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VOCABULATRR

Gondoler, v. a. Courber, gtiuchir, voiler.

Gondoleux, se, acij. Sujet à se gondoler. V. Gandoleux.

Gore, v. f. Truie. Dérivé, suivant Borel, du celtique f/œrm, qui signifie pourceau. (A. Bos. Gore,) V. Dan.

Gorer, v. n. Se dit de ce qui est stagnant. Goret, ç/ord, gort, r/ourd, étaient synonymes de pêcherie, gouffre, eau dormante et profonde, etc. (Du Gange. Gordus. — • Raynouard. Gorc.) Ces endroits se nommaient encore gourdaine ou gordaine. (Du Gange. Gordana. — A. Bos. Gordaine., Gort, 1.)

Gorer, v. a. Rassasier. — Faire mal cuire, ou trop cuire, faire mal la cuisine. Peut-être de gorlîi ?

Goret, gorin, s. m. Jeune porc. V. Crore. (A. Bos. Gorel, 1.)

Gorge-chaude, s. f. Ivrogne. [Tuffé.)

Gorgeter, v. u. Passer la main sous la gorge d'un animal pour faire couler un médicament. (Rousseau. Glossaire poitevin. Gorgeter.)

Goriner, v. a. Se dit des truies qui mettent bas. (Rousseau. Glossaire poitevin. Goiirouner.)

Gôsant, te, adj. Contrariant. V. Gausé. Ne diton pas une gosse, une craque, pour une blague ? (A. Bos. Goussand, sous Gos.)

Gosser, v. a. Cosser. Se dit des béliers, des boucs et des enfants. Gosses-bibi !

Gouêne, s. f. Cavité sous les racines d'arbres au bord de l'eau. Dérivé de goue, qui est synonyme. (Du Gange. Gructa. — A. Bos. Gove.)

DU IIAUT-MATNE 295

Gouêner, v. a. Fouiller el agiter l'eau sous les gouênefi.

Gouet, .S', m. Espf'ce de serpe. (Dr Gange, Goia, Lef/oy. — A. Bos. Goie.)

L'aspre artère, comme vng gnuct. (Rabrlais. Pantaiiruel, liv. IV, ch. XXX.)

Gouillâfre, adj. Goulu. (Du Gange. Gula. — A. Bos. Goliart.)

Gouincer, v. n. Pousser des cris aigus. Tiif/ouinces comme un chiau. Se dit aussi d'une serrure ou d'une roue mal graissées.

Goule, s. f. Bouche, gueule, figure, bas du visage. (Du Gange. GoLerium. — Raynouard. Gola.)

Voilà comme les belles paroles nous croissent en la goule. (Ber. de Verville. Moyen de parvenir, ch. xxiv.)

Dis moy goule noire Viendras tu o nous Pourndus faire boire Et enynrer tous.

(Nicolas Denisot. Noël sur le chant des bouffons, Hl" strophe).

Tu n'auras pas ma lllie,

Perruquier, T'as la goule farineuse, Et quand aile é mouillée.

Perruquier, Aile 1' toute pâtouse.

{Chanson dv pays.)

Avoir eune chère (joide, c'est dépenser beaucoup en bonnes choses. — Une Qoule sucrée est une personne friande. — Une fine r/ ouïe. [Chas.se Illustrée^ r>e année, n° il.) - Le terme de blason enrjoulé. ée.,

participe du verbe pngoulfi\ est admis par l'Aca- (lémie.

Gouléier, v. n. Etre appétissant, agréable. Cest ça eune fumelle gouléiante. Du citre ben rjoulèiant et cunoureux à baêre. [Tuffé.] (A. Bos. (roloser.)

Goulette, gouline, s. f. Bonnet de nuit des femmes, qu'elles portent aussi le jour quand elles sont en deuil, et qui s'attache sous le menton. (A. Bos. (iole.)

Gourd, e, adj. L'Académie a restreint le sens de cet adjectif à celui de perclus par le froid. Dans le Maine, on l'emploi en outre pour engourdi, pesant, embarrassé. (A. Bos. Go?V, "1.)

Les mains ie les ay si gourdes, que je ne sçay pasescrire seuUement pour moy. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. xvii.;

Ils en furent plus pesans et plus qours. (Ghr. de Saint- Denis. Sainl Loys. Ch. xcviii.)

Gourdaine, s. f. Nom de diverses localités, entre autres d'un quartier du Mans. C'est une pêcherie, une eau dormante. (Du Gange. Gordana.) V. Gorer.

Gourdaine, Gurzeiina. Mot à rapprocher de gord, pêcherie. (DiEUDONNÉ. Ilildebert de Lavardin, 1105.)

Gourer, v. n. Tromper, dominer. Les deux substantifs français goure et goureur ont survécu à leur verbe. // Va ben gouré, signifie quelquefois : il est venu à bout de lui, il a été son maître. V. ce mot. (Barbeu du Rocher.)

Gourgousser, v. a. et n. Murmurer comme l'eau eu bouillant, gargariser. On trouve groiis<ier rlans Du

Gange, sous Groiissare, pour le même usage, l^a gourgue était l'endroit où tombe l'eau, après avoir fait lourner la roue du moulin. (Du Gange. Gurga. — Raynouard. Gorc.)Y . Gorer. On disait aussi ^ro?/cer

C'est celle qui nul temps ne grouce De riens qui lui puist advenir.

{Ménagier de Paris. D. II, A. I.)

Gourmand, s. m. Brin sauvage qui pousse sur un sujet greffe ou écussonné, ou filets des fraisiers. (Loué.) (Renault. Notice sur Saint-Christoplic-en- Champagne.)

Gourmir, v. n. Dormir, rester avec inertie sur place, être stagnant.

Gournas, s. m. Espèce de cheville. Dans les constructions maritimes, on appelle gournahle une grande cheville de -bois dont on se sert pour assembler les membrures.

Gousier, s. m. Gosier. \}xigrand gousier\ c'est un gros mangeur, \n\ avale royaume. {Vallon.) Grandgousier est un personnage de Rabelais.

Gousson, s. m. Gousset. V. Cousson.

Pour sa chemise furent levées neuf cents aulnes de tnile de Chasteleraud, et deux cents pour les coiissons en sorte de carreaulx, lesquels on mit soubz les aisselles. (Barbeu nu Rocher. Rabelais, Vie de Gargantua el de Panlaqrud, ch. 8.)

Gouttes, .s. /. pi. Goutte (maladie).

Et luy qui auoit les gouttes, se travailla tant. (La Reine dk Navarre, Nouvelles, XXIIe.)

Gouvet, .s\ m. Pelle en forme de cuiller, spéciale aux maçons.

Grade, gradelle, s. f. Groseilles à grappes. V. GadelU.

Grafflgner, graffionier, v. a. Egratigner. (Rob. EsTiENNE. Grafigner. — Raynouard. Grafinar, sous Grafio^ 2.). Le mot grafière signifiait un burin. (Di: Gange. Stiliare. — Raynouard. Grafi et Grafio.)

llem à Jacques Raguycr

.Te laisse l'abreuuoir Popin

Pour ses pauvres seurs grafigner.

(Villon. Fetit lexlamenl, verset xx^.) Les petitz chiens de son père mangeoient en son escuelle : luy de mesme mangeoit auecques eux. Il leur mordoit les oreilles, ils luy grapkinoyenl le nez. (Rabelais, Gargantua, ch. XI. I

Et même trouvèrent façon (ïégraffigner. (Boxav. Despé- RiERS. Contes et devis. Nouv. XV').

Notre patois a le mot grau pour signifier ongle, grille, du sanscrit grah, prendre, saisir. D'où les verbes agrauhi, agripper, et s'agrauh', s'agrilfer. {Intermédiaire des chercheurs. XXXI, XXXV, et juin 1897.)

Graffigneure, s. f. Egratignure. (Du Gange. Grifare. — A. Bos. Grafineûre .)

Graîle, s. m. ou /". Grible ; espèce de poêle. V. Grêle. (A. Bos. Grail.)

Graisser, v. a. Frictionner un malade ou un animal avec un onguent, une pommade, un Uniment.

le protestantisme crut qu'il était à propos de supprimer la ridicule coutume de graisser les cadavres (c'est

ainsi qu'il s'exprime en son noble langage) (Monsabré.

Conférences à Notre-Dame, 1885, 6" confi^rence).

Graisset, s. m. Grenouille des prés et des bois, qui \a rarement dans l'eau. Raynouard donne grais-

nu IIAUT-MAINK 299

San comme synonyme, de crapniul. — Le graissr/, animal parfaitement inuffensif, passait autrefois pour un des pires de la création, et le plus dangereux de tous les reptiles de son genre. (Furetikre. Crapaud.)

Grâlart, s. m. Espèce de pissenlit qui se mange en salade, Y. Crê.pellc.

Gramment, adv. Grandement, longtemps. (Du Gange. Graiidit(ts. — Raynouard. Granmfn sous Gran, grand, 2.)

Cette obstin(''e voulenti^ ii'^ dura pas i/raininent. {Cent Nouvelles nouvelles, 11^).

Grand'bête (la), s. f. Le diable.

Grâpe, .s. /'. Femme de mauvaise vie. Ge mot a quelque analogie avec crapule. Le grapier était l'ordure qui reste après le vannage du grain. (Du Gange. Graperium-)

Grapper, v. a. Grapiller. (A. Bos. Graper.)

Grapille, s. f. Jeter de l'argent ou autre chose à la grappille, c'est jeter ces objets à la foule qui se rue dessus, comme aux baptêmes, etc.

Grasse geolène (ou /o/ame) puante,. s. f. Mauvaise herbe. [Moul fort-le-Rotrou .) La puante et la franche poussent côte à ente, aucun bestial ou herbivore n'en veut.

Les choux et les bettes on ne peut les voir qu'avec des

innettes au milieu de grasses çiélines, cliardons et brins de chiendent. [Bullclin agrirnle du Maine, septembre 1897.)

Grassiau, s. m. Pommier ou poirier non greffés, y. Aigrassiau.

300 VOCABLILATRE

Grave, s. f. Gravier, j;il(4. (Ray.vouard. Gravier. — A. Bos. Grave).

.l'entends toutesfoys par cnilx qui l'essayèrent, que la moindre petite {/?'aug ne daigna s'en esmouvoir. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. xxxvir.)

Gravé, e, adj. Marqué de petite vérole. (A. Bos. Graver, 1.)

Graviau, s. ?n. Gros sable, gravier. (A. Bos. Grave, 1.)

Gravouiller, v. a. Agiter l'eau avec la vase ou la grave. V. Randoulller.

Grec, que, adj. Sévère, qui reprend rudement.

Gredille, (1), s. f. Laitue vivace. V. Cretelle qui doit être le même mot.

Grêle, s. m. et /. Crible en mailles de fer qui se trouve dans les moulins à vanner le blé et qui t'ait qu'on les nomme eux-mêmes ainsi — On dit communément de quelqu'un dont la petite vérole a gâté le visage qu'il est grêlé, et l'on considère cette expression comme le participe du verbe grêler, qui indique l'action de la grêle. Grêlé ne pourrait-il pas aussi bien se rapporter à grêle (crible), puisqu'on dit de ceux qui sont fortement marqués par la maladie en question, qu'ils sont criblés '? — La Greslevessière nom d'ancien fief. (R. H. de Montesson. Recherches sur la paroisse de Vallon, p. 223.)

ung coq de fer et les grisles (grilles) de la vitre de

(1) Beaucoup de ces mots commençant par f/re se prononcent comme s'ils commençaient par '(/upr ou gueiir.

DU lIAUT-MAIMi: 301

derriùru 1(3 ;;raii' autul (Froger. Réreclioa de lï-glisc do

Clievâigné eu 1510).

Grêler, v. a. Nettoyer le grain. (Rousseau. Glossaire poitevin. (rreHer.)

Grêlé, e, adj. Grillé. Ne se dit presque que des marrons grillés dans la poêle. Il reste à savoir si c'est parce que la poêle est toute percée de trous comme un grêle, ou si c'est parce que f/rril, était synonyme de gril. (Du Cangk. Graiiciila.) — On le dit aussi despommes de terre que Tonfait d'abord cuire ài'eau, puis passer au four pour les griller légèrement. — Certains gâteaux ou tartes sont dits fjrêlés, quand ils sont garnis de fruits ou de confitures que recouvrent de minces filets de pâte s'entrecroisant comme un grêle.

Grémillée, >. /. fiante aquatique à très petites feuilles en grande quantité. J'ignore son nom de catalogue.

Grérailler, grémir, v. a. Ecraser, presser très fortement. Tsal tout guermi, veut dire : « J'ai des douleurs ou des courbatures. » (A. Bos. Gramir.) Eijremiller , écraser, abîmer. (Esnault.)

Greneaux, grenots, s. m. pi. Haricots blancs formés, mais non tout-à-fait murs, dont les grains se mangent h. la fin de l'été. V. Egrenol.

Grenoisalle, s. f. Grenouille criarde. V. Reiiaselle.

Grésillement, v. m. Gelée de viande, crème prise, conlitures en gelée. {Tuff'é). (A. Bos. Gredillier.)

3U'i VOCABULAIRE

chandelles grésillanlcs.. ■ . (Mohangé, Lu Vallce-du-Loir,

Grésilleux, se, adj . De la nature de la ^ç-roze.

Grésillon, .s', m. Grillon. (A. Bos. Gresillon, 1).

Je luy donne vng grésillon Doulcettement eu l'acollaiil.

(Jehan Daniel dit, Maistre Mitod. Noclz nuuueaiilx.) liresiller, guersiller, v. a. Produire un bruit qui imite le cri du (jrcsiUon. (Esnailt.)

Grésillonner, v. n. Frémir, trembler. (A. Bos. Grésil lo/i, '±. — Rousseau, Greseler.)

Gresset, s. m. Espèce de grenouille. V. Graisset.

Grette, .s\ f. Fétu de chanvre. V. Aigrette. (Rousseau. Glossaire poitevin. Grette.)

Greunne, ç. /. Prune.

Grevé, e, adj . Grêlé ou marqué de petite vérole. (A. Bos. Grafe. 1.)

Gribouille, .s. m. Personnitication du niais. Un dit proverbialement : << Fin comme Gribouille., qui se jette à l'eau de peur de se mouiller. » Cette locution existe aussi dans le Bas-Maine, suivant M. Verger.

Gricher, v. n. Grincer des dents, crisser. V.Grmcher. — Gric/ie-dents, citrouille creusée et éclairée. (Barbeu du Rocher.) V. Falotteux.

Grichoir, grichoué, s. tn. Squelette d'une mâchoire garnie de ses dents. Le grichoir du porc se conserve avec soin, pour être placé dans le fond du cuvier à lessive, à l'ouverture par laquelle l'eau s'écoule. V. Cricher et Gricher. (A. Bos. Grifo., groin, sous Grif. 1.)

DU HAUT-MAliNi: ;}()3

Grichu, e, adj . Acariâtre. V. Dagrlnche el Grinchu.

Grigne, grignette, s. f. Grignon de pain, petits fragments de croule. (Du Gange. Gi'lr/nolosiis. — A. Bos. Grigne, 1.)

Griller, v. a. Griser, enivrer. (A. Bos. Grisle.)

Grimaud, e, adj . Grognon. ï^Raynouard. Grim. — A. Bos. Grime.)

Grimer, v. a. Rayer d'une manière sensible des corps assez durs, les métaux, le verre, etc.

Grimeleu, e, adj. Qui se grime ou se ride, grumeleux. Ces trois mots ainsi que se grimer el grim,ace, ont évidemment la même étymoiogie, qui est grimp, synonyme de ride ou de raie creuse.

Grinche, s. /'. Maussaderie, mauvaise humeur, vengeance. (A. Bos. G?ngne.]

Grincher, v. a. Grogner, bougonner. (A. Bos. Grignier, 1.,

Grinchu, e, adj . Maussade, acariâtre. (A. Bos. Grignos.)

Gringaenaude, s. /'. Petit fragment rond qui se détache des fritures. C'est à peu près la même chose que grigne.

Griochée, s. f. Quantité quelconque inférieure à un fardeau ordinaire.

Grioller, v. a. Grouiller, osciller, remuer. (Rousseau. Grenailler.)

Grippon, s. m. Espèce de chardon. (A. Bos, Grif, 1.)

Grison, s. m. Grès vert.

Grivolé, ée, adj. Grivelé.

lin tas de villaines, immundes et peslilentes bestes

noires, faulves, blanclies, cendrées, grivolces. (Barbeu

DU Rocher, Rabelais, liv, III, ch. xi.)

Groie, •?>\ /. Coteau ou terre élevée, brûlante, pierreuse, mais bonne pour le grain. Du Gange dit, sous le mot Groa que gi^oie s'entend d'une terre marécageuse ou de champs entourés de cépées ou roseaux entrelacés ; ce n'est pas la même chose ici. Raynouard indique Gre(/«^ comme synonyme de craie, ce qui nous conviendrait mieux, parce que les terres en question sont le plus souvent sur le calcaire. Croie se disait pour craie (Monet.) Croye était aussi le nom d'une pierre qui s'engendre dans la vessie des oiseaux de proie (Furetikre). La Groistière est le nom d'une ferme h. Vallon. (R. H. de Montesson.) Recherches sur la paroisse de Vallon, p. 218.) V. Groiiêteux.

Et sans prendre charbon ne croije Au ruisseau crottent leurs souliers.

(GuiLL. GoQuiLLABT. Mo/iologiie des perruques.)

Groiselle,^'./. Groseille. Prononcez giieroiidzelle.

Mais si vous cueillez des fjroisellcs i]nvoiez-m'en.

(Cl. Marot. Rondeau aux damoijselles paresseuses.)

Grolle, y. m. ou /". Corbeau, choucas. (Du Gange. Gracilla. — Raynouard. Gralha. — A. Dos. Graille^ 2.) Rabelais parle quelque part d'un noyer groUier ; il le qualifie ainsi parce que ses noix attiraient les corbeaux.

1)1 IIAI T-MAINK 305

Groller, v. n. Démarrer, vibrer, remuer. Ça rjritlle à deur là cVdans. (A. Bos. Graisleïcr.)

Grouas, s. f. Terre élevée, chaude, pierreuse. V. Groie. (A. Bos. Groë^ 1. — Rousseau. Groie.)

Grouêteux, se, adj . De la nature de la rjroie. Groiicteux indique un sol chaud et pierreux, suivant Legendre, auteur d'un traité sur la culture des jardins. Cest exactement comme nous l'entendons. (A. Bos. Groptos.)

Grous, groux, sse. adj . Gros. Le groux sainct pour la f/rosse cloche. (Froger. Fabrique de la Suze, 1481.) — Gros blé, grous bies. Froment, méteil.

Au printemps, après le 1" mai, il souffre que l'entrant arrache à la main, toutes les mauvaises herbes dans les ;/rus blés. (Thoury. Usages ruraux de Monlforl-le-Roirou.)

Groussier, ère, adj . Gros, gras. Comme nos paysans prennent l'embonpoint pour un signe de santé, il ne faudrait pas qu'un étranger se crût insulté parce qu'on lui dirait qu'il est groussier : c'est un compliment qu'on veut lui faire.

Grubeaux, gribeaux, s. m. pi. Résidu du vannage des grains ; on le donne aux volailles. Suivant Du Gange, le grii était de l'orge [grutum) et le grus était du son [grucllus); selon lui encore, ce que nous nommons ici grubeaux était le gruen [gruimmi). Dans ses Souvenirs historiques de la Révolution^ à l'article Pichegru, Ch. Nodier donne à gru la signific-ation de grain, et le Lexique de Raynouard est du môme avis. [Grus sous Gran, grain, 15.) Borel dit qu'on nommait ainsi les fruits sauvages ^qui mûrissent dans les forêts, tels que les châtaignes, glands,

faînes, prunelles, etc., et que les gi'uyers en auraient tiré leur nom, parce qu'ils étaient chargés de donner àbaill'usage de ces fruits. De là toutes ces désignations de lieux : Groirie^ Gnirie^ Grwjerie^ etc.

Gruette, s. f. Champ rempli de petites pierres. [Bessé-sur-Braye) . V. Grole. (A. Bos. Om, 1. — Rousseau. Gruace.)

Grugeoires, grugeouères, s. f. pi. Dents molaires des gens et des botes, concasseur à pommes. {Neuville.) (Rousseau. Gruge.)

Grune, .s. /'. Prune.

Gu, e, part. Participe passé du verbe avoir. J^riai rin gu.

Guaiu, s. nt. Regain. (Du Gange. Gagnagiuin.) V. Gain.

Guarir, guarison, V. Garîr, Garlson. {\. Bos. Guarir, Guarlson . )

Guedée, s. /". Averse.

Gueder, v. a. et n. Mouiller accidentellement. (Rousseau. Gtieder.)

Guéjas (à, la), loc. adv. ei prép. A l'envi l'un de l'autre. V. Gaigeas.

Guelte, .S', f. Solde de l'ouvrier. C'est le mot allemand geld (argent). Je le soupçonne d'origine très moderne et contemporain de la l"^" occupation des Prussiens (1814 et 15)? (A. Bos. Guérie sous Gorle.)

Guenas, s. m. Guenille, vêtement fripé et sali. .

Guenas, guenias, s. m. Enfant. L'étymologie semble évidente, les enfants aimant assez à se guener. Queu guenas de fumelle ! V. Que/tas.

DU HAUT-MAINK 307

Guener, v. a. Friper, gâter un vêtement. On eu a fait guenille. Rabelais appelait les gueux des guenaulx. [Gavfjantua, ch. xxxvii. — Pantagruel^ liv. P"", ch. VII et XVI.)

Guener, v. a. Mouiller accidentellement. (Rousseau. Guener.)

Guèpin, eine, .s'. m. et /. Qui a l'esprit fin, des manières élégantes, ou se met avec recherche.

