- Quand il y a une négation, on n'ajoute rien de plus. Je rCn'ai pas (je n'en ai pas). V. Guien et N'en.
. Enarter. v. a. Semer. V. Enherter.
En attendis, loc. adv. En attendant. V.i4^^e;id'/5.
Encarte, 5. f. Entrave. (Du Gange. hicartio.)Ce mot vient de chartre., prison. (Du Gange. Carccr. — Dictionnaire de Trévoux. Encharté.)
Encarter, v. a. Mettre des entraves aux pieds des animaux; s'engager par un marché pour être ouvrier, domestique, ou journalier. {Neuville.) (A. Bos. Enchartrer, Encharter.)
Encaver, v. a. Enfouir le cadavre d'un animal.
Encherdir, v. a. Enchérir, V. Rencherdir.
Encitrailler, v. a. Griser avec du cidre.
Encrenuche, s. f. Vent qu'on laisse échapper dans des circonstances où c'est commettre une inconvenance. V. Engrenuche.
Encrucher, v. a. Embarrasser, arrêter, accrocher un objet dans les branches d'un arbre ou sur un pointélevé. (Du Gange. //zcrocare. — k.ho'à.Encroër.) La parole m'a resté encruchée dans la goule. Un pet encruché. Quelqu'un est enc niché, quand il a la taille ou le cou trop court.
le piqueur prendra (le lièvre mort) et l'ouvrira,
après le despouillera en luyostant le pas (?), le poumon,
et la peau, lesquels il encruclicra en quelque arbre (Bau-
Bnu DU Rocher. La Vénerie de J. du FouiUoux, p. 69.)
Endémené, e, adj. Agile, lourmenlé, emporté. (RoB. EsTiENNK. Endémené. — A. Bos. Démener.)
Cest fleur d'aage est fort chatouilleuse et endeinenée à prendre tous ses plaisirs. (Amyot. Œuvres de Plutarque. Comment on nourrit les enfants.)
Endemintiers, conj . Tandis que, en allendant. (Du Gange. Interdum. — A. Bos. Dementiers.) V. Demintiers.
Ils se doutoient que endementicrs que ils seroient
hors, Gharlemaines le prist. (Chr. de Saint-Denis. Pépin.
liv. V, ch. XXVIII.)
Endouver (s'), ii. réf. Fléchir, s'envoiler, comme un toit, une surface quelconque, comme une douve de tonneau.
Endré(it), s. m. Endroit; spécialement bordage, maison avec un peu de terre autour. Noiitre endré, son cndré, un jytit cndré. (Barbeu du flocuER.)
pour que le sortaat loge et nourrisse dans les bâtiments de l'endroit les journaliers, les bœufs et les chevaux dont il a besoin. (Thoury. Usages ruraux de Monlfort-le- Rolrou.)
Enerter, v. a. Semer. V. Enherter.
Enfaiter, v. a. Amonceler des objets l'un sur Fautre jusqu'au faîte d'un bâtiment, remplir un vase jusqu'à dépasser les bords.
Enferge, .s. /. Entrave de fer. L'étymologic est évidente. (A. Bos. Fiergcs.)
Enferger, enferquier, v. a. Mettre des fers, des entraves aux pieds. (Du Gange. Disferiare, Inferrare. — A. Bos. Fcrgier.)
Entre les Scythes, quand les devins avoient failly de rencontrer, on les couchoil enf'orgcz de pieds et de mains sur des charriotes pleines de bruyère. ( Montaigne. Essais , liv. I ,ch. XXX.)
Du plaisir qu'il sent à gratter sa jambe après que les fers en furent hors, accuse il pas une pareille doulceur en son âme pour être désenforgée des incommoditez passées. (Le même. Ibid, liv. II, ch. xi.)
Enfiamber, enflamber,y. a. Mettre en flammes. (A. Bos. Enflambeûre.)
Enficeler, v. a. Attacher quelque chose avec une ficelle.
M. Roger de Nicolaï a l'heureuse idée d'acheter un gros pain rond, le perce par le milieu, Venficelle et le porte suspendu au côté (MoRANCÉ. Un régiment de l'année de la
Loire, p. 156.)
Enfie^, enfle, s. /. Mt'tcorisalion, accident auquel sont sujets les bestiaux, après avoir mangé certains fourrages verts, la luzerne et le trèfle particulièrement. (A. Bos. Enfle.)
Enfler, enflir, v. a. Enfler. Si le bié en fie ou enflit dans la terre trop sèche pour qu'il la perce, il s'échauffe, il est perdu. [Montfort-lc-Rotroii.)
Enfiume, enflume, s. f. Enflure, tumeur. (Dictionnaire de Trévoux. Enflume.)
Enfoncer, v. a. Mettre un fond neuf à une barrique, à une mangeoire, etc. [Neuville.)
Enfondrer, v. a. Enfoncer, effondrer. (A. Bos. Enfonder.)
Il priut (juand et quand, des préceptes d'Attalus, de ne se
coucher plus sur des loudicrs qui enfondrent. (Montaîgnf. Essais, liv. III, ch. xiii.)
Voit enfondrer, en mer bien loing du bord, (Frogeu. Lexique de Ronsard, dans la Revue du Maine, 1895.)
Enforge, 5. /". Entrave. V. Enferge
Enforger, v. a. Enlravei*. V. Enferger.
Enfouger, v. a. Enfouir. V. Foiiger. (A. Bos. Enfocr, 2.)
Enfourrer, v. a. Garnir quelqu'un ou quelque chose de laine, fourrures, paille, elc, de manière à garantir du froid. (Â. Bos. Enfuerer.)
Engé, e, adj. Se dit du mal de Van. Engé du mal de Van. [Tuffé.) (A.. Bos. Engier, 1.)
Englober, v. a. Enjôler, cajoler. (A. Bos. Engoler.)
Engoillas, s. m. Marmelade de prunes. Gula pourrait être pour quelque chose dans Forigine de cette expression, comme pour gouléiant.
Engorinée, adj. Se dit d'une truie pleine. V. G ovin.
Engoulvent s. m. Oiseau nocturne, crapaud volant. Engouler est français. (A. Bos. Engliivcr.)
Caprimulgus europœus. L. — L'engoulevent, vulgairement appelé par les paysans Hirondelle de nuit, est un de nos insectivores les plus utiles. M. Deromet a pu compter dans le gésier d'un de ces oiseaux les débris de vingt-deux hannetons de lespèce Rhizolrogus solstitialis . Latr. (Letacq. Observations ornilhologiques. 1897.)
Engrediner, v. a. Empêcher quelqu'un ou quelque chose de réussir, de s'améliorer, en s'interposant
au-dessus ou à côté, en privant de soleil, d'air, etc. Un arbre est engrediné par un autre qui l'empêche de croître.
Grediner, gueurdiner, v. a. Trembler de froid. (Bar- BEU DU Rocher.)
Engrenuche, engronuche, 5. m. et f. Vent qu'on laisse échapper, alors qu'il y a inconvenance marquée à le faire. Peut-être de en grons^ grons signifiant <72>o/i.^ (Du Gange. Gyro.] On trouve dans le Vocabulaire de Chompré plusieurs mots commençant par gron et par grun^ et indiquant des bruits de diverse nature. (A. du Peyroux. Alpes Mancelles^ eh. XVIII.)
Enguias, s. m. Marmelade de prunes. V.^;i^?<ia5, Engoillas^ et Languiat.
Enhaïr, v. a. Haïr, bouder quelqu'un, l'abandonner par dépit. Un oiseau enhaït son nid, quand on l'a effarouché de manière à ce qu'il n'y revienne plus.
Enhanner, v. n. Se faliguer.V. Ahaner. (A. Bos. Enhan.)
Enherter, v. a. Semer, préparer pour ensemencer, mettre une terre en valeur, en produit. Ertaye ou E/Voye indique une terre inculte. (Du Gange. Hertemus. — P. Ghompré. Hertlius.) En hers, le produit quelconque donné par le labour. (Du Gange. Adhaerere^ 3.)
Enheuder, v. a. Mettre des entraves aux pieds d'un animal. De hense, hoWe. Suivant le Dictionnaire de Trévoux, ce mot se trouve dans les vieilles Cou-
lûmes. (Du Gange. Heusia^ Osa.). Venheudiire était la poignée d'une arme ;
Vcnhoudeure en estoit vermeille. (Ghr. de Saint-Denis. Cliarlemagne, liv. III, ch. iv.)
une riche espée dont le pommel et Venhoudure
estoieat de fin or. (Ibid. Lotliaire, ch. !•".)
Enjaquer, v. a. Engoncer, porter la tête enfoncée dans ses habits. Le jacque d'où l'on a fait \n. jaquette, était une casaque ou cotte de mailles. (A. Bos. Jaque.)
Enjarber, v. a. Engerber. Talions enjarber nout'bié.
la gent
Qui ces jarbes cueillent o loient.,..
E les garbes ensanle metuns. (Bahbeu du Rocher, Marie de France, Fables, p. 3G1.)
Enjouguer, v. a. Placer sous le jong.
il faut attendre qne vous soyez assez robuste pour
enjouguer une jiaire de bœufs. (Bruneau. Union hislorùjue du Maine, 189'i.)
Enligner, v. a. Aligner. (A. Bos. Enlignié.)
Ennuit, adv. Aujourd'hui. V. Anuit.
Si notre anuit ou ennuit est une abréviation, nous employons aussi la battologie : au jour d'anjour dlmy. [Neuville.)
on t'oublie en huy ; comme vous dites en huy.
(Mmlly, Légende du Bnudiet, p. p. 2 et 11.)
Ennuyer (s'), v. réf. S'ennuyer de quoiqu'un, c'est avoir de la peine à supporter s.on absence.
Mais r'amenez Mademoiselle, Je commence à m'enmiyer d'elle,
(LoRET. Muze historique, 29 mars 1653.)
Enrayer, v. a. Mettre en train, et non arrêter. On disait arrayer pour préparer. (A. Bos. Arciier.)
Estoient ja les batailles ordenées el arrécs pour combatlre. (Ghr. de Saint-Donis, Phelippe- Auguste, ch. xiii.)
Ensabatter, v. a. Ensorceler.
Ensauver (s'), v. réf. Se sauver, fuir.
