DISCOURS PRÉLIMINAIRE
Les Cinq Godes semblent être Taliment journalier des études du plus grand nombre : soit goût , savoir , ostentation, soit nécessité de connaître les lois de la société, on voit les Cinq Codes sur toutes les bibliothèques, dans toutes les mains, et sous toutes les formes ; Télégance de la miniature même leur prête ses grâces et son luxe.
Mais ces Codes sont-ils bien clairement entendus par toutes les classes de lecteurs?
On ne peut disconvenir que le langage des lois et des jurisconsultes ne soit considéré ps;r des millions dilemmes comme un idiome particulier, dur et même barbare ; ce qui n'est pas étrange , car sans avoir étudié la science des lois, il est difficile de connaître la ^uste valeur des termes employés dans nos Codes.
Cependant, si tous les mots étaient réduits à Texpression la plus simple, s'ils étaient définis clairement et dégagés d'un entourage peut-être trop scientifique, ne pourrait-on pas espérer que la langue des Cinq Codes serait alors intelligible pour tous ?
II ' DISCOURS PBÉLIMINAIRS.
Nous Tavous pense aiosi , et c'est le but important que nous croyons avoir atteint dans le Vocabulaire que nous avons l'honneur d'offrir au public.
On n'y trouve point des étymologies douteuses , contestées ou abstraites, et fort souvent inutiles au plus grand nombre des lecteurs; mais on y trouve constamment des définitions exactes et simples , suffisantes et méthodiques, de tous les termes de droit énoncés ou exprimés dans les Cinq Codes*
On y voit ces définitions mises en harmonie, par de simples chiffres , avec les articles des Codes qui contiennent les termes expliqués , ce qui permet à tout lecteur de lire et comparer à la fois la définition avec la loi même.
On trouve enfin dans ce Vocabulaire les annotations de plusieurs milliers d'arrêts qui ont appliqué , développé ou employé les termes définis ; annotations qui se lient à chaque mot par un renvoi.
Quelles garanties plus solides et plus savantes aurions-nous pu donner de nos définitions? Quel guide plus sûr pouvait être offert à nos lecteurs pour l'application des termes?
Nous osons donc croire que l'utilité de cet ouvrage sera générale , pour ceux qui savent et pour ceux qui désirent savoir. Aux premiers il évitera des recherches.
DISCOURS PRiLIHINAIRE. III
du travail , et soulagera leur mémoire ; aux autres il fera connaître le frai sens de mots nombreux qui , lus sans être bien compris, ne peuvent qu'égarer. Combien de fonctionnaires publics de tout rang , de tout ordre ; combien de propriétaires de toutes les classes , et de citoyens estimables , désirent posséder l'esprit , l'étendue et la force de trois mille mots qu'ils n'ont pas été appelés à étudier !
Et ces intéressants élèves, ces jeunes légistes, l'espoir de la postérité, ne forment-ils pas aussi des vœux pour obtenir des définitions simplifiées qui leur manquent , et qui leur sont si utiles en entrant dans une école de droit?
Puissions- nous avoir heureusement rempli des vœux aussi naturels que nombreux ! Puissions-nous paraître dignes d'avoir tracé le premier Vocabulaire des Cinq Codes !
Nous disons le premier, car il n'en est point de semblable , ni par le titre , ni par les choses. Les définitions que nous avons fournies sont toujours mesurées sur la lettre et l'esprit de nos Codes , tandis que certains ^Dictionnaires de droit expliquent souvent les mots suivant les^lois anciennes, ou dans un sens différent des nouvelles , et ils omettent les termes nouveaux et les distinctions consacrés par ces Codes , tel-
IV DISCOURS PRiniflNAIEE.
lement que notre Vocabulaire contient près de mille définitions qui n'existent pas danjs ces dictionnaires. Enfin , ceux-ci ne présentent aucune application des arrêts aux définitions qu'ils donnent. Cette application est une idée neuve et heureuse qui nous appartient j et qui double Tintérêt, de l'ouvrage , puisqu'elle réunit, pour ainsi dire, un vocabulaire des arrêts à celui des Cinq Codes.