Guerehir, v. a. Ecraser, broyer, presser rudemeut ou étroitement (1).

Guéritâs, s. m. Mauvais remède, insignifiant et sans effet.

Guérie, s. f. Moulin à vanner le grain, tarare. V. Grêle.

Guerlex', v. a. Nettoyer le grain. V. Grêler. (Rousseau. Greller.)

Guermenter (se), v. réf. Se plaindre, se lamenter, se tourmenter. (Du Gange. Querimoniare. — A. Bos. Guaimenter.)

Guérou, s. m. Sorcier nocturne ; c'est une forme de la 2^ partie du composé loup-garou. (Barbeu du Rocher. — A. Bos. Guarol.)

Guerouelleux, se, adj. Qui s'agglutine, se met en grumeaux, se coagule, s'assemble. V. Grouêteux.

Guerrioler, v. n. Grouiller, remuer, osciller. V. GrioUer.

Gués. Ce mot résulte de la contraction de les,

1,1) Ou peuL chercher à rjr ceux des mois commençant iiar f^uev qui !ie se trouveraient pas ici.

pluriel des articles le ou la, avec lui pronom de la troisième personne. Donne gués mon. J'écris exactement comme on prononce. V. Gui.

Guêtron. 6\ m. Laileron.

Guette, s. f. Diète, abstinence.

Guette, s. f. Chômage des ouvriers. Est-ce parce qu'ils (juelient rouvrage, ou parce qu'ils sont réduits à la diète [guette] forcée ?

Guette. 5. /. Tiroir à l'argent. CeslLiette. (A. Bos. Quelle sous Gorle.)

Gueuleton, .y. ?n. Repas copieux.

Gueuvre, .s. m. Lièvre. Ce mot me rappelle comment un paysan de S. . . quinaulda son notaire contre lequel il avait eune rancœur . Ce bonhomme portait dans son bissac un lièvre en situation très apparente ; pensez que c'était avant la loi de 1844. Il aperçoit le tabellion causant sur sa porte avec ses voisins, il l'aborde : « Bonjour, M. M..., et tout" vot' société, salut de tout mon cœur. — Bonjour, mon ami. — M. M..,, par vot' permission, prenderiez-vous bin un queuvre? — Oui, mon ami; avec plaisir, mon ami. (Il s'imaginait avoir affaire à la bête dont il voyait les pattes.) — Eh bin ! M. M..., vous seriez forment pus habile que noufchien, car i' n'en a courcé un pendant pus d'deux heures, et i n'a jamais pu

l'avoindre. Adieu, M. M » Et il s'en fut bin ra-

miaulé. V. pareille historiette dans Paris., Versailles et les Provinces au xvni^ siècle, édition de 1817, t. III, p. 75.

Le fief de MauQuesvre était situé à Cré-sur-Loir,

Di; IIAUI-MAINE 300

OÙ il y a encore aujourd'hui un lieu qui se nomnu; Maulièvre. {Revue du Maine, 1891, p. 82.)

Gueux, pro/i. Leur, employé pour à eux, à elles. N'on gueux dira bin leux fait. (Rousseau. Gle.)

Gui, pron. Lui. C'est ainsi que se prononce le pronom lui, quand il suit un verbe ou qu'il se trouve régi par lui. Trjui ferai voér à li. On dit de mrme souvent pour remplacer l'adverbe y : Allons-gui (allons-y).

C'était le jour de sa fête, J'voulus ^M« faire un compliment, iegui dis: « Mademoisallo », Pis voulant aller jusqu'au bout, i'gui restai la goule ouvarle.

Et il ne me vint rin eu tout.

( Vieille chanson mancelle.) V. au mot Miâle un autre couplet de la même chanson.

Guian, s. m. et/. Gland de chêne. On dit un guian quand on parle d'un seul, mais de la guian, quand il est question de plusieurs.

Guiane, s'. f. Action de glaner ; ce qu'on glane. V. Glane.

Guianehe, a\ /. Gauche (?). Espèce de graminée dont la feuille sert à garnir des paillasses. (A. Dos. Quiche, 1.)

Guibaut, s. m. Cousin (insecte), ou moucheron moustique. (A. Bos. Gidbet.)

Guibolles, s. f. pi. Jambes : on ne le dit que familièrement. (A. Bos. Giber, 1.)

Guibre, s. m. Partie cintrée ou concave, par exemple le fond d'un pressoir. [Neuville.)

Gui-en, /}ro;i. (prononcez guiaii.) Contraction des deux pronoms il et en, quand ils sont réunis par y. Ainsi ces mots « il y en a », se rendent par gui ni a. J'écris exactement comme nous prononçons ; autrement, au lieu de gui, il faudrait certainement écrire i y en a. C'est la même chose pour la troisième personne de il, à savoir lui, suivie de ce même pronom en, sans qu'il y ait besoin, en ce cas, que l'adverbe// s'y trouve. Au lieu de « demande-lui en », on dit demande gui en. (Rousseau. Gle.)

Guierre, s. m. Lierre. V. Hierre.

Guilée, .9. f. Forte pluie, mais soudaine et de peu de durée. (A. Bos. Guilée. — Rousseau. Guiller.)

Guillannée, s. f. Etrennes. C'est un souvenir de l'ancien usage Au gui Van neuf. (A. Bos*. Anrenuef. — Fret. Chronique.*; percheronnes.)

ledit couteau a été payé nvec l'argent provenu de

la Ciuilanleu — Ces 60 solz proviennent de l'argent de

la Guilanleu (Legeay. Saml-Gilles-des-Guérets, pp. 11-12.)

huit livres à Jacques Verdier, joueur de violion

pour ses sallaires à recueillir la Guillanneuf. (Froger.

Comptes de fabrique de Lombron, 1665.)

Les malheureux vont à Noël demander du pain dans les fermes, et ciiantent une chanson appellée /lî/'i^i /eu (sic) ^ nom que les habiles font venir de : .4m Gai l'an neuf, et l'usage viendrait des Druides avec cette dénomination! (Per- Ror, de Laval. Enquête agricole msste).

Guillebot, s. m. Jeu où l'on emploie une quille seule. C'est plutôt Quille-bot. (A. Bos. Bot. 2.)

Guillot, s. m. Ver des fruits et du fromage. (Fu- RETiÈRE. — A. Bos. Guiller sous Guiler.)

c'est pour offrir des guUlots et des mi-guillots inac-

nu IIAUT-MAINE -U 1

ccptables, de six aux toui'iiois. Monnaie infime peut-ôip' particulière au Maine. (Angot. Les droits de sépulture dans le Maine, ch. v.)

Guilloteux, se, adj. Véreux.

Guimblet, s. m. Petit foret, vrille. (Di Ongk. Vioilise. A. Bos. Giiimblct.)

Guinehe, s. f. Espèce de graminée. V. Gnianche.

Guindas, s. m. Enfant sale, mnltenu. V. Giienas.

Guingancer, v. a. Agiter vivement dans l'eau pour laver. (A. Bos. Guenchir.)

Guipon. .s\ m. Petit pinceau fait avec de vieux linge ou de la charpie.

Graines de plantes sauvaizes qni s'altactient aux vêtemcnls et aux poils des animaux. (Barueij du Rocher.)

Jlêi.pron.pers. Elle. Hâ dô[rt.).y. A, E, Hr, fli, I.

Hachet. s. m. Bidelle de côté d'une charrelle.

(1) Quand on s'occupe de mots qui n'ont pas droit aux honneurs d'une orthographe légalisée, on ne peut et on \\^\ doit les donner qu'avec celle qu'indique la prononciation, ce qui fait qu'il ne devrail y avoir pince ici, sous la lettre I!. que pour ceux qui commencent par une aspiration. Si, malgré cela, il s'en trouve qui ne sont pas précédés de l'indication H asp., c'est que l'usage manceau ne les fait pas co. stamment aspirés; mais du moment qu'ils le sont quelquefois, il devenait impossible de ne pas les intercaler avec les indubitables (A. Bos. II. N.B.)

petite barrière mobile, petite porte (Lavernat). Dans cette dernière acception, c'est Je même mot que Haisiau, et ce doit être de même une provenance de Haie.

Hêle, s. f. (H asp.) Haie. V. Rapir. (A. Bos. Haiée.)

Hager, v. a. (H asp.). Briser, déchirer. Ce doit être une prononciation particulière de hacher?

Ou ainsy qu'une Egine t'engager au danger Des ours Numidiens qui t'eussent peu hager.

(Luc Percheron. Tragédie, de Pyrrhe, acte III.)

Hai,s. m. (H asp.). Opposition à un acte, veto. C'est une sorte d'onomatopée. (A. Bos. Hahai.) Haiger, v. a. (H asp.). Briser. V. Hager.

Haim, .$. m. Hameçon. (Du Gange, Hamatores. — Raynouard. Ama.)

Hainge, s. f. (H asp.). Haine.

Haïr, V. a. L'indicatif de ce verbe se prononce comme l'infinitif, fhaïs ou je haïs. C'est le premier exemple cité qui domine, l'aspiration se supprimant presque toujours. C est un adelaisi de (jas qui hait bin sa peine. On dit de quelqu'un qui est souvent malade que le niaune riiaït point.

Haisiau, s. ni., Haise, s. f. (H asp.). Petite porte ou claie, qui n'est en liauteur que la moitié d'une porte ordinaire. Elle sert à barrer l'entrée quand cette dernière est ouverte. (Du Cange. Haisellus. — A. Bos. Aissil, 1, eiHaise).

Haiter, v. n . (H asp.). Plaire, réjouir, convenir. Hait c'était la joie, la santé, une bonne disposition.

DU HAUT-MATNE 313

(Du Gange Alacrimonia.) Ou en <i fait dehait qui ii'esl plus usité, souhait qV souhaiti;r.

Ce que tirent et de bon /miL (Habel\is. /^rt?iia^rfi(?/, liv. IV, ch. XXV.)

Adonques Gui de Namur enkétié de la victoire des siens (Chr. de Saint-Denis. Phelippe-le-Bel. ch. XLII.)

Du Ciel transmys pour annoncer Chansonnette Qui nous haicte.

(EsNAULT. Noels nouveaux, Le Mans, réimpr. de Richelet. p. 9.)

Héller. v. a. (H asp.). Héler. V. Houailler. (A. Hos. Haler, 3.)

Halitre, s. m. {H. asp.). Veut froid ou sec et desséchant, — Saison du hâle, grandes chaleurs, sécheresse.

Halocer, v. a. (H asp.). Faire le gros d'un ménage et les commissions. V. Allotter.

Halocher. v. n. (H asp.). Osciller. Se dit particulièrement d'une voiture qui a beaucoup de balancement entre les roues. Cte charte, ehaloche. Ce mouvement de va-et-vient ainsi rendu ne permet-il pas de supposer que c'est la môme chose, bien que dans UQ sens tout différent, que halocer ou haloter?

En ce temps la nouvelle de la treul'ue l'aicte aux Pais- Bas, auclorisée, etc. On trouve toutefois qu'elle loche, par advis venu du depuis. {Journal de LesloUle. 31 décembre 1608.)

Halot, te,5. m. et/'. (H asp.). Petit domestique qui fait les commissions, clerc saute-ruisseau. (A.Bos. Hcrlot.)

314 VOCABULAIHE

Haloter, v. n. Faire toutes les courses d'une maison, les commissions, etc. V. AUotter.

Hâne, s. m. (Hasp.). Caleçon, mauvais pantalon. Usité presque toujours au pluriel, il s'entend aussi des longues poches pendantes et doubles que les femmes attachaient autrefois autour de leur taille et par dessous leurs robes. 11 fail mieux comprendre, avec ce sens, comment s'est formé le verbe Hânequinor. Hunne, s. /. , dans le Bas-Maine, signifie culotte.

Hânequin, e, s. m. et /". (H asp.). Qui hânfqiiine.

Hanequiner, v. n. (H asp.) Traîner la jambe en marchant, boiter. Ce mot vient sans doute de Hàup.

Haneu, s. m. Plante des prés, sorte de chardon. {Sablé). V. Trtard.

Hangâ(r), s. m. Hangar dont Vh ne s'aspire plus. ^ . Angâ.

Hanique, s. f. (H asp.). Trique, pieu, hanachc.

Hanner, I'. /^.. (H aspy. Ahanner, éprouver trop de fatigue. Hannpf;, dans le Bas-Maine, signifie rhumatismes articulaires. (A. Bos. Hancr, 1.)

Hannetter, v. u. Pousser des hans de fatigue, geindre comme les boulangers.

Hanoche, s. f. Rondin de bois préparé pour faire du charbon. (Du Cange, Henyaus sous Hentich.)

Hanté, ée, adj. Endroit oii il revient des esprits. C'Cendré-lâ, il é liante ; cHe mainson allé é hantée. (Barbeu du Rocher. — A. Bos. Hant.)

Hant, s. m., est un terme de chasse : j'voi du liant,- non

nu nAUT-MAINE 315

n'voi point de hant par icite; c'est-à-dire il va ou il n'y a pas de traces de gibier. (Barbeu du Rocher.)

Hante, s'. /". Hampe, manche de divers ustensiles, el principalement du fouet dont les paysans se servent en route. Dans ce dernier cas, c'est une espèce de bâton. (Anjubault. — A. Bos. Hanste.)

Haqueter, Haquetonner, v. n. Bégayer, ânonner. V. Hoquetonner et Nocter.

Harasse, s. f. Caisse à claire-voie, panier à larges mailles. (A. Bos. Harace, 2.)

Si au contraire le fermier avet deux harassiers,com-

me partout ailleurs, pour rendre lesd. dixmes à la maison.. (Besnakd, Mémoires^ t. I, p. 36.)

Hardelle, .s'. /". (H asp.). Jeune fille.

Le masculin Hardeaii^ qui se dit peut-être dans le Maine, mais que je n'y ai jamais entendu, devaitnéaiimoins y être autrefois usité, à en juger par la citation ci-dessous empruntée à Despériers, qui avait pour collaborateurs deux manceaux, Jacques Pelletier et Nicolas Denisol, et qui a placé ces paroles dans la bouche d'une paysanne mancelle parlant à son évêque Philippe de Luxembourg:

J'ai un autre hardeau (ainsi a]ipellent-ils aux champs un garçon et une iille une hardelle.). [Contes et Devis. Nouv.XVII.)

Voici encore un exemple de hordeau pris en bonne part :

Jeanne de Selles De ses herbolles Fist vng bouquet plus bon que beau Quel donna au petit hardeau.

(Jehan Daniel, organiste, dict maistre Mitou. Noelz nouueaulxÀ

Aiitremf^nl le havdcau (Hait griiéralemenl pris en mauvaise pari, tandis que le féminin n'avait que le sens que nous lui donnons (Monet.):

Il eut un filz nommé Tenot Dandin, grand hardeau. (H\- BFi.Ais, Panlaijruel, liv. III, ch. xxxix.)

Hardeux, se,adj. (H asp.). Qui dépense beaucoup pour sa toilette, ses hardes.

Harée, ^. /'. (H asp.). Forte pluie. Robert Eslienne dit Horée, et pense que ce nom vient de ce qu'elle ne dure qu'une heure.

Hargne, s. f. (H asp.). Bouton galeux des hommes et des animaux, déchirures qui se forment à la peau près des ongles des mains.

Hargne, s. f. Hernie. (A. Bos. Hargne., t.). — adj. Herniaire. Noufgds, il é hargne. [Montfortle-Rotrou . ]

Hargnement, 6'. ^?^. (H asp.). Temps maussade, dérangement du temps. Du Gange aie verbe liergner sous Harnascha. Hargnement est à peu près l'ancien substantif hargne, qui n'existe plus, mais qui nous a laissé hargneux] la différence est que la hargne était l'expression de la maussaderie des personnes et non du temps. C'est un hargnement de temps. C est le hargnement de la nouvelle lune. (Neuville.)

Ainsi y a-t-il quelquefois de petites hargnes et querellrs quotidianes entre le mari et la femme. (Amyot. Œuvres de Plutarque. Préceples de mariage.)

Haricoter, v. a. (H asp.). S'occuper de fadaises, faire ses affaires tant bien que mal, ou un petit com-

DU UAUT-MAINE 317

merce, et parliculièi'ement celui de petit voiturier. Génin reproche beaucoup à l'Académie de n'avoir pas conservé ce mot, dont il reporte l'origine à aliquot, haricoter signifiant, dans son sens absolu, réduire en menus fragments. [Récréations philologiques, t. 1", p. 50.) Dans le Glossaire de Du Gange, sous Alf/otatae, on trouve Haligolé pour rapiéceté. (A. Bos. Harigoter.)

Haricotier, ère, adj. (Hasp.). Qui haricote. — s. f. Servante qu'on ne prend que pour les petits détails.

Harie, .s-. /". Talus d'un fossé. — Rive un peu creuse en dessous et surplombant au dessus d'un cours d'eau.

Harier, y. «. Contrarier. (Robiîrt Estienne. Harier. — Borel. Harier. — Du Gange. Arrare. 2, Harela.) V. Arrier.

Harondalle, s. f. Hirondelle. (Rùb. Estienne. Harondelle.)y. Arondale.

Harpon, s. m. (H asp.). Grande scie dans le genre du godendart, mais dont le manche est recourbé en arc. (A. Bos. Harpe.).

Harrias, .y. m. Embarras, difficulté, désordre tumultueux. V. Arrier.

Hasard (d'). Hasardeux.

Hâte, s. rn. (H asp.). Echinée de porc rôtie. (Du Gange Hasta.) En français : Hâtille, s. f. morceau de porc frais.

Il n'esloit lue pourceau en tout le voisinage, dont il u'uuhL du la hit.slik. (Haiiklais. l'anl/n/i-Lui, liv, 111, ch. xxxix.)

Dans la hiih-archie des oniciers île cuisine sont les coureurs de vin et hasteurs de rôts. (Moranxé, La Vallêe-du-Loir, p. 29.)

Héltelle, s. f. (H. asp.). Broche, aiguille de grande dimension. Dérivation évidente de Rasta, qui a donné Hàtclet. (Du Gange. Astela, Astula. — Raynouard. Astela sous Ast.) V. Atelle.

Haudrir, v. a. (H. asp.). Faner, fatiguer, dégoûter. A peu près comme oudrir. (A. Bos. Roder.)

Nous en sommes si saouls et si haudis, que nous avons perdu l'envie de plus en taster. (Journal de Lestoille, 16 juillet 1610.)

Haut, s. m. (H. asp.). Région du nord. V. Amont.

Haute heure, c. f. Heure avancée. Se lever point à haute heure. {Neuville.) [Cent Nouvelles nouvelles, xviii^ — Raulte-heure).

Il est haiilte heure. (Barbeudu Rocher, Théâtre l'rancais au moyen-â{<e, p. 539).

Haut mal, s. ?n. Epilepsie. De ceux qui en sont aftligés, on dit « ils en tombent. »

Hauturier, ère, adj. (H asp.). Qui se lève ou arrive tard. H n'est point hauturier. [Neuville).

Haut vent, ^. m. Plein vent.

... arbres di? Iiaul it/i/. (Pkrrût, de Laval).

Havet, s. m. (H asp.j. Croc, crochet. (Rob. EsTiENNE. Havet. — Du Gange. Creaga, Fuseina, Ravetus. — A. Bos. Ravée.)

Ses diables estoient tous caii])arassouni:'z de cornes de

Dr HALT-MALXt: 319

bœufz et do granis liauelz de cuisine. (Rakelais. Pantagruel, liv. IV, ch. XIII.)

En outre, nous confessons, moudit seigneur, que vous avez droit de prendre avec les deux mains une kavée de chandelles qui sont olTertes en ladite cliapelle au jour de Notre- Dame Chandeleur et de Saint-Biaise. (Moulard. Fief d'Arçonn.iy, p. 17'2).

Havieu, s. m. Vieux marmenleaii, vieux poteau. Ké.pron. pers. Elle, elles. V. ^, É. Ha, Hi, 1. Hébéter, v. a. Ennuyer. C'est le synonyme complet du verbe familier ejnbêter.

Hégron, 6'.m. (H asp.) Héron. Rabelais dit Hé- (jronneaux pour de jeunes hérons. [Gargantua, ch. XXXVII.) En langue romane on disait aigros. (Raynouaud.) V. Aigron.

Hélàs ! hilâs! interj. C'est la plus répandue dans le Maine : elle n'y exprime pas seulement la douleur, mais aussi l'admiration, la joie, toutes les sensations un peu vives, et même celles qui ne sont que modérées. L'a s'y prononce énergiquement long.

Hennequin, eine, adj. Boiteux, qui traîne la jambe. V. H âne.

Hennequiner, v. n. (H asp.) Traîner la jambe en marchant. V. Hdncqu'uier.

Henner, v. ri. (H asp.) Ahaner. (A. Bos. Helier).

Herbe aux chats, s. /. Cataire, plante médicinale. [Neuville).

Herbe à Robert, s. f. Géranium sauvage. (Mlle Maugeret. La science à travers champs, ch.vii).

Héribié, e, adj. (H asp.i. Usé, réduit en franges.

Ne serait-ce pas la même chose que rancien mol htirepé, hérissé ?(A. Bos. Hurepcr).

Hermer, v a. Amoindrir, affaiblir, épuiser.

Hersillon, s. m. (H asp.) Petite herse qui ne travaille qu'un sillon à la fois ; elle est concave pour couvrir le billon. iMayet).

Heudrir, v. a. (H asp.). Faner, mourir, dessécher. V. Oiidrir.

Heurible, heuribie, adj. Qualité d'une terre chaude et précoce, légume ou arbre fruitier dont le produit est hâtif ou précoce. Sans doute de Heur, ce qui voudrait dire, par conséquent, une terre heureuse ? V. Joanet. (A. Bos. Eure).