Enscension, s. f. Ascension.
la coustume de la foire de X Enscenaion appartient au
maistre des laires de ladite ville (P. de Farcy. Aveux de
Château-Gonthier au XV° siècle.)
Ensément, ens'ment, adv. Ensemble, on même temps. (Du Gange. Stiria. Pariformitcr. — Ray- NOUARD. Eiisems.) Ens'ment veut dire encore pareillement et seulement. Il est employé par nous exactement comme s'ment dont il est compose. (A. Bos. J^nsement.)
Les parents et amis, voisins el les dames du pais enscmetit. {Ménagicr de Paris. D. I, A. VI. )
Enserrer, v. a. Gêner, embarrasser. S'emploie surtout au participe : être enserré.
En soin. Locution employée avec le verbe être : être en soin. V. Soin. (A. Bos. Ensoignier.)
Je suis en soi/ï^ que je feray pour mon vivre, (Denis,
Revue du Maine, 189G.)
Ensouilleure, ensouillure, s. f. Enveloppe d'un matelas, taie d'oreiller. De touaiUe ou touaillon ?
C'étaient des nappes, des serviettes, de la toile. (Du Gange. Toacula. — Raynouard. Toalhon sous Teisscr. — A. Dos. Entoïer, 1.)
Eusur semaine, loc. adv. Dans le courant de la semaine, moins le dimanche.
Entasserie, s. f. Pièce d'une maison destinée aux objets qui se mettent en tas, le blé, les cendres, etc. On dit aussi : tasserie.{Montfort-le-Rotroii.) (A. Dos. Entasseïs.)
Entendoir, s. m. Discernement, jugement, intelligence.
J'ay assez belle entendauoire, voire. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, cil. XXVI I.)
Enterver, v. a. Entraver, affaiblir, empêcher de pousser.
Entortre, v. a. Entortiller, tortre. (A.Bos. Entors.)
En tout, adv. Du tout. C'est point vrai en tout. [Le Mans.)
Entrechérir (s'), v. réciproque. S'entre aimer, s'embrasser. V. Chérir. (A. Dos. Entre ^ 1.)
%' entrechérir et consoler dans leurs afflictions
(Froger, Etablissements de charité à Sillé-te-GuiUamne, p. 2G3.)
Envelimer, v. a. Envenimer, empoisonner.
Sa personne par moy fut envelimée.
(Villon. Ballade de la fortunei. Strophe 3'.)
Envie, s. f. Petite peau qui se soulève auprès des ongles. V. Nuisant.
Environ, prép. Etre ou faire environ quelque
chuse, c'est s'en occuper. C'est un adverbe dont nous avons fait une préposition, et nous avons eu des complices.
Il fut environ les guerres des Perses. (Amyot. OEuvres de Plutarque. Les Vies des dix orateurs.)
Elle se mit environ son beurre. (Bér. de Verville. Moyen de parvenir, ch. xliv.)
11 tâtonna tant par cette cave environ ces tonneaux. (BoNAv. Dkspiîriers. Contes et Devis. Nouv. XLVII°.)
Le seigneur du Plessis tira sa dague, et en frappa sou
adversaire environ l'ayne {Union littéraire du Maine,
Envoirai (j'). Futur du verbe envoyer. Le conditionnel fait de même jV/ifOiVw/.s ; au participe, envaijr pour envoyé.
Marie de France, fable XXVI, p. 140, écrivait envéié. (Bardëu Dt! Rocher.)
En vrai, loc. adv En vérité.
Epainer, v. a. Réduire un tissu en franges, le mettre en pièces. (Du Gange. Despaner, sous Despanare. — A. Bos. Despaner.) V. Paine.
Epairer, v. a. Se servir dCépaires. V. Pairer.
Epaires, s. f. pi. Planches ou voliges dont ou garnit les pignons des bâtiments, quand on ne vent pas les monter en maçonnerie. Je ne sais s'il faut ici établir quelque analogie avec les espars, qui sonl, dans les usages maritimes, des pièces de bois de rechange, mais plutôt pour la mâture que pour dos revêtements ou du cloisonnage ?
Epantal, s. m. Epouvantail. (Di <;a.\ge. Terri lorium.) Le plui'iel fait Epantds.
24*2 vocabulairiï:
Eparcher^ v. a. Arracher les parches.
Eparée, s. /'. Eclaircie dans une forèl, un bois, etc. (A. Bos. Ëspart.)
Eparer, v. a. Eclaircir, éclairer. (Du Gange. FuLgetra. — A. Bos. Esparer.)
Je voy le ciel du cousté de la Iransmontaiie qui commence à s esparer. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch, xxa.) Mou œil s' espar t au Irauers de la porte Faicte de fleurs.
(Cl. Marot, Temple de Cupido.)
Epatouillé, e, adj. Evanoui. {Mamers.)
Epeilleter, v. a. Epiler. De Pai, poil.
Epeuailler, v. a. Déchirer, mettre en pièces un tissu. V. Paine.
Eperpain, .s. m. Parpaing.
Epérer et Epers. V. Epairer et Epaires.
Epiauler, épiauter, v. a. Ecorcher, dépouiller. De Pi au, peau.
Epi- croix, épine-croix, s. f. Epine-vinette. Il est singulier que nous ayons changé ainsi le nom de cet arbuste, tandis que nous avons laissé celui de vinette à l'oseille, dont les feuilles ont le môme goût acide que les feuilles elles fruits de l'épine vinetle. Il est possible, après tout, que cette singularité ne soit pas notre fait. La Heur de l'épine-vinette jouit de la mauvaise réputation de faire fiàtrir les champs de blé qui se trouvent dans le voisinage.
Epiécer, v. a. Dépecer, déchirer.
Epierrer, v- a. Lapider^ poarsuivre à coups de pierres.
UL iiAUT-iMAiNt; :243
Epiesser, v. a. Détruire une buk-, une clôture. V. Pie.sse.
Epiétant, e, adj. Se dit d'un ouvrage qu'on peut faire vite et bien. V. Epléter.
Epiétant, e, adj. Se dit d'une route sur laquelle on marche facilement. Ici, Tétymologie peut ne plus être la môme que pour le mot semblable qui précède ; elle peut se trouver dans pied. V. Piétant .
Epiéter. v. a. Faire vite et bien son ouvrage ; se dit, au sens neutre, de l'ouvrage qui se prête à être terminé. V. Epiéter. Un travail où il y a peu à épleter, est celui où il y a peu à courir, peu à se déranger ; partant l'ouvi-age avance plus vite, il n'y a pas de temps perdu : c'est alors cune ouvraiqe épiétante. {Neuville.)
Epiéter, v. a. Arracher une plante par le pied, racines et tout. — Epier. Bié qiiépiète ben. (Bar- BKU DU Rocher.)
Epiochon, y. m. Légume ou fruit mal venus, avortés ; mauvais épi ,
les pailles de toute nature, ainsi que les déchets ou
cpifiois. {Usages ruraux de l'arrondissement de Laval.)
Epinâs, s. m. /jl. Epinards. Les Angevins ont prononcé comme nous :
le |ioi"t d'Espina: sur la ditle rivière deMaienne
esl aujourd'huy Epinard, Maine-cl-Loire. {P. de Farcy. Aveux de Chdf.eaii-Gontier au AT" siècle.)
Epiquement, s. tn. Douleur lancinante, picotement. (EsNAi LT. Epimbucher, toucher aux dents.)
^44 vocabulaihl:
Epivauder (s"), v. réf. Se prélasser. Notre verbe lire son origine de pie, comme se pavaner doit la sienne au paon.
Epléter, w. a. Faire vite et bien son ouvrage; c'est exploiter. (Du Cance. Explectare. — A.. Bos. Esploitie?').
Epouantal, .y. m. Epouvantai]. Au pluriel, Epoiiantâs. V. Epantal.
EpoufFer, v. a. et n. Etouffer de chaleur, essouffler.
Epoupiner, r. a. Arracher les pépins on poupins d'un fruit, éplucher quelque chose. La conformité des gestes fait qu'on désigne aussi par ce verbe l'aclion de remuer machinalement les doigts les uns avec les autres, ou de se les croiser sur le venlre, occupations familièi'es aux personnes qui aiment à se plonger dans les béatitudes inertes de la digestion.
Eprendre, v. a. Prendre fortement, avec ténacité. La chaud m' a bin éprins; le feu est-il bin éprins? (X. Bos. Espreindre).
Epuceter, v. a. Épucer.
Equantage, s. m. Inclinaison des rais d'une loue sur le moyeu. (A. Bos. Cha/ttelage, Eschanider.)
Equanter, v. a. Donner aux rais d'une roue l'inclinaison convenable.
Ê-que, interrog. Est-ce que ? È-que tu vas mol-
li\i')->
Equeras, équerias. s. m. Enfant en assez bas âge pour s'cu/aericr souvent. V. Ecras et Eç/run. Un
DU HAUT-MAINE ^2\,y
michant écras est un eufaiU cliétif, malingre, f Barbku DU Rocher. — A. Bos. Escruis, 2.)
Equerier, v. a. Ecrier. - F. n. Glisser, faire un faux pas, parce que d'ordinaire on s'écrie en glissant. sur le verglas, par exemple ? }' fait bin équeriant à
matin. [Neuville.) (A. Bos. EscriUer.)
Equerioche, s. f. Echasse (qui [di\i éqiierier.)
Equerbiche, équerviche, s. f. Ecrevisse. V. Ecreviclie .
Equianche, adj. Qui a le ventre vide. Une vache équianche qui a grand besoin d'aller en champs pour se soulit. (Tuffé.) V. Éclancher. (A. Bos. Esclame.)
Cerfs grands, longs et esclames. (Baçdeu uu Rocher. "Vénerie (Je J. du Fonilloux, fol. 19, recto et verso.)
Equiercer, v. a. Poser des tuiles ou des ardoises sur un toit de manière à n'en employer que la moitié ou le tiers de la quantité nécessaire pour qu'elles se touchent.
Equierçon, s. m.V. Eclairçon. (A. Bos. Esclaire.)
Equioché, e, adj. Amaigri, qui travaille trop.
Equiocher, v, n. Boiter. V. Eclocher.
Eraigne, s. f. Grappin à plusieurs branches. V. Arai(/ne et Irair/ne.
Erdrille, 5. /'. Terre argileuse mêlée de sable ou de gravier, brûlante. (Du Gange. Ardilha.)