'R\,pron. per.^.\\,'\U. Hi s'en venant, hi s'en allîrant. V. A, E, Ha, Hè, I.

Hierre, s. m. (H asp.) Lierre. (Rob. Estienne. Hierre.) C'est notre vrai mot ancien, tout voisin de hedera ; il y a peu d'ouvrage contemporain sur la linguistique dans lequel il ne soit cité. Ronsard écrivait Vhierre (Froger, Etude snr les premières Poésies, p. 156.) (A. Bos. 1ère, 1.)

L'ierre a fait lierre comme l'abbé a. lait labbù. Nous disons un labbc (C-outard. Ste-Sabine, 1892.)

Himeu, himoue, s. f. Humeur ilans le sens de disposition d'esprit. (Ch. Nisard. Etude sur. . patois de Paris, himeur pour humeur, p. 164.)

Hingner, v. n. (II asp.) Hennir.

Aussitost que cesl asne vit la liiniirn;, il commença ù/rm qner. {Cent Nouvelles nouvellr:;, !>XI';.

Hivernaige, hiverniau, s. 7U. Fourrage d'hiver

DU UAUT-MAINE 321

qui se sème en septembre-octobre pour le couper au printemps ; c'est un mélange d'avoine d'hiver et de jarosse ou pois gris d'hiver. (Du Gange. Hybernagium).

Hoctonner, v. n. Bégayer, ànoimer, avoir le hoquet. V. Hoguetonner.

Hoger, V. a. (H asp.). Ratatiner, couler, flétrir, briser. V. Hager.

Hogner, v. a. Grogner. V. Honr/ner. (A. Bos. Hof/nier.)

Homme, s. m. Mon homme c'est mon mari par opposition à ma fem,me.

La mère Butteau ne tarda pas à suivre son homme dans la lombe. (Deschamps -La Rivière, Légende de Montangis.)

Hommée, .s\ /. Mesure agraire pour les prés; elle contient 33 ares. Dans les anciens titres, on lit souvent « une journée ta vng homme fauloheur. » C'est Vhommée. Du Gange [Homala, Hominata) indique hommée comme une mesure de vigne.

Hommiau, ,9. m. Petit homme; propriétaire ou locataire de terres de minime valeur. V. Bonhommiau.

Non pas d'un Hercules, ne d'un Samson, mais d'un seul hommcait. .'Estienne de la Boetie. De la servitude volontaire).

Hongner, v. a. (H asp.). Grogner, gronder, murmurer. (Du Gangc. Ilufpiare.) 11 y a la vieille devise des Mailly : Honr/nc qui vonra. L'adjectif //o^îf//*«r/ est synonyme de grondeur, chagrin, butor [Cent Nouvelles nouvelles, t. I, p. 107. — A. Bos. Honr/ne.]

322 VOCABLLAIKE

Hongnir, v. a. (H asp.) Honnir.

Hoquetonner, v. n. (H. asp.) Anonner en parlant, bégayer. 11 y a beaucoup de ressemblance de ce verbe à nocter, synonyme de murmurer. (Du Gange. Noctare.)

Hoquetonnier. ère, adj. (H asp.) Qui hoquetonne.

Horgne, horne, s. /'. ïcle. JSon npriit rin f/iii maittre dans la home. iTuffé).

Hôrible, adj. Chaud, précoce, fertile. V. Heiirible.

Hotte, e, adj . (H asp.) Bossu.

Hoture, hoteure, v. /. Race, espèce. Barbeu du Rocher écrit oteiirc sans aspiration, avec o bref. (A. Bos. Hot.)

Hoturer, lioteurer, v. a. Engendrer. Unpitaud, çà qiiest lioleuré par lout le monde.

Hou hou ou oue! Imitation du cri du chathuant, que les électeurs réputés chouans entendent imiter à leur vue par ceux du parti opposé. [Tuff'é.)

Nous entendons le plaintif et monotone hôlement de la chouette... (Beauvais de St-Paul. Souvenirs d'un vieux Louvetier, ch. xii.)

Houailler, houâler, v. a. (H asp.) Héler, appeler à pleine voix, chanter à pleins poumons, V. Bourder et Voâler.

Il ne hoilloit, ne ne chantoit.

[Roman de Renart. Tome II, vers 1G874). Dans sa Vénerie, Jacques du Fouilloux donne un cri noté adressé aux chiens : Hau halle, chiens, halle halle halle!

page 50, verso ; et plus loin : quande il (le piqueux)

verra le cerf aux abbois, il doit halter et crier à ses chiens., p. 53, recto. (Barbeu du Rocher).

Houbille, s. m. (H. asp.) Voleur de nuit, qui commet ses vols déguisé, masqué, couvert de peaux de bêtes, etc. La houbille est une bande composée de malfaiteurs ; on en fait un épouvantail pour les enfants, bien qu'elle existe très réellement parfois. Ce mot est de la même provenance que houspille''' V. Housseron.

Lors ont leur afaire abrievé Et vinrent là pour houbeler.

[Le Chastelain de Coucy. Vers 7496.) Ci n'a mestier hobeleiz Mais od les brandz d'acier forbiz Deffendre les cors et les vies.

(Chroniqîie des Ducs de Normandie. Tome III, vers 37246.) Lesquelz compaignons s'avancèrent — de HubiUier, tirer et sacer Jehanin le Bouchier pour prendre et avoir sa bourse. {Du Gange. Sous Housia.)

La Houbille a-t-elle donné son nom aux Houbilliers, cavaliers qui montaient des chevaux nommés Hobins (Du Gange, Hobellarii)^ parce que cette troupe aurait contracté de mauvaises habitudes à la guerre ? Ces mêmes méfaits trop habituels aux soudarts de ce temps, ont-ils au contraire, fait imposer la qualification de houbille aux voleurs ordinaires ? C'est ce que j'ignore. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il y a encore malheureusement de temps en temps des houbilles dans notre province : leurs apparitions choississent de préférence pour théâtre les contrées montagneuses et boisées. (A. Bos. Uobcleïs, Rolpil, Golpil).

Houbiller signifiait aussi traire les vaches, et c'est encore là un des vols que commet le ou la houbille, qui fait souvent sa visite aux éLables (A. du Peyroux. Alpes mancelles, ch. xv.)

Li fourmaiges li escapa E li Houpix frenardl le vel saisir. (Barbeu du Rocher, Marie de France, fable U).

Houdrir, v. a. et n. (H asp.) Faner, dessécher, mourir. V. Oudrir. [k.Bo?,. H odei'.)

Houle, s. f. (H. asp.) Cavité sous les racines d'arbres, au bord de l'eau, et dans la perrure d'un puits. De Oullier, fouir, creuser. (Du Gange. Ouliare. — A. Bos. Hole.)

Houler, v. n. Se dit soit du poisson, des écrevisses, qui se cachent sous les houles, soit des pêcheurs qui battent l'eau dans ces endroits. (A. Bos. Holer, 2.)

Houôner, v. a. V. Vôner.

Hourder. v. a. (H. asp.) Bien habiller, endimancher. C'est un sens figuré, car dans le sens direct, l'adjectif hourdé^ indiquait un terre-plein revêtu de palissades ou de gazons. (Du Gange. Hordeiclum, Hordare, Hordamentimi, Hiirdare, etc.) Hourdé ail plâtre s'emploie encore à Paris comme qualificatif d'un mur en construction. [Cent Nouvelles nouvelles, tome I, pp. 58, 104, 122.)

Hourder, v. a. (H. asp.) Battre quelqu'un, le heurter violemment. Le hourd était l'action de heurter.

Tournoiemens furent deifendus et jousles et liourdéis. [Chronique de Si-Denis. Sl-Loys. ch. i^lxxxvi.)

DU nAUT-MAINE 325

Si que advenant le iour de la bataille, plulost se inel-

Iroyent au plongeon que on lieu où est meu le lioiird.

(Rabelais. Pantagruel, liv. III. ch. vi.)

Pantagruel leur fist. .. remonstrance auecques défTense

de commencer le /lowr^ (Le Même. /ôzc?., liv. IV, ch. xxxvii.)

J'en suis si hourdé, que plus n'en puis. {Cent Nouvelles nouvelles, X".)

Housiaux, .s. m. pi. (H. asp.) Grandes bottes que l'on met pour voyager à cheval. Ce mot et ses synonymes heuze, hoiize, ont été d'un emploi fréquent. (Du Gange. Osa. — A. Bos. Huese). On dit de quelqu'un qu'il a quitté ses hoiiseaiix pour dire qu'il est

mort. (FURETIÈRE.)

Uoicseau, botte longue de voyage {Cent Nouvelles nouvelles, t. I, p. 187.)

Les houseaulx alias les bottes de patience. (Rabelais, Pa?itagruel, liv. II, ch. vu.)

Sonnant à la porte feut par le portier congneu à ses gros et trras houseaulx, et à sa méchante iument. (Le même. Ibid liv. III, ch. xii.)

Y vinrant eune bande à jevau J'crayas que c'étaint nos mètres

Y frappaint sus de gros housiaux Ové de p'iit' gauleltes

Qui ressembiaint bin aux fusiaux De ma mie Fanchonnelte.

( Vieille chanson mancelle).

Robert Courteheuse, c'est-à-dire aux courtes bottes, ainsi surnommé parce qu'il avait de petites jambes.. . (Dieudonné, Hildebert de Lavardin, 1090.)

Housse, s. f. Petites branches qui forment la tête d'un jeune arbre. [Neuville). V. Bouquet. Il y a eu une autre acception :

la moitié de la housse du presbytère (jui a été aussi

démolie..., pour la réfection de la housse dudit presbytère. ...(Legeay. St-Gilles-des-Guérets, p. 10.)

Housser, v. n. (H. asp.) Se dit d'un objet un peu lourd qui oscille au bout d'une tige longue et flexible, comme un épi de blé bien mûr et bien rempli au bout de sa paille. Ce doit être le même mot que kocer (Du Gange, Hochia. —A. Bos. Hochier, 2) ou hocher en bon français.

Housseron, s. m. (H. asp.) Animal maraudeur en général , et plus particulièrement le lapin. (Du Gange. Housia, houspouillier pour goujat, maraudeur). Tous ces mots et houbille ci dessus ont la même origine. La housse ou robe longue d'autrefois (Housia) était naturellement la première chose saisie par les voleurs, quant ils attaquaient les personnes : aussi a-t-elle figuré dans les désignations des divers actes de la profession.

Hausser, garnir, vêtir {Cent Nouvelles nouvelles, t. 11, p. 52.)

Houssinement, s. m. (H, asp.) Ebranlement, oscillation.

Houssiner, v. a. (H. asp.) Ebranler.

Houssiner, v. n. (H. asp.) Osciller, comme une houssine ou baguette qu'on agile. V. Housser.

Huge, .S', f. (H. asp.) Huche. (Du Gange. Hutha. — (A. Bos. Huche, 1). V. Maie, Mée.

... les huges de l'église que les Escoz (Ecossais) desrompirent quant ils vindrent à Bellesme. (Froger, Comptes de fabrique de Courgains.)

...une clef de la huge ou sera mis la mousture dou gaing

doiiil. moulin. (Frogeu. Com])tes de fabrique de Congé sur Orne, 1370).

Huhau-hue ! (H. asp.) Mot dont se servent les charretiers pour faire avancer les chevaux à main droite. Pour obliquer à gauche, on crie : Huc-dia ! Pour arrêter: Hau-rril Yoitp pour repartir.

Huit-écus, .S", m. (H. asp.) C'est le grimpereau ou la mésange que l'on désigne par cette onomatopée.

Hurles, s. f. pi. (H. asp.) Douleurs qui font crier, comme la sciatique et autres affections de ce genre. On dit les grands hurles, mais ce n'est plus guères usité. (A. Bos. Ulhr, 1 et 2.)

Urlou en breton, goutte sciatique. (Barbeu du !"ocher).

Huttier, ère, >. m. et /. (H. asp.) Qui habite une hutte, une maison sans valeur.

I, pr. Lui. V. Gui et Hi.

lau. s. f. Eau. (A. Bos. Jave, Eve.)

A une cueve à'iave pleine Dedenz Vyawe le fist garder.

(Barbeu du Rochfr, Marie de France, Fable 40.)

Icite, adv. de lien . Ici : il se prononce de cette façon à la fin des phrases ou devant un mot commençant par une voyelle.

Le ruré do Pantin, à une lieue de Paris, pria les marguil-

liers de sa paroisse de luy laisser -faire l'inscription d'une verrière qu'ils avoient fait mettre à l'église, et, après avoir rêvé longtemps, il fit ces deux vers :

Les margnilliers de sainte Marguerite

Ont fait bouler cette verrière ycile. (Tallemant des PiÉai'x. Nàiveléx,, Bons mots, etc.)

Lambert, auteur d'un Voyage au Canada, assure que les habitants d'origine française en ce pays, ont conservé cette locution.

len, pron. Contraction de //// et de en. V. Gaien.

lerre, s. m. Lierre. V. Hlerre. (A.. Bos. 1ère, 1.) les, pro7i. Contraction de les et de lui. V. Gués. leux, pron. Leur. V. Gueux.

lèvre, 5. m. Lièvre V. Gueuvre.

Igneau, ignelle, 5. m. et f. Agneau mâle et femelle. (A. Bos. Algue.)

Il, pron. pers.., employé dune manière absolue, et avec les verbes avoir et falloir, se supprime. N'y en a point (il n'y en a point), nen faut point (il n'en faut point). V. Gui-en.

Il-est-voire, loc. adv. C'est entendu, c'est convenu. On sait que voire ou vère étaient synonymes de certainement, en vérité, oui, etc. V. Vère. (A. Bos. Voire. 1.)

Imaige, s. f. Portrait.

A M*' Michel Dienis, ymaiger à Fresnay, la somme de 161. 10 s. pour faire et fournir en l'église dudit Assé deux ymaiges en bosse estoffez de bonnes et vives couleurs, mesme les dorer ou il appartiendra. L'ung diceulx yuiaiges de

DU IIAUT-MAINE 329

Sainct EsLienne et l'aultre deSaiiict Sebastien (Moulauu.

Les Dienis de Fresnay.)

Impieux, se, ad/. Impie.

Impopombre, adj. Embarrassé, bêle. [Loue, Tiiffé.)

Induquer, v. a. Donner de réducation. (A. Bos. Enditer, 1.)

Ingromant, s. m. Ingrédient. (Loué) (A. Bos. Infiremance)

Inquemoder, v. a. Incommoder.

Inssieu, s. m. Essieu. Ce mot s'écrivait dans l'origine aissieu (de axis, axe). Les Manceaux, qui font ins de is, ont dit ainssieu.

Interboler, t). a. Déranger, faire du bruit, surprendre quelqu'un. (M. Buon, Ministère des Beaux- Arts.) (A. Bos. Entre, Boler.)

loù, adv. de lieu. Où. Où ioii ? est un pléonasme très-usité.

loup ! Mot dont se servent les charretiers pour enlever leur attelée.

Iraigne, .s\ /. Grappin à plusieurs branches, et qui a, par consrquenl, la forme d'une araignée, d'oii son nom. (Du Gange. Irangia. — Raynouard. Aranha.) V. Airaigne eiAraigne.

.... fait prendre et emporter dudit chastel tant une orloge, huys, serreures, yrair/nes de fer... (Bertrand de Broussil- LON, Maison de l^aval, 1393.)

Itout, adv. Aussi. V. Et tout. (A. Bos. Ita7it. 1, Itel.)

Iu,e. Participe passé du vevhe avoir. On n'n a point iii, n''on n'ia point lue.

Ivier, s. m. Evier. (Â. Bos. Ive., 2.)

Jacquedale, s. f. Petite fille qui veut se mêler de tout, pédante. Doit avoir la même étymologie que jacasse.

Jacques déloge. Se dit de celui quidéguerpitsur le soupçon d'un mauvais coup. (Marquis du Phat. Tableaux de La Goupillière, p. 178.)

Jaigron, .v. m. Jargon. S'entend de toute langue ou patois étrangers. (Â. Bos. Jargon.)

Jaigronner, v. n. Parler un jargon, murmurer, bavarder.

On dit aussi que les oiseaux ;jar(jonnent, jaqronnejit. (Barbeu du Rocher. Mario de IVance, jargrins en pariant d'une coud, Fables, p. 234.)

Jale, s. f. Engelure, bubon. Synonyme de Chale. V. ce mot. (A. Bos. ChaJine et Chaire.)

Jale, s. f. Jalet, s. m. Couche étroite de pierres dans le sous -sol, ou au-dessus d'une carrière. fA.Bos. Ga/, 1.)

Jale, s. f. Jalot, ,s. m. Petit envier rond ou ovale. (A. Bos, Gai, 2.)

Pour forcer le détenteur d'un immeuble à fournir tous les ans une demye ja/ffî/d, soit cinq pintes de vin.... (Froger. Deux procès au xi» S., 1897.)

Jambayer, v. n. Démener les jambes, gigotter, gambiller, mesurer un terrain par enjambées. (Du Gange. Gamba. — A. Bos. Jambeïer.)

Jambette, s. f. Ce petit couteau (de poche) des enfants^ est pendu par une ficelle à la ceinture des qâs pâtours'.

Jambettes, .v. f. pi. Bas de jambes en étoffe qui complètent la culotte en hiver ou en voyage. [Le Mans.) (A. Bos. Jambet.)

Jard, s. m. Pellicule, écaille, plume courte ou poil de dessous des animaux. Dans l'art vétérinaire, on nomme jardons des tumeurs calleuses ou dures qui viennent aux jambes des chevaux. V. Ejarder.

M. de Quatrefages [Revue des Deux-Mondes, 1" février 1861, pp. 640 et suiv.) écrit jar sans d final. J'ai cru devoir ajouter cette lettre, à cause des déri\és jardeler, Jardons, etc., qui me semblaient indiquer qu'elle était nécessaire. M. de Quatrefages est certainement une grande autorité ; néanmoins, comme c'est la première et la seule qui ait fait cà notre mot l'honneur de l'employer et peut-être de le connaître, l'orthographe peut en être considérée comme facultative. (A. Bos. Jart,'±.)

Jardeau, jardiau, s. m. Gesse sauvage qui est très nuisible aux blés en herbe, parce qu'elle les étouffe. Faut-il y rapporter : Gkrzeau, s. m., l'un des noms vulgaires de la nieille? [Dictionnaire de V Académie.) V. Jarrias.

Jardeler, v. n. Se dit dans les circonstances oii le y^r^ se forme. S'emploie de même quand la mè-

che d'une lampe forme des fumerons, et dans d'autres circonstances analogues.

Jardeleux, se, adj . Sujet à jardeler.

Jarder, v. n. Avoir une dartre ou perdre la peau par écailles. (A. Bos. Jarser.)

Jarretier, s. m. Jarretière. (Rob. Estienne. Jartier. ) Jarrias, jarriau, 6. m. V. Jardeau.

Jarrosse, s. f. Espèce devesce. (Du Gange. Jarrossia. — Raynouard. Garossa. — A. Bos. Jarroce.)

2 (boisseaux) de jarrousses ... (G. Fleury. La Visitation de Mamers, faisances de 1781.)

Jarrotin, 5. m. Jarret de porc ou de veau.

.... un franc coul et ung jarinneau de bœuf. . . dudict disnée (Denis. Confrérie de Vivoin, 1538.)

Jars, jâs, s. m. Oie mâle. Du Gange (sous Jasia) cite jas comme synonyme de coq. Il est certain que dans le Maine, il n'a jamais eu d'autre sens que celui que je lui donne ici, et nous sommes d'accord avec l'Académie, avec Robert Estienne, avec Furetière, etc. Sous la Fronde, on fit des vers contre le commandeur de Jars; il y avait:

Monsieur le commandeur de Jars Vous plaisantez à toute outrance Mais vous discourez comme \xnjars Qu'on appelle un oison en France.

Et plus anciennement, Béroalde de Verville avait dit:

Il lit mettre une oie en mue elle estoit fille du jars

si gras qui iol mangea Grenoble. {Moyen de parvenir, ch. Lxxviir.)

L'oie étant douée d'une jaserie sinon agréable, du moins perpétuelle ou peu s'en faut, semble avoir plus de droit que le coq ou le dindon à la création du verbe jaser, que lui attribue un article, du reste fort intéressant, de V Illustration, du 28 février 1857, p. 139.

Jauges, A\ m. pi. Sillons qui se contrarient.

Jaule, s. f. Inule à cloches (plante).

Jauneau, s. wz. Souci d'eau, renoncule bouton d'or et beaucoup d'autres plantes à fleurs jaunes.

Javillard, e, adj. Babillard.

Javiller, v. n. Bavarder. Ce verbe doit avoir la même origine que Gabei. (A. Bos. Gab.)

J'avons. Pour nous avons.

Je, pron.pers. Comme dans toutes les autres provinces, je se dit pour nous, fallons, je faisons, à moins que ce ne soit on va, on fait.

Jéde, s. f. Jatte, écuelle. (A. Bos. Jedcl.)

Jenue, s. f. Jour de cave. V. Jônue.

Jérdrin, s. m. Jardin.

touchant ledit jff;'d/'n?. de lageolle... (Menjot d'El-

BENNE. Palais des Comtes du Maine, 1472).

Jérdrénier, ère, s. m. el f. Jardinier, ère.

Jésière, s. f. Couche de terre, alluvion. V. Gisière. (A. Bos. Jésir.)

Jet, s. m. Terre que l'on tire d'un fossé et qui forme la banquette des haies. V. Arjcr.

Jet (ou Jeu) d'eau, s. m. Larmier au bas d'une porte ou fenêtre.

Jeundi casse-pots. Dans la nuit enive le jciindi

gras et le vendredi qui suit, les jeunes garçons cassent de vieux pots contre les portes des maisons où il y a des filles à marier.

Jeûlue, 6'. /. Radicules des plantes. V. CheiUue,

Jeûnaisse, .s-. /. Génisse, tauraille, jeunes bestiaux pris collectivement.

Jîler, V. a. Seringuer, faire jaillir un liquide en filet. (A. Bos. Giler sous Guiler.)

Jlloire, s. f . Grenouille ou graisset ainsi nommés parce qu'ils jHent de Teau quand on les prend. — Seringue en sureau. V. Canne giloire.

Jingue, s. f. Jeu de mains. V. Gingue.

Jinguer, v. n. Jouer des mains ou autrement avec bruit et vivacité. V. Ginguer.

Jion, .s. m. Ajonc. V. Gion.

Jiries, s. m. pi. Phrases affectées et menteuses. V. Giries.

Jisière, s. f. Couche ou banc de terre ou d'autre chose. V. Gisière. (A. Bos. Jesir.)

Joanet, te, adj. Précoce. On devrait peut-être écrire, Johannet, puisqu'il est d'usage de qualifier ainsi surtout les légumes ou les fruits qui mûrissent à la Saint-Jean (:24juin), ainsi que les terres sur lesquelles on fait des récoltes à celte époque. Il y a cette différence entre hourible ei joanet, que le premier s"applique plus spécialement à la terre des

champs, et le second aux jardins. V. Heurlble. (A. Bos. Jiii guet.)

l^es pommes de terre de Saiut-Joan sont très appréciées, la grosse comme la petite espèce.

Jobéïne, jobeleiue, s. /'. MuuLe à capuchon, en élamine.

Joé, adv. Trop peu, pas assez. Quand n'on é Joé /'o, faut qini'on dmre. Du Gange pense que joye^ désignation d'une mesure de liquides, était synonyme de juste, (Justa, 2). Si cette synonymie se pouvait étendre à tous les cas oii ce mot joi/e a pu être employé comme mesure, elle le rapprocherait bien de nous. Haynouard donne aussi josta pour près de ou Jouxte [juxta en latin). Je m'arrête, car je crains de faire ce que Montaigne nomme un froid renconti'C. (A. du Peyroux, Alpes maiicelles^ ch. XXII, v:i IV.)

Joint, s. m. Premier tr;iit au moyen duquel on fait tracer à la charrue la direction du sillon. V. Berjoiïil. (A. Bos. Joint.)

Jointer, v. a. Faire joindre ensemble deux objets. (A. Bos. Jointoïer.)

Jôlaise, s. f. Grosse prune sauvage: elle est bonne à manger.

Jôlue, -s. /. Radicules des plantes. V. Cheulue.

Jonfier, jonfler, v. n. Être essoufflé, sans ha- Icino, éloulîer à force d'avoir couru.

J'ons. Pour nous avons.

Jônue, i\ /. Jour de cave. 11 faut que ce soit/or- )nii\ qui peut se prendre pour point lumineux, point

336 VOCABULAIKE

du iouv ; ajorner voulait dire en effet que le jour commence à poindre. (Du Gange. Ar/Jui narc, Diescere. — Raynguard. A jornar.)

Jordon, ne, adj . Faiseur d'embarras, emballe. [Tuffé.)

Jôter, V. a. Coucher légèrement, renverser à moitié. Je l'ai entendu employer en parlant de tiges de grains que la pluie avait seulement un peu inclinées.

Jôtrue, À^ /".Grive-merle, par onomatopée.

Jotteriau, s. m. Enflure des joues, engorgements d'amygdales, oreillons. De Joue (A.. Bos. Jofe, Jatte.)

Jouai, joué, adv. V. Joe.

Jouement, s. m. Jeu facile d'un mécanisme, de l'articulation d'un membre, de deux objets l'un dans l'autre, ou l'un avec l'autre, etc.

Joueux, .s. m. Joueur de musique ou de mystères, de farces, etc.

Le receveur de l'Hotel-Oieu de Laval ne donna « aux joueux » que cinq sols (D. Piolin. Théâtre chrétien dans le Maine, p. 178.)

Jouquer, v. a. Jucher. Pour faire coucher les poules, les femmes crient à la brune : Jonques, jonques ! [Neuville.] (A. Bos. Jucliier.)

Jour, journal, journau, journée, s. m. et /.

Mesure agraire de 44 ares. Ce qu'on peut labourer en un jour. (DuCange. JoDi.ala. — A. Bos. Jornel.)

... ung journcau de terre eu la paroisse de Crannes près

la Croix de Vallon (Remembrances du fief de la Grange-Mo-

reau en Vallon, 3 juillet 1535) ung journeau de terre près

le lieu dePrédet. [Ibid., 5 juillet 1539).

Jouté, ée, adj. Bousculé, frappé, dominé. Les sorciers ou affranctiisseurs joutent à qui sera le plus fort en sorcellerie. Lq jouté, est le battu par la sorcellerie supérieure de l'autre. (7 M//e.) V. Physiques.

Joux, jue, s. m. et /. Juchoir, perchoir aux poules. Notre mot est la racine du vieux verbe jouquei\ synonyme de jucher. (Du Gange. Jocare. — A. Bos. Juc] L'Académie a rejeté 7?/c autrefois usité, (BoNAVEHTURE Despériers, p. 100) et a conservé déjuc pour indiquer le lever des oiseaux.

Juergne, s. m. Poisson blanc de la famille des carpes (?) V. Chevergne.

Jugé, e, adj. Être comme un. Jugé, c'est être abattu par le chagrin .

Jugeux d'iau, s. m. Jugeur d'eau. Se dit de certains médecins sans diplôme qui prétendent deviner toutes les maladies à la seule inspection de l'urine, et sans voir le malade. Ce système ancien de diagnostic n'a pas encore perdu sa bonne réputation dans nos campagnes. (A. Bos. Jugeor.)

Alors elle le crut très malade et consulta le père Caron le reliouteur otjur/cur d'eau du pays. (Desghamps La Rivière. Légende de la bulle de Montangis.)

Juille, s. f. Cheville. V. De la prononciation. G. ou J. (A. Bos. Juilles).

Juillette, s. f. Fête de la Visitation de la Sainte- Vierge, le 2 juillet, Dans le Manuel du pèlerin à

Notre-Dame de Torcé, par M. l'abbé Lochet, on trouvera d'intéressants détails sur cette fête et sur la légende de la Vierge de Torcé, au doyenné de Montfort-le-Rotrou .

Juin, s. m. Purin qui s'écoule des étables ef des fumiers. On dit aussi juin gorré. V. Gorer. Par extension, on appelle juin gorré tout ce qui est sale et écœurant.

Juindre, ?. m. Expert chargé d'estimer et de visiter les moulins. Suivant Du Gange [Junior et 5^?/m,07ies\ c'était le maître garçon d'un meunier (et non d'un boulanger, /wmf/re et geindre ayant des origines toutes diirérentes) : d'après Roquefort, joindre et juindre se trouvent dans les anciennes Coutumes avec l'acception de charpentier de moulins, et aujourd'hui nous employons juindre dans ce sens. On entend encore aussi, dans le Maine, par yo//if/;v^ celui qui assortit et lie ensemble les pierres qui composent les meules de moulin ; quant à celui-ci, il faut que ce soit parce qu"il joint.

Julien, ne, Juliot, te, s. m. et f. Jeune garçon ou jeune iiUe de la campagne endimanchés, tels qu'on les voit dans les rues des villes aux époques de fêtes ou de foires. Juliot, Ju Hotte, étaient noms de baptême : Juliotte Duplessis. (Province du Maine, 189 i, p. 172).

Jupper, V. a. Appeler à haute voix, hucher. (Du Caage, Jupa, 2. — A. Bos. Juper,) V. Bourder.

DU UAUT-MAINE 339

Kée Kée ! Cri adressé aux chiens. — Kée làââ ! cri spécial à la chasse. (Barbeu du Rocher, page 8, Kéh ou Kih, nom du chien.) Serait-ce qinej's imT^éralif de quérir ? V. Queurô ! (A. Bos. Querre).

Labbé, s. m. Abbé ; nous disons un labbé ; le labbé est toujours le vicaire des paroisses rurales.

Laflève, a^y. Faible. V. Flève.

Lagène, s. f. Grande bouteille en bois pour porter à boire dans les champs. Du latin Lagena qui est synonyme.

Lairrai (je). Futur du verbe laisser. De même pour le conditionnel je laisserais qui fait je lairrais.

Je lairray purement la constume ordonner de cette cérimonie. (Montaigne. Essais, Uv. I, ch. m).

Je lairray mon meurtrier se promener. (Le même. Ibid., ch. xxi).

0 Seigneur plein de grâce.

Jusques à quand sera-ce Que me lairras ainsi.

(Cl. Marot. Psaume 6.) Que mesme ceulx qui tenue l'auront Aux suruenans occuper la lairront.

(Rabzlais. Pantagruel, liv. I, ch. Lviii.)

Toto carabo Titi carabi Compère Guilleri Te lairras-tu Te Lairras-tu Mouri?

{Chanson populaire).

Laitice, .y. /'. Hermine. C'est le vieux nom que sa blancheur réputée sans tache lui avait fait donner. (Du Gange. Lactenus). La laitice ne jouit pas dune bonne réputation dans certaines parties du Maine ; on lui attribue bien des malheurs, entre autres les morts inexplicables. Quand on a dit : La laitice l'a foulé, faut craire ; tout est expliqué. On dit souvent en parlant d'elle, la bête tout court. Laitice se trouve dans tous les vieux dictionnaires.

... la /e/e?25er (blanchir l'église) ou dedans. (Fhoger. Fabrique de Gongé-sur-Orne, 1513.)

... troys livres de colle à détremper avecques la chaulx à celle fin que la letenscure elle fut de plus grande durée... (Le même, Ibid. 1516.)

Laitière, s. /. Sorte de coëfFe de paysanne. Laiton, s. m. Cochon à sa première année. V. Courart.

Au Perche, un poulain est lailon jusqu'à 7 à 8 mois, époque où on le sèvre. (Chapuy, Chasse illustrée, 1875.)

Laize, s. f. Largeur dans la langue technique. (A. Bos. Laéce, 1).

Merchand d'toiles en p'tites laizes ! {Cris du Mans.)

Là-loin, adv. Très-loin, là-bas, mais en vue. Vaëvous ben là-loin où là-lain? (Baubeu du Rocuer).

DU HAUT-MATNE 341

Qui est cestui, qui la loin, en sa main Porte rameaulx d'olive illustrement?

(Barbeu du Rocher. Rabelais. L. III, ch. x.)

Lamberge, s. f. Herbe sauvage puante. [Neuville.) Lambine, s. f. Alambic.

Lambourde, .s. f. Mensonge, bourde.

Lambreuche, s. /"., et lambrun, s. m. Vigne sauvage. (Dict. de l'Académie.)

Lambris, 6-. m. Désigne spécialement chez nous la boisure lambrissée et peinte qui figure la voûte dans les églises. (A. Bos, Lambrois et les suivants).

... led. procureur marchanda pour lambruscher \a.A. église ... Item, pour le lambruschage... (Froiîer, Fabrique de Congé-sur-Orne, 1501).

... avoyr paint la lambrucherie de lad. église. .. marchandé à faire lad. lambruche.. . (f-e même, Fabrique deLombron, 1609.)

Lame, s. f. Grappe de vigne avant la floraison. Lamer, v. n. Se dit de la vigne dont la grappe se montre, mais n'a pas encore fleuri.

Lan, ■S', m. Maladie des enfants. V. Mal.

Lanciers. Le jour des Rameaux était au Mans avant 1830, le jour des Lanciers. 11 devait ce nom à un usage d'origine ancienne, supprimé une première fois pendant la première Révolution, rétabli par une bonne inspiration de l'autorité municipale sous la Restauration, et enfin aboli de nouveau depuis 1830, on ne sait pourquoi. Je n'ai pas à décrire ici la course des lances qui me paraît avoit quelque analogie avec

la fête des Bures. (V. Buie dans ce Vocabulaire). M. Cauvin donne assez de détails là-dessus dans le Siippléinent à la statistique. Je noterai seulement que le treizième lancier (car ils étaient treize plus le capitaine) était désigné par le nom de Judas : la visière de son heaume n'était nullement percée, et lui interceptait complètement la lumière : aussi avait-il droit à trois courses, et était-il précédé d'un guide qui galoppait à quelques pas seulement devant lui, et l'avertissait en donnant un coup de bâton sur le poteau. J'ajouterai que l'hôtel del'Ecu-de-France ou simplement de TEcu, où devait se trouver le sergent fieffé de la Beunaiche, se composait des maisons de la rue Saint-Vincent portant actuellement les n°* 17 et 19, qui appartenaient à Tabbé Lecomte, lequel y a tenu une pension de jeunes garçons vers le milieu du siècle. (Albin. Notice sur la procession des Rameaux. Le Mans 1862, et R. Triger. Ibid., Revue du Maine, 1883).

Lançon, s. m. Petit brochet. (A. Dos. Lanceron).

Landion, ne, landiot, te, s. fn. et /. Qui habite les landes.

Landon, s. m. Pièce de bois qu^on attache au cou des bestiaux, quand on les laisse seuls aux pâturages ou aux landes : elle les empoche de franchir les clôtures. (Du Gange. Landon. — A. Bos. Landon).

Laufet, s. m. Paquet de fil. (Du Gange. Laufetus.) Lanfrener, v. a. Nettoyer [Tuffé].

Languaigier, ère, afi?;'. Bavard, médisant. (Nicot.

Lançfuagier. — \)\] Cl\^q,e. Linf/iiatus. — A. Bos. Langagier.)

Parmy les imporlunes conditions qui se trenvent en iceluy (le mariage), cette-cy, à un homme langiiagie)' comme le suis, est des principales. (Montaigne. Essais, liv. III, ch. v).

Languerette, s. f. Languette d'un fusil.

Languiat, .s. m. Marmelade ou pâté de prunes. Y. Ajigidas, Engoillas et Enguias.

Languition, s. f. Langueur. (A. Bos. LanguUson.) Lapée, s. f. Gorgée. (A. Bos. Liper.) Lassir, v> a. Lasser.

Lassus, aclv. Là-dessus. (A. Bos. Lassus.)

Il aura la puissance De David son alfin Et lousiours ioyssance De son règne sans fin.

Cest éternellement Lassus au firmament.

(Nicolas Denisot. Noël : Missus est Anr/ehis, str. XV).

Puisque Marie est accouchée Pastouroaulx resiouissez-vous.

Gloire est lassus au ciel couchée.

(Bibliothèque du Mans, n- 3657. Vieux NoH.)

Laurais, laurès, adv. Tout près, au ras. Sans doute de là aurais ? (A. Bos. Oraille.)

Lavanderie, s. f. Lavage, laverie.

A deux femmes qui firent le lavandage au jor du disner... (Denis. Confrérie de Vivoi7i, 1538.)

Lovander = laver de la vaisselle. (Esnaidl.)

Léart, s. m. Peuplier noir comme bois, mais gris d'écorce. Léart ou liart signifiait gris. (A. Bos. Liart, — de.)

Et qui morele ne tenroit, Tôt le cours a morel venroit, Voire à fauvel ou à liart,

Et ce que ge di de morele Et de fauvel et de fauvele, Et de liart et de morel Di-ge de vache et de torel, (Barbed DU Rocher, Roman de la Rose, vers 14,513.)

Lécheux, se, adj. Flatteur, gourmand. V. Lichoiix. (A. Bos. LecJu'or.) Lecturier, ère, adj. Qui lit beaucoup.

... ou ciier du Moustier N.-D. de l'abbaye de Champagne devant le leclrin. (Ghappée, Sépultures de l'abbaye de Champagne, 1399.)

Lefebvre n'est pas lecturier... (Morancé. Pour la patrie, Réponse de Madame Sans-Gêne .)

L'en, pr. pers. indéf. On, l'on.

Lendore, adj. Lent, mélancolique. On disait Faccent laindore, landore, ou lendore, pour désigner l'accent traînant de quelques provinces et probablement de la nôtre.

Lequeu, lequel, au féminin laqueule, laqueunne, au pluriel Icsquiciix, pron. Lequel. V. Queu.

Lésin, eine, adj . Qui lésine.

Lessis, s. m. Eau de lessive, cendres bouillies et clarifiées.

Leu, s. m. Lieu. (A. Bos. Len, 1.)

Leubre, adj. Lourd, malpropre, douteux. V. Lubre.

Leux, pr. pers. Leur. On l'emploie au lieu de se. I vont leux assire dans leux chaires. V. Gueux.

(Rousseau. Leu.)

Lever, v. a. Employé parles charpentiers. Lever un Ihangà, une charpente.

Item, ea despense fête pour ceulx qui ont esté a leviz le boys de lad. église... (Froger. Réfection de l'église de Ghevaigné en 1510.)

Li, pr. pers. Lui et elle. (A. Bos. Li, 4. — Rousseau. Li.)

Cas oblique : dis-li, dis-gui. (Barbeu du Rocher.)

Ensi avint k'uns leus runja Vn os que el col li entra ; Equant el col /z tu entreiz...

(Le même. Marie, de France, Fables, p. 83.)

Liant, s. m. Lien de gerbe ou de fagot. On n'emploie pas le pluriel, on dit : apportes-nous du liant ou du lien. (A. Bos. Liance.)

Liart, s. m. Peuplier noir. V. Léart.

Libergère, V. Ribergère. Barbeu du Rocher rapproche hxLibergère des Liberies, fêtes Romaines célébrées le 17 mars, et de la fêle chrétienne des catéchumènes, Dies scrutinii, placée au mercredi de la quatrième semaine de Carême.

Liche, s. f. S'entend des sucreries, pâtisseries, liqueurs, etc. (A. Bos. Lèche., 1.)

Licher, v. a. Lécher, être gourmet. (A. Bos. Le-

chier.) Ronsard emploie liche?' pour cueillir (Froger, Les quatre premiers livres des Odes.)

Et pour itc/ier la gloire douce.

(Froger. Ronsard, Ode à Joachim du Bellay.) Agamemnon f/c/ie-casse. (Rabelais. Pantagruel, liv. 1«% ch. XXX.)

Lichette, S. /. Petite quantité, bordure étroite. (A. Bos. Lesche, 1.)

Lèche, s. f. Tranche mince. Dict. de l'Académie.

Lichoux, se, adj. Lécheur; mais surtout flatteur ou gourmand. (Du Gange. Agagida, Ciirro, Lecator, Valetro. — Raynouard. Lecaria sous Lecar, 5). Les deux dernières qualités susdites sont celles quj^ voulait flageller le cordelier Menot, dit Langue-d'Or, prédicateur macaronique de la fin duXV et du commencement du XVP siècles, quand il traitait les parasites de lecatores. {Sermon. Quadragesim. Feria /F" post. /"'". Dominicam, et Dominica /F".)

Lie de blé, s. f. Excréments humains. Rabelais n'a pas connu celui-là.

Liette, s. f. Tiroir d'armoire, celui oii, d'ordinaire, se serre l'argent. C'est Layette. Barbeu du Rocher écrit : j'ai positivement entendu dire une allielte. (A. du Peyroux. Alpes Mancelles, ch. xv. — A. Bos. Laie, 2.)

Il luy estoit d'aduis que son drap n'eust pas esté bien employé, s'il n'en eust caché en la liclle. (Bonav. Despériers. Contes et Devis, Nouv. XLvni'.)

Lieure, s. f. Liure, spécialement le câble qui lie

une charretée de foin, de gerbes, ou de fagots. (A.Bos. Lieûre sous Liance.)

Lieuvraisse, s. f. Hase, femelle du lièvre.

Liger, e, adj. Léger.

Ligouge, s. f. Grand et long couteau, épée à lame fine. (Du Gange. Legoy, Goia.) Ligula dans le Vocabulaire de Chompré,

Ligougée, 5. /. Etoffes ou matériaux mal débités.

Ligouger^ v. a. Couper de l'étoffe de travers comme à coups de couteau, la scier.

Ligousse, s. f. Limaçon sans coquille. (Barbeu DU Rocher. Llgoclie, limace ou loche de terre.)

Ligume, s. f. Légume. Nous employons ce mot au féminin, la ligitmne, ia.mais au masc, ni au plur. [Loué.)

Limacer, v. a. Brûler à petit feu.

Limande, s. f. Pièce de bois sciée, longue et plate. (A. Bos. Limande.)

Il s'en va après sans faire grand bruit avec une grosse

limande carrée en sa main et vous attrappe ce lévrier

auquel en moins de rien donna cinq ou six coups de cette Z/)7iande sur les reins. (BoNAV. Despériers. Contes et Devis. Nouv. XX».)

Limas, s. m. Limaçon à coquille.

Mais de cela ne lui chaut,

Tant un limas lui agrée ,

(Froger. Ronsard. La défloration de Lede.) Las intelligences comme Zmas sortans des fraises. (Rabelais. PaniaçTuei, liv. IV, ch. XXX.)

Lingeux, se, adj. Etat d'un terrain humide et léger où se propagentaisément les mauvaises herbes. De Linge, délié, mince. (Roquefort. Linge. — Du Gange. Ligiiis.)

Linot jaune, s. m. Bruant (oiseau).

Lirot, s. m. Mauvais couteau.

Liroter, v. a. Couper avec un mauvais couteau.

Liroter, v. a. Lire mal et en épelant.

Lis, s. m. Lisière de drap. (A. Bos. Laéce, 1.)

Lisard, lisottier, e, adj. Qui aime trop la lecture.

et moi je ne suis pas lisarde. (Morancé, Pour la patrie, Réponse de Madame Sans- Gêne.)

Lizard, s. m. lizarde, s. f. Lézard. (A. Bos. Laisarde.)

Le chaméléon qui est uno espèce de lizart. (Rabelais. Pantagruel, liv. ÎV, ch. ii.)