Erdrilloux, se, adj. Argileux et brûlant. (Du Gange. Ardilha.) Ge mot et le précédent sont des
246 VOCABCLATRE
pi'ovenances de rorlhographo cadastrale. J'ai donné la véritable en écrivant Aîrdnlle. V. Ardrille.
Ergancier, s. m. Eglantier. V. Arcancier.
Briller, v. a. Glisser. Ça érille. {Tiiff'é.) V. Equorifr.
Ermena, s. m. Âlmanach. V. Armana.
Eronce, s. f. Ronce.
Erquanier, erquenier, s, m. Mauvais sujet, garnement. V. Arquanier.
Erquc/icr, terme de mépris, désigne souvent un chicanier. {Anis. Un coin du Bas-Maine.)
Eruble, adj. Qualilé d'une terre chaude et pré-, coce. V. HfiW'ible.
Erussaige, s. m. Action à'énisser. Vénissage des ormes constitue une grande ressource pour les bestiaux et pour les porcs, dans les années où les fourrages sont rares. On fait sécher les feuilles de ces arbres pendant l'automne, et on les donne durant l'hiver.
Aux battages des grains succédaient l'arrachis et Vcrus-
sement Ae?, chanvres. (Besnard. Mémoires, t. I., p. 19.)
le cerf de dix cors le prend (le bois tendre) délicatement en Véruçant pour en avoir la liqueur la plus douce et tendre qu'il peut. (Barbeu du Hocher, Vénerie de ./. dit Fouilloux, p. 24. verso.)
Est toléré Vérussage des souches taillées depuis deux ans. (Thoury. usages ruraux de Monfort-le-Rotrou, 108.)
Erusser, v. a. Arracher les feuilles d'un végétal ou le poil d'un animal. Signification qui se rapproche de celle du latin eruere. On dit encore au figuré érusser pour affaiblir^ amaigrir, et pour char/riner.
Dlî HAUT-MATNE 247
affecter par la douleur. Le mau que fai endeuré ma bin érussé.
Escalopes, .s. /. pi. Petits morceaux de viande taillés, façonnés et cuits au jus. (Bos. Escalope.)
Escarole, s. f. Scarole, sorte de chicorée. {Neuville.) Escarole et scariole, synonymes, sont dans les vieux dictionnaires.
Escousse, s. f. Ce qu'on appelle un bon coup de collier, une rude poussée. Je pense que c'est .çecoz^^s^. (A. Bos. Escosse.)
Le 6 octobre 1711... . on sentit dans ce pays-ci mesme
à Sillé, au Mans, deux escoussesàa tremblement de terre,
(Chambois^ Fahrique de Uomfront-i'n-Champagne .)
Espérer, v . a. Attendre, patienter. N'on n'espère pus que la ?7iô, dil-on des gens très malades.
une certaine dame qui s'était changée de maison,
parce qu'elle espérait la lièvre. (Snurcnirs de la marquise de Créquy, t. II, p. 160.)
René de la Jaille avait baplu et oustraigé puis ung
moys ou six sepmaines ung nommé Pierre de la Genouillerie auquel il avait donné plusieurs coups mortels et dont l'on espéroit plus la mort que la vie. (Beauchesne. La Roche-Talbot, p. 287.)
On n'espère que la mort de Curton pour onze arquebuzades à cetter encontre. (Marquis Dn Prat, Lettre de A.. Du Prat à son père, 1554-.)
Espion, .S', m. Curieux, voleur.
si je faisoie sonner ma trompette tel espie ou chevau-
cheur le pourroit oir (Ledru. Bataille de Pontvallain.)
Esponse, s. f . (Prononcez Ys.) Réponse. (A. Bos. Esponser.)
Essaileter, v. a. Couper les plumes des ailes. V. Aisseleter.
Essaimer, v. n. Maigrir, s'en aller peu à peu. Passé que n'ori veillit tout essaime. Montaigne dit Essimer.
Il nous la faut essimer (la santé) et abattre. [Essais, liv. Il, ch. XXII.)
J'aimerois presque également qu'on m'ostast la vie, que si on me Vessimoit. [Ibid, liv. III, ch. x.)
En prononçant 1'/ comme ai, suivant notre usage, les deux verbes sont identiques. Essaimer, au reste, nous rapproche davantage de la racine qui doit être Essaim, dont le sens indique ici une dispersion. (A. Bos. Essaimer.)
Essarder, essarer, v. a. Essorer, sécher au vent. L'abbé Esnault dit assorer.
Essart, s. m. Cépées arrachées. ^Du Cange Exartî(s. — Raynouard. Eyssart.) Essarter a été conservé.
Les moines ne prendront toutefois clans mes nouveaux
Essartements (nova exarta) (S. M. d'Elbenne, Les sires
de Braitel, p. G.)
Essève, essier, essiève, s. m. ou f. Pente ou sortie de l'eau d un lieu quelconque. (Du Cange. Essavare, Goterius.) \. Eissève. Essève est la traduction textuelle de Exitus aquœ, ève, étant synonyme d'eau. (Du Cange, Ewaria. — A, Bos. Esseu.)
Essicoter, v. a. Arracher un sicot, une dent, du poil, de la plume, etc.
Essor, s. m. Vent sec et bon pour sécher le linge ;
nu n.AUT-MATNE 249
on mirait aussi bien pu conserver ce mot en français, que le verbe p:^sorer pour sécher. (A. Bos. Essor.]
De branche en branche à son plaisir %' essore
(Froger, Ronsard, Odes.)
Essorer, v. a. S'entend des femmes qui se coiffent de manière à laisser la figure très découverte. (A. Bos. Essoré,.)
Essuiau, s. m. Essuie-mains. (A. Bos. Essiiïal.)
Essuiner, v. a. Enlever le suint de la laine.
Essuint, s. m. Graisse ou suint de la laine.
Essume, s. f. Écume. Notre prononciation est un peu plus voisine de spuma.
Estoc, s. f. Volonté. V. Estoquer. J'ai fait ça à mon estoc, c'est-à-dire, de moi-même., sans ordres. (Neuville.) (A. Bos. Estros.)
Estomalle, s. f. Poitrine, estomac. Ce mot est une dérogation à notre règle ordinaire, qui voudrait qu'on prononçât é'.s7om«. Avoir eiine bonne estomalle n'est pas l'indice d'un grand bonheur dans les digestions, c'est avoir une poitrine bien constituée. Faut qu'il ait l'estomalle bonne, pour juppcr comme ça. Les nourrices disent : mes estomâs.
Estoquer, v. a. Embaucher un ouvrier ou un domestique. (A. Bos. Estrosser, 2.)
Etaim, s. m. Gros drap fait avec de l'étaim de laine tissé. (A. Bos. Estaim.)
Etamin, s. m. Grosse farine passée à un gros tamis, d'où son nom .
Etant (ils). Ils sonl. Troisième personne du pluriel de rindicatif du verbe être.
Etaupiner, r. a. Faire disparaître les taupinières.
Le fermier doit épiner et élaupiner les prairies
(Renault. Notice sur Sainl-Clinstophe-en-Champagne.'}
Etommes (nous). Nous étions. Cette terminaison en ommes de la première personne du pluriel est indiquée par Borel pour d'autres verbes ; il cite avâmes (avons) et feromes (ferons). Je ne me rappelle pas avoir jamais entendu ces deux derniers dans le Maine, et je ne connais que fom?nes (faisons) qui y soit aussi usité, ce qui m'a empêché de mentionner cette irrégularité au chapitre De la prononciation. Si cet usage a quelquefois été une loi française, il n'en reste plus de souvenir que nous sommes ; elle rappelait les terminaisons en mus des mômes personnes des verbes latins.
Etonné, e, adj . Etre étonné de quelqu'un, c'est supporter son absence avec peine. Tsai bin étonné de mon pouvre éfant.
Etoupâs, s. m. Couvercle de la gueule d'un four. (A. Bos. Estopail).
Etouper, V. a. Boucher un trou d'une manière quelconque. Le seul sens consacré par l'Académie est : boucher avec de l'étoupe. (A. Bos. Estoper.)
Ores est a scauoir si ce trou par ceste clieuille peut entièrement estre estouppé. (P.aiset.ais. Panlagnicl, liv. IV. ch. ix.)
Celte menace niestouppa de manière le gosier, que ie
ne sceus avaller une seule sotitle. Montaigne. Essais, liv. II, ch. XVII.)
DU nAUT-MAlNE 231
Ccst rpiiTiMnime œni,uinatii]U(^. . . . qui siprnifie des vnses (le terre pleins de vins bouchez et estoupcz d'ache. (Amyot. (Jîuvres de Plutarciue, Cinquième livre des Propos de Table, Question III«.)
Quant à moy, je n'y vois point de différence qu'ils
soient estoupez ou ouverts. (Le même, fbid., Sixi'en^e livre. Question 11°.)
Etoyer, v. a. Mettre à l'abri sous un toit. fA. Bos. Esteuille, Estuïer.)
Eluyer la paille, la rentrer dans la grange. (Barbeu ni; Rocher.)
Etrançonner, v. a. Couper les branches d'un arbre, faire une tronce ou un tronçon.
Etre, \. /. Quand il n'a pas été la corruption du mot ailre, il signilie réellement une issue (de exire, dont on avait fait issb\ vieux verbe dont nous n'avons conservé que le participe issu. V. Attre. (A. Bos. Eissir, Estre, 1.)
Etri, .S', m. Querelle, contrariété. C'est le vieux mot Est ri f. On connaît Y Estr if de fortune de Martin Franc. On trouve £'.ç^/'«/' pour débat, embarras. [Cent Nouvelles nouvelles, t. II, p. 22"2.)
Attendu qu'ils sentent réalement et de faict en eux-mêmes, non vne mutation d'vn ou deux, mais vu eslrif'et combat de deux l'vn contre l'autre. (Amyot. Œuvres de Plutarque. De la vertu morale.)
Etriver, v. a. Contrarier, agacer, combattre. (RoB. EsTTENNE. Estriuev . — A. Bos. Estrivor.j
On les hurloit et maudissoit si on les veoyoit estriver à recevoir la mort. (Montaigne. Essais, liv. Il, ch. xxiv.)
Si le condamné eslrlvoil à leurs ordonnances, il menoit des gents propres à l'exécuter. (I.e même. Ibid.. ch. xxxv.)