Lizarts chalcidiques. (Le même. Ibid., ch. xliv.)

Petits lizars courans à trauers le pampre. (Le même. Ibid. liv. V, ch. xxxvni.)

L'œuf produit les volatiles qui sont les oiseaux, les terrestres comme les lisars. (Amyot. OEuv. de Plutarque. Second livre des propos de table. Question 3°.)

Lobasser, v. n. Dormir mal. (A. Bos. Lober.)

Lober, v. ri. Dormir bien.

Locatrice, adj. /".Condition d'un bail, réparation à la charge du locataire.

Loche, s. f. Limaçon sans coquille. — Espèce de petit poisson.

Loge, 6'. /. Petit bâtiment construit en teri'e et couvert en chaume. — Le Ihangâ [r] de la ferme se dit souvent les loges. [Neuville.)

Le seigneur devait à ses vassaux, en cas de guerre, un abri dans l'enceinte de son château, en retour d'un^droit [de loge que ceux-ci lui payaient périodiquement. (Coutard, Sainte-Sabine, Province duMaine, 1892).

Logis, S. m. Petite maison de campagne, petit château. (Rousseau. Logis.)

.... la couverture du grand logis... ung autre vieil logis Ch. d'AcHON, Seigneurs de Courceriers, 1G46 et 166G.)

Logis. Terme qui n'e>t plus en usage que dans la petite Bourgeoisie. (Caraccioli, Diet. critique, pittoresque et sentencieux.)

Longère, s. f. Pièce déterre longue et étroite. [Tiiffé, cadastre). (Rousseau. Longeaïe.)

Longis, s. m. Lent. Ne s'emploie qu'au masculin^ et ainsi par exemple : Vas-tu avanger, grand saint longis.

Loquet, s. m. Clef passe-partoul. V. Poucier. (A. Bos. Lac.)

Loqueter, v. a. Chercher à ouvrir une porte. (Du Gange. Locetus.)

Lorès, adv. Auprès. V. Laurais.

Loripiaux, 5. m./j/. Maux d'oreilles, parotyditc, oreillons. V. Oripiau.

Loriquet, s. m. Petit lopin de terre, petit lot de quelque objet.

Lostre, adj. Qui a des vêtements sales ou en désordre. Dans un article inséré dans Y Union delà

Sarthe, M. l'abbé Voisin, a fait venir Lostre de Latro. (A. Bos. Loitre.)

Auprès du Grand-Lucé, sur la commune de Pruillé-Ies- Larrons, se trouve une lostrerie ou colonie de loslres (Bohémiens) qui ont la réputation de dénouer les aiguillettes. (Revue du Maine, 1891, p. 110.)

Faut-il indiquer ici Hotte., s. m. fantôme, homme déguisé en revenant ? [kms.Un coin du Bas-Marne.)

Loton, s. m. Enfant rachitique. (A. Bos. Luiton.)

Lotonie,loutonie, lutonie, s. f. Maladie de langueur, pâleur. Lutor indique en bon latin la pâleur.

Louâtre, adj . Herbe flétrie, foin coupé qui n'est pas encore sec. [Neuville.)

Loup rouge, s. m. Sorte d'insecte. V. Célot.

Loups, s. m. pi. Racines des cépées des taillis arrachés. V. Essart.

Louvette, s. f. Espèce de tique, insecte qui se fixe sur la peau de certains animaux, des chiens principalement. Son nom scientifique est Ixode.

Lubie, s. f. Désordre, embrouillement.

Lubre, adj. Pesant. — Malpropre. — Peu digne de confiance. Est-ce à l'une de ces qualités qu'on avait emprunté le nom d'une monnaie qui avait cours surtout en Bourgogne ? (Du Gange. Lubruni.) Quand une entreprise n'est pas bien sûre, nous disons qu'elle est lubre., ce qui a quelque rapport avec Lubric, synonyme de glissant. (Raynouard. — A. Bos. Lubre ^ 1 812.)

Dans rédilion elzévirienne de Villon, donnée par Jannet, M. Paul Lacroix se plaint de ce que le mot lubre ne se trouve dans aucun dictionnaire, et pense qu'il doit venir de lu b r um ^ ho'is rabotté. M. l'abbé Prompsault avait donné précédemment à ce mot le sens de sombre et triste.

En ce temps là quatre viels deaiers parisis ne valloient mieux qu'un gros de seize deniers, qui pour lors couroit, et faisoit on de très mauvais lubres de liuict deniers, qui par devant furent tantrefusez. {Journal d'un Bourgeois de Paris. août 1420.)

Or est vray qu'après plaingts et pleurs Trauail mes lubres senteinents

Aguisa

(Villon. Grand Teslamenl.)

Lucerne, .s-. /*. Feu follet, lueur pâle. Du latin Lurcrna.y . Luisarner. (A. Bos. Luiserne.) Luet, s. m. OEil. V. Uet. (A. Bos. Luance.) liUisarne, luiserne, s. f. Feu follet, lueur pâle. V. Luccrnc. (A. Bos. Lucerne, Luiserne.)

Luisarner, luiserner, i). n. Répandre une lueur pâle ou sinistre.

Soleil qui Luisarne au matin, Femme qui veut parler latin, Petit enlant nourri de vin Vont rarement à bonne fin.

(Le P. Gahikr. Proverbes français.)

Luizerne, .V. /. Luzerne.

Lumat, s. m. Limaçon à coquille. V. Limas. (A. Bos. Lum, 2.)

Lumelle, s. f. Couteau [Tuffé.) (A. Bos. Leméle.)

On peut en rapprocher armelle qui t;ignitie lame ou petite lame de couteau, dans le Bas-Maine. Lune de Blois, 5. /. Pleine lune.

Et aboyoit ma renommée

Gomme au soir la Lune est des chiens.

(Ronsard. Ode : A Madame Marguerile.)

Lunot, e, adj. Myope.

Luracier, ère, adj. Qui gronde en répétant toujours la même chose, qui se plaint ou raille toujours de la même manière. Au sujet do luracier, comme de lurer, on trouve dans le dictionnaire de Righ, Lorarhis ou Lurarius, qui signifiait esclave fouetteur. (A. Dos. Lore, 1.)

Lurer, v. n. Répéter toujours le même reproclie, ou la môme plaisanterie, ou encore la même plainte jusqu'à satiété. Il y a eu Louer pour se plaindre. (Du Gange. Laudare, 5.) Il y a eu aussi Lours pour hébété et hébétant. (Le même. Lî(rdus) ; enfin il y a Leri et Li?'^ qui signifient raillerie et niaiserie. (CnoMPRÉ.) On dit : im pore lours, qui désigne une maladie. (Barbeu du Rocher.)

Lureux, Luroux, se, adj. Comme Luracier.

Macabre, adj. Lourd, ix'saaL, m;iladroiL. Que peut avoir de commun cet adjectif avec la fameuse danse des morts ainsi qualifiée ? Macabre qiCCé

DU HAUT-MAINE lioS

va I dil-on à quelque maladroit qui vous mai'che sur le pied.

Maeabuler, v. n. Bousculer. {Loué).

Ma chatte ! Exclamatiou ironique équivalente à « j'ien liche, j'ten souhaite, plus souvent. » Doiin' mai don dlargenf ! — Parié, oui ! ma chatte !

Madame, 5. /". On dit : une belle Madame, surtout au pluriel. [Vallon.)

Les ambassadeurs ont visité notre chère petite madame {St-François de Saka, p. 104, Paris 1878.)

Magalot, s. m. Mauvais sujet, gredin. Cette qualification est composée probablement de Mau, synonyme de mauvais, et de Galou, synonyme de coquin (Du Gange. Galiator), à moins qu'elle ne provienne de Margari ou Magari, qui signifiait mécréant. (Du Gange. Margarita sow'a Margarizare et Magarizare. — Raynouard. Margerit.) Magalot ne se décline pas. Chienne de mayalot de fumelle !

Magné, e, adj . Maniéré, affecté, pincé.

Mahon, s. m. Mâchoire forte, proéminente. G'est de là que sont venus Tadjectil mahon, et le verbe mahonner, qui semblent d'un côté avoir aussi quelque rapport avec marronner ({wq ]& donne ci-dessous, et avec le verbe français marmonner .

Mahon, ne, adj. Qui parle d'une façon inintelligible.

Mahonner, v. a. Bredouiller, murmurer.

Maie, s. f. Pétrin. V. MéeJk. Bos. Mai, 2.)

... la mi'nagère s'emprcs?a de nous ouvrir sa maie. (St- Pal'l. Suiweiiirs d'un Vieux houvelier. \>. 50 )

3o4 VUCABULAIUK

Maigniot, te, mainiau, ou plutôt mainiot, puisque le féminin est mainiotte, adj . Manccau et surtout bas-manceau.

... le droit de racheter son drap dans la (julnzaine au prix de 12 deniers jua/icoji' par aune. (D'espinav. Reforme ck la Coulume du, Maine).

... une renie perpétuelle de dix sous maiiçais payalile el readable... (Lereay. Sainl-Gilles-dcs-Guércls, p. 32.)

Maigaiau, moigniau, s. m. Moineau. (A. Bos. M ois fiel, 1.)

Maillon, s. m. Grosse maille, maille en grosse corde, nœud des harts de fagots.

Mains, mains que. V. Mais et Mais quo.

Maïottin, aine, .v. m. et /". Enfants qui vont ciianter aux portes la veille du 1" mai pour avoir des œufs de Pâques. V. Mayotter. (A. Bos, Maiole.)

Mais, adv. Plus, davantage. (Du Gange. Mais. — Raynouard. Mais). On fait venir ce mot de Magis. Les uns le prononcent ?nains, les autres 7né. Le Dictionnaire de l'Académie n'autorise mais qu'avec le vevhe pouvoir : <.< Je n'en peux mais. » Dans cette province-ci, il se place avec tous les verbes, et toujours en même temps que les négations auxquelles il donne un sens plus prononcé . // îié mains pas si biau^ je n'en vieux mé point. Froissart racontant l'évasion de Louis de Flandre, au mois de janvier 1347, dit : « 11 n'y auoit mais sur lui aussi grand regard «.

Mais que, adv. (On dit aussi mains ou mé .) En attendant que, pourvu que, avant (jne, dès que. (Du Cangk. Corrumpere. — A. Bos. Mais.)

Mais que nous soyons ivres Nous irons nous couclier.

(Oliv. Bassf.lin. Vaudevires XLVL°.)

Un homme sage sert bien en une compagnie de princes, mais qu'on le veuille croire. (Commines. Mémoires, liv. le"', ch. XII).

Et est chose merveilleuse qu'ils se laissent aller aussitôt, mais seulement qu'on les chatouille. (Est. de la Boetié. De la servitude volontaire.)

Mais que les bêtes ne mordent point, leur compagnie est plus plaisante que celle des hommes [Nouvelle XLVltde la reine de Navarre.)

Mais que nous nous entendions bien, venez diner avec moy. (BoNAv. Despéiuers. Contes et Devis. Nouv. XLl")

Je luy dois fère bailler, mais que je soie à Paris, pour une anée de ses gages... (Gandé. Châtelains du Lude au X Vil' siècle, 1619.)

Maison, .y. /". La )>iaiiiso)i (car on prononce trèssouvent ainsi), est dans les fermes la pièce principale, celle 011 couchent le maître et la mattresae ; où sont le foyer et la salle à manger. La pièce toujours voisine où couchent les enfants ou les domestiques, est la chambre.

Maisonnie, s. f. Petite maison avec un petit jardin et un petit cloleau.

Maisonnier, ère, s. m. et /. Sédentaire ; enfant de bonne maison ; propriétaire de maisons ; domestique demeurant dans la maison de ses maîtres ; habitant-propriétaire d"iine petite maison à la campagne.

Le sens de ce mot est multiple, comme on le voit. Le maisonnier était autrefois le fermier d'une maison avec quelques terres. (Du Gange. Mansionaru. —

3o6 VOCABULAIRE

À. Bos. Maisonicr.) Nous pourrions encore prendre celui-là pour nous. Nous disons aussi maisonnier pour désigner les animaux qui habitent des terriers ou des demeures souterraines, ceux qui habitent nos maisons et ont des congénères vivant à l'état sauvage. Ainsi le lapin maisonnier (ne pas confondre avec le lapin de ?naison qui est celui de clapier), se dit pour celui qui terre, par opposition au bnssonnier ; il y a aussi le rat 7naisonnier, par opposition au rat des champs et au rat d'eau, etc.

Maître, s. m. (Prononcez métré). Etre le mai- Ire de quelqu'un, c'est être plus fort que lui, soit de corps, soit par la position qu'on occupe. On queux fera bin voérqiùi'on c leux métré. (A. Bos. Maëstre.)

Maître, esse, .s'. m. et /". Prononcez métré et mé tresse.) Qualifications qui précèdent invariablement les noms d'un fermier et d'une fermière.

Bien que la maîtresse ait, comme dans tous les ménages passés, présents et à venir, sa volonté bien arrêtée et sache en venir toujours à ses fins, le métré jouit, dans la ferme, d'une grande supériorité dont les marques s'étendent, en certaines circonstances, à tout le sexe masculin du domaine, .\insi les hommes sont seuls assis à table pendant les repas ; les femmes sans en excepter la inaîtresse., mangent de côté et d'autre, chacune sur leur chaise, et encore doiventelles avant tout s'occuper de servir les hommes. Il y a plus d'une paroisse où le dernier valet de ferme ne voudrait pas panser les f/orins.

Mal, maû, .v. m.. Epilepsie, haut mal, catalepsie.

Pour dire que quelqu'un l'a, on dit qu'il en tombe. On retrouve encore par-ci par-là, les anciennes dénominations de cette infirmité : le beau mal, le mal d'avertin, le grand ou le gros mal, le mal Saint-Loup. — Etre mal avec &oi-m&riie, être mal dans ses hardes., ce sont les menstrues. — Mal Joli, grossesse ou accouchement {Douillet). — Mal de l'an, carreau, maladie des nouveau-nés. Le Malan était une lèpre. (Du Gange. Malandria).

Redévalons sous l'ombretle Le soulei y m'fait maû.

.'Anis. Vieille chanson.)

Mâ,lé. V. Chasse-artu. (A. Bos. Mal, 1, Malfé.)

Malechance, .s /. Mauvaise chance, malheur qu'on n'a pu éviter. fA. ^o'&.MaloViînaii.)

Mâlement, adv. Tout au plus, il s'en faut, à peine, au plus.

Si vous demandez la distance d'un point de votre route, et qu'on vous réponde qu'il y a ?nâle?nent une lieue, ne vous y fiez pas, et prenez le parti d'en ajouter une autre. V. Mâsement.

Mal poli, e, adj. Mal-appris.

Mam'zelle. s. f. On dit : mie jolie Mam'zelle., surtout au pluriel. [Vallon.)

Manchon, s. m. Terrier de passage en forme de boyau.

... un gros blaireau trouva un grand manchon, assez creux et difficile à bêcher, oîi il se fourra. (Saint-paul. Souvenirs d'un vieux Lonvelier, ch. IX.)

Manette, s. f. Bavard, médisant. Qualification empruntée au martyrologe des cuisinières.

La manette esl un colporteur el, au besoin, un inventeur de scandales, ce condiment étant nécessaire pour les histoires dont elle soustrait le monopole aux portiers et aux antichambres. Les manettes sont de puissants dissolvants, les unes au miel, les autres au vinaigre. Le nom n'est porté que par les mâles de l'espèce, malgré que l'autre sexe en possède de remarquables échantillons.

Manette signifie encore chauffe-couche, et le sexe masculin en monopolise aussi l'application.

Mangeux de chartes, s. in. Fanfaron. (A. Bos. Mangeûre.)

Maniement, s. f. Qualité des bestiaux C'est qu'on s'assure de leur état enleurtâlant, leur maniant plusieurs parties du corps : on est venu tout naturellement à dire que tel bœuf a le maniement bon ou mauvais. (A. Bos. Manier, \.)

Manquette, adj . f. Femme qui ne peut nourrir son enfant que d'un côté, vache qui a un ou deux trayons stériles. (Raynouard. Manc.) Manc ou manque d'où l'on a fait manquer, était synonyme de défectueux. Mlnacia (Chompré.) est identique pour l'acception.

J'estime que toutes chose3 soient faisables par un homme manque et défaillant en gros. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. XXIX.)

Et si en est la possession en partie manque et empruntée. (Le même. Ibid. liv. III, ch. IX. "i

Manquiers, adv. Peut-être. Pour une seule fois que j'ai entendu ce mot, je ne puis le prendre au sérieux, et je dois renvoyer à Vanquiers.

DU IIAUT-MAINI': lioî»

Marcellin, v. m. Jeune porc.

Marchandise, s. /'. Bestiaux. La marchandise a bien ramendé anuit.

Marcou, v. m. Matou, chat mâle.

Mare nouére^ a\ /. Nom de la prune de Damas noire.

Màré, e, adj. Hecouvert par des crues d'eau subites : se dit principalement des cultures gâtées par cet accident. (A. Bos. Maresc.)

Margelette, margoulette, s. f. Bouche d'enfant. Cef-l petite marejetle ou gargoulette.

Marianne, marionne, marionnette, s. /.

Espèce de moucherons qui se réunissent en nuées épaisses à la fin de l'automne, et sont dans un moi:vement continuel. La warianne est une tipulaire, et sa larve vit dans les eaux et les matières en décomposition. (Anjubault.)

Marias,.?, m. Mariage misérable, absurde. Marichâ(l), .s. m. Maréchal-ferrant.

... marischax,. . marischal. . . . U mesiiemarischaus.. . . (Bahbeu du Rocheh, EtiPimo Boileau, Titre 15, p. 44.)

Marmenteau. s. m. Ce qui reste en terre d'un tronc d'arbre abattu . Les anciens titres disent servent bois marment al ^owv bois bon à abattre. L'Académie admet maimentean comme adjectif et pour désigner les arbres de haule futaie servant à la décoration d'une terre.

Màrouiller, v. a. Agiter leau avec la vase, afin de la rendre meilleure pour les irrigations. V. Bendoiiilter. (A. Bos. Margoitlier.)

Marquer, v. n. Faire du marc pour la boisson, le laisser fermenter avant de le passer au pressoir. Marre. V. Chasse-artu, (A. Bos. Ma7\) Marronner, v. n. Murmurer, gronder entre ses dents, se plaindre avec insistance. G'e&i marmonner.

Martraits, s. m. pi. Trous remplis d'eau dans les champs ou les prés. C'est le même mot (^mq Mortier et Mortraiis.

Le martray ou martroy était, dans l'ancienne France la place publique sur laquelle on torturait ou martyrisait les criminels : les martraits du Maine étant tous des lieux champêtres, il ne peut y avoir similitude.

Mâ.s, s. m. Massue ou gros maillet qui sert à enfoncer les coins dans le bois. C'est le mail avec notre prononciation.

Les philatières et les calices despeceoient à mails et à pierres. {Ohr. de St-Denis. Phelippe-Auguste, cli. ix.)

Mâsement, adv. Presque, tout au plus. Cambin pèse voîifgorin? — Neuf petits vingts mâsement. C'est la même chose que màlement. (A. Bos. Mais., 2.)

Masselotte, masserotte, s'. f. Bâton fait d'un jeune plant dont on arrondit le pied en forme de massue. — Espèce de chien-dent au col duquel se forment de petites bulbes ou de petits tubercules. [Mont fort.)

Massicoter, v. a. Couper quelque chose de travers ou mal à propos.

Mât, ,s. m. Massue ou gros maillet. V. Mâs.

Mater aux, 5. m. pi. Matériaux de construction,

chauffauds. Terme de maçon cl de charpentier. En français : Mdtereaii, s. m. Petit mât.

Maubulle, s. f. Loupe, abcès, tumeur. Traduction littorale de mala bulla. (A. Bos. Mal on maii.)

Maudisson, s\ m, Malédiction. (A. Bos. Maldiçon . )

Maugré, prép. Malgré. C'est encore un de ces vieux mots au sujet duquel il est superflu de citer des autorités :

Que maugré moy

(Frogëb. Ronsard. Sonnet à son Livre.)

Maupiésant, e, adj . Malplaisant, maussade, désobligeant.

Mayeux, s. m. Bossu. Ce mol est-il ancien ou inventé par l'argot parisien ? Est-ce Maheustre^ épaule? (A. Bos.)

Mayotter, v. n. Se dit de ceux qui vont aux portes des maisons, la veille du 1" mai, chanter des cantiques pour avoir des œufs de Pâques. V. Maïottin.

Mé, pron. pers. Moi, me.

Mon père veut mi marier Au vent, au vent, joli meunier !

A un vieillard veut ml donner Qui n'a ni maille, ni denier.

(Anis. Chanson bas-mancelle.)

Médecin, s. m. Dans certains cantons, quand il se trouvait déjà dans une famille six garçons vivants, s'il en survenait un septième, il prenait et portait toute sa vie le surnom de médecin, parce qu'il devait à ce

rang de naissance le privilège de guérir certaines maladies par le loucher. V. Toucheux.

Mée, v. /. Pélrin. (Du Cange. Madia, Pissa. — Raynouaud. ii^'^.) J'écris ainsi ce mot pour mieux rendrelaprononciation du pays [La-Cour-de-Broc): la vraie orthographe était Met. V. Huge et Maie.

Mon nez... croissoit comme la paste dedans la mel- (Rabiîlais. Gargantua, ch. y.L.)

Méen, s. m. Moyen. V. Méian. (A. Bos. Meenneté.)

Méennant, adv. Moyennant. ^Du Cange. Médians. \

Mégéieux, .s-, m. Vétérinaire. Mire a été synonyme de médecin. [Province du Maine ^ 1894. p. 287) ; Mégier de guérir, mégement de médicament, et niiége de médecin. (Du Cange. Megeicharius. — Raynouard. Metge. Mi'tgia sous Mederina.) Le mégéieux a beaucoup plus de vogue que le médecin, un chrétien malade ne représentant pas un capital en danger de se perdre, tout comme peut le faire un individu appartenant à la classe bien autrement intéressante de la marchandise. Le mégéieux est au surplus très bien appelé à faire de la médecine humaine, quand on daigne se préoccuper des accidents qui rentrent dans cette catégorie : je dois ajouter que la confiance en son adresse n'est pas toujours sans fondement, quand il s'agit de membres fracturés ou luxés.

Méian, méien, s. m. Moyen (Du Cange. Aurata^ Meianus.)

Meigné. e, adj. Maniéré. (A. Bos. Maigne, 1.)

nu 11 A UT-MAINE ;UJ3

Meine l^de). De mauvais gré, tout doucement. V. Mine.

Mêlarde, mêlasse, s. f. Méteil de froment et d'orge ou d'avoine. (A. Bos. Meslage.)

Menus grains. Quatre cents gLM'bes, scavoir tneslard ei

avoine, ne produisant point d'orge pur

(r^ROGEB. Revenus d'un curé de campagne au 18° siècle.]

Mêlayer, v. a. Mêler.

Mêle, s. m. Merle. (Du Gange. Merula.) V. Miâle.

Second mets. Rost, chapons, connins, perdrix, plouviers, mesles. {Ménagier de Paris, D.U, A. IV.)

Mêle, s. f. Nèlle. (Rob. Estienne. Mesle. — Du Gange. Despensa., Melata.) Rabelais emploie souvent ce mot. {Pantarjruel, liv. II, ch. I.)

Nèfle. Fruit fait en forme de lampe, composé de plusieurs noyaux, et qu'on appelle Mêle. (Caraggioli. Diclionnaire critique, pittoresque et sentencieux. Lyon, 1768.)

Mêlé (pain). Pain de méteil. ce que d'autres provinces appelaient Mescle ou Meslure. (Du Gange. Mescalia. — A. Bos. Meslé.) Dans le pays Basque on nomme Mêturc le pain de maïs.

Avec les liz, les œillets mesliez.

(Froger. Ronsard. Ode à Gaspar d'Auvergne.)

Mêlée, .9. f. Mélange de paille et de foin. (A. Bos. Mesle, 2.)

Méleu, mélouin, s. m. Milieu ; terme moyen ; moyenne entre deux dimensions. Ronsard employait me?7z>?/ pour milieu. (Froger. OEuvres de Ronsard. Ode au roi. — A. Bos. Melon.)

... ]iour accomplir la charité de la »((>- Karesme. (Frogkr. Comptes de la fabrique de Courgains.)

Mêlier, s. m. Néflier (Du j Gange. Flagellwn, Mellerius^ Mcslerius, Pomerms. — A Bos. Mrslier.) Ses fruits sont des 7nêles.

Mêli mêlo, loc. adv. Pôle-mèle. (A. Bos. Melimèliim sous Mormel.)

Melton, s. m. Grosse abeille, bourdon qui compose un miel grossier. (A. Bos. Mclin.)

Meltonnier, .s. m. Qui fait le commerce des abeilles et du miel.

Même, Memers, n. de lieu. Mamers (Sarlhe).

Item cant ledit procurous se consoilia à Memers ovecque d'autres des paroisses... (Froger. Comptes de fabrique de Cour gains,)

Ménager, ère, adj. Se dit des gens et des animaux qui ne perdent point de temps, qui s'occupent à la maison, ou ne s'en écartent pas. {Neuville.) (A. Bos, Ménage sous Manage.)

Mentir, v. a. Une vache ment ou a menti, lorsqu'elle vêle huit ou quinze jours après son terme. {Neuville.)

Mentoux, se, adj. Menteur. Get adjectif n'a rien de particulier, puisque tous les subtantifs ou adjectifs terminés en eur prennent, dans le Maine, la prononciation oux. Je ne le cite donc que pour dire que les compagnons de Jean Gotlereau, le célèbre Jean Chouan, l'avaient surnommé le gas mentaux parce qu'il cherchait toujours à nier le danger, surtout

DU IIAUT-MAINE 365

celui qu'il avait à courir ou qu'il avait couru personnellement.

Menuère, s. f. Droit de prise deau ou de pèche sur les rivières. (A. Bos. Menuisc.)

Menus, 6\ m. pi. Ce sont l'orge et l'avoine par opposition aux gros blés. V. Melarde, la citation.

Quant aux grosses et ?;t6vutei- pailles,.. . (Thoury. Usaijex ruraux de Montfcrt-le-Rotrou. 61, fj'2.)

Mêquérdi, .s'. 7n. Mercredi.

Méquier, .s'. m. Métier. Les enfants chantent dans

leurs rondes :

La till'du roi d'Espagne Vive l'amour !

Veut-z-apprendre un méquier Vive le laurier !

Le méquier qu'ai veut-z-apprendre Vive l'amour !

C'est la bué-z-à laver Vive le laurier !

Du premier coup qu'al'a frappi''

Vive l'amour !

Ses biaux anneaux d'or soûl lombes

Vive le laurier !

Mère, s. f. Masse séreuse qui sert h faire tourner le vin ou le cidre en vinaigre.

Mèréfil, .s, f. Mère et fille. Ce sont des peulvans disposés deux par deux, et dont l'un est plus grand que l'autre.

Merienne, 5. /. Bruit inexpliqué, sorte de bourdonnement qui se produit à la campagne pendant l'ét"^ et annonce le beau temps. {TiilJé.)

Mériennée, n. /'. Après-midi, siesle. (Du Gange. Meridies, MeridUnia. — A. Bos. Meriaine.)

Faire la mériennée, c'est faire la sieste ; faire une chose de mériennée , c'est la faire après-midi, jusqu'au reissier .

Merquer, v. a. Remarquer. (Du Gange. Merqiia. — A. Bos. Merc.) Merche pour marque. [Cent Nouvelles nouvelles, LXXXII^)

Item pour faire mercher (les mesures à sel) à ladite ville d'Alençon. (Froger. Comptes de fabrique de Courgams).

. . . quaraiile-une escuelles et huicts plais signés et incrqués au merc de la conCrarie. (Denis. Confrérie de Vivoin, 1521.)

Mes, adj. poss. pi. Mes. J'sai été prindre eune cheminse dieu (ou sez) inés gens. (A. Bos. Mes.)

Mesé, meshuy, adv. Désormais. Mais huy ou mèshuy étaient autrefois fréquemment usités. On les fait venir de magis hodie. Meshuy pour jamais, plus, aujourd'hui. [Cent Nouvelles nouvelles, pp. 49. 93, 218. —A. ^o^.Mais, 1.)

... vous aurez su mesliui que le contrat liit solemnisé. {Vie de Si-François de Sales, p. 104. Paris. 1878.)

Ce que i'esperoy qu'il peust meshuy faire le plus aysi'ftment. (Montaigne. Essais, liv. I. ch, vin.)

Meshanement, adv. Lourdement, (l'abbé Es- NAULT.j V. Mézant .

Messe quêtée, .s. /'. Quand on veut faire célébrer une messe à l'inlenlion d'une personne chère, par esprit d'humilité et pour que cet acte ait en conséquence plus d'eflicacité, on quête auprès de ses amis

DU IIAUT-MAINK 367

et môme souvent d'étrangers, la somme qui doit rtre payée pour cette messe. Pareil usage existe aussi dans le but de guérir les enfants de la r//?e.

M'est avis, loc. V. Avis.

Métai, s. m. Méteil. 11 est gras quand le froment s'y trouve en plus grande quantité que le seigle ; il est maigre dans le cas contraire. (Dict. de TAcad. Passe-méteil. — A. Bos. Mestie)', "2.)

... au jour de Notre-Dame Angevine, le nombre de 70 sep tiers de bled meclaix, mes.(ure) du chap.(itre) de Saint- D.(enis) d'A.(njouj; (Bbaughesne, La Roche-Talbot).

Métive, 6\ /. Moitié ou part dans la récolte. (Rob. EsTiENNE. Mestives. — Du Gange. Mestiva.)

Métivier, s. m. Travailleur qui se louait pour le temps de la recolle, moyennant une métive, [Sablé ] (A. Bos. Mestivier.)

Car ce faisant i'espargne les sarcleurs qui gaignent argent, les mcstiiiiers qui boiuent volontiers et sans eau. (Rabelais. Pinitagrucl, liv. Tll, ch. II.)

Mettes (vousj. Vous mettez. Tous les composés du verbe mettre font de même. Barbeu du Rocher, cite i métant pour ih mettent.

Mettre en plaine un domestique, un ouvrier, c'est le congédier [Tujfé). — Mettre un veau aux champs, c'est qu'on veut l'élever. [Pontvallain.)

Meugler, meuler, v. n. Mugir. (Rob. Estienne. Mîiffli)'.] Ce verbe vient de celui de basse latinité mugilai^e, pour lequel Du Gange ne donne que miiir. (A. Bos. Muii\ 2.)

Mézaiger, \. m. Nom donné autrefois à douze

368 VOCABCLAinE

bourgeois du Mans, chargés de pot'ler le grand crucifix qui s'exposait (comme encore aujourd'hui), à la vénération des fidèles, le mercredi de la semaine de la Passion, à k cathédrale du Mans ; ensuite à Saint- Vincent le vendredi suivant ; et enfin le dimanche des Rameaux, de nouveau à Saint-Julien Lamézaif/crs devaient appartenir à douze familles d'ancienne bourgeoisie. La procession en question est décrite dans le tome III du Dictionnaire statistique de M. Pes" che et dans le Supplément à la statistique de M. Cauvin.

Et maintenant que nous sommes trop en progrès pour avoir des mézaiqers et de vieux usages, qui nous dira au juste ce qu'était le mézaige qui conférait le droit héréditaire^ ou bien était le droit héréditaire conféré à douze anciennes familles bourgeoises, des honorables fonctions de porteurs de la sainte Image? On a pensé que ce mot venait de message de rédemption, ce qui peut très bien être vrai, bien que, dans l'usage manceau, la double s ne se change guère en une seule s ou en un :;. A^ux amateurs de controverse, je signalerai, dans le Dictionnaire de Trévoux, masar/e signifiant village, et dans Du Gange, maizaige pour une maison [Masagium sous Massa, 5). On verra si Ton doit rapporter ces mots à nos tnézaigerss qui devaient, en effet, avoir quelque chose, comme une terre fieffée ou pignon sur rue, si l'on tient compte de leur importance d'anciens bourgeois .

Dans une lettre qu'il m'a fnil l'honneur de m'écrire, ainsi que dans le journal des Annonces du Mans, M. l'abbé Voisin me rappelle que les mézaigers étaient

toujours prisdansles francs-bouchers; d'autres néanmoins indiquent d'autres bourgeois, et plus tard ce furent des meuniers. Je no place ici cette observation que pour mémoire^ le fait étant à vérifier. Dans le cas des francs-bouchers, mé%aiqer était naturellement une provenance de maceUarius ^ si ce dernier mot n'avait signifié que bouclier. Sans vouloir m'arrèter à ce que mézaige a plus d'apparence de venir de masagium^ je ferai observer que suivant Righ, le maccUarius n'était pas précisément un boucher, mais un marchand de comestibles « par opposition, dit-il, à lanio, boucher », de même que le macellum n'était pas une boucherie, mais un marché permanent de comestibles. Quant à Du Gange, le macellum est pour lui la boucherie, comme le macellator est le carnifex.

Voir : Ledru, Violation il asile. Province duMaine; Triger, Procession des Hameaux, Revue historique du Maine, 1883, 2* semestre.

Mézant, au féminin mézane, adj. Lourd, pesant. La fumcLle est encore piis mézane que Vf/as par les foués (fois). (A. Bos. Mehainr/.)

Mézelin, eine, adj. Faible, délicat. La mézellerie était autrefois la lèpre. On disait aussi mezeri pour misérable. (Raynouard, Miserin sous Miser. — (A. Bos. Me serin.)

Le Maislre et administrateur de la léproserie de Saint- Lazare. ..ayant... fait visiter et éprouver un homme soupçonné de lèpre qu'ils appelaient Meze/e/v'c,... (Legeay. .Sa«»/- Gilles-des-Guérels, p. 33.)

... la prisée du chastel (de La Ferté-Bernard). .. des jardins dos mezeaux (lépreux). (Ledru. Folie de Cli. VI, ch. l.)

370 VOCABILAIRE

Mézigue, -S. /. Mésange.

Miâ,le, s. 771. Merle.

Ayant dénigé un midle, J'voulus gui (lui) en faire un persent

Je le mins dans une caige

Qui subiait si joliment Mais noul'chat sans m'en rin dire

Me le tuit tout vivant.

(Ancienne dianson mancelk.)

Michant, e, adj. Chélif. Cest tout d'même du bon monde, ce michant bonhomme. Je cite celle phrase, pour prouver que michant ici n'est pas du tout la même chose que mauvais.

Michaud, ou Michot, s. m. Surnom du soleil.

Michol, n'es-tu pas réveillé?

Dors-tu, Michol ?

Mais denaû, nô.

O Michot, réveille (bis), O Michot, réveille- toi !

(Ams. Vieille chanson de vueillerie.)

Michaut, s. m. Petit pain blanc.

Miche, s. f. C'est exclusivement le nom du pain blanc. Le pain Michard est un pain blanc de six ou douze livres. — Pile-Miche, s. m. Plein de soupe. [Coulans.) — La miche des noces. (Deschamps La Rivière. Légende de la butte de Montangis, et Du Peyroux, Alpes-Mancelles, ch. xvii.)

On va encore quelquefois avec un certain apparat (des rameaux, des coups de fusil) porter ce qu'on appelle la miche des noces. (PEnnOT, do Laval, mss.)

Mi-clos, e, adj. Patelin. Ainsi probablement à

DU HAUT-MAINE 'Mi

cause du regard adopté par ce genre de tlalLeurs. (A. Bos. Mi.)

Miette (une). Un peu. Noufbeu est euiie miette verdelet.

Mièvre, adj. Délicat. V. Façjuelin.

... Vous êtes encore trop mii'ore... (Brijneau. Province du Maine, 1894.}

Migeôler, v. a. Cajoler. (A. Bos. Mignotic.)

Migeot, s. m. Lieu où l'on conserve les fruits. J'écris ainsi, parce que c'est l'orthographe que j'ai rencontrée dans les anciens baux ou inventaires, où il est quelquefois question de fruits cà migeot, ce qui peut se traduire par fruits à couteau. (A. Bos. Musgoë.)

Migeoter, v. a. Mûrir sur la planche.

Migrenon, migrognon, .s\ m. Baie de l'églantier. Migraine était le nom de la grenade. (Du Gange. Migrana. — Raynouard. Milgrana sous Gran, grain, 13.) Le fruit de l'églantier renferme, comme la grenade, une grande quantité de graines, et c'est pour cela qu'on leur aura donné à tous deux un nom approchant de mille grains ?

Millaud, e, s. m. et f. Mendiant, déguenillé. (Du Gange. Meligniosus).

Millée, s. /'. Bouillie, faite avec la graine du mil. G'est un plat de rigueur pour les jours de noces et d'assemblées paroissiales et poui' celui de l'Angevine en particulier.

... un régal dans lequel ligurait toujours comme plat obligé, une espèce de bouillie, dile millée ou milliére, parce que

372 VOCABULAIKE

le mil en était la matière première. (Besnard. Mémuires, l. I, p. 19.)

Milleur, e, adj. Meilleur. C'est tout l'pus milleur. (A. Bos. Millor sous Mieldre.) Ne prendons pas garde au pieur, Mais tondis visons au milleur.

(Barbeu du Rocher, Renart le Nouvel, t. iv, vers 4.545.)

Minable, adj. De mauvaise mine, misérable.

Mincer, v. a. Briser, casser, user.

Mine (de), lue. adv. Avec contrariété, malgré soi. — De ïnine et de mine., tout doucement, pas assez vite, par opp. à d'saut. (V. Saut.) (A. Bos. Mine, 2.)

Mingue, minque, s. m. Petit lait, lait de beurre, lait très étendu d'eau, lait de mauvaise qualité. Minacia se rencontre en basse latinité pour une mamelle ne donnant pas de lait. (Ghompré.)

Minquerdi. s. m. Mercredi.

Minsse .s. f. Messe. V. Messe quètée.

Miochée, miottée, s. f. Miot^ s, m. Pain émié dans un liquide quelconque, rôtie au vin. au cidre ou au lait.

Miquiet, miquiot, .y. m.. Appellation fréquente du chien dans quelques endroits. De mes., mauvais, ou de mi, pluriel de mon, et de chiau ?

Mireux, miroué, s. m. Miroir. (A. Bos. Mireor.) 1506. Maison « assise en partie dedans le cymetière des

Saints-Innocents..., où pendoit pour enseigne le Miroiter. »

(Ledhu. La Recluse, ch. viii.)

Miroder, v. a. Enjoliver une surface de lignes droites ou courbes.

DU HAUT-MAINE 37li

Mirodeure, s. f. Ligne droite ou courbe destinée à faire un ornement, guillochure, nielle.

Mitan. s. m. Milieu, centre. (Du Gange. MitariusJ Ce mot a été employé comme adjectif : . . . dans le

traict mitan sera faict en forme de table

(M. D'elbenne. Moîinment funéraire des Legras du lAiart.) On dit encore : il a touché dret dans le mitan du milieu.

... il fera vendre les blés appartenant à Sa Majesté à (lasteljaloux (Lot-et-Garonne), qui est au mitan de vos terres d'Albret... (A. de Pardaillan-Gondrin. Lettre au roi de Navarre, 8 mai 1554.)

Vous connaissez tous ia crevasse qui part du milan de la falaise de sable delà butte de Montangis. (Deschamps-LariviÈRE. Légende.)

Moais, moas, e, adj. Mauvais. V. Mohais. (A. Bos. Mais, 2.)

Moâsement, adv. Presque, tout au plus, il s'en faut. V. Màsement. — Méchamment, malicieusement.

Mobule, s. f. Loupe, abcès, tumeur. V. Maubulle. (A. Bos. Bule.)

Moche, s. f. Motte de terre, pierre molle et terreuse.

... les moches de beurre et les paniers d'œuts qui m'étaient si fréquemment apportés en cadeau... (Besnard. Mémoires, t. I, p. 302.)

Moderne, adJ. Très jeune baliveau, du même âge que la coupe précédente. {Ordonn. des eaux et forêts . )

Modeuse, s. f. Modiste.

Modicons, s. m. pi. La semaine des modicons

est la troisième après Pâques. L'Evangile du dimanche de cette semaine contient sept fois le mot modi- Cîim, une fois pour chaque jour. C'est une des plus mauvaises semaines de l'époque, qui est précédée par rhiver des coucous. (Neuville.) L'arrivée de ces oiseaux est donc signe de froid.

Moëlleur, s. /'. Propriété de ce qui est moelleux. (A. Bos. Moletê.)

Moguerne, s. f. Imprécation correspondant à mauvais, maudit. Moguerne bêta !

Mohais, mohas, e, adj. Mauvais, que nous prononçons jnaovéz.{k. Bos. Mois, 1.)

(Le diable) est venu'

Vilain cornu C'est une beste mohaise.

(Biblioth. du Mans. N° 3,657. Vieux noël françan et breton) .

Mohaisement, mohâsement, adv. Comme Moâsement.

Moine, s. m. Toupie en bois plein, de forme à peu près conique et armée d'une pointe de fer. Le moine est un des jeux de Gargantua. (Rabelais. Gargantua, ch. XXIL) Il reste à savoir si c'est notre jeu de moine, ou celui dont il est question dans la citation qui suit :

Mes paiges, dist Gymnaste, baillent le moyne par les pieds à leurs compaignons dormars. Bailler le moyne par lo col seroit pendre et estrangier la personne. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV. ch. xvi.)

Suivant les commentateurs de Rabelais, bailler le moine parles pieds, c'était y attacher une corde que

nu HAUT-MAINE 375

l'on tirait toiit-à-coup ; c'est précisément ainsi, ou peu s'en faut, que nos enfants s'y prennent pour faire tourner leurs moines.

Moison, s. f. Mesure. (Raynouard.. Mor/sn. — A. Bos, Moison, 1). On trouve dans Du Gange iWo/;'<? %o\x%Modius, et Moiton sous Moitonnus.

Moissine, s. f. Vin étendu d'eau. C'est du marc, suivant Du Gange, sous Moissina. (A. Bos. Moissine.)

Molène^ 5. f. Bouillon blanc, plante.

... c'étaient des fleurs de molène qu'elle faisait ensuite dessécher. (Besnard, Mémoires, t. II, p. 4.)

Mollets, s. m. pi. inollières, .s. /. pi. Parties molles et dangereuses des étangs et des marais. (Du Gange. Moleria. — A. Bos. Molois.)

Mollir, V. n. Ge verbe qui, dans l'usage français, indique l'action de quelqu'un qui cède facilement, semble annoncer, dans les habitudes du Maine, qu'on ne cède pas sans résistance. Vas-tu molli ! tu m\ichales. — Attends ! attends ! fte vas bintoût faire molli. — La fieuvre nie molli point. En un mot, c'est finir de résister plutôt que céder avec faiblesse.

Mon, conj. S'emploie au lieu de donc, après l'impératif des verbes. Finis mon. Ge n'est pas tout-àfait le même sens que celui de la particule mon qui se trouve fréquemment dans les anciens dialogues. La nôtre semble avoir pour but de rendre plus pressantes les demandes, les injonctions, etc. (A. Bos. Mon, 1.

Mais dites may m.on, si vous piaist, mes bons vaisins.

(J. RoussoN. Dialogue des trois vifpicvons. Edit. de 1G59. p. 157.)