VOCABULAIRV:
An co\\lraire, ils relmtent l'L d/'priment ceux qui estriuent (H s'elbrcent de s'égaler ii eux. (Amyot. Œuvres de Plularque. De l' amitié fraternelle.)
Auecque tes voisins iour et nuict estriuer.
(Régnier, Satyres. XlIIe).
Etronçonner, étrongner, étrouesser, v. a.
Emonder un arbre. Estroincer suivant Roquefoit, t-.stronchier suivant le D'' Bos.
Et tout, adv. Aussi, tout de même. Moins usité en ce pays que itout.
Toutes choses oui leur raisou, les bonnes el tout. (Montaigne. Essais, liv. II. ch. xxviii.)
La mort nous intéresse de leur inlérest quasi autant
que du nostre et plus et tout parfois. (Le même. Ibid., liv. III. ch. IX.)
Euche, s. f. Pièce de terre de bonne qualité cultivée et entourée de haies depuis longtemps, dénommée ainsi à une époque où les terres voisines n'étaient pas en culture réglée. V. Ouche.
Eudrir, v. a. Faner, mourir, se dit des végétaux. V. Oudrir.
Euets, .ç. m. p/. Yeux. V. Uels.
Eules, pr. f. pL Elles. Il est à remarquer que ceux qui se servent de ce mot, prononcent très bien rUc, quand il s'agit du singulier. On peut s'expliquer cette différence par l'ancienne orthographe de eux (masculin de elles] qui s'écrivait eulx. Nous disons de même ceules au lieu de celles^ ce qui a lieu encore pour tous les pronoms en el^ et c'est la vieille loi. V. Queu .
DU HAUT-MAINE 2o3
Eurée, s. /'. Venelle, bordure, dans le même sens que orée.
Eurible, euruble, adj . Qualité d'une terre chaude et précoce. V. Hcurible. Se dit aussi des animaux et des végétaux. Un f/orin eurlbieu. (Tuffr.)
Evailler, v. a. Étendre, disperser. (Du Canc.e. Gajardus.) V. Egailler.
Everrer, v. a. Couper le tîlet de la langue, opération que l'on prétendait jadis souveraine pour guérir de la rage. Evirer se dit en blason.
Exempt-du-ciel, 5. m. Huissier. Cette dénomination sarcastique est en même temps un jeu de mots, à cause du rôle de sergent ou d'huissier que remplissaient autrefois les exempts de certains corps et dans diverses juridictions.
Exprès (à r), adv. On ne dit pas : faire exprès de, mais bien à V exprès.
Fabrice, s. /'. Ne s'emploie que pour \k fabrique paroissiale. (A. Bos. Fabrice^.
Ilein, du Estienne Fouayrion pour la terre que feu ûenyb lluel et l'eu su femme donnèrent à ladite fahrice.. . (Frookh. Comptes de fabrique de Courgains.)
Pour raison desquelles choses déclarées, ladite f'abrice est teiuie à faire dire.... (Moulard. Fief de Maleffre en Arçonnay, 21 décembre 1599.)
Fabricien, s. 7n. Membre du Conseil de la fabrique paroissiale.
2o'l VOGABULAIRt;
Fâcelle, fachelle, s. f. Vase de terre cuite, dans lequel on tient le lait pour faire monter la crème. (Du Gange. Fiscina. — Cuompré. Faacidum.) En bon latin Fiscellus, fisceUa.
Fadir, v. a. Faiblir. (A. Bos. Fader.) Le cœur me fadit. {Bas-Maine.)
Fade [à La Flèche) dans un sens plus étendu que l'at, signifie outrecuidant, di'sagréable, maussade. (Barbeu du Rocher.)
Faduchet, te, adj. Chétif, malingre, qui a le teint pâle ou fade. (A. Bos. Fade).
Faflu, e, adj. Bien nourri, dodu, à pleine peau.
Il iHoit si gras et si faf'elu qu'on l'eût fendu d'une arête. (BoNAV. Despériers. (Jontes et devis. Nouvelle xxix^.)
Fagotier, s. m. Bticher, tas de fagots.
Fagrelin, faguelin, eine, adj. Enfant délicat, faible, peu développé. (Saint-Germain d'Arcé.) V. Fiacre, sous lequel on trouve Fidr/uerlin, qui est nécessairement la même chose que Fagrelin ou Faguelin.
Faignance, s. f. Fainéantise.
Faignant, e, adj. Fainéant. C'est un terme populaire ailleurs que dans le Maine. V. Nienteux et Pourgnant. (A. Bos. Faindre.)
Tellement que tout à nyeiiL Demeura.
(Lk Doyen. Annales et chroniques du pays de Laval, p. 73.)
pour l'an de ce compte, nyenl. (Froger. Fabrique de
Gongé-sur-Orne, 1493.)
On prononce aussi fainiant, qui est plus conforme à l'ancienne forme de néanl. iBarbeu du Rocher.)
Faigne, s. /'. Foulelaie, lieu planté de hêtres. (Du Gange. Fagia, fania. — Â. Bos. Fage.)
Failli, e, adj. Mauvais, terme de mépris. Failli gds^ failli chien. (A. Bos. Faillir.)
Failli barbier, je crierai vengeance a Dieu contre vous
(Angot. Barbier de village.)
Fain, s. m. Foin. (Du Gange. Carca. — Ray- NOUARD. Fen. — A. Bos. Fainer.)
Humilité Donne bien à congnoislre Quand sur du feing il voulut naistre.
(Bibliothèque du Mans, n° 3657. Vieux noél.) C'est assavoir chacun des dits bienneurs, tant comme le faing et à l'enuer es diz prez.... (P. de Fargy. Aveux de Château-Gontier au XV'' siècle.)
Fainé,e, adJ. Faible, mallieureux., qui n'est pas chanceux. Faut-il le faire venir de feiné, ou /me, synonymes de fini ? Ou de fané ? Ou bien encore de vai/i., qui s'est dit pour abattu, faible ? (Du Gange. Va?iitas.)
Faire, faère, y. f. Foire, marché. Je donne ici ce mot qui n'est qu'une prononciation, parce que Du Gange le cite sous Feriae, 3, ce qui semblerait indiquer férié pour son étymologie, tandis qu'on regarde communément forum comme celle du mot foire, prononcé régulièrement. On y trouve aussi, sous Feriœ, 2, foirer [feriare) pour fêter, chômer. Enfin à l'article Festuîn, et comme pour confirmer la relation entre foire et fête, on voit que chacune de ces locutions peut traduire le substantif latin en question. (A. Bos. Fai.'i, Ferler.)
256 VOGABULAIKE
Fairier, ère, s. m. et /". Marchands foiains, personnes qui reviennent d'une foire.
Fais, faé, s. f. Fois.
lesd. procureurs en lad. église uroiiL uue fniz
l'an (FroctEr. Fabrique dti Congé-sur-Orne, 1370.)
ala au munstier
Suventes fefz- pur diex preier.
(Barbeu dd Rocher. Marie de France, Fables XXV" et XX Vie).
Faisant (ils). Ils font, troisième personne du pluriel de Tindicalif du verbe faire.
Faisant valoir (unj. C'est un cultivateur, propriétaire ou fermier. (Neuville.)
Fait, y. ?n. Biens, meubles, effets, avoir. Etre d'un petit fait c'est être économe .
Faîteau, ç. m. Enfaîteau.
Fait- y ? Plaît-il ?
Faloteux, s. m. Loup-garou. {Tuffé.)
Les f'aloleux sont surtout les émanations lumineuses des marais que l'on attribuait à des sorciers. (Barbeu du Rocher).
Prenez une citrouille mûre et ronde, ôtez complètement la queue, et videz tout l'intérieur; avec uue pointe de couteau dessinez à jour dans l'écorce, les yeux, nez et bouche ; lixez à l'intérieur une chandelle ([ue vous allumerez à la nuit. Vous avez ainsi un faloteux pour elfrayer les gens crédules. [Tuffe.)
Fambrayer, v. a. Renouveler la litière des bestiaux, charroycr le fumier dans les champs. Fane était de la fange. (Du Gange. Fangus.) Bray était synonyme. (Le môme. Braïum. — Raynouard. Brac) ; et Fambrayer signitlait principalement fumer une
Ici-re. (Du Gange. Exfelcorarc, Fimbriatinn, Maria. — A. Bos. Fembroi. — A. ;>u Peyroux. Alpes Mancelles, ch. xvin.)
Fameux, se, adj. Grand et vigoureux.
Fanfelucher, v. a. Erailler, ébai-ber, elfrangei'. Dans ce dernier cas nous disons : é fanfelucher. (A. Bos. Fanfclae.)
Faune, fenne, s. /'. Tige de pomme de terre et de plante grimpante.
Far, .V. m. Oseille cuite. Peut-être faudrait-il écrire fars et dire oseille farcie?
Farâche,.^- wz. Terres communes à plusieurs ; il est probable que dans l'origine on disait Frardche. V. ce mot et Fiardche, Fiarair/e.
Faraud, e, adj. Fier, important, coquet. {Esnault.)
Farauderie, s. f. Fierté, coquetterie. (La Croix du Maine, du 10 octobre 1897.)
Fâre. V. Fvt et fare.
Farer, v. a. Fréquenter quelqu'un, s'accorder bien avec lui, se mettre en frardge., ou farâche avec lui. — V. n. User d'un droit de passage sur une terre. — S'entend encore des animaux qui s'esquivent quand on en cbasse un autre ; on dirait en bon français qu'ils sont effarés. (A. Bos. Farain.)
Fargon, s. m. Fourgon ou bois fourchu avec lequel on remue le feu dans le four. V. Fourqonneux.
Fatique, s. m. Faim, ou plus spécialement besoin de manger, boulimie. (Rayxouard. Fastic, Fastir/. — A. Bos. Fasli.)
■^oS VOCABULAIRE
Fatiquer, v. n. Avoir Jjesoin de manger.
Fauchet, s. m. (ou f?) Petite faux ; nom donné aussi quelquefois au vouge. (A. Bos. Fore.)
Faussier, ère, adj . Capricieux.
Fauveau, s. m. Bœuf fauve. V. Beu. La Fauvelière nom de ferme en Maigné, {Recherches sur la paroisse de Vallon., p. 249.) (A. Bos. Falve.)
Voicy trippes de ieu, goudebillaux d'enuy, de ce fauhieau à la raie noire. (Rabelais. Gargantua, cli. v.)
Ce fauueau à la raie noire doit souuentbien estre estrillé. (Le même. Pantagruel, liv. IV, ch. ix.)
Fau, fay, faye. Noms qui indiquent la présence de hêtres. De Fagus. (A. Bos. Fau.)
Fecelle, s. f. Vase à faire monter le lait. V. Facelle. (A. Bos. Fiscèle.)
Féger, v. a. Figer.
Feinir, v. a. Finir. V. Défeinir.
Fendais, s. m. Sillon fendu ou à moitié ouvert par la charrue. (A. Bos. Fendace.) Fener, v. a. Faner. (A. Bos. Fener.)
Enmi le pré un tas avoil De fein qu' aûné i avoit Por esventer et por fener.
(Barbeu du Rocher, Renart. Vers 22^ 829.)
Feni, f'ni, s. m. Poussière et parcelles de foin, et par extension, de toute autre chose. Fond du nid des oiseaux.
deux étables à cùté de la grange, avec leurs /a?2?75,
une écurie avec fanils dessus (Moulard. Assises de
Hoisbrault, 1747, dans la Revue du Maine, 1893.)
Fercel, .s. m. Fercelle, .s. /'. Estomac, poitrine. V. Foiircel.
Ferdir, ferdi, v. n. Froidir. (A. Bos. Froldlcr.) — Etre éferdui'é, pour être frileux, on transi de froid. (EsNAULT.)
Ferduriau, s. m. Fromage frais, écrasé et salé pour faire de la fromagée.
Fergane, s. /". Bouche, gueule, visage, gosier. V. Fourgane.
Fergon, s. m. Fourgon^ morceau de bois ou tringle de fer avec lesquels on remue le bois dans le four. V. Fourgonneux.
Ferlampin, .s\ m. Fanfaron, qui fait la pose, comme on dit vulgairement.
Fermer de clef. La porte est-elle fermée de
clef? [Le Mans.)
la porte de la cour sera fermée de clef de jour et
de nuit. (I'koger. FAablissements de charité de SiUé-le-Guillaume, p. 283.)
Si nous disons ferm.ouère pour fermoir, nous sommes bien près de Tancienne orthographe :
Le livre du sacre desroys... couvert de drap d'or et ferniœrs d'argent. (Leuhu. La folie de Charles VI, ch. ii.)
Fermine, .9. /". Tout meuble qui se ferme au moyen d'un couvercle à charnière, comme unehuche, un coffre, etc. (A. Bos. Fermine sous Fcrmail). — Lacet de chaussure dans le Bas-Maine.
Ferouésse, feroisse, feroi, s. f. Herse triangulaire avec laquelle on brise les mottes. (Villu;ks
i2()() VOCAliULAlHE
DK LlsLii-AuAM. De^i moyens d améliorer ï agriculture dans la Sarthe. — A. Bos. Frais. — Ferioue, dans le Bas-Maine.
Ferouésser, v. a. Briser les mottes de terre. Dans le Glossaire de Du Gange, on trouve froer employé dans le même sens que Ferouésser, sous Fragiatus. (A. Bos. Froïer.)
Ferrer du chanvre. C'est le scrancer ou bien le piler.
Ferrer un cochon. G'est lui fixer au bout du groin un 1er qui serifonce dans la chair, au moyen de crampons, et qui est destiné à empêcher cet animal de fouger.
Ferreux, .s\ m. Qui ferre ouserancc du chanvre. (A. Bos. Ferrëor.)
...Jehan Amellon, ferreux, demeurant audil bourg de Précigné. (L'abbé Ledru. Rémission de 1530.)
Ferrimée, ferrinée, s. f. Scorie de fer. (LetessiER. Forge romaine à La Bazoge, 1896.)
Fersae, .'<. /. Fresayc, nom improprement donné à la bondrée, et qui est celui d'un oiseau nocturne.* (A. Bos. Fresaie.)
Ferte, s. f. Longue perche ferrée à un bout. Les paysans d'Anjou s'en servent encore pour franchir les fossés et les barrières, en appuyant le bout ferré par terre au fond de l'obstacle ou tout contre, suivant sa nature, et en s'élançant cramponnés à la perche. On appelle encore ferles les gaulettes employées anx clayonnages. (Anjubault. Chronique de l'Ouesf 8 août 1859.» Frette s'emploie en blason dans le
DU HAUT-MAINR 201
sens de gaulelte ou clayonnage (?■ Enfin la ferte ou Le fnrflaa est aussi un cercle en fer, le premier de ces mots étant la prononciation du français frelte.
Fertiner, v. a. Glaner le chanvre, dont les menus brins qui restent après la récolte, se nomment fretin ou feurtin. (A. Bos. Fretin.)
Fesser, r. a. Ne signifie pas seulement fouetter, mais frapper sur n'importe quoi et n'importe comment.
Fesse doie, paleFrenié, gagne par an ?>0 livres. (Candé. Châtelains du Ludo au ww siècle.)
Fessoé, fessoir, fessouère, 6-. m. Instrument servant à fouiller la terre ou à écobuer. Son nom dérive de fouir par foiissoir. (Du Gange. Fasculum, 2, Fessorius., Fossare, Fossorium. — A. Bos. Fossoir.)
Feu, v. m. Ardeurs des femelles. V. (Chaleur ^ Chasse^ Folie.
Feu sauvage, s. m. Gale. Elle se guérit parle toucher. V. Toiicheux. (A. du Peyroux. Alpes Mancelles. ch. xxxm.)
Feuillards, s. m. pi. Branches coupées avec leurs feuilles. {Neuville.)
Et un Dodonien feuillard, (Froger. Ronsard. Ode à Michel de l'Hospilal.)
Feumelle, S. f. Jeune fille, femelle. V. Fumelh\ Feumier, feunmier, s. m. Fumier.
Feunique, adj. Sujet à s'effrayer. V. Founique. Feupes, s. f. pi. Mauvaises hardes, guenilles.
Fleape suivant Du Cange. [Ferperia^ Ferperhis^ Frepatse vestes. — A. Bos. Felpe.)
Feupier, s. m. Fripier. (Du Gange, Dossagiiim). V. Foiipier.
Feupir, V. a. Fripper, chiffonner.
Feurieux, se, adj. Gros, grand, fort, avec une figure rouge . Prononcez Fuiirieux.
Feutrer, v. a. Chercher, remuer tout et dans tous les sens, brouiller et mêler comme du feutre.
Fi cheux, se, adj. Qui a du flàche.
Fiacre, flagre, fiaguerlin, eine, adj. Faible, délicat, malingre, veule. C'est la même chose que fiacre. Les truffieu sont fiâles sous les àbres. [Neuville.]
Fiâraehe, fiâraige, flârâche, s. m. Frarage. V. Fard lie et Frardche.
Fiâtar, v. a. Dénoncer. V. Fldter.
Fiâtrir, v. a. Flétrir.
Fiau, 5, 711. Fléau pour battre le grain. V. Flau.
Fiauler, v. a. Battre au ftau. [Montfort-le-Rotrou.)
Ficard, ficas, s. m. Lanterne faite d ordinaire avec une vessie de cochon ; on la fiche sur les charrettes au moyen d'un long manche. (Du Cange. Ficare.). Il est donc quelquefois permis de prendre des vessies pour des lanternes. (A. Bos. Ficâr sous Fichier.)
Fier, e, adj. Un cheval qui porte bien la têle est fier. {Tuffe.)
DU IIAUT-MATNE 263
... un fiêrot qui rêvait d'épouser une princesse... (Des- OHAMPS La Rivièue. Lfwende de la bntle de Montangis.)
Fierté, .s\ /. Ce mot a souvent, dans le Maine, un sens qui n'est pas tout-à-fait l'ordinaire; ainsi, quand on attend pour faire une réparation qu'elle soit devenue urgente, on dit qu'on ne la fait pas par fierté.
Fieur, fleurer. V. Fleur et Fleurer.
Filandres, s. f. pi. Gourmands des fraisiers. {Neuville.)
Fillaud, fillot, s. m. Filleul (A. Bos. Fillolage.) — Fillaude, s. f. Filleule, et aussi jeune fille bonne à marier et à courtiser.
Fllotier, s. m. Marchand de fil.
Filou, 6'. m. Enjôleur.
Filtoupier, v. m. Filassier, tisserand, cardeur de chanvre .
Fin, e, adj . Se dit d'un point extrême par sa position. On dit : le fin bout, le fin loin, le fin haut, le fin fond, etc. On trouve l'adjectif finable et le verbe finer aux Cent Nouvelles nouvelles, t. II, pp. 27 et 183. Finer est employé aussi par Ronsard pour cesser et achever. (Froger. Les quatre premiers livres des Odes, Revue du Maine.)
Elles finoicnl de purtraire...
(Le même. Honsarch Le Ravissement de Céphale. Ihid.) De Tyr et de Sidon finablemcnl fut roi.
(Le même. Lexique de Ronsard. Ibid.) ... La finayson... (Le même. Comptes de fabrique de Courgains . )
On négocie du fin fond do son courage. (Montaigne. Essais, liv. I, cil. XXVII.)
Jamais, jamais, au grand fin jamais. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. XI.)
Le dit clieval heureuzement Recula deux pas en arrière, Sur !e fin bord d'une carrière.
(LoHET. Muze historique, 8 nov. 1653).
Fin (à seule ou ceule), loc. conj. Afin. Je crois qu'on devrait dire à celle fin, ceule étant synonyme de celle; cependant il y a des personnes qui disent à la seule fin, et il faut bien, en ce cas, changer de mot comme d'orthographe.
Fineux, se, s. m. et /. Filou.
Fini, e, adj. Fini se dit comme expression superlative. C'Csf fini boîi, c'est fini beau.
Finiment, adv. Complètement, parfaitement. C'est l'adverbe de nos deux adjectifs fin et fini. 11 indique quelque chose de fini, d'achevé. C'est finiment bon, c'est finimeni beau.
Finte, s. f. Foi. N'est employé que comme serment : Ma finte.
Ils jurent par ma /î/iie. (Ber. de Verville. Moyen de parvenir, ch. XXXVII.) Ma finte! cela ne vaut rien. (Le même. Ibid., cli. cvi.) Ma fine, Madameue, j'men aideue quand j'peue ! [Souvenirs de la Marquise de Orèquy. Paris, ISiO. t. I., p. 46.)
Fiscal, e, adj. D'un prix élevé, ou qui est susceptible de l'atteindre.
Fisiques, .s. wz. pi. Sorcelleries, sorts. (A. Bos. Fisicie?i.]
Jeanne de Bourgogne... ordonnant au sous-bailli du Mans,
de payer à mestre Pierre, son fisicien, xx livres... (Ledru. Philippe de Valois.)
Fite, i\ /., fitet, s. ni'. Bague, anneau d'alliance ou de mariage. Feiité, fi^ fiz, etc., indiquaient la foi due à quelqu'un (Du Gange. Fidacia, Hoininium)^ et l'anneau a toujours été l'emblème de la foi promise, et pour la femme celui de l'alliance, ou, dans l'origine, de la servitude. (A. Bos. F/7é sous Fëelté.)
Flâche, (1) .S', m. Solution de continuité de la vive arête de la pierre ou du bois. (A. Bos. Flac).
Fiacre, flagre, adj. Faible, chétif, llasque. (Ray- NOUARD. Flac.) Dans le Vocabulaire de Chompré, on trouva Flaccpsco, se faner^ s'affaiblir. V. Flein.
Flambe, flambe, .s\ /. Flamme. (A. Bos. Flambe.)
Il vitdevani lui un grand monstre les yeux plus allumés que flambe â<\ fournaise. [Cent Nouvelles nouvelles^ LXX°.)
Guillaume dos Bordes, garde de l'oriflambe du roi (Ledru. Folio de C.h. Vr. Montres de IS92.)
Flâter, v. a. Dénoncer, parce que ceux qui font le métier de dénonciateur, cumulent presque toujours avec celui de ilatteur.
Flâteux, se, adj. Se dit des enfants qui rapportent sur le compte des autres.
Flau, s. 711. Fléau pour battre le grain. (A. Bos. Flaël, Fiat.)
La Gourdon fille de la Reine Soufre, par un triste revers A la fois cent fléaux divers
(1) Presque tous les mots commençant par Fia se prononcent comme s'il y avait Fia.
L'rfroyable guerre civile
Le plus rude des fléaux de Dieu
Un colonel nommé la Miche Fléau des paizans et bourgeois, (LoRET. Muze historique, 12 mars et 5 novembre 1651, 7 janvier 1652.)
La mesure de ces vers indique que Loret prononçait flau.
Flein^ e, adj. Faible, flasque, chélif. V. Flève.
Fleume, flumatique, flume, adj. Flegmatique, délicat. (RoB. Estienne. Fleume. — Du Gange. Flmma. — Raynouard. Flegma.) En argot, battre sa flème veut dire flâner. (Larchey. Excentricités du langage français.)
Fleur, s. m. Flair. (Du Gange. Fragrare. — A.Ros. Flair or.) V. Fieiir.
Un au milieu pour les esprits metoyens qui est le
fleurer. (P. Charron. De la Sagesse, liv. le^, ch. X, 3.)
En l'ouïe le cerf tient le premier lieu, et en la vue l'aigle, au fleurer le chien. (Le même. Ihid. 7.)
Fleurer, v. a. Flairer.
Fleurie de lit. Goutume relative aux noces. (Deschamps La Rivière. Légende de la butte de Montangis.) — Le dimanche qui précède un mariage on fleurit le lit de la fiancée. (A. du Peyroux. Alpes Manuelles, ch. XVII.)
Flève, adj. Faible. (Du Gange. Flebilis. — A. Bos. Fleivle.) On voit que flève ymni directement, comme son équivalent faible, de flebilis. On trouve dans le Vocabulaire de P. Ghompré, vain pour la traduction de flevus ; or, si flevus ressemble beaucoup à flève^
vain est aussi synonyme de faible^ comme je l'ai fait observer à l'article Fainé. V. Fiacre et Flein. Flonge, 6\ f. Fronde. (A. Bos. Flondre.)
Cet engin n'est plus guère connu, cependant j'ai entendu un vieux manceâu chanter le refrain suivant : Jarnigoi Si j'avais ma floncje,
Jarnigoi Je l'aurais fionrjé !
(Barbeu du Rocher.)
Flonner, v. a. Mettre hors du sens ordinaire, faire perdre la tète, faire fortement fàciier. Ce verbe, avec lequel nous avons composé afflonner et pf flonner, vient de foulon, extravagance, étourderie, etc., que Ton trouve dans le Glossaire de Du Gange, à Follitia sous Follis.
Flôpe, s. f. Tout vêtement long et large, comme une redingote, une soutane, une amazone, etc.
Flôper, V. a. Rosser, rouer de coups. On dit encore aujourd'hui qu'on a donné sur la friperie de quelqu'un, pour dire qu'on l'a battu : or, friperie et flesperie (qui est qndiû flosperie) étaient synonymes. V. Feupes. J'i ai donné eirne bonne flopée. [Esnanlt.)
Flûtailler, v. n. Jouer de la llûte. (A. Bos. Fla- Imteler.) J'ai entendu chanter dans une ronde dansée par des enfants :
Il tira sa grand'tlûte Dan' eun' bouteille.
Et se mint à flûlailler Dan' un penier.
(V. la suite à Dan).
Fô, adj. m. Fort. Bàère fô. V. Baire.
Foibre, y. /". Foi. Ne s'emploie, ainsi que finie-, que comme serment. Ma foibre ! (A. Bos. Foiablc]
Foirier, ère, s. m. et /'. Marchands forains, personnes qui reviennent de la foire. V. Faire et Fairier.)
Fois. V. Par les fois.
Foitable, adj. Digne de foi, loyal^ véridique. (Du Gange. Faut a fis.)
Fombrayer, v. a. Changer ou remuer la litière des bestiaux, charroyer du fumier. V. Fambrayer, et Framboyer. (A. Bos. Fembrer.)
Fommes (nous). Nous faisons, première personne du pluriel de l'indicatif du verbe /"«/re. N .Etommes.
Foncée, s. f. Petite vallée, petit creux.
l'animal n'était pas sorti de l'enceinte et se trouvait
(Jans la foncée (B. de Saint-Paul. Souvenirs cCun Vieux
Louvetier, cli. ix.)
Fondrion, S', m. Petit reste au fond d'un récipient quelconque. (A. Bos. Fondrée.)
Fondu, s-, m. Vallée profonde, fond d'une vallée. Il y a auprès du Mans, les fondus d'Allonnes.
Fongner, v. a. Gronder, faire la moue. (.\. Bos. F'ongnier.)
Elle fongna au clerc plus d'un iour et d'une nuict, et le menaça Terme. (Bonav. Desperiers. Contes et devis. Nouv.
XVIe.)
Foranné, e, adj. Se dit des jeunes bêles à leur seconde année : de foris anniwi, c'est-à-dire engen-
1)1 HAIT-MAL\E iB9
dré hors de l'année présente. Fo/7.y n'est pas recunnu comme préposition dans la latinité régulière. Nous nous occupons ici d'expressions qui, presque toutes, doivent leur origine à des mots médise et infimse latuiitatis ; l'étymologie de foranné est donc justifiée par le Glossaire de Du Cange^ où on lit : Foris, Extra, praepositio cum accusativo, etc. » (A. Bos. For, \.)
Forgane, s. f. Boucln;, visage, entrée du gosier. V. Fourf/ane.
Forière, s. /'. Terrain compris entre le pied des haies, et la partie cultivée d'un champ. Du Gange, sous les mots Forana et Foreria, indique la forière comme un lieu destiné à faire paître les animaux : le sens qu'on y donne, dans notre province, peut à la rigueur s'accorder avec celui-là, puisque c'est dans cette même partie des champs que l'herbe pousse en plus grande quantité. Les amateurs d'étymologies peuvent faire dériver notre mot de foras ou foris (dehors) : forière désignant aussi quelquefois le creux des sillons, on pourra faire intervenir fodere (creuser) qui avait donné le vieux verbe foire cité par Raynouard.
Labbé Coutard cite le Roman du Renard et les Chron'iques de Froissart au mol Fordières (Sainte- Sabine, 1892.)
Par la forière on entre rlans le champ. (Dict. deTrcvoux.)
Forme, .s\ /. Fosse à fumier. V. Foiirme.
.... une place de forme à fumier dixhuits piedz quarù proche lesdits yssus. (Remembrances du fief de la Granqe- Morcau, en Vallon, 1<?'' décembre 1705.)
Forment, adv. A peu près, presque. Nous avons
quelque peu détourné cet adverbe de son sens pi'imitifet naturel qui était fortement^ fort, beaucoup. (Du Gange. Fortiter. — Raynouard. Fortment sous Fort, 2.)
lluguet, estoit in compeignon Qui d'estre clerc auoit regnom Il escripuoit forment son nom Mais il ne l'eust sceu lire.
(Bibliothèque du Mans, n^ 3657. Vieux noël français et, poitevin.)
Fouace ou fouasse,.s"./'. Gâteau rond, très ancien, fait avec de la farine et du beurre ; Rabelais en parle souvent (A/. Buon.)
...,. Iroys fouaces achatées au jour de Pasques. (Froger. Fabrique de Congé-sur-Orne, 1495.)
six fouasses achatées à faire benoister la vigille de
Pasques (Le même. Ilnd. 1508.)
Fouaillée, .s\ /. Coups dont on châtie les enfants. (A. Bos. FoaiUe.)
Foiiailler, v. a. Abattre un arbre à la hacbe^ la culée reste en terre. [Neuvillr.)
Foucade, s. f. Bouderie.
Foucader, v. a. Bouder.
Foucanier, foucoin^ s. m. Mari qui se mêle trop des détails du ménage, ce qu'on appelle aussi un chauffe-couche.
Foudre, .v. /. Maladie des épis de blé, par suite de laquelle ils sont convertis en poussière noire. Foudre ne signifie pas du tout que cette maladie envahisse le blé avec la rapidité de la foudre, comme on le dit (iuel(|uefois, et comme on serait en eifet tenté de le
DU UAUT-MAINE 271
penser, d'après l'effet indiqué. L'épi devenant noir comme du charbon, il faut rapporter l'étymologie à Faiide, charbon, que l'on trouve dans le Glossaire de Du Gange, sous Falda, 1. (A. Bos. Falde, 1.)
Foudrer, i;. ;i.Se dit du froment, quand la foudre l'a attaqué.
Fouée, .ç, /'. Feu clair et pétillant. (Du Gange. Foagium. — A. Bos. Foée, 1.)
Fouée, s. f. Espèce de fouace.
Fouger, v. a. Fouiller en creusant. (Du Gange. Fogerarc] Suivant l'Académie, ce mot ne doit s'entendre que du sanglier quand il fouille avec son boutoir. Au temps de Rabelais on lui donnait, comme aujourd'hui, dans le Maine, un sens plus étendu.
Ce que faisant, semblent es coquins de villaige qui fougenl et escharbottent. (Rabelais. Pantugruel, liv. II. ch. XXXIV.)
Si je pouvais donner ici la suite de la phrase de Rabelais, le premier mot qui se présenterait après les verbes fouger et escharbotter, rappellerait à un Manceau comment les coquins de son village nomment Yescarbot. — Dans l'art militaire, la fougasse est une fouille faite pour faire jouer la mine.
les sangliers se recèlent aucunes fois dedans
leur fort deux ou trois jours principalement quand ils
ont ouvert leur fouge, et qu'ils trouvent la racine de fougère douce. (Barbeu du Rocher. Vénerie de J. du Fouilloux, p. 57, verso.)
Fouillard, fouillas, s. m. l'euillage, fouillis.
272 VOCABLLAIKE
Certains brigands liraient leur nom de ce mot, parce qu'ils résidaient dans les bois. (Du GAmE.Foilllata.)
Fouillée, s. f. Fouillée, joncbée. A la Fête-Dieu, on crie dans les rues : A la fouillée! fouillée ! et on en vend pour joncher le parcours de la procession. Ce sont ordinairement des paquets d'iris des ruisseaux, et cette plante en a retenu le nom de fouillée. Les fleurs que l'on jette au devant du Saint-Sacrement sont la fouillée fleurie. V. Pavé. (A. Bos. Foillier.)
Fouillu, e, adj. Feuillu.
Fouinacer, v. n. Se donner du mouvement pour ne rien faire.
Fouinacier, fouinard, .s\ m. Qui fouinace.
Fouiner, v. n. Céder lâchement, s'enfuir. Dans le Vocabulaire de Ghompré, il y a le verbe founino., qui signifie me//re bas. (A. Bos. Faine., 2.)
Founiller, z;. a. Fouiller et bouleverser.
Founique, adj. Sujet à s'effrayer, qui fouine facilement.— Quinteux, capricieux, impressionnable
Foupier, ère, s. m. et f. Fripier et fripière. V. Feupes.
Foupir, V. a. Chiffonner, friper une étoffe. Même sens dans Furetière. Rabelais dit bonnctz foupiz pour bonnets fripés. [Gargantua, ch. xxxvi.)
Fouquet, s. m. Ecureuil. Ce mot explique le fameux emblème adopté par Colbert, la couleuvre grimpant après un écureuil (le surintendant Fouquet.)
Fourbaneer, fourgancer. v. a. Fouiller en agiù-l,cn bouleversant dans un amas d'ubjcts, four-
g-onner. Foiirnailler, d'après l'abbé Esiiaull. — Fourbir.
Fourbancier, s. îh. Qui fourbance^ 'qui se mêle de tout.
Fourbi, 6\ m. Faire son fourbi, c'est se procurer un gain illicite. — Le fourbi est aussi l'action de nettoyer.
des corvùeset le fourbi du malin au soir. (Moranck,
Hisloire des Gardes Mobiles, p. 276, 3" édition.)
Fourcel, s. ni. Fourcelle, s. f. Estomac, poitrine. (Du Gange. Furcalura, Furcula, Jurumrntum. — Rayjvouard. Forsela sous Força, 4. — A. Bos. F or ce le.)
Fourché, e, adj. Fourchu.
Si Haul-FourcliH était surNarboune On verrait Paris et Rome.
(A. DU Peyroux. Alpes Mancelles, ch. iv,)
Fourcher, v. a. S'emploie en parlant de la langue quand on dit un mot pour un autre, ce qui est proprement faire un lapsus linfjuœ. 11 yen a qui disent : « La langue m'a fourché dans le sabot. »
La parole fourchoit après l'esprit. (Ber. dk Verville Moyen de parvenir, ch. viii.)
La langue lui a fourché. (Leroux. Diclionn. comique. Langue.)
Fourchet, s. m. Partie de l'arbre où finit la tige et oii commence la bifurcation des maîtresses branches. (A. Bos. Fore.) — ^ Bifurcation des jambes chez l'homme. J'ai pi nç/é jusc/u' au fourchet.
Fourgane, fourgonne, .!>•. /'. Arrière-bouche ou
pharynx. Dans notre idiome, toutes les parties du corps oii il y a bifurcation ou simplement jonction, prennent un nom qui se rapporte à fourche ou fourchu. Dans le cas qui nous occupe, la rencontre du larynx et de Tœsophage a crée fourgane, qui se donne, par extension, à la bouche, au palais, au visage, à la gueule d'un animal, etc.
Fourgonneux, se,adj. Qui fourgonne sans cesse
Moucheux d'chandelle et fourgonneux de tison Sont la ruin' de leux mainsoii.
{Proverùe.)
Fourmaige, s. m. Fromage. (Rob. EstieiNne. Fourmar/e. — Du Cainge. Fromagerius, — Ray- NouARD. Formatge sous Forma, 8.) On trouve souvent des preuves de cette antique manière de prononcer, et elle est reproduite plus d'une fois dans la Nouvelle LXVI*^ des Contes et Devis de Bonaventure Despériers. Monteil compte fourmage parmi les substantifs du xiv* siècle, épitre XL" de VHistoire des Français de divers états.
Basché feist apporter vin de collation associé d'ung
nombre de pastez, de iambons, de fruict et de fonnaiges. (Rabelais. Pantagruel, liv. iv, ch. xiii.)
Et nonobstant que force gras fourmage Ce feist lousiours en nostre ingrat village.
(Cl. Mauoï. Première églogue de Virgile.) A quel propos, dil-il, si i'avois du formage, ie n'aurois que faire d'autre viande. (Amyot. OEuv. de Plutarque, Dits notables des Lacédœmoniens .)
Du doux miel auecques du fourmage Du vin souef agréable bruvage.
(Le même. Ibid. Troisième livre des propos de table. Question 7°.)
DU HAUT-MAINE 27o
Si lui lu loi' qu'il lui envoiast fourmaye de gain. [Olir. de .Sainl-Denis. Saint-Loys. ch. lxv.)
Fourme, s. f. Fosse à fumier. Fourme était synonyme de banc. (Du Gange. Forma, 14.)
Fourment, v. m. Froment. (Du Gangk. Frt/mcntaria. — Â. Bos. For, "1.) Nos vieux auteurs donnent l'un aussi souvent que l'autre.
Fourment, adv. Peut-être, à peu près. V. Forment.
Fourmental, e, adj. Productif en froment. (Du Gange. Frumentaticus.]
Fourniteure^ .s. f. Livraison de vingt-et-un articles de marchandise, qui ne sont payés que sur le pied de vingt.
Fouteau, ,y. m. Hêtre.
ineslail, charbon, bois de fouteau (Délépine.
L'Eglise de Sacé, MayeiDie.)
Elle lisoiL un livre i'ranrois devant moy : le luim de fouteau s'y rencontra, nom d'un arbre cogneii. (Montaigne. Essais, liv. III, cli. xxxv.)
Ge nom, si bien connu alors, nel'estplus guère que des paysans de l'Ouest, malgré que l'Académie ]'ait conservé et qu'on en ait ï'AÏi foutelaie . (A. Bos. Faii.^:
Foutimasse, s. f. Mouvement que l'on se donne pour rien, discours inconséquent, histoire ou cancan absurdes, fouillis.
Foutimassier, ère, adj. Qui foutimasse.
Foutimasser, v. <i. Raconter des niaiseries, en dire ou en faire. Queu potui q'tu viens myout'unasser là? — Bouleverser des objets, mettre eu
:i7(i VOCABLLAlHIi
désordre, tenir en mauvais étal. Est-i bin foutimasaé dans ses hardes.
Fouyas, s. m. Foyer.
Frague, s. f. Couteau usé. [Tiiffé.) V. Serar/ue.
Fraîche, s. f. Friche. V. Fresche.
Fraichin, s. m. Odeur désagréable ou de relent que prend la viande dans un lieu humide.
Fraid, s. /., Fraid, e, adj. Froid.
Frainelle, s. f. Plante à grandes feuilles, fleur ombellifère, pousse dans les vignes. [Montforl-le- Rotrou.)
Fraisselle, s. f. Vase de terre cuite dans lequel on dépose le lait pour faire monter la crème. V. Face lie.
Framboyer, v. a. Changer la litière des bestiaux, remuer du fumier. [Neuville.) V. Fambrayer.
Franc, che, adj. Est toujours l'indice d'une supériorité, d'un perfectionnement. Noisette franche., terre franche. (Bahbeu du Rocher.)
Français, e, adj . Bon vivant, loyal, franc. Vous n'êtes pas français équivaut à ce reproche : vous '•tes un trompeur. {Neuville.) — Le vin français ou à la française est du vin chauffé et sucré.
Franc-carreau, s. m. Jeu qui consiste à jeter en l'air une pièce de monnaie, dans un appartement carrelé. Le joueur dont la pièce tombe le plus près d'une ligne quelconque de séparation des carreaux, a gagné. Rabelais en fait mention au nombre des jeux de Gargantua.
Au fi'iinc (lit carreau fiarrjanluu,c\u xxii..
Frarâche, y. m. Bien possédé ou partagé par plusieurs branches cVune famille provenant d'une souche commune. Frardge, qui était synonyme, indique l'origine de ce mot ; il signifiait d'abord seulement la communauté entre frères, ou le bien patrimonial. (Du Gange. Fraternitas . — La Ciiesnaye- DES-Bois. Fraresche, t. XI, p. 163. — A. Ros. Fraresche.)
...Guillaume de Jupilles partagea ladite terre avec G. de Gurialetle, à cause delà fraresche de sa femme. (Moulard. Fief de Bethoyi en Arçonnay, 1328.)
Fratrès, s. m. Perruquier, barbier.
Frédurier, ère, adj. Qui produit du froid. (A. Bos. Froidoïer.)
Frêle, s. f. Tige de haricot et de toute plante grimpante herbacée, ainsi que de pommes de terre, etc. Le nom vient très probablement de la forme.
Fresche, s. f. Friche, jachère. (Du Gange. Fresceiwn, Friscum.) — Dans les pays de landes, on appelle terre chaude celle qui est défrichée, et terre froide ou fraîche celle qui est en fresche ou fraîche.
Frépe, s. f. Mets friand, sucrerie, etc. V. Fripe.
Fresselle, s. f. Vase à faire monter la crème. V. Facelle.
Freûche, s.f. Friche. V. Fresche.
Freûle, s. f. Tige de pois, de haricots, de pommes de terre, etc. V. Frêle.
Freulon, s. m. Frelon.
Fribler, fribloter, v. ?i. Trembler de froid, frissonner.
Friet^ te, adj. Gourmand, friand.
Frime, x. /. Frimas. (A. Bos. Fri?ne.)
Frimer, v. n. Se dit quand le frimas se forme. (A. Bos. Frbner.)
Fripe, .s'. f. Petit mets friand, petit plat sucré, confitures, etc. De ce mot sont venus les deux suivants.
Friponnerie, s. f. Gourmandise, mets friand.
Friponnier, ère, adj. Gourmand, ce que le peuple appelle par toute la France un licheiir. (Fure- TTÈRE. Frippomier.) V. Lichoux.
On a conservé fripe-sauce dans le français . M . Génin en donne l'origine. {Récréations philologiques, t. P'''p. 409.) Ce qu'il dit au sujet des trois locutions que je viens de donner, est parfaitement conforme avec ce qui se passe dans le Maine.
On lit dans la Muze historique du 30 avril 1651 :
Ne songer qu'à friper des plats iSonl des contentements bien plats, •l'avons un chat qu'est si friponnier sus la chiai (r). (Bar- BEti DU Rocher).
Dans le Maine, nous ne donnons pas au verbe friponner le même sens qu'à friponnerie ou à friponnier ; il y indique, comme partout ailleurs, l'action d'escroquer. Je ne voudrais pas cependant l'assurer ; ce qu'il y a de certain, c'est que je lai toujours entendu ainsi.
Froisse, s. f. Herse triangulaire. V. Ferouésse. (A. Bos. Frois.)
nu ÏÏAUÏ-MAINE 279
Fromagée, s. /'. Fromage blanc écrasé ; on l'assaisonne quelquefois de sel et de poivre.
Froule, s. f. Tige de pois, de haricots, de pommes de terre, etc. V. Frêle.
Fruitaigé, e, adj. Qui est bien planté d'arbres fruitiers. (Du Gange. Fructiiaghtm.)
Lors scauoir est que les hommes plus copieusement usent de fruictaiges. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. xiii.''
De bledz, de vins, de fruictaiges on n'en veist oncques tant. (Le même. Prognostication pantagméline, ch. iv.)
Planté de bledz, V'gnmnxge,?,, fruictaiges. (Le même. /6?'rf., ch. VI.)
Tous les fruitaigé^, tant pommes que poires seront cueillis et apprêtés à cidre par le preneur... (Moulard, Fief de Maleffre en Arçonnag, 15"24.)
Fru, s. m. Fruit.
Fumelle, s. f. Femelle, jeune fille. (Rob. Estienni;. FumeJle. — Du Gange. Femeau sous Feniel/us. — Dict. de Trévoux. Fimieau .)
Incontinent desloyalle fumelle.
(Cl. Marot. Quinzième Elégie.)
Fumellier. .y. m. Débauché, coureur de filles. (Du Gange. FemeUariu.s.) Fumure, s. f. Fumier.
Le fermier ou bordaizer ne doit prendre...., la fumure ainsi que les pailles et engrais... (Thoury. Usages rurottx de Moniforl-le-holrou, 11.5).
Funique, adj. Qui s'effraye aisément. V. Foiiniqup.
Furieux, se, adj. Fort, vigoureux, gros, grand,
avec un teint colon'' par la sanlô. V. Fei(rieiix ç>\\ feunrieiix.
Fût et fare. Contenant et contenu. C'est en réalité l'indication d'une vente dans laquelle l'acheteur obtient en sus du fare et comme pardessus le marché, le fût ou ce qui contient l'objet vendu. Or fare est ici pour few\ qui voulait dire le prix, la valeur d'une chose, ce qui nous donne la clef de notre locution : ceci me paraît d'autant plus certain, que jamais on ne dit fare quand il s'agit seulement du contenu d'un vase, d'un fût ou autres récipients : on n'emploie ce mot que conjointement avec fût, et pour le genre de marché que j'ai indiqué. Feor, for^ fuer avaient la même signification que feur. (Du Cangc. Foragiimi, Forum. — Raynouard. For. — A. Bos. Fuer.)
Futé, ée, adj. Se dit, plutôt en mauvaise part, d'une personne adroite, malicieuse . Ji a un petit air futé. (Génin. Récréations philolor/igaes, t. 1, p. ICI.)
Fûter, V. a. Dégoûter, ennuyer, rebuter. Un bourgeois, ça qu'é fûté d'être trop bin. J'sai futé d' travailler pour !i. (A. Bos. Esire fusté sous Fusler:)
Gabeloux, s. m. Douanier, et mieux commis de l'octroi, en mauvaise part. Mieliant gabeloux, gabeloux de malheu[r]. (A. Bos. Gabelëor.)
Gabie, ,s\ f. Méchante babillarde. Cest eune
gabio : a a' fait guides potins. Gabei se disait pour gazouillement. (Raynouard. Gabei sous Gab. — A. Bos . Gabëor.)
Gadelle, .9. /. Groseille cà grappes. (Furetièhr. Gadelle.)
Gaderie, s. f. Rouge-gorge.
Gagaude, .9. f. Petite fille qui court et joue avec les garçons.
Gagauder, v. n. Courir de çà et de là, s'agiter beaucoup. Ce verbe qui indique un certain désordre dans les actions, pourrait bien avoir une origine commune avec ç/avauder?
Gaigeas (à la), loc. adv. et prép. A l'envi l'un de l'autre. La prononciation étant exactement la même que celle de guéjas.^ c'est ainsi probablement qu'il faudrait écrire ce mot. Peut-être gaigeas indique-t-il une gageure, c'est-à-dire que l'on gage [gaigf en manceau) à qui en fera le plus ? On trouve Gaigaille pour gageure dans le Glossaire de Du Gange, sou?i GaigewYi. (A. Bos. Giiagier.)
Gain, s. m. Regain. (Du Gange. Gagnagium. — A. Bos. Giiaaing.)
Guairoux, s. m. Loup-garou. (Besnard. Mémoires. — A. Bofè. Gîia}'ol.)
Gale, .9. /. Galon, .9. m. Groûle galeuse qui se forme sur les blessures. (A. Bos. Gale'is.)
Gale, s. m. et /. Hâle, vent chaud et desséchant. — La gdle (maladie cryptogamique) tombe sur les végétaux à la suite de brouillards ou brumes épaisses qui sont fréquentes en juin ; elle attaque les céréales,
282 VOCABULATRE
pommes de terre, haricots, tomates, citrouilles, etc. [Neuville.) (Anjubault. Recherches sur les... pommiers à cidre en 1835, p. 3.)
Gâler, v. a. Hâler, brouir, flétrir.
Galérien, s. m. Nom que l'on donne aux pommes de terre dans quelques communes. Encore un mot qui ne peut être ancien, mais que sa singularité me force de mentionner.
Galerne, s. f. Région de l'Ouest. Vent de haute galerne,yQi\\iàQ. nord-ouest; vent de basse (jalerne, vent de sud-ouest. [Neuville.) (Barbeu du Rocher. Gwalarn, Gvalern^ mot celtique. — A. Bos, Galerne.)
Galette, s. f. On appelle ainsi, dans le Maine, une pâte que Ton a fait saisir par le feu, de même que les crêpes, dans du beurre fondu et sur une poêle d'une forme particulière. Cette pâte, connue sons le nom de détrempe avant d'être cuite, est un peu liquide ; elle se compose de farine de blé noir avec un peu de farine de froment, d'eau et de lait : quand on est bourgeois ou friponnier., on y ajoute des œufs et une plus forte dose de farine de froment. — On dit, au figuré, qu'on a fait une galette, quand on s'est laissé surprendre par une pluie d'orage, en battant le grain dans l'aire, et que l'eau a tout gâté et même tout entraîné.
Galettoire, s. f. Poêle ou plutôt plateau de tôle, à queue comme une poêle, sur lequel on étend la pâte des galettes pour la faire saisir par le feu.
Cette adjonction est la galettoire qui sert à fabriquer les galettes de carajain. (Chaitée. Le bougnet de forge. 1897.)
Galicelle, v. /'. Echasse. V, GauUcpllp.
Galier^ .s', m. Cheval de fatigue, de peine. Les valets d'armée chargés de porter les casques des soldats, se nommaient chez les Romains et en basse latinité Qalearii (de galea), et leurs fonctions de tout genre ont pu faire que leur nom soit devenu synonyme d'homme ou de cheval de peine. On trouve dans Du Gange, Galois (sous Galletus), qui indiquait la force et le courage.
Galière, s. f. Veste ronde sans taille, ou long gilet à grandes poches, comme on les portait autrefois. La goulière était la poche ou le gousset. (Du Gange. Gula, %)
Galiponier, ère, adj. Qui galipote.
Galipoter, v. a. Endommager un objet, le friper, le saveter, entamer du bois ou autre chose à coups de couteau ou avec tout autre petit instrument. En certains pays on dit galbucher.
Galipoteux, adj. Engourdi, malpropre. {Ecole militaire de ISaint-Cyr. 1864-66.)
La furbe ragnet fort et le galipolage.
{Lez bon et bea prepov do bovn home Brelav, 1004. Réimpression de Niort en 1878.)
Galoche, s. f. Jeu du bouchon.
Gandoler, v. « et n. Gourber, gauchir, voiler. Gandiller signifiait détourner ou tromper, (Raynouard. Guandia et Gandilh sous Gandir, 2 et 4. — Barbeu du Rocher. Gandiller, Gandilleux, Gandir.) Il est d'autant plus possible que gandoler