Escoulez may mon, je vous la dire comme je la scay. (Le même, Ibid. p. 367.)

Mônée, 6'. /. Blé moulu. (Du Gange. Musnare. — (A. Bos, Molnée.)

Mônette, .s. /. Terre argileuse et mêlée de gravier, de petites pierres, et qui s'ameublit diflicilement, se réduisant en de petites mottes très-dures.

Mônetteux, se, adj. De la nature de la mônette.

11 est singulier que ces deux locutions m'aient été révélées pour la première fois dans les environs du hameau de Monnet, paroisse de Coulaines, près Le

Mans.

Mônnier, s. m. Meunier. (Raynouard. Monter sous Mo/a., 6,)

Monte-au-banc, s. m. Chaise percée.

Monter (un bonnet.) v. a. C'est le confectionner.

Terme dont les femmes se servent pour dire accomoder une coëffure (Caraccioli. Did. criliq. 'pittoresque et sentencieux. Lyon, 1768.)

More, moure, s. f. Mûre (fruit). (Raynouard. Mora. — A. Bos. Mor, 2.) Les pêches mûres sont celles dont le jus et la pulpe sont rouge vineux, More désignait autrefois la couleur noire ou mieux le teint de nègre. V. Léart.

... les fruits de la ronce... qui dans le Maine se disent vulgairement mores, anoures-, la couleur noire y a sans doute donné lieu. (Anjdbault. Bibliothèque du Mans, n° 1665).

Les fruits des ronces ont été nommés mores, moreis, ainsi que ceux de l'airelle myrtille. (Le même. Ibid.)

DU HAUT-MAINE 'Ml

Le village de Vaubnin a iiour lorme ancienne Vallia- Morini vers 1200. [Uicllonti. topoyr. d'Eure-et-Loir.)

Mortier, s. m. Mare, trou profond rempli liabituellemeiil d'eau el situé à travers la campagne. Ce mot vient de morte eau. (Du Gange. Morta, Mortdriitm., 5, Morteria.)

Mortraits, mortrays, mortrets. S. m. pi.

[Neuville.) Comme Mortier. Suivant Rigli, Mortarium indique un trou pratiqué au pied des arbres pour leur donner de l'eau.

Motte, s. f. Tas de chanvre mis à rouir. La motte est ronde ou carrée, mais toujours chargée de pierres pour baigner complètement pendant huit jours.

Motte, s. f. Combustible. C'est du tan aggloméré sous une forme rondeet plate. Merchand tVmottesl {Cris du Mans.)

Motton, s. m. Grumeau de farine, caillot de lait, petite motte. (A. Bos. Maton.)

Mouchas, i". m. Mouchoir sale. — s. f. Mèche carbonisée. (A. Bos. Moche, 2.)

Mouches, s. f. pi. Abeilles. Pour faire asseoir un essaim, on crie : <« Bas ! bas! assis, petites, assis!» avec accompagnement d'instruments bruyants, casseroles, cossiaux, etc.

Gentil Ronsard, la mielliere mouche.

Dans le nectar de toute fleur élite.

(Froger. Odes de Ronsard, Sonnet de Raîf.)

Mouée, 6\ f. Farine d'orge. Le Dictionnaire de l'Académie dit que c'est un mélange de sang de cerf,

de lait et de pain que Ton donne aux chiens. Dans le Maine, c'est aussi le nom d'un mélange préparé pour les chiens, mais parce que la farine d'orge en fait la base. (A. Bos. Moiée.)

Mougeasse, s. f. Petite fille, terme de mépris.

{Tuffé.)

S'estet mis dons l'esprit de sepl ou huict Mougeasse A se foire éscorché lou vilenne carcasse,

{Lez bon et bea prepov do bovnhome Brelav, 1664 ; réimpression de 1878.)

Mouillaige,5. m. Rôtie au vin ou au cidre^ trempage de soupe. (A. Bos. Motel, 2.)

Mouille. V. Qîfi touche mouille.

Moulaige, moulinaige^ ,s. ??i. Petit mouHn à bras pour hacher les pommes, les carottes, les betteraves. (A. Bos. Molage, 1.)

Moulette, s. f. Rotule du genou, cheville du pied ou malléole. Du latin mola qui veut dire la même chose. Tsai chute, j'me sai demoiiletté le pied, i m'ont bin rhabillée.

Mouillent, s. m. Herbes émollientes.

Moureine, .s. /. Maladie qui attaque les arbres résineux, le pin maritime surtout, par le pied et en terre, détache Técorce et entraîne la mort de l'arbre. La morine était, soit une maladie mortelle des bestiaux, soit le poil qu'on enlevait aux animaux morts. (Du Gange. Moria, Morina. — A. Bos. Morine.)

Furent mors de dars volans, de pierres de mangonniaux et de propre morine. (Chr. de St-Denis. Loi/s-le-lion, ch. iv.)

nu HAUT-MAINE 379

Maladie de la mouche ou du rond. (G. Sarcé, ancien notaire à Pontvallain.)

Moure, s. f. Mûre (fruit). V. More.

Mouret, s. m. Feu de chénevottes. — Linge brûlé pour servir d'amadou. De more., noir. (A. Bos. Moret.)

Mouret, s. m. Mouron (plante).

Mouron, s. m. Reptile venimeux, sourd à ventre jaune. {Neuville).

Moussiner, i\ îi. Plisser le museau. Dans le Glossaire de Roquefort mousse est la gueule d'un chien. (A. Bos. Mouse sous Mus.)

Moutarde, s. f. Raisiné dans lequel on introduit de la moutarde. Quand on n'a pas de raisiné, on fait bouillir des poires, on les écrase et on les mêle avec la moutarde.

Moute, s. f. Bonne grosse petite fdle. Ce doit être le féminin de moutard.

Moutonner, v.n. Se dit des moutons quand ils se serrent l'un contre l'autre, le museau en terre, soit pour avoir plus d'ombre, soit pour éviter à leur museau la piqûre des œstres particuliers à la race ovine. Moutonnier = pâtour à moutons. [Montfort-le- Rotrou.)

Mouture à chevaux, s. /'. Ensemencé composé de froment, d'avoine, de seigle, etc.

Mouver (se), v. pron. Se mouvoir. l'A. Bos. Muevre.)

Quand vit ke ne se removeit.

(Barbeu du Rocher, Marie de France, Fabl. xxvi, p. 146.

Mouvette, adj. des deux (jenre.s. Enfant remuant. (Rousseau. Mouvette.)

Muce, i. /". Musse, cache, petit trou, mais surtout et presque toujours petit passage ou brèche étroite par lesquels se glissent l'homme ou les animaux. La muce est aussi la soue aux oies ou aux canards. Je donne l'orthographe locale, qui est naturellement celle de Jean Rousson. (A. Bos. Muce.)

l'meust bien piumé, si m'eust attrappé à la muce. {Dialogue des trois vignerons. Edit. de 1629, p. 35i.)

Se mussani dans un galetas. (Marquise de Gréquy, Souvenirs, t. IV. p. 177, éd. de 1840.)

Partie remise, se dit le truand en sortant de sa musse. (Lkdru, La Recluse, p. 67.)

... il avoit esté musse certains jours en une cave. (Le même, Ibid. Lettre de rémission, 1485.)

Il y a du pat à la muce ou meuce, proverbe tiré de la chasse du lièvre, et qui veut dire qu'on a des indices de ce que l'on cherche. — Faire une chose à la muce, c'est la faire comme à la dérobée, comme si l'on avait honte, comme si l'on avait envie de cacher de la lésinerie par de l'ostentation, etc. — L'Académie a conservé le verbe se musser et n'a pas voulu de musse.

Mue, s. f. Cage cà volailles de forme ronde pour élever les poussins. (A. Bos. Mue, 2.)

Mulon, mulot, s. m. Petite meule de fourrage. (FuRETiÈRE. — A. Bos. MoUoîi, 2.)

Muloter, v. n. Agir lentement.

Murette, s. f. Petit mur.

nu HAUT-MAINK 381

Mutuel, le, adj. Mitoyen.

... de sorte que les arbres dont Pécorce, à seize centime. 1res du sol, n'est pas à plus d'un mètre un sixième du centre de la haie, sont muluels. (Thouiiy. Usages ruraux de Mont. {ort-k'Uotrou.)

Nabot, te, adj. Personne de petite taille, comme Jean (ou Gent) bout d'homme. Michant nabot, petite nabot le. (A. Bos. Nabot) .

Nâche, s. f. Longe ou lien pour attacher les bestiaux à la mangeoire.

Nacron, s. m. Epine crochue de ronce, de rosier, etc. Il est probable qu'on se sera habitué à dire un nacron pour im accroc ?

Nacter, nactonner, yj. n. Bégayer, bredouiller, ânonner. (Di Gange. Noctare.)

Nain, .y. m. Hameçon. V. Haim.

Nair, e, nai, nouair, e, adj. Noir. (Barbeu du Rocher. Un pain nai, i fé binnai à d'souai (soir). (A. Bos. Neireté.)

Naissance, s. f. Vulve ou vagin des femelles. ( Sillé-le-Pliilippe)

Nanee, s. f. Nasse en osier. (Du Gange. Nanca.) L'abbé Coutard dit que le patois manceau a fait de

une anse, nanse, pour arriver à dire une nansc. {Sainte- Sabine dans Province du Maine, 1892.)

Nagre, adj. Rude, sévère, maussade, cliagrin. (Rousseau. Négreté.)

Naquer, naqueter, t. n. Bégayer, ânonner, avoir le hoquet. (Du Gange. Noctare.)

Nas, s. m. Nappe d'eau profonde. C'est évidemment le même mot que Nassier ou pêcherie. (Du Gange. Nasser iiini.)

Nas, .s\ m. Ghiffe ou torchon avec lesquels les boulangers nettoient le four. V. Guenâs et Ndter. (A. Bos. Naie, 1.) — s. f. Femme mariée qui vit publiquement avec d'autres hommes que son mari. Par assimilation au nas qui précède.

Nasin, eine, adj. Volontaire, indépendant. Ne se dit que des petits enfants.

Nâter, v. a. Nettoyer le four. Nat se disait pour net. (Roquefort. Nateït. — A. Bos. Nier, \^.)

Natter, i\ a. Cosser, se heurter l'un contre l'autre par accident.

Nature, .v. /.Vulve. Si une jument a des coliques, mettez-lui une pincée de gros sel dans la nature, pour la faire uriner. {Sillé-Ie-P hili ppe) .

Naturel, le, adj. Qui a bon cœur.

Naturer, v. ;z. Consommer lemariage. (DuCange. Faccre naturani sous Facere. — A. Bos. Naturer.,

Naviau, s. m. Navet.

Les bizets ils mettent bouillir aux naueanlx. (RAutLAis, Pantagruel, liv. IV, ch. XXIV.)

Folz détracteurs, mon maistre vous annonce Par moy qui suis l'un de ses clercs nouueaulx Que pour rimer ne vous craint deux naueaulx. (CI. Marot. Rondeau du disciple ^soutenant son maistre.) Ils le trouuèrent autour de son foyer où il faisait bouillir des naueaux dedans vn pot.

(Amyot. OEuv. de Plularque. Dits notables des anciens. Pélopidas.)

V. encore la Nouvelle VIII^ des Contes et Devis de Despériers.

N'en, prou. rel. En. Il est rare qu'on prononce n'en en entier ; Ve du milieu se retranche ordinairement, comme on peut le voir par les exemples que j'ai donnés à Tarticle En. (A. Bos. N.) — N'en se dit encore comme pronom personnel pour on, l'on, de même que l'en, dont il doit être une corruption, comme n'on l'est de fon. Faiit-i n'en couper? Lorsque le pronom 7noi se rencontre avec un impératif et avec nen, il subit une élision malgré toute absence d'hiatus : ainsi donnez m'en, que nous pourrions rendre par donnez moi-n'en, devient donnez m^n'en .

Né natif. Battologie. (A. Bos. Naïf.) Nentille, .s-. /. Lentille. (A. Bos. Nentille.) Neniille. Selon le peuple de Paris, mais lenlillc selon le vrai langajfe. (Caragcioli. Dict. criliq. pittoresq. et sentencieux. Lyon. 1768).

Net, nette, adj. Propre. (A. Bos. Netée,Nïer, 3.)

On doit dire une cuillère nette, une assiette propre, et non une cuillère blanche. (Caragcioli. L'ict. criliq. pittoresq. cl sentencieux .

38i VOCABULAIRE

Nétée, .s\ f. Prise de tabac.

Nétir, V. a. Nettoyer. (A. Bos. Nier, 3.)

Vous Tenlendez lorsque les enfans bien neltiz .... dorment profondément. (Rabelais. /•«n^a^ruei, liv.lll, Ch. XHI.)

Netteyer. Et non nettoyer {sic). (Caraccioli . Dict. critiq. pittoresq. et sentencieux .)

Payé pour curer i^i neiayer le habergement monseigneur le duc (au Mans) où fut logé monsour Bertrand du Guesclin (Lehru. Bataille de, Pontvallain).

Neudu, e, adj. Noueux.

Nennne.adJ. f. Féminin de ?i?</.C'estlittéralement pas une, en écrivant n'eunne: ce serait une manière de parler parfaitement rationnelle, et on a dit en réalité n'im \)om'nuL (A, Bos. Nei'm.) Je /île voais neiinne pâ [rt).

Voix d'un, voix de n'un.

(Cahier. Proverbes français).

Neutu, e, adj . Noueux.

Néyer, v. a. Noyer. (A. Bos. Nier, 2. — Rousseau. Nige?').

Néyer et non pas noyer (sic). Mot qui signifie perdre la vie dans l'eau, ou sa fortune au jeu. (Caraccioli. Dicl. critiq. pittoresque et sentencieux.)

Et bel ii fust seneiast.

(Barbeu du Rocher, Marie de France, t. I, p. 94.)

Niance, .s-./. Démenti, négation. (Du Gange. A^^gantia. — A. Bos. Niance. — Rousseau. Nient.)

Nias^ s. ?n. Enfant. V. Gnas.

Niau, s. m. OEuf ou pierre en forme d'œuf, qu'on laisse aux nids des poules pour qu'elles y reviennent pondre. (Rousseau. Niu.)

Niclaut, de, s. Sans force, sans élan, mal venu, chétif. V. Anicler.

Niée, s. f. Nichée. (Du Gange. Nidalis.) {Po/ilvallain, Neuville.)

Nienteux, se, adj. Mou, sans courage, affaibli, propre à rien. De Titalien niente^ rien ; mais auparavant du français néant. (A. Bos. Nient.)

Nifferiau, s. m. Mouchoir de poche des petits enfants ; il s'attache aux vêtements par un cordon. Il a la même étymologie que renifler. (A. Bos. Nife, Nifler.)

Nige, s. f. Nigaud, puéril. V. Nigeot. (A. Bos.

Nice.)

Nigée, s. f. Nichée.

Nigeôrie, nigeosserie, s. f. Niaiserie, nigauderie, fadaise, minauderie. (Rousseau. Nigeasser.)

■ Alors il se mit à contrefaire les nigeosseries des femmes. (Tallemant. IV. 380).

Nigeossier, nigeocier, ère, adJ. Nigaud, qui a des occupations et des goûts puérils, qui s'amuse à des riens, qui se connaît à toutes sortes de petits ouvrages manuels, à des nigeosseries. {Le Mans, Tuffé.) (Roquefort. Nigeon. — A. Bos. Nneil.)

Nigeot, te, adj. Comme Nigeossier.

Nigeot, s. m. Nid. — Ouvrage long et minutieux.

Nous allions souvent prendre des fruits pour en

faire des caches, qui s'appelaient nigeots, à l'insu les uns des autres (Besnabd, Mémoires, t. I, p. 18.^

38B VÔCABULAIRI2

Nigeoter, v. n. Faire peu de chose. (Rousseau. Nigeant.)

Nigodet, s. m. Jeu de fossette. •

Nigue, niguedouille, adj . Nigaud, dégingandé.

Nique, adj. Même sens.

Niquer, v. n. Bégayer. V. Naquer.

Nobiais, adj. Noble. V. Be,u.

Noc, s. m. Petit canal. (Du Gange. Noccus. — A. Bos. Noc.)

Noces, s. f. pi. Grosses rillettes, saucisses et boudins qu'on offre à ses voisins et amis, après le tuaige d'un porc. Dans les cantons où cet usage subsiste, c'est principalement et presque uniquement dans les métairies qu'il est en vigueur, et c'est au propriétaire qu'on porte les noces, avant d'aller chez d'autres personnes. On appelait au vieux temps, du même nom de noces ou noçailles, ce que les serfs offraient à leur seigneur pour obtenir la permission de se marier. (Du Gange. Nuptiaticum sous Nuptiâs.)

Noces, s. f.pl. Bouillie d'avoine.

Nocet,*'. m. Revenant qui, pendant la nuit, joue tous les méchants tours imaginables, pousse des cris en l'air comme les chasses-maiTes, bat les gens attardés, jette des sorts aux bestiaux, noue les crins des chevaux, etc. Ge mot doit venir de nox., nuit, ou de nocere, nuire. (A. Bos. Niiisir.) Le Nissen était une espèce de sorcier en Danemarck. (Revue des

DU HAUT-MAlNli 387

Deux-Mondes, 1834, De i Allemagne depuis Luther.)

Nociers, s. m. pi. Gens de la noce. (A. Bos. ^ocïer.)

Des musiciens ne cessèrent de captiver les oreilles des nociers (Deschamps-Larivière. Légende de Montangis.)

quelques-uns des nociers, après avoir découvert le lieu

de retraite des mariés, leur portaient une soupe dite à l'oignon, mais qui pour l'ordinaire n'était autre chose qu'une rôtie au vin et au sucre. (Bksnard, Mémoires, t. I, p. 157.,

Nocter, v. n. Bégayer, ânonner, avoir le hoquet. Du Gange [Noctare) le donne comme synonyme de murmurer.

Noë, s. f. Prairie fraîche qui se coupe en vert plusieurs fois l'an. (Du Gange. Non. — A. Bos. Noë, 1.) G'est une noue en bon français.

le bordagedesNos Noires, scis et situé en la paroisse

de Chantenay. (Triger. Maison dite de la Reine Bérengère-i

une noë de pré à la Grandinière (Moulari».

Fief de Maleffre en Arçonriay, 1627.)

Nombre, s. m. Tas de gerbes, ordinairement de treize. (Du Gange. Numerus. — A. Bos. Nombre e.) N'on, pron. pers. ind. On, l'on. V. On. Non ferai. Non. G'est littéralement : >< Je ne le ferai point. » Tout le temps se conjugue.

Gomment, dit-il, Madame, vos patenostres. Non ferai, par mon sergent. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, ch. xxu.)

Non fera Hercules. (Le même. Ibid. liv. III, Prologue.) Non ferai. Si ferés.

Non ferai. Si ferés.

Philis, vous me baiserés.

(Pierre Ballard, Airs mis en tablature de lulh. 1612.)

Noque, Comme Noc.

Noue, s, f. Comme Noë et Nouette.

Nouésette, ^. f. Noisette. (Rousseau. Nouseille.)

Nouésettes franches, espèce cultivée, meilleure que la sauvage. (Barbeu du Rocher.)

A sa sainte collatioa Une nouésette franche.

[Vieux cantique, Tu/fé.)

Nouette, s. f. Très-petite prairie. (Du Cange. Noiereta.) — Tuile creuse en forme de noue. (A. Dos.

Noë, 2.)

Noueux, s. m. Sorcier qui noue les aiguillettes aux enfants. Nouement de l'aiguillette, pop. (Dict. de l'Acad.)

Les lostres de Pruillé-l'Aiguillé se distinguaient dans l'art de dénouer les aiguillettes. {Revue du Maine. 1691, Lucc et ses environs.)

Nouez, s. f . Noix.

En verjust, vin aigre, prunes, ?ioez, poyres, (Denis.

Confrérie de Vivoin, 1538.)

Plantes un uoyer Et moè une noè J'auré des noèz Avant toè.

(Menjot d'Elbenne. Proverbe tourangeau.)

Nouilleux, se, adj. Noueux. (Du Cange. Nodosus. — Rousseau. Nouassoux.)

Nouillu, e, adj. Noueux.

Nourri, s. m. Désignation générale des produits du sol qui nourrissent les bestiaux. Un bon yitit en-

drait, gui a bin du nourri. (Rousseau. Nourrain.)

Noiirrisseux de bestiaux. {Souvenirs de la Marquise de Créquy. t. I, p. 45.)

Nourrissière, adj. f. Fermière qui s'entend bien à élever les veaux, poulains, porcelets, etc. [Neuville.) (A. Bos. Norrissement.)

Nouser, v. n. Ne pas oser. V. Ouser.

Nouseux, se, adj. Timide, qui n'ose. [Ballon.)

Nousille, s. f. Noisette. (Roquefort. Noisille. — A. Bos. Noisille.)

Dieu doinct des raisins aux vignes Et aulx couldres des noysilles.

{La farce du Sauatier.)

Nousiller, s. m. Coudrier, noisetier. (A. Bos. N ois illier.)

Nuau, s. m. Petit nuage, très-petite ondée qui ne dure qu'un instant. (Rousseau. Nubla.)

Nuée, s.f. Pluie d'orage, giboulée. [Pontvallain.) (A. Bos. Nuër, 2.)

Nuisant, s. m. Petit filet de peau qui se détache autour des ongles. C'est encourir une mauvaise chance, que de se couper les m^/^«/i^s dans les mois où il y a des r. (A. Bos. Nuisance.)

Livrer assault et luy porter nuysance.

{fnlermédiaire des Chercheurs, XXXV, 1897.)

Nunne, adj. f. Féminin de nul? Y.Neuîine. (A. Bos. Neûn).

Nunu, s. m. Flûte en sureau bouchée avec des

peaux d'oignon. C'est ce qu'on nomme à Paris mirliton. — Homme minutieux, tatillon.

O, pr^/>. Avec, D'un usage fréquent, il y a plusieurs siècles. (Du CAfiGE Palet tus. — A. Bos. 0/.)

Marguerite de la Jaille eut : « la seigneurie du Gué-de-

Fresne .... o leurs app"* et dépc«s (Beauchesne, La

Boche-Talbot, p. 288.)

Luy et nous après cely pas Puisson eslre o le roy des Roys. Amen. (Frogeb. Fabrique de Congé-sur -Orne, 1453.)

O, s. m. (Prononcez ô.) Or (métal).

Oh ! dia ! A gauche. — Oh! hue hô. A droite. — Oh ! rri. En arrière. (Cris des charretiers).

Oignon (Rang d').

Vient de ce qu'Artus Baron d'Oignon faisoit l'office de Grand Maître des Cérémonies aux Etats de Blois, et assignoit le rang de tous les Seigneurs et de tous les Députés. (Caraccioli. Dict. critiq.'piUoresq. et sentencieux.)

Oigu, e, adj. Aigu.

Ogre, s. m. Orgue. (Du Gange. Discantus.) Les grandes ogres.

Omiau, s. m. Ormeau.

On, pron. pers. ind. S'emploie abusivement au lieu de nous. Nous, on est bin content. (A. Bos. Om.)

Ondin, s. m. Sillon à billon qui serpente, et mieux haut du sillon ; le foin fraîchement coupé forme des ondins. V. Andain. (Rousseau. Ondain.)

0ns (nous), ^omv nous avons.

Oraison, s. f. Salut du Saint-Sacrement ; toutes les prières qui se font le soir à l'église. C'est la dernière sonnerie de la journée, comme ^ouverture est la première. [Neuville.)

Orbeau, orbet, s. m. Orbière, 5. /. Planche qu'on attache au devant des yeux des bestiaux vagabonds ou méchants. (Du Gange. Ictus orbis, Orbis, Orbitudo. — Raynouard. Orbs.) — OEillère du montant de bride des chevaux.

Et n'y a point de beste à qui plus iustement il faille donner des orbières. (Montaigne. L'say/Vs, liv. II, ch. xii.)

Orée, s. f. Bord, lisière, frontière prise dans sa longueur. L'Académie a conservé ce mot uniquement dans le sens de lisière d'un bois. (A. Dos. Orée, l.) Il désigne particulièrement, dans le Maine, le bord du lit du côté de la ruelle ; c'est ce côté qui est encore occupé par la femme, comme c'était l'usage des anciens, ce que nous fait très-bien observer Montaigne.

Les femmes couchoient au lict du costé de la. ruelle. {Essais , liv. I^', ch. XLix.)

Orfrâs, s. f. Orfraie, effraye ou fresaye, espèce d'oiseau de nuit.

Orgne, s. f. Tète {Neuville.) V. Orne.

Oribannier, ère, s. m. et f. Fabricant d'oribus.

Orible, adj. Chaud et précoce. Se dit des terres. V. Heurible eijoanet.

Oribus, s. m. et /". Chandelle de résine. Tas Vair (Teune oribus cassée, dit-on à ceux qui ont l'air piteux. La barbe d'oribus est un des jeux de Gargantua. (Rabelais. Gargantua, liv. P% ch. xxii.)

Les sinapizant auecques un peu de poudre d'oribus. (Le mt'me. Pantagruel,\\.v. W, Prologue.)

Dans cette dernière citation, Rabelais aurait voulu, suivant quelques commentateurs, parlerde poudrette, par suite sans doute de la conformité de couleur. Suivant Furetière, on aurait dit pondre d'oribus pour désigner les poudres débitées par les charlatans à titre de panacées universelles et comme valant leur pesant d'or (d'où oribus). Le Bon médecin lorrain ferait venir ce même mot de elleborus, par suite de la grande réputation de la poudre d'ellébore. De tout cela, il résulte que l'oribus n'est bien connue et n'est plus guère en usage depuis un certain temps, que dans les provinces de l'Ouest. Sa grande utilité, due à la modicité extrême de son prix, trouve sa place dans les longues veillé'es d'hiver ; on passe cette chandelle dans une fourchette de fer, qui est Hxée elle-même sous le manteau de la cheminée, à cause delà fumée noire et épaisse que dégage la résine. — Eclairage connu aussi en Vendùmois (Morancé. La Vallée du Loir, p. 165.)

une mince chandelle de résine lixée dans un des coins

(de la cheminée) formait presque exclusivement l'éclairage des pauvres familles (Besnaro, Mémoires, t. L

p. IL) Huit à dix paysans étaient groupés auprès du feu et au-

tour d'un (nmenx or ib ne (I) planté dans une pince fichée dans le chambranle delà cheminée.

Orillier, s. m. Oreiller. (Du Gange. Ourilliera.) Furetière accepte très-bien orillier ; le D'' A. Bos aussi.

Orine, 5. /. Origine. (Du Gange. Originalis, Originarii.) On trouve ce substantif dans tous les anciens dictionnaires.

Oripiau, s. m. Mal d'oreilles, oreillons, parotidite.

Nous n'estudions iamais de paour des auripeaulx. (Rabelais. Gargantua, ch. xxxix.)

Orléans, Beaugency, Notre-Dame de Gléry, Vendôme, Vendôme !

[Carillon).

Ormouère, s. f. Armoire. Cette manière de prononcer, aujourd'hui vicieuse, avait cependant sa raison d'être, puisqu'en latin du moyen-âge on disait Omarium. (Chompré . )

Mon mary allons veoir en Yaulmolre où éstoit ledit

argent (Ledru. La Recluse, Plaidoyers au Parlement, 1485.)

Orne, 5. f. Tête. (A. Bos. Ordene.)

Ornie, s. f. Se dit des enfants faibles et chétifs. Il

(1) Chandelle de résine dont l'usage s'est conservé dans le Maine jusqu'au milieu du second Empire. (Deschamps-LariviÈRE. Légende de Montangis.)

est comme une oniie. D'après M. Buon, ce mot vient sans doute du grec omis, petit oiseau ?

Osselets, s. m. pi. Petits os de mouton. Nom encore français d'un jeu d'enfants.

Jeu composé de petits os d'y voire. (Caraccioli. ûicl. critiq. burlesq. et sentencieux.)

Ouahî înterj. Exclamation ironique, employée comme réponse négative. J'te vas rincer la piau. — Oi(ah ! ma chatte ! V. Ma chatte. Cherchez à 0 en français, presque tous ces mots commençant par Ou. (A. Bos. Ou, 2.)

Ouaille, s. f. Brebis. Nous employons encore quelquefois ce mot, qui n'a conservé ailleurs que son sens figuré. (A. Bos. Oëille.)

Ouàler, v. a. Héler, appeler à haute voix. V. BouV' der, Ilouailler. (A. Bos. Râler, 3.)

Ouâsiau, s. m. Oiseau. (Barbeu du Rocher, Marie de France, Fables VII, XII, XIV, XVIII, XLIII, LUI.)

Au terme de la Saint-Hillaire de devoirs appelez oay-

seaulx (P. DK FARcy. Aveux de Ghâteau-Gonthier au

XV siècle.)

Oublire, s. f. Oublie, gaufre dite à Paris plaisir. Oblata était le nom du pain d'autel (qu'on peut dire à' offrande), dont la pâle est de même nature que celle de l'oublie. On désignait encore ainsi certaine pâtisserie qu'on offrait aux seigneurs de fiefs comme un cens féodal. (Du Cange. Oblata. — Ray- NOUARD. Oblia, à l'Appendice. — A. Bos. Oblée.)

S'il guygnoitdes œilz, cestoient gauffres et obelies. (Raijei.Ais. Pantagruel, liv. IV, ch. xxxii.)

Oublie. Espèce de pâtisserie qui ressemble à la gauffre, qu'on crie le soir dans les rues. (Caracgioli. Dict. critiq. piitoresq. et sentencieux.)

Nous... faisons savoir.... le commun des oubliers, mestres

et valiez d'oubloierie (Barbeu du Rocher. Estienne

Boileau, Livre des Métiers, p. 351.)

Il y a quelques années, le marchand d'oubliés était, au Mans, le compagnon obligé du porteur de lanterne magique, et les enfants avaient de la peine à se coucher le soir, quand ils avaient entendu dans la rue : Oublires ! oublires ! La lanterne magique !

L'usage de colporter et de vendre ainsi le soir cette pâtisserie n'est pas nouveau, puisqu'on lit dans Tallemant des Réaux, à l'historiette de Bernadin de Boucqueville, baron de Clinchamp, et surtout dans les curieux commentaires de M. Paulin Paris, que ledit baron faisait monter chez lui le soir un des oublieurs qui passaient dans la rue, lui laissant croire qu'il voulait jouer aux oublies, mais en réalité pour le contraindre à lui tirer ses bottes.

Ouche, s. f. Jardin ou champ de bonne terre, et dont le nom indique, par son ancienneté, une culture complète à une époque roculée ; ces champs étaient tout naturellement les seuls bien clos de haies. (Du Gange. O/cfl.) Leurs terres bien ameublies (occ«/«) par la herse (occ«), ont dû ce nom à cette qualité. (Rousseau. Ouche, de oscha).

Oudrir, v. a. Faner, dessécher,mourir. Du Gange {Ottraqium) donne outrer, ce qui fait voir que c'est

mot-à-mot passer outre, passer de l'autre côté, comme trépasser. (A. Bos. Oltrer.)

Ouir, V. a. Nous avons conservé presque en entier ce vieux verbe ; seulement, au lieu de dire oyez, ou je oz/^w, comme dans l'ancien français, on dit dans le Maine : ouijez, je oiiyais.

OuUe, s. f. Vase en terre cuite, à peu près de la forme d'un pot à bouillon à deux anses. (Du Gange. Olla.) Dans le Lexique de Raynouard, Ola est une marmite, et dans le Vocabulaire de Chompré, c'est en même temps un pot et une marmite. Voille^ en bon français, est un pot-pourri. (A. Bos. 0/e. — Rousseau. Ouiller.)

Le curé s'en va acheter force courées de veau et de

mouton et les mit toutes cuire dans une grande oulle. (Bo- NAVENT. Despér[ers. Conlcs et devis, Nouv. XXXVI.)

Oureinu, s. f. Origine. V. Orine.

Ourillier, s. m. Oreiller.

Ourmiau. s. m. Ormeau. (Rousseau. Oume^ Oitmea.)

le prix de quatre ourmeaux qui étaient situés dans

le cimetière (Froger. Fabrique de Congé-sur-Orne. 1722).

Ourtai, s. m. Orteil.

Ous, s. m. Os.

Ouser, V. a. Oser. Ce verbe donne lieu à une locution particulière, quand il est employé avec une négation. On ne dit pas il n'a ouse\ mais bien il a n'ousé^ ce qui me ferait croire que nouser était luimême un verbe ; et en effet, il y a nouseiix qui veut dire timide.

ynôsrions point les asticoter. (Souvenirs de la Marquise DE Créquy, t. I. p. 44.)

Ousier, s. m. Osier. (Du Gange. Vinimentiim. — A. Bos. Vi7ne.)

avec de bonnes verges d'ousiers longues et flexibles.

(Ledro. Le faux ladre . )

Outerplus, adv. Au surplus. (Du Cange. Ultragium. — A. Bos. Oltre.)

Sur son dos oultreplus,

Pendent en ordre vngs cheueulx crespeluz. (Cl. Marot. Chant de l'amour fugitif, l*').

Ouverture, 5. f. Désigne le son de cloche de T Angélus matinal. [Neuville.) V. Oraison.

Ouvraige, s. f. Ouvrage. (A. Bos. Ovraigne.)

Eune ouvraige bin épiélante. (Barreu du Rocher.) Ouyou, adv. de lieu. Où. Ouyoii don' qu'c'é ?

il ouvrait eune goule ottyo/t fourrer mon sabot. [La

Croix du Maine, du 3 octobre 1897.)

0^é,prép. Avec, (A. Bos. Ovec.)

Item, en despense de pain et de vin ovec led. vicaire, le curé et aullres en leur compaignie, V». (Froger. Comptes de fabrique de Courgains.)

E Samuel crut e esforcha ; e Deus fud ove li. (Barbeu du Rocher, Livre des Rois, pp. 13 et 224.)

Pacifier, v. n. Dinainuer, restreindre. A Venterretyient., on a pacifié sur le luminaire. [Tuffc.)

Pacré, e, adj. Exact, ressemblant exactement. A vrai dire, cet adjectif correspond à l'expression familière tout craché^ quand on parle d'une ressemblance. Ainsi : (7« ^?/2 r'jDor^*^ 6m, c'est H tout pdcré.

Paé, Pai, s. f. Poix. On a grande confiance, en certains endroits, dans les emplâtres de pai de Bourgongne. (A. Bos. Peïer.)

La paé douce, c'est la réglisse noire. (Barbeu du Rocher).

Pai, 5. m. Poil, cheveu, Tiinï faismau^tumHires les pais. — r/re-jOâ-Z^, ^. m. Jeu d'enfants. — Put désigne aussi le pow, parasite de l'homme ou des animaux.

Pai-Bas,5. m. Bas-Maine. (Laval, Evron, Mayenne, Sillé-le-Guillaume.)

Paillet, s. m. Corps de la charrette sur lequel les brosses des hachets sont établies.

Paillon, s. m. Panier de paille tressée dans lequel on porte la pâte au four .

Paine, s. f. Frange de toile ou de laine. On achète aux tisserands les paines de toile pour faire les nettoyages de cuisine, après les avoir réunies sous la forme d'un gros pinceau. Par extension, paine indique un vêtement en haillons, ce qui est d'accord avec le sens de pannosiis donné par Chompré, comme désignation d'un homme couvert de haillons. (Du Gange. Pan?ms, 2. — A. Bos. Pêne.) V. Epainer.

Pairer, v, a. Garnir un pignon en voliges. V. Epairer et Perrer. (A. Bos. Perer.)

Paisan, ne, 5, tn. et/. Paysan.

Le paisan bat ses gerbes amassées.

(Est.de LA. BoÊTiE, Essais de Montaigne, liv. I", ch. xxviii. Sonnet 4«.)

On fait en Italie un conte assez plaisant

Qui vient à mon propos, qu'une fois un paysant

Lepaysant d'autre soin se sent l'âme embrasée. (Régnier. Satyres. IX.'.)

Dans ces vers, le rhythme indique une prononciation àe pais cm qui s'accorde avec la nôtre.

Paissard, s. m. Jeu d'enfants qui consiste en un morceau de cuir mouillé qu'on fait paisser ou adhérer aux petits objets qu'on soulève par ce moyen.

Paissard, e, adj. Poisseux, collant.

Paisse, s. f. Moineau. (Du Gange. Passa. — A. Bos. Passe.) V. Passe.

Paisse-bussonière, s. f . Petit oiseau qui se tient aux buissons, comme l'indique son nom. En d'autres provinces, on le nomme traîne-buisson^ mouchet., etc. Il tient du moineau, du troglodyte et de la fauvette. Buffon le place dans cette, dernière catégorie. Nous le nommons aussi Briinette. V. ce mot.

Paisse-grianche ou qruanche, s. f. Moineau des champs qui vit de gj'u. V. Gru à l'article Grubeaiix.

Paisser, v. a. Coller, poisser.

les impériaulx en forgèrent un proverbe, à sca-

voir qu'ils prenoient les nobles de France sans poiser

(Beauchesne. LaRoche-Talbot, p. 326.)

Paisserelle, s. f. Petit sillon qui se trouve dans

les guérets, entre deux autres sillons. De Passerelle.

Poissoux, se, adj. Poisseux, collant.

Pâlie, s. f. Pelle toute en bois d'un seul morceau; elle est un peu creusée. (Du Gange. Paleta.)

Palisser, v. a. Palissader. Les palis forment la

claire-voie d'une barrière. (A. Bos. Palis. — Rousseau. Palice.)

Palle, adJ. Pâle. Nous parlons ici comme Ronsard :

Gomme une Furie compaigne Le doz d'un palle criminel.

(Froger, Ode : A Madame Marquerite.)

Qui transforma sur la rive Angevine L'olive palle en un teint plus nayf, {L& même, Les Amours, Sonnet : Pour célébrer des astres devestuz.)

Paltret, s. m. Couperet. V. Partret.

Paniquet, s. m. Fromage à la crème, ainsi nommé parce qu'on le moule dans de petits paniers d'osier.

Panne, s. f. Misère. C'est, j'imagine, le même mot que /}«me, frange. La panne indiquerait, en ce cas, des vêtements effrangés, déchirés, etc., et par suite la misère; tandis que, dans le français, c'est, au contraire, la soie ou une riche étoffe. V. Paine.

Penne. Etoffe, panne, sorte de drap. {Genl Nouvelles nouvelles, {. II, p. 140).

Panne. Espèce d'étofle de soie qu'on fabrique dans

la ville d'Amiens. (Garaccioli. ûict. criliq. pilloresq. el sentencieux.)

nu nAL'T-MAINE AQl

Panne, e, adj. Qui se ruine, qui est dans la misère. Panne comme la Hollande. V. Paine.

Panner, v. a. Abattre les pans ou les angles d'un objet anguleux. (A. Bos. Penar/, couteau.) V. Amoiner.

Panniau, s. m. Espèce de bât avec un pommeau très-élevé (Du Gange, Panellum), et non le coussinet qui garnit le dessous d'une selle.

Panser, v. a. Donner à manger, faire manger. Ne s'emploie qu'à l'égard des animaux. V. Pension.

Papeau, s. m. Lèvre d'un chien, toute lèvre longue ou pendante. (Du Gange. Pappare.) V. Pappe.

Papillon, s. m. Coiffe de femme ; les bords en sont petits.

Pappe, A', m. Môme sens que Papeau ci-dessus. L'ancien VQvhe, paper indiquait l'action de saisir avec les lèvres ; on en a.h\l papelard. (Du Gange. Papare, Papelardus. — A. Bos. Paper, 1.)

Pâque, s. f. Narcisse à Heurs doubles, jonquille, qui fleurissent vers Pâques. (Mlle Maugeret. La Science à travers champs, ch. v.)

Pâqueret, s. m. Semaine de Pâques ; quête que font à domicile, à cette époque et pour leur propre compte, les bedeaux et sacristes des paroisses. (Du Gange. Pascha intrans .) — Il y a aussi des chanteurs de complaintes qui vont aux œufs le soir ou la nuit de la Passion. {Montfort-le-Rotrou, Tuffé, Loué, Neuville.)

Pâques-Fleuries, s. f. pi. Dimanche des Rameaux. (Ledru. Violation d'asile. — Triger. Procession des Rameaux, 1883).

Les paysanniis observent que : si le vent est d'amont à la procession des Rameaux, le beurre sera cher toute l'année, s'il est d'à-bas il sera bon marché. (Esnaut. mss.) Le Dimanche des Pâques fleuries Etait son grand Dimanche.

{Vieux cantique, Tuff'é.)

Pàquis, v. m. Pâtis. C'est une conséquence de l'usage qui fait prononcer indifférement qui ou ti. (A. Bos. Pasquier.)

La place du Pâtis Saint-Lazare, au Mans, est le lieu où se tient la foire aux oignons. (Legeay, Saint-Gilles-des-Guérels. pp. 38-39)

Paralési, e, adj. Paralysé, paralytique.

Parche, s. f. Cosse de pois, de fèves, etc. C'est par apocope, la même chose que parchemin, et ce qui le prouve, c'est que la variété de pois dite partout à «/i.s /)a/'c/iemm, est celle que nous nommons sans parche : elle est ainsi désignée, on le sait, parce que sa cosse fort tendre peut se manger comme le légume lui-même. Le nom de parche s'est étendu à la tige des pois, fèves, pommes de terre, et autres plantes du même genre, fait qui a plus d'une analogie dans l'histoire des mots.

Pare, 5. m. Pas (enjambée). — Pare relevé', espèce de trot, amble.

Pareils, s. f. Petite patience, oseille sauvage qui foisonne dans les terres humides. (Rob. Estienne.

Parelle.) De Paratella qui, suivant Chompré, signifie oseille.

Plantes parasites : patieaces ou parelles, etc. (Renault. Notice sur Saint Crixl6plie-en-Cliampagne.)

Parenté, .y. /'. Généalogie de Notre-Seigneur chantée, dans le diocèse du Mans, aux Matines de la fête de Noël.

Pargué, parié ! Exclam. Parbleu ! Parié, ma finit, neniii !

Pargué! répondait Maitresse Launay, il la boit et il la mange, un repas d'amoureux, quoi ! {Deschamps Lariviere. Légende de Montangis.)

Parlement, s. m. Ce mot doit être récent. Paroles, discours, circulaires imprimées. {Canner ré. ) (A. Bos. Par le rie.)

Par les fois, loc. adv. Quelquefois, parfois. Faut bin deurer par les fois, quand n' on n'é pas le métré. C'est la même chose que aucunes fois.

lui amené aucuneffoiz estroite vie. (Ledku. La

/îecZjwe, Plaidoyers au Parlement, 1485.)

Parlicher, parliser, parluiser, v. n. Faire le beau parleur. [Tuffé. ) (A. Boa.ParHer.)

Paroi (pierre de), s. f.

le pressoir est formé de quatre belles pierres de

paroi assemblées par des crampons de fer. {La Cour de Broc.)

Parotte, 5'. /". Coquille en forme de lames trèsminces qu'on enlève en parant du bois avec une plaine, unparoir, une varlope, etc. — Parer .^v. a. Enlever la

peau, l'écorce, avec la plaine ou plane. (Rousseau. Parer.)

Parquet, s. m. Petit parc, enclos pour les porcs, poulains, etc.